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8 décembre 2010 3 08 /12 /décembre /2010 10:27

En mars 2009, le parlementaire John Shimkus (Républicain, Illinois) avait bien fait rire lorsqu'il avait annoncé qu'il ne pouvait croire au réchauffement global, car celui-ci était contraire à la Genèse 8/22 : "Tant que la terre durera, les semailles et la moisson, le froid et le chaud, l'été et l'hiver, et le jour et la nuit, ne cesseront point" (notez à toutes fins utiles que c'est parce que Noé lui a sacrifié quelques bestioles dont le parfum lui est agréable que l'Eternel se ravise ainsi. A cause de la barbaque rôtie, la réaction de Maillard, quoi. Mais je m'égare). Voilà la preuve que toutes ces histoires de réchauffement global ne peuvent être que de la blague. La preuve scientifique. C'est en tous cas la preuve scientifique que certains climato-sceptiques sont des crétins, mais ça, on n'avait pas besoin du bonhomme Shimkus pour le savoir.

 

Mais voilà qu'au grand show de Cancún, Christiana Figueres, la Secrétaire exécutive du programme du Changement climatique des Nations unies, a d'entrée de jeu invoqué l'antique déesse-jaguar Maya Ixchel, qui est non seulement déesse de la Lune, mais aussi de la raison, de la créativité et du tissage (rien de moins). "Puisse-t-elle vous inspirer - car aujourd'hui vous êtes réunis à Cancún pour tisser ensemble les éléments d'une réponse solide au changement climatique, en usant à la fois de raison et de créativité". On trouvera à cette adresse la suite de son discours et de ses invocations.

 

Bien sûr, il est de tradition dans ce genre d'événements de commencer par une anecdote accrocheuse faisant référence au pays hôte. Mais l'aspect religieux de l'invocation n'est évidemment pas une coïncidence. De la même manière, la Première chaîn de la RTBF diffuse chaque jour une émission ultra-écolo, qui s'appelle Nuwa, du nom d'une autre déesse, chinoise celle-là, et là c'est tout à fait assumé.

 

Oh, je n'en fais pas tout un plat, mais je trouve ça assez amusant.

 

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4 décembre 2010 6 04 /12 /décembre /2010 19:32

Vous avez certainement entendu de bonnes âmes GIECo-centrées protester de leurs nobles intentions quand ils qualifient leurs contradicteurs de denialists, de "négationnistes", sans penser le moins du monde bien sûr aux Faurissons et consorts ou aux autres frénétiques de la complotite. Pas du tout une attaque ad hominem, vous assurent-ils, et je pense que certains d'entre eux sont de toute bonne foi.

 

Mais n'oublions pas la joyeuse invitation d'Al Gore d'inviter tous les climato-sceptiques, le créationnistes, les négationnistes de la Shoah, les conspirationnistes du 9/11(*) ou d'Apollo 11 et tutti quanti de se réunir pour passer un bon week-end ensemble.

 

Bien évidemment, le terme négationniste désigne tout d'abord ceux de la Shoah, c'est-à-dire les plus méprisables parmi lesdits party-goers.

 

Certes, il y a des biologistes chez les créationnistes, mais leurs arguments sont misérables, et on peut les abandonner dans les oubliettes de la science, comme on peut le faire aussi (et tout aussi bien) pour certains scientifiques à la marge comme Maurice Allais, par exemple. Rien à dire de plus pour les excités d'Apollo 11, trop ridicules.

 

En ce qui concerne 9/11, j'ai assez essayé de discuter avec un mien neveu conspirationniste pour ne plus vouloir raisonner qui que ce soit à ce sujet. Cependant il ne faut pas être naïf, et il est plus qu'évident que le 9/11 a été parfaitement détourné à des fins ultra-sécuritaires par de nombreux groupes d'intérêts spéciaux pour faire passer des règles, des usages et des législations quelque peu glaçants. Mais enfin les attentats réels ou ratés font que, bien que je peste de devoir faire la file pour me faire fouiller avant de prendre l'avion, je suis tout de même assez rassuré de savoir qu'il y a peu de chance que mon avion s'écrase sur Lockerbie la prochaine fois que je le prendrai (et je voyage beaucoup). Même si je dois enlever ma ceinture, sortir mon laptop et faire examiner mes chaussures.

