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24 février 2011 4 24 /02 /février /2011 11:33

Tout le monde et son voisin se lamentent de la perte des glaciers un peu partout, et, notamment, de la diminution de ces fameuses neiges du Kilimandjaro, qui en faisaient une bonne partie du charme. Et il va de soi que tout le monde et son voisin ainsi que la grande majorité des journalistes scientifiques vont répétant que tout ça, n'est-ce pas, c'est à cause du réchauffement anthropogénique global, aussi appelé dérèglement climatique, etc. Je dis "grande majorité" parce qu'il y a tout de même des journalistes un peu plus, ne disons pas sceptiques, disons plutôt rigoureux, comme par exemple Andrew Revkin, qui ne se contente pas de reproduire les prières d'insérer, mais va directement lire les articles publiés.

 

Mais, comme le font remarquer nombre de climatologues dissidents du GIEC, le modèle dominant est celui-ci : (dessin chez Pielke Sr.)

 

oublis

 

le soleil, les volcans et le sol vivant sont laissés en-dehors.

 

Or voici qu'un article de Fairman et al. s'est attaqué au problème du Kilimandjaro :

 

Fairman, J. G., Jr., U. S. Nair, S. A. Christopher, and T. Mölg (2011), Land use change impacts on regional climate over Kilimanjaro, J. Geophys. Res., 116, D03110, doi:10.1029/2010JD014712

 

Utilisant eux aussi un modèle numérique, le RAMS pour Regional Atmospheric Modeling System, les auteurs étudient les réponse en couverture nuageuse et en précipitations après avoir calibré leur modèle sur la situation actuelle. Et la conclusion est intéressante : la déforestation à basse altitude contribue de manière très nette à une diminution de ces deux phénomènes à quasiment toutes les altitudes.

 

Anthropogénique, donc, au moins très probablement - mais pas du tout dans le sens du GIEC.

 

Et ce n'est qu'un des très nombreux articles qui trouvent une corrélation entre l'usage du sol et les changements climatiques locaux. Par exemple, les bassins de retenue...                           

(à suivre)

 

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18 février 2011 5 18 /02 /février /2011 12:23

C'est du moins le titre d'un article-photo du Monde (dont l'édition électronique devient de plus en plus un patchwork de ses blogueurs, à croire que la n-ième restructuration du quotidien a conclu qu'il n'était pas nécessaire de conserver des journalistes - sauf Hervé Kempf et Stéphane Foucart, sans doute).

Intéressant : si c'est démontré, c'est démontré, je suis sceptique mais ouvert, et donc je vais voir qui a démontré quoi, en passant par la BBC qui, malgré les réserves fondées de certains de ses détracteurs, est très supérieure à ses collègues français.

 

Bien, Richard Black est, comme la quasi-totalité des journalistes "scientifiques", un chaud partisan des thèses du GIEC, mais il est honnête, et à la lecture de l'article et des interviews qu'il a réalisées, on comprend vite que :

 

1. En ce qui concerne l'Europe du Nord, un modèle développé par des chercheurs d'Oxford montre que la probabilité de fortes pluies semble augmenter si l'on prend ou non en compte l'existence de GES (gaz à effet de serre).

 

2. En ce qui concerne l'hémisphère Nord, une équipe américano-canadienne a étudié les précipitations extrêmes ayant eu lieu entre 1950 et 2000 et il leur semble que leur fréquence a augmenté. Comme ils ne peuvent pas l'expliquer, ils ne voient que la composition de l'atmosphère pour en être responsable :

"The evidence is leading us in another direction, to a phenomena that influences precipitations in a global scale - and the only thing we can think of is the changing composition of the atmosphere." (Les données nous conduisent dans une autre direction, vers des phénomènes qui influencent les précipitations à l'échelle globale - et la seule chose qui nous vienne à l'esprit est le changement de composition de l'atmosphère).

 

De toutes manières, ce sont des études à verser au dossier mais il s'agit encore et toujours de modèles très simplifiés ("This was a point taken up by Sir Brian Hoskins from the Grantham Institute for Climate Change Research, who was not involved with either of these studies. "Both studies depend heavily on the accuracy of their computer models," he told reporters") et la deuxième souffre tout de même d'une conclusion plutôt fantaisiste. Rien, absolument rien n'est démontré, sinon la hâte de la Presse à se jeter sur toute étude tendant à accréditer les thèses du GIEC, tout en se gardant bien de publier celles qui pourraient aller à l'encontre des scénarios catastrophes.