 

Place aux climato-sceptiques, ou devrais-je dire climato-agnostiques ? Je ne sais pourquoi le terme "sceptique" devrait tout à coup devenir quasiment obscène ; pour moi, "sceptique" devrait désigner une attitude attentiste mais ouverte, quelque chose comme "attendez de prouver vos assertions (non pas évidemment par une preuve mathématique, mais par un corps d'expérience convaincant) avant que je les accepte", ce qui me semble assez conforme à l'état d'esprit scientifique. Or, Al Gore et Jim Hansen, pour ne prendre que ces deux hauts exemples, sont des religieux, militants, et comme tels incapables du moindre scepticisme. Le catastrophisme climatique est une nouvelle religion qui a ses livres sacrés : le WG1 est sa Genèse, le WG2 son Apocalypse et le WG3 un mélange d'Apocalypse et d'Evangiles, ses idoles : les modèles climatologiques, son dieu est tout simplement Gaïa, notre Terre-Mère. Et une religion ne tolère pas de dissidents : Pielke, Lindzen, Spencer sont de dangereux incroyants, il faut les faire taire et le plus simple moyen est de faire comprendre qu'ils sont les alliés stipendiés de Satan. Et il n'est donc pas étonnant de constater que de nombreuses voix parmi ces religieux exigent qu'on érige une Autorité Suprême, une papauté en quelque sorte, bref une sorte d'Exécutif planétaire ayant tout pouvoir pour contraindre les résipiscents, particuliers comme Etats. Exagération, paranoïa ? Pas du tout : la Presse regorge d'interviews de ces excités prêts à la Croisade, et lorsque Phelim McAleer, journaliste connu pour son scepticisme, demande d'être accrédité à Cancún, il est tout simplement éjecté comme un malpropre ; il est vrai qu'il a déjà été agressé par des zélotes, et censuré par des acolytes. Et on se souvient des menaces de certains qui exigent un nouveau Nüremberg pour les incroyants.

 

Je pense pour ma part que ce sont des gens comme Hansen et Gore qui feraient bien d'aller à la garden-party (mais sans les Faurissons et consorts, ça va de soi. May these ones party in Hell).

 

(*) Il est utile à ce sujet de faire remarquer qu'un site climato-sceptique, Popular Technology, est particulièrement anticonspirationniste et a constitué tout un dossier contre les "truthers" du 9/11... C'est que - et ça les journalistes ne semblent pas le savoir - les C-S les plus lus et les mieux considérés sont évidemment des scientifiques de diverses variétés, pas du tout des fanatiques d'extrême droite. Et je me tue à répéter qu'il y a de très gros "vested interests" chez certains qui poussent à l'hystérie ; il n'y a pas que les pétroliers à faire de la com !

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1 décembre 2010 3 01 /12 /décembre /2010 22:10

"Un ouragan fondit subitement sur Rome et toute la contrée voisine avec une telle violence qu'un très grand nombre d'arbres furent déracinés et plusieurs maisons détruites : les vaisseaux au mouillage sur le Tibre ou à Rome furent submergés et le pont de bois fut renversé [...]. Beaucoup d'hommes périrent dans ces désastres, images anticipées des malheurs qui attendaient les Romains sur terre et sur mer".

 

Voilà, un dérangement climatique il y a environ deux mille ans. Et c'est une fois de plus les déités qui se vengent... Demandez à Al Gore, il sera parfaitement d'accord !

 

Et ne parlons pas des (grandes) ères glaciaires... Nos ancêtres de l'époque n'utilisaient pas assez de pétrole...

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1 décembre 2010 3 01 /12 /décembre /2010 14:57

C'est un passage obligé, même si je n'ai pas une opinion très tranchée sur la chose, sauf à remarquer que jusqu'à présent ce sont les Etats-Unis qui ont été pris comme cible, et qu'on verra bien si les promesses de s'en prendre à d'autres Etats seront tenues.

 

Je me souviens de l'obsession de "transparence" qui habitait les Etats scandinaves et nordiques lorsqu'ils ont rejoint l'Union européenne, et qu'on allait voir ce qu'on allait voir en matière de respect du citoyen. Et, effectivement, grâce aussi à la montée en puissance du Net, les sessions des Conseils ont été rendus publiques, les documents publiés, etc. Fort bien. Cependant, quoi qu'en aient dit les passionnés transparents, ce genre d'initiative - certes très louable, je le répète - ne fait que repousser les négociations discrètes à un niveau un peu plus élevé - les dîners de chefs d'Etats et de Gouvernement, pour ce qui concerne le Conseil européen, par exemple. On se souvient que Lénine et Trotsky en arrivant aux affaires, avaient décidé de publier tous les traités et documents confidentiels et secrets découverts au Ministère des Affaires Etrangères dont Trotsky était devenu le patron. On se souvient aussi que pour se rendre à Brest-Litovsk, Trotsky avait hélé le premier venu rencontré je ne sais plus où pour être un des plénipotentiaires. Il n'avait pas fallu beaucoup de temps au nouveau régime pour comprendre l'extrême naïveté d'une telle politique, au point d'ailleurs de sombrer dans la caricature paranoïaque où tout était secret d'Etat.

 

Quant aux notes d'Ambassades, elles ne sont que cela, justement, des notes. J'ai eu l'occasion durant plusieurs années d'être en charge des archives d'une institution officielle, et dans ces archives figuraient de telles notes, d'ambassadeurs, de chargés d'affaires ou d'attachés commerciaux. Elles n'étaient pas vraiment secrètes, mais inaccessibles au public (il faut dire qu'à l'époque, la gestion des pièces confidentielles était assez rudimentaire. Ce n'est plus ainsi, maintenant) et, surtout, mortellement ennuyeuses. On y trouvait de tout, un peu comme ce qui se trouve encore dans les documents du Wikileaks, des ragots de couloir aux propos de garden-party. Ce qui rend les fuites actuelles particulièrement dangereuses, ce n'est pas leur contenu (en général sans intérêt, même s'il est parfois piquant) dont tous les gens ayant de près ou de loin fréquenté la diplomatie connaissent les détails mais ne les répètent pas, c'est surtout le fait de montrer au grand jour l'absence totale de précautions prises par l'administration américaine pour éviter d'embarrasser tout le marigot diplomatique international. Paradoxalement, donc, c'est le manque de secret, c'est l'utilisation de la simple discrétion qui est la cause de ce tumulte. Julian Assange sera certainement responsable d'un raidissement de toutes les procédures de publicité et provoquera sans aucun doute une diminution de la transparence administrative.

 

Et alors, il pourra crier à la dictature...

 

P.S. Qu'on m'entende bien : défenseur acharné du Premier Amendement et du free speech, je suis viscéralement attaché à la transparence. Mais postérieure. C'est presque un truisme que toute négociation transparente n'est pas une négociation ; imagine-t-on un joueur d'échecs qui afficherait sa stratégie et sa tactique à son adversaire ? Seulement, pour faire avancer la théorie, il serait préférable qu'il les dévoile après coup. De même, la nécessité de confidentialité me semble incontournable, et c'est ce que prévoit d'ailleurs la nécessité de déclassification. Après 10, 20 ou 30 ans, ça peut se discuter, mais pour ma part je préfère un temps assez court.