 

Au risque de lasser le lecteur, répétons encore une fois :

 

- il n'existe ni climat idéal ni d'ailleurs de géographie idéale pour notre planète

 

- le climat (régional) est éminemment changeant - et les régions aussi (orogénèse)

 

- nous sommes actuellement dans une phase de réchauffement (et dans un interglaciaire) qui dure depuis deux à trois siècles

 

- il est certain que du CO2 d'origine anthropique a été injecté dans l'atmosphère et le sera encore longtemps- ce CO2, outre de nombreux  bienfaits, pourrait avoir des effets climatiques très difficiles à prévoir

 

- rien n'indique que les zones sèches s'assécheront encore et que les zone pluvieuses le seront encore plus : c'est une fois encore la fausseté du "climat optimal"

 

- si des modèles assez robustes montrent demain que le climat de l'Angleterre/Pays de Galles sera l'objet de pluis plus abondantes, le remède est simple et connu : aménager le territoire. On se permettra de rappeler que Katrina n'était pas un ouragan monstrueux (mais un gros ouragan tout de même, le 6e plus puissant depuis qu'on en mesure la puissance avec un peu de fiabilité, soit 1924), mais que la Nouvelle-Orléans était sans défense

 

- le climat doit et va changer et il faut s'y préparer.  

 

Et puis, quand on y pense, les précipitations accrues diminuent la quantité de vapeur d'au présente dans l'atmosphère, et c'est la vapeur d'eau qui est le principal GES... C'est un vieux débat...

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16 février 2011 3 16 /02 /février /2011 12:30

Ours polaires ou non, les propositions d’Al Gore, de Jim Hansen ou de Nicolas Hulot de « sortir rapidement du carbone » sont absolument irréalistes. Certains sont plus honnêtes : les malthusiens et les partisans de la décroissance estiment qu’il ne faut pas sortir les pauvres du Monde de leur pauvreté et leur apporter les bienfaits de notre civilisation. « Nous voulons éliminer les souffrances, les maladies ? L’idée est belle mais n’est peut-être pas tout à fait bénéfique sur le long terme. Il est à craindre que l’on ne compromette ainsi l’avenir de notre espèce. C’est terrible à dire. Il faut que la population mondiale se stabilise et, pour cela, il faudrait éliminer 350 000 hommes par jour », voilà ce que déclarait froidement Steve Zissou, pardon, le capitaine Cousteau en 1991, sans préciser toutefois comment éliminer ces 350.000 hommes, femmes et enfants chaque jour. Ni que faire des cadavres. Ou Fabrice Nicolino : « Les peuples du Sud ne rejoindront jamais, à vue humaine, notre niveau de vie - ce qui abat d’un coup toute l’idéologie soi-disant universaliste des gauches -, et c’est tant mieux, non du point de vue de la morale, mais de celui de la vie »(*). Mais au moins ces gens-là ne se bercent pas de mots : ils sont ouvertement anti-humanistes et fiers de l’être. Il y a aussi les spiritualistes à la Vandana Shiva, pour qui la misère matérielle est garante d’une grande richesse spirituelle et l’enrichissement – surtout à la mode occidentale – est synonyme de dégénérescence absolue.

 

Ce dont le Monde a besoin, a faim, c’est d’énergie. On peut évidemment rêver d’exterminer les populations qui, un peu partout sur la planète, se chauffent et cuisinent avec du bois, de la tourbe, des excréments animaux ou du charbon de bois, provoquant ainsi une pollution effroyable et des déboisements intenses dont elles sont les premières victimes. On peut aussi essayer d’améliorer leur vie, et s'il est certain que des panneaux solaires et/ou des éoliennes peuvent être de bonnes solutions dans certains cas, il reste que le pétrole (et/ou le gaz) sont indispensables pour longtemps encore - on parlera plus tard du nucléaire. Prenons les six nations les plus peuplées : Chine, Inde, USA, Indonésie, Brésil et Pakistan ; les USA, avec environ 10% de la population, consomment quasiment autant d'énergie que toutes les autres combinées. Bien sûr, on ne manquera pas de dire que les Américains consomment trop d'énergie, mais ça ne change rien au fait que près de trois milliards d'Hommes en plein développement ont besoin de beaucoup d'énergie pour sortir de la pauvreté. Et si c'est au prix d'un éventuel changement climatique, tant pis, il faudra s'y faire - dans le plein sens du terme. Encore une fois, les ridicules rodomontades à la Al Gore "You can even reduce your carbon emissions to zero" sont de la rigolade, B.S. ! (pour Bad Science, of course). Il suffit d'ailleurs, et je l'ai assez dit, Kyoto a été un flop complet, un misérable pétard mouillé. 

 

Ce qui, évidemment, ne signifie pas qu'il faille se croiser les bras : la course à l'efficacité n'est pas neuve, et j'ai déjà publié cette courbe paradoxale :

USEnergy

Même sans tenir compte de l'extrapolation, le résultat est impressionnant.

 

Mais que dire alors de la CCS, Carbon Capture and Sequestration dont on vante monts et merveilles ? Enfin, pas tout le monde : les Verts y sont évidemment hostiles, et c'est un euphémisme, comme ils sont hostiles à l'énergie nucléaire, qu'elle soit de fission (et ils ont quelques arguments) ou de fusion - et là, ils en ont peu, d'arguments, c'est simplement l'idée qu'on puisse être énergivore qui leur fait horreur ; ils veulent une petite vie provinciale, paisible et sobre, enfin disons surtout qu'ils voudraient l'imposer aux autres. Mais les producteurs d'électricité, les pétroliers et surtout les charbonniers sont, eux, très enthousiastes - on les comprend...

 

Partout on se répand en grandes déclarations sur la faisabilité de la technique, qui consiste tout bêtement à récupérer le CO2 à la sortie des cheminées, le comprimer et le stocker dans des formations géologiques sûres. Comme ça, on ne dirait pas que c'est si difficile, mais en tous cas, il n'y a pas encore d'application autre que quelques prototypes, et pourtant, ce ne sont pas les fonds qui manquent : 2,4 milliards de dollars au USA, 1,4 milliards d'euros de la part de la Commission pour 2009, et ça ne s'arrêtera pas de sitôt.

 

Let's do the math, comme disent nos amis américains, faisons quelques petits calculs. Les émissions globales annuelles de CO2 tournent autour de 30 milliards de tonnes, supposons qu'on puisse en récupérer 10%, soit 3 milliards de tonnes -  à peu près la moitié des émissions US. C'est beaucoup, et c'est volumineux (environ 22 litres pour 44 grammes à pression et température standard, faites le calcul), il faut donc le comprimer fortement, disons à 74 atmosphères (son point critique) pour arriver à un volume de... 6 milliards de mètres cubes (réf. p.21), soit plus que  le volume annuel total de la production de pétrole ! Un VLCC (aussi appelé "supertanker") transporte environ 2 millions de barils (pétroliers) de liquide, et il suffit donc de diviser correctement pour arriver au résultat assez réjouissant qu'il faudrait l'équivalent de quelque quarante VLCC par jour pour se débarrasser (et où) de dix pour cent de  ce CO2. Et à quel coût !

 

Si l'on ajoute que l'extraction/refroidissement/compression du CO2 sont coûteux en termes énergétiques et par suite grèvent fortement les coûts de production électrique - augmentant ainsi les émissions de CO2... - on comprend que cette filière n'est certainement pas la panacée.

 

Pour une fois Greenpeace a raison.     

 

(*) Voir chez Agriculture et environnement   

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9 février 2011 3 09 /02 /février /2011 11:57

2010: année record pour les attaques de requins

On vient de l'apprendre, il y a eu dans le monde (connu) 79 attaques de requins en 2010, 36 aux USA, 14 en Australie, 8 en Afrique du Sud et 6 ex-aequo au Viet Nam et en Egypte. Le tout se solde par six morts.

 

Il ne fait pas de doute que ce nombre record est dû au réchauffement climatique : en effet, plus il fait chaud, plus les gens ont besoin de se mettre à l'eau ; plus ils se mettent à l'eau, plus ils attirent les requins, qui, eux-mêmes, ont un métabolisme accéléré à cause de la température plus élevée des couches supérieures des mers et océans.