 

PPS. Depuis, j'ai appris que les pères fondateurs du nouvel Etat américain avaient eu cette même obsession en réaction aux secrets de la diplomatie du colon anglais. Je ne doute pas que certains enthousiates africains aient eu, l'espace d'un moment, envie de faire de même lors de l'accession de leur pays à l'indépendance. Tout cela ne dure guère... D'autre part, si je n'ai jamais tenu Julian Assange - le Nelson Mandela+Mère Teresa de l'inénarrable Guardian - pour un glorieux personnage, son "autobiographie non autorisée" m'a ouvert les yeux sur la veulerie et l'inconsistance du personnage : http://www.spiked-online.com/index.php/site/reviewofbooks_article/11126/

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26 novembre 2010 5 26 /11 /novembre /2010 11:17

Vous connaissez ? C'est un petit film sur YouTube qui contient un message très clair : ceux qui ne veulent pas réduire d'au moins 10% leur "empreinte carbone" (je reviendrai sur ce concept dans un post que je prépare), eh bien, il faut les exécuter, c'est aussi simple que ça. On pousse sur un bouton et hop ! ils explosent, que ce soient des écoliers, des hommes d'affaires, des sportifs ou n'importe qui, pas de pitié.

 

J'ai tout d'abord pensé qu'il s'agissait d'une satire, peut-être produite par les inénarrables Minnesotans for Global Warming avec les millions de dollars qui leur sont versés chaque jour par les fourbes pétroliers, mais à la réflexion, ce n'était pas possible : les bien-pensants se seraient déjà emparés de l'affaire en dénonçant un message haineux et un harcèlement criminel.

 

Certains peuvent trouver cela drôle, et évoquer les Monty Python, mais ici le côté gore (qui n'existait évidemment pas chez les MP) est prédominant : les méchants sceptiques arrosent tous les participants de leur bouillie de sang, d'os, de cervelle (pour autant qu'ils en aient, bien sûr) et de bidoche. Au point que le film est précédé d'un avertissement et réservé aux adultes.

 

Non, ce n'est pas drôle et ce n'est pas un méchant petit film fabriqué par des amateurs en goguette ; c'est un produit parfaitement fini et professionnel, financé par des gens très sérieux et par le Gouvernement britannique (qui l'est moins).

 

Tout y est : l'endoctrinement des écoliers, les paroles aimables et le ton franc et enjoué ("c'est un choix, vous êtes libres, sans engagement"), la rétribution immédiate - et exemplaire. If you don't toe the line, you'll be blown up.

 

“Ne rien faire contre le changement climatique est une maladie encore assez répandue, même à ce jour" explique le fondateur de la campagne 10:10Franny Armstrong. "Bien sûr, nous ne voulons pas les faire exploser, mais un peu d'amputation serait peut-être un bon début". Mais pourquoi prendre un tel risque de choquer ou de s'aliéner les gens, lui demande le journaliste (du Guardian, ça va de soi) ? "Parce qu'il nous reste environ quatre ans pour stabiliser les émissions globales et nous ne sommes encore nulle part à ce sujet. Toutes nos vies sont menacées et si ce n'est pas sur un sujet pareil qu'il faut s'exciter, je n'en vois pas d'autre".

 

Remarquez, une fois encore, le glissement sémantique de "réchauffement climatique" à "changement climatique", qui est général. Rappelez-vous les paroles de Robert Orr aux Nations unies déclarant que le prochain rapport du GIEC sera bien pire que le précédent - alors que les experts n'ont même pas encore commencé à travailler dessus... N'oublions pas les appels au meurtre ou à l'exécution des pétroliers, des dirigeants de compagnies d'aviation etc. émis sans aucun humour mais avec une froide détermination et un conviction de justice absolue par Hansen, Monbiot, Robert Kennedy Jr. (pardon, ce dernier n'envisageait que la prison à perpétuité...) et tant d'autres dans les blogs qui ont leur sympathie.

 

Comment voulez-vous dans ces circonstances accorder le moindre crédit à de tels propagandistes surexcités ? Je ne sais trop à quoi Franny Armstrong fait allusion lorsqu'elle cite ces "quatre ans", mais je suppose en consultant la littérature sur le sujet qu'il s'agit du temps pour que la teneur en CO2 de l'atmosphère passe de 0,0392% à 0,0400%. Big deal. Cette augmentation de 0,0008% et ce nombre rond et magique de 0,0400% sont le point de transition cataclysmique. C'est en tous cas ce que tous les gouvernements britanniques, de droite comme du centre comme de gauche, essayent désespérément de faire passer comme message, pour une raison qui m'échappe et qui échappe à tous ceux qui ont pris leurs distances avec les certitudes d'Al Gore. Et c'est évidemment et scientifiquement faux.