 

Par contre, on observe une diminution du nombre d'attaques en Floride, mais cela est sans aucun doute la conséquence de l'épouvantable catastrophe écologique qui a fait fuir ces sympathiques bestioles. Ou, au moins en partie, à la crise économique qui a fait fuir les sympathiques touristes.

Une bonne nouvelle ne peut que résulter de mauvaises causes, c'est bien connu.

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7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 21:13

Ah oui, je suis fumeur, c'est-à-dire que je fume "des cigarettes, des cibiches" comme on disait en un  temps ou dans une esthétique qui ne sont pas tout à fait les miens (voir Georgette Plana). J'ai d'ailleurs expliqué ici ou pourquoi je n'étais pas foncièrement opposé à l'interdiction de fumer dans les lieux publics. Bien sûr, dans les boites de jazz, ça fait assez minable, mais passons.

 

Donc, oui, je fume des cigarettes, et je n'en ai pas honte. Mais je devrais, s'il faut en croire les Torquemada de la croisade anti-tabac qui veulent interdire (et y arrivent !) non seulement dans ces "lieux publics" mais même dans l'espace public, au grand air où passent camions et bagnoles émettant des bouffées bien plus élevées de CO, de NOx et d'autres vapeurs toxiques !

 

En fait, ce qu'on veut interdire, c'est de montrer qu'on fume. Fumer est comme un autre poison, moral celui-là. Un fumeur est un exhibitionniste, c'est un pervers, il faut lui interdire de se montrer. Et il y a déjà des législations en cours pour interdire même de fumer chez soi, même si mes réserves à l'égard des conspirationnistes sont assez connues.

 

Big Brother n'est pas très loin, hélas. Je ne pense pas vraiment que demain la Police écolo viendra crashing through your door pour vérifier que vous ne fumez pas chez vous, que vous prenez bien 5 portions de fruits par jour, que vous ne buvez qu'au plus un verre de vin rouge (et encore !).

 

Enfin, si, j'en ai bien peur.

 

RESISTER. Cela me semble indispensable.

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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 12:03

Pour faire dire ce qu'on désire à un graphique, il y a de nombreux trucs bien connus des gens du marketing, des assureurs et des rédacteurs de Corporate Newsletters ou de Bilans pour les actionnaires. Et d'Al Gore. Le plus simple et le plus courant, c'est d'escamoter l'origine et de gonfler l'échelle. Les Minnesotans For Global Warming dont je vous ai déjà parlé ont ainsi rétabli l'échelle et l'origine pour la température moyenne globale(*) de la Terre de 1880 à nos jours, dont on nous terrifie avec la publication de ce qu'on appelle "l'anomalie" (qui ne constitue nullement un jugement, faut-il le dire, mais une données scientifiquement exploitable) :

 

Temp-HS

 

Remarquez une fois de plus qu'on a des précisions de l'ordre du millième de °K... On aimerait voir les marges d'erreur !

 

Mais passons. La température moble moyenne est d'environ 13°C, la température la plus froide (mesurée au Pôle Sud) est de -89°C, la plus élevée de 56,7°C. Difficile de trouver une échelle et une origine, mais soyons généreux et envisageons la fourchette -40 à +40°C. Il est alors facile de faire le graphique suivant (mais encore fallait-il y penser) :

 

TempHS

 

 ce qui, vous en conviendrez, est un peu moins terrifiant. Un petit travail analogue avec la teneur en CO2 de l'atmosphère terrestre transforme cette courbe menaçante :

 

mauna loa co2 graph-thumb-400x305-550

 

 

en une autre un peu moins sensationnelle lorsqu'on examine les ordres de grandeur (et encore faudrait-il la comprimer verticalement encore 100 fois) :

 

CO2-HS

 

Qu'on m'entende bien : il ne s'agit évidemment pas de nier l'évolution séculaire de la température, ni le rôle du CO2, ni même évidemment son "anthropogénicité". Il s'agit simplement de mettre les chiffres en perspective, hors des rugissements cataclysmiques des Kempf, Foucart et autres Monbiot.

 

(*) que je m'obstine à estimer dénuée de sens physique, la température étant une grandeur intensive.