 

Ah oui, un des derniers éditoriaux du Monde évoquait les sécheresses, les pluies diluviennes, les canicules et les coups de froid pour preuve du "changement climatique". Il manquait les tremblements de terre et les catastrophes minières, et je ne me souviens plus si l'Eyjfjallajökul était cité, mais ce ne serait pas autrement étonnant. Il y a peu, lorsque les sceptiques parlaient d'une météo particulièrement froide, on leur intimait l'ordre de se taire car le "temps (weather) n'est pas le climat" (ce qui est certain). Maintenant, curieusement, c'est le climat qui est devenu la météo, et à tous les coups l'on gagne...

 

Bah, c'est peine perdue.

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25 novembre 2010 4 25 /11 /novembre /2010 22:06

On m'a reproché plus d'une fois d'épingler des "comédies" à la française, comme Musée haut, musée bas, Potiche ou autres. Mais le fin du fin, c'est tout de même de voir (de lire) les critiques se pâmer à la vision de "Poetry", film coréen de Lee Chang Dong. On sait que le cinéma coréen a la cote, et Joon-ho Bong est un superbe cinéaste, mêlant le drame avec un humour parfaitement "décalé" (dieu que je déteste ce terme, mais comment dire autrement ? Le "poisson à pattes" de The Host est affreusement délicieux !).

 

Cela dit, les Coréens ont une telle passion pour le mélodrame qu'ils en remettent un peu avec par exemple La chanteuse de Pansori, le pansori étant une chanson traditionnelle doloriste et mélodramatique, et le film (que je n'ai d'ailleurs pas vu) semble parler d'une chanteuse de Pansori, aveugle et tout et tout, bref un tire-larmes digne de La Ballade de Narayama.

 

Peut-être aussi chef d'oeuvre que ce dernier. Je n'en sais rien, ne l'ayant pas (encore) vu.

Mais Poetry est à la fois creux, interminable, mélodramatique et téléphoné. Plans appuyés, montage mou et le tout sans intérêt. Les interventions "poétiques" sont remarquables par leur parfaite imbécillité (ah oui ! on y voit pendant quelques secondes un poète en révolte ! Mais il s'effondre vite...).

 

Trois étoiles, n'est-ce pas ?!

 

Une fois de plus : fuyez. Ou alors, ne soyez pas d'accord.

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24 novembre 2010 3 24 /11 /novembre /2010 11:08

belgique

 

(et voici son futur nouveau drapeau...)

 

Je ne comprends vraiment pas pourquoi ni comment les politiques francophones de ce pays refusent de voir les choses en face : les Flamands veulent l'indépendance de la République flamande, et quand bien même on alignerait sondage après sondage pour dire que non, enfin oui, c'est-à-dire pas tous, mais certainement une grande autonomie, etc. il n'en reste pas moins que tous les hommes politiques importants et, ce qui est nouveau, tous les éditorialistes flamands envisagent une scission avec sérieux, voire sympathie. Tordons tout de suite le cou à un mythe, celui de la "confédération" : notre prof de DIP nous avait bien rappelé qu'une confédération était une union politique d'Etats souverains, qu'il y en avait peu d'exemples dans l'histoire et que la Confédération helvétique n'en était pas une. On pourrait évidemment imaginer une telle confédération, mais alors postérieure à une indépendance d'un Etat flamand.

 

Qu'on m'entende bien : je n'ai nulle sympathie envers les récriminations nationalistes flamandes et je ne me réjouis pas de devoir envisager la scission du pays ; comme quasiment tous les Belges, j'ai de nombreux ascendants de tous bords - même espagnols - et la Flandre fait incontestablement partie de l'histoire européenne (la dénomination même de Flandre au quinzième siècle était assez vaste et surprenante pour les modernes que nous sommes). Je n'ai nulle sympathie pour les nationalismes quels qu'ils soient, mais je peux les comprendre lorsqu'il s'agit de défendre une langue, une culture qu'on estime menacées (sans parler évidemment des réactions de nations dominées - ce qui n'est tout de même pas le cas des Flamands). Alain Finkielkraut - avec lequel on peut parfaitement ne pas être toujours d'accord - nous rappelle dans de nombreux ouvrages la hantise de petites nations d'être absorbées par des voisins plus puissants, voire plus prestigieux. Le bilinguisme traditionnel des Flamands comme le monolinguisme regrettable des francophones ne s'explique pas autrement : Kafka écrivait en allemand, la grande majorité des Néerlandais et des Nordiques parlent couramment l'anglais, etc. Mais un ami Danois me rappelait que le danois était pour lui la plus belle langue du mondes, et il me le disait dans un anglais impeccable.

 

Il y a quelques jours, M. Eric Defoort - co-fondateur et homme éminent de la NVA - avait fait un tabac dans une émission de la VRT consacrée au plan B comme on l'appelle ici, soit la fameuse scission. On se souvient peut-être d'une autre émission de la RTBF cette fois, qui mettait en scène il y a quelques mois un coup d'Etat flamand proclamant unilatéralement l'indépendance du territoire, émission à mon point de vue parfaitement scandaleuse en ce qu'elle se présentait comme des nouvelles et non une fiction et qu'elle avait un ton ouvertement belgicain et assez anti-flamand (du moins anti-indépendantiste flamand, ce qui n'est pas le rôle d'un journaliste). Il confirmait bien sûr, et M. Bart De Wever également, que le but de la NVA était assurément de préparer à l'indépendance - à terme, cela va sans dire - et que les négociateurs n'accepteraient jamais que des petits pas menant à un tel but, et jamais au grand jamais la moindre concession revenant en arrière. Et les hommes politiques francophones n'écoutent pas, n'entendent pas. En ce qui concerne Bruxelles, M. Defoort était très clair : c'est la capitale de la Flandre, et il n'est pas question de la laisser tomber ; il ajoutait "en historien" No taxation without representation, ce qui en l'occurrence était parfaitement à côté de la plaque pour employer une expression familière, et il prévenait que donc Bruxelles devait s'attendre à voir tous ses crédits (flamands) coupés, à voir toutes les institutions (flamandes) se retirer et devrait s'apprêter à financer les retraites des navetteurs flamands... Il le disait en ricanant.

 

Minute, papillon ! Les Wallons et les Bruxellois n'ont jamais à ma connaissance décidé de ne plus faire partie de la Belgique ; si les Flamands veulent fonder leur Etat propre - et qui leur nie le droit de le faire ? - ils ne peuvent empêcher ceux qui restent de continuer à être la Belgique, avec son siège à l'ONU et sa qualité de membre de l'UE, du Conseil de l'Europe, etc. Bien sûr, une telle indépendance acquise pacifiquement - il y a de nombreux précédents historiques d'un tel processus - suppose de longues négociations et de très nombreux traités. Voilà à quoi la classe politique francophone devrait s'atteler ; après, la République flamande devra demander son adhésion à l'UE (bonne chance...), au CdE, à l'ONU etc. mais ce n'est plus l'affaire de la Belgique. El l'historien en peau de lapin devrait peut-être méditer sur les innombrables pays qui ont compris que l'indépendance ne signifiait pas un afflux de richesse ; certes le départ de la Flandre de Bruxelles sera coûteux, mais on n'achète pas son indépendance et s'il le faut, je ne doute pas que les Bruxellois chasseront ceux qui voudraient s'accrocher. Tout cela bien sûr parce que les Flamands (on me comprend) n'ont jamais accepté le fait que la Région de Bruxelles-capitale est précisément cela, une région à part entière ; pour eux, Bruxelles est une ville, et une ville flamande en plus. Ils se trompent, et les menaces de M. Defoort tombent mal : il n'est évidemment pas question de payer les retraites de navetteurs dont justement on se plaint qu'ils acquittent leurs taxes dans leur région d'origine (no representation without taxation, M. Defoort !), et a fortiori s'ils résident dans un Etat étranger...