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3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 21:53

Les Oscars - figurine emblème des Academy Awards - ont donc été fondés en 1929 au début de la grande crise afin de ramener le public au cinéma - ce n'était qu'un "Nickelodeon", un "opéra à deux balles". Même à cette époque, le cinéma n'était pas encore considéré par les gens sérieux comme un art à part entière.

 

J'ai peu connu mon grand-père maternel mais on m'a rapporté qu'après avoir vu un des tout premiers films de la fin du 19e siècle (et pourquoi pas l'arroseur arrosé ?) il avait eu cette sentence définitive : "ça n'a aucun avenir, c'est un divertissement pour hilotes", sauf qu'il le disait en flamand, car il était flamand. Et il avait décidé de ne plus jamais revoir ce genre de spectacle.

 

Mon grand-père paternel, par contre, pur Bruxellois de famille wallonne de descendance française, était fou de photographie ; il avait un appareil (qui trône sur ma cheminée), acajou, cuir et laiton, objectif "Photo-Hall - Paris - N°11.087", ainsi qu'un agrandisseur fonctionnant avec une lampe à pétrole qui a disparu - je n'en ai qu'une photo. Il est mort en 1905, le pauvre, jeune et écrasé par une automobile ! Imaginez ! Bien, je dis ça pour faire un tombeau (comme le Tombeau de Couperin) à ma famille... On est tous restés à la photo et (contre-intuitivement) au cinéma, d'où le fait que notre fille cadette est cinéphile et photographe.

 

Donc, pourquoi je dis ça ?

 

Mais tout simplement parce que les Oscars ont essaimé, avec, en France, les Césars, et, en Belgique, les Plateau. Hélas, pour ce qui est des Plateau (dois-je y mettre un 'x' ?), ça ne va pas bien. Les communautés française et flamande se disputent le financement de ces prix, mais il faut encore se mettre d'accord sur le choix des films.

Donc : Vlaamse Filmprijzen d'un côté, et Magritte du cinéma de l'autre.

Comme le disait Cécile de France, actrice belge ayant joué dans plusieurs films français et flamands, " Si, culturellement, nous en arrivons aussi à installer des frontières entre nous, il n'y a vraiment plus rien à faire, autant se séparer. Nous n'avions pas besoin de cela pour l'instant, c'est complètement stupide".

 

Et notez que j'ai transcrit la dernière phrase.

 

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31 janvier 2011 1 31 /01 /janvier /2011 11:43

Dans de nombreux contes et dans certains mythes, on identifie un enfant, un parent, voire un conjoint perdu par une particularité physique, une marque corporelle ou un tatouage ; dans Incendies, film de Denis Villeneuve basé sur une pièce de théâtre de Wajdi Mouawad, c'est exactement ce qui se passe : l'héroïne reconnaît celui qui est à la fois son fils et son bourreau grâce à un tatouage sur le talon droit (et à une assez improbable coïncidence).

 

Je me demande tout de même pourquoi ce film a suscité des critiques extraordinairement louangeuses, alignant les quatre étoiles tout au long des publics. Il faut dire qu'il commence fort : dans une scène très violente, on voit l'amant de la jeune héroïne se faire brûler la cervelle par le frère de celle-ci, tout cela dans un torrent d'injures et de menaces en arabe - une langue qui se prête bien à la tragédie, au drame et à l'invective. Puis, la grand'mère empêche le frère de tuer sa soeur, et pousse des hurlements de désespoir en apprenant que sa petite-fille est enceinte : la famille et le village sont déshonorés ! C'est alors que la caméra dévoile une petite croix accroché au cou de la jeune fille : ce sont des chrétiens, bonnes gens, et vous qui alliez soupirer "ces islamistes, tout de même, quels sauvages"... Non non, tout au long du film on prend bien soin de montrer la cruauté effrayante de ces chrétiens, assassins de sang froid, tortionnaires sadiques et implacables ; par contre Chemseddine, un ancien chef de guerre musulman, apparaît comme un vieux sage entouré de gardes du corps déférents et policés. Quel critique oserait risquer de se faire traiter de lepeniste en émettant la moindre réserve ? Qu'on m'entende bien : les Kataëb étaient de fait des milices d'assassins et de tortionnaires et les Gemayel du gibier de potence, mais Incendies ne se veut pas un film historique, il ne se passe pas (censément) au Liban, il est semble-t-il l'illustration de la folie guerrière et de ses effets. Il n'empêche, les chrétiens sont suridentifiés comme tels, et le mot "musulman" est entendu deux fois (j'a compté mais je peux m'être trompé), les non-chrétiens étant généralement qualifiés de "réfugiés".