 

Oh, certes, j'ai des amis artistes qui manifestent bruyamment contre ce plan B. Des scientifiques aussi. J'avoue ne pas les comprendre, car, n'ayons pas peur des platitudes, l'art n'a pas de frontières - c'est un peu différent pour la science à cause des sommes colossales en jeu, mais justement, on voit avec des réalisations comme le CERN, ITER, etc. qu'il y a moyen de passer par-dessus ce genre de problèmes, au moins en partie. Et quand je dis "pas de frontières", c'est d'un évidence absolue : je n'hésite pas à écouter un opéra à Glyndebourne, à voir une exposition à Berlin ou à courir à Art Basel (à Bâle ou à Miami). Ce qui me ferait hésiter, c'est le coût du voyage, pas le fait qu'il faille franchir des frontières. S'il faut le faire pour aller écouter un concert à Anvers, je m'en soucie comme d'une guigne.

 

Il y a tout de même un gros problème qui reste : tout cela me semble tellement limpide que je ne comprends diable pas comment tout le monde ne pense pas comme moi... Où donc me trompé-je ?...

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21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 21:45

Je crois l'avoir déjà dit, Jacques Audiard est un réalisateur que j'apprécie beaucoup (en toute modestie...). Je vois chez lui  une obsession de l'enfermement : évidente dans Un Prophète, mais sous-jacente dans tous ses films précédents. Regarde les hommes tomber, le coma dépassé bien sûr, mais aussi les rapports de soumission entre Mickey et ses deux maîtres, Sur mes lèvres, où Carla est enfermée dans sa surdité, De battre mon coeur s'est arrêté, Thomas bloqué à la fois par son art et son père, et jusqu'à Un héros très discret où Albert s'enferme dans sa mythomanie.

 

Et chaque fois, le personnage s'en sort vers le haut, au moins en quelque sorte...

 

J'y pensais encore hier en revoyant Regarde..., son premier film si j'ai bonne mémoire (mais pas son premier travail), excellent, encore un peu maladroit, avec sans doute trop de scènes de nuit un peu hermétiques, mais avec un découpage haletant (on ne peut même pas parler de flash-backs), sans aucune des afféteries du triste Iñarritu : la voix off et les intertitres faussement candides forment un canevas narratif bien carré et sans prétention - disons, sans prétention affichée...

 

Certes, ce bonhomme a le knack de trouver des titres accrocheurs, mais il y a derrière une oeuvre importante dans le cinéma français. Pour les imbéciles qui se cramponnent aux étoiles, je lui en décernerais 5...

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16 novembre 2010 2 16 /11 /novembre /2010 23:05

Cruche. J'ai été (une fois de plus) piégé par de très bonnes critiques, par des amis et par François Ozon lui-même dont Sous le sable était remarquable, Swimming Pool bien meilleur que la critique ne l'avait proclamé, et qui avait conçu des courts-métrages assez choquants et prometteurs. Sa filmographie heurtée permettait d'espérer une "subversion" "décalée" (deux termes haïssables, mais peu importe) d'un infâme boulevard de Barillet et Grédy. Notons tout de même que le sublime Resnais avait transformé avec Mélo une triste pièce de théâtre d'Henri Bernstein qui, reconnaissons-le, en revendiquait le titre, mais n'est plus actuellement ni lisible ni jouable.