 

Cela étant, le film est honnêtement fait, structuré en flash-backs incessants mais nullement gratuits, les images sont belles, les acteurs excellents, les "cartons" d'intertitres sont un peu lourdingues et la musique assez discutable. L'histoire fourmille d'invraisemblances, mais peu importe puisqu'il s'agit d'une tragédie grecque se déroulant au Proche-Orient. C'est très politiquement correct mais ce n'est pas un chef d'oeuvre.

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30 janvier 2011 7 30 /01 /janvier /2011 23:51

[suite du feuilleton précédent]

 

Le dimanche matin, la RTBF diffuse une émission d'actualité, "Mise au point", généralement consacrée depuis quelque temps à la politique (ou à l'absence d'icelle) de notre petite terre d'héroïsme, et ce matin nous avons eu bien sûr droit à une n-ième discussion entre distingués politiciens qui se rejetaient tout aussi évidemment la responsabilité de la crise. Et, à chaque tour on entendait les "mais la NVA (ou le PS, ou le CD&V [*]) a dit non, alors qu'on était tout près d'un accord", le tout sur des rapports, des non-papers, des propositions, etc. Tous rapports, propositions et non-papers que personne n'est censé connaître par ailleurs. Je suis partisan d'une certaine réserve durant des négociations, mais tout de même on sait que les sept partis pressentis pour faire parti d'un prochain gouvernement (ha, ha, ha !) ne se sont pas rencontrés depuis le début du mois de septembre et que le MR - majoritaire à Bruxelles - est soigneusement tenu à l'écart. Une perle : Onkelinx déclarant qu'on ne pouvait comparer le PS à la NVA car l'un était belgicain (mais quand on entend Uyttendaele et Di Rupo parler enfin de plan B, on peut se poser des questions) et l'autre séparatiste. Le cordon sanitaire ? Il est vrai qu'une autre émission radio du même jour rassemblait de grands humanistes déclarant avec certitude que, l'extrême-droite entonnant de plus en plus, et ce dans toute l'Europe, un chant de la droite libérale, il fallait donc se défier de celle-ci également (mais ceci est une autre histoire que j'aimerais traiter dans un post plus fouillé, surtout quand j'entendais l'intervention d'Henri Goldman qui a peut-être troqué son vieil habit trotzkard pour une tenue plus seyante).

 

Quoi qu'il en soit, la discussion restait, sinon courtoise, du moins plus ou moins ordonnée lorsque l'ineffable Jean-Marc Nollet  invoqua le zombie de la "consultation populaire", c'est-à-dire le référendum... On connaît ici la dernière incarnation du zombie, son avatar Question royale, qui a mis (figurativement) le pays à feu et à sang, à tel point que l'idée d'un référendum a été rejetée avec terreur par toute la classe politique. Nos voisins d'outre-Quiévrain connaissent bien le problème, avec la dénonciation "référendum=plébiscite" du temps de de Gaulle, car enfin, quelle question poser ? "Etes-vous pour ou contre la Belgique ?"  Ridicule. "Voulez-vous l'indépendance de la Flandre ?". Allons donc ! Demander cela à l'ensemble de la population n'a évidemment aucun sens. "Quelle Belgique voulez-vous ?". Et c'est une question à choix multiple ? La seule possibilité de consultation populaire, c'est sans aucun doute ce petit gadget, le vote, les élections. C'est peut-être naïf, c'est peut-être dangereux, mais que faire d'autre ? Je le répète, une fois de plus, il faut écouter les Flamands et, s'ils le désirent, aller vers leur indépendance - mais nous Bruxellois ne sommes pas prêts à nous faire annexer. Il faut qu'ils le sachent. Sans vouloir dramatiser, voyons les mouvements populaires en Tunisie et ailleurs...

 

 

[*] et il semble que les partis francophones n'ont pas saisi que le CD&V, héritier du CVP, avaient changé le V de Volk ("populaire", à l'époque signifiant plutôt "démocratique") en Vlaams - flamand - et que les hommes d'Etat tels que Dehaene, Eyskens et même Martens et - horresco referens - Leterme, sont maintenant totalement démonétisés, avec des quasi-inconnus comme Wouter Beke montant au créneau.

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26 janvier 2011 3 26 /01 /janvier /2011 21:33

[suite du feuilleton précédent]

 

Et, donc, le 23, la "marche blanche" annoncée - et ses mots d'ordre ni-ni-ni-ni - a avorté d'une ressucée de la marche belgicaine de 2007, avec 80% de francophones et une belle mesure de drapeaux "noir jaune et rouge". C'était, paraît-il "la marche de la honte", comme si le fait de trahir ses électeurs - flamands pour les partis flamands, francophones pour les autres - n'eût pas été bien plus honteux encore que de ne pas s'accorder entre des partis indépendantistes et gentiment fédéralistes. Sans parler de cet aspect "jeune", ah comme c'est beau que la jeunesse nous donne des leçons (*)... Quelle démagogie !

 

Le vendredi précédent, à l'appel principalement d'artistes flamands s'était tenue une réunion au KVS : "Niet in onze naam/pas en notre nom". Très jolie, très belle manifestation en l'honneur d'une culture sans frontières, à laquelle j'ai toujours souscrit - théoriquement. Mais à vrai dire complètement fausse ; les cultures "dominées" n'ont jamais manqué de faire le procès des cultures "dominantes", et (souvent) à juste titre. J'entendais tout à l'heure Claude Semal, artiste francophone très ouvert, très à gauche et très belgicain-bruxellois, s'étonner du fait qu'il ne connaissait quasiment aucun des artistes du Nord du pays, sauf quelques-uns de sa spécialité (le cabaret, pour faire simple). Et n'oublions pas qu'à la dernière Biennale de Venise, on a écarté des oeuvres dérangeantes parce que les visiteurs du Proche-Orient auraient pu être choqués par le contenu... Ah oui, le marché n'est pas l'Art avec un grand A... Une exposition comme celle de Cranach qu'on a pu voir à Bruxelles et qu'on verra bientôt à Paris ne sera évidemment jamais exposée telle quelle dans tant d'autres lieux ! Le caviardage d'oeuvres même antiques est quelque peu oublié chez nous mais toujours d'actualité ailleurs.

 

Ben oui, on a deux pays qui se partagent un improbable héritage datant du Congrès de Vienne (**) où, en gros, les Anglais et les Prussiens ont voulu créer un Etat-tampon entre la France et les Pays-bas en y incluant les catholiques du Nord. Comme le disait Jules Destrée à son roi Albert Ier, "Majesté, votre cire est bien bonne", non, pardon,  "Sire, la Belgique n'existe pas...".  Certes aussi, il le disait en tant que Wallon. Maintenant, c'est à Bart de Wever de le rappeler à Albert II. On dirait que tout allait bien jusqu'à ce que la NVA vienne tout chambouler, et on oublie allègrement que le Parlement flamand avait déjà voté en 1999 - et à une grosse majorité - une résolution qui est tout à fait  à l'ordre du jour ; les francophones n'étaient-ils pas au courant ? Il n'y a plus de partis nationaux depuis belle lurette et les systèmes empilés fédéral/régional/communautaire ont dérivé chacun dans sa logique propre. Et quand j'entends l'historien de la NVA, M. Defoort, revenir benoîtement sur la notion de confédéralisme, je trouve incompréhensible qu'aucun journaliste ne lui rappelle qu'il n'y a pas matière à confédération ; et qu'un historien comme lui appelle "confédération" la confédération helvétique est d'une mauvaise foi criante - autant dire que la Corée du Nord est un démocratie, et est populaire de surcroît.

 

La Belgique n'est pas morte, mais l'unitarisme l'est. Il faut commencer à négocier l'indépendance de la Flandre, et je me réjouis d'avoir entendu Hervé Hasquin le sous-entendre hier soir sur la RTBF.

 

 

(*) propos certes d'un vieux croûton

(**) Et mieux encore, Lothaire, petit-fils de Charlemagne...

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