 

Passe encore le jeu hyper-théâtral typique du cinéma français mais qui a pu produire des joyaux comme Drôle de drame ou Les enfants du Paradis (encore que le jeu de Depardieu dans ce film-ci soit particulièrement retenu ; il faut convenir, mal gré qu'on en ait parfois, que c'est un grand acteur). Passe aussi que Mme Pujol (Deneuve) ne sache pas ranger un lave-vaisselle (on ne range pas le tiroir supérieur avec des verres sales avant d'avoir vidé le tiroir inférieur propre. Un détail, sans doute, pourtant une bourgeoise-potiche maîtresse de maison n'aurait évidemment pas fait ça. Ou alors elle aurait laissé la femme de ménage le faire). Mais avoir soigneusement enlaidi à la puissance n les intérieurs et les costumes des années '70 qui n'en demandaient pas tant : inutile, surligné, grossier.

 

Les personnages n'ont évidemment aucune épaisseur, on devait s'en douter. Luchini incarne une espèce de brute fascisante totalement incrédible même en 1977 et quasiment le tout à l'avenant (la scène du conseil d'administration n'est même pas une moquerie, elle est tout simplement ridicule). Là où Resnais reprenait une pièce de Bernstein dans Mélo en gauchissant à peine le trait tant des décors que des personnages pour en faire une quasi-tragédie, Ozon fait une farce, et une farce très peu drôle (quelques rires dans la salle, un ou deux sourires par-ci par-là). Quant à la fin, bâclée, elle culmine dans une épouvantable scène de foule avec Deneuve chantant C'est beau la vie - le voir pour y croire. Mais heureusement, on sait que le film va bientôt se terminer car aller plus loin dans l'horreur eût été impossible.

 

À faire peur. Quand je pense que c'est le metteur en scène d' Une robe d'été...

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12 novembre 2010 5 12 /11 /novembre /2010 11:58

En ce qui concerne les voitures tout électriques, le patron de Renault-Nissan estime qu'elles constitueront 10% du parc automobile en 2020. Je parle bien des véhicules tout électriques, qu'on recharge à une borne de courant (ou en pédalant), et non des véhicules hybrides comme la Prius - la plus célèbre - contre lesquels le grand ayatollah Geoge Monbiot a bien évidemment fulminé un interdit puisque sur la route ce ne sont que de vulgaires véhicules à essence.

 

Je suppose que vous avez tous entendu parler de la miraculeuse EV1 de General Motors, qui a bien entendu été assassinée par l'administration Bush, les pétroliers et les garagistes selon un documentaire très répandu sur le Net (vous pouvez aussi le regarder sur le site de Véronique Anger). La réalité est nettement plus nuancée : c'était une voiture lancée en prototype par GM dans une Californie où une loi draconienne dite Zero Emission conduisait les fabricants automobiles à trouver un peu n'importe quoi pour dire que... D'autre part, il y a toujours une partie de la population (et spécialement Californienne  !) pour s'enthousiasmer devant le dernier gadget à la mode, et l'EV1 était un beau gadget, rapide, aérodynamique, futuriste et... inutilisable. Deux places (aux USA !), un rayon d'action riquiqui, un mode de chargement anti-pratique, et un prix colossal. C'était ce qu'on appelle a conversation piece pour les heureux pilotes d'essai sélectionnés par GM et qui pouvaient frimer devant leurs copains techno-geeks comme eux. Quelques milliers - ou même dizaine de milliers - de ces voitures n'auraient qu'écorniflé les profits des pétroliers et des stations-service, et n'auraient nullement diminué les revenus des réparateurs puisque, contrairement à ce qui est prétendu un peu partout, la maintenance d'une voiture électrique est au moins aussi complexe que celle d'une voiture thermique ou - surtout - hybride.

 

Je n'ai rigoureusement rien contre le principe du tout électrique, mais je reste réaliste sinon sceptique. Dans l'état actuel de la technologie (et 2020 c'est dans dix ans, c'est-à-dire demain ; même une découverte technologique fracassante faite ce jour mettrait au moins dix ans pour s'établir industriellement), le tout-électrique est irréaliste, à moins d'interdire les moteurs thermiques, qui par ailleurs évoluent et se perfectionnent sans cesse, sans nul doute aussi à cause des normes d'émissions de plus en plus sévères. 10% de VE en France demain, c'est 300.000 points de recharge à créer, à un coût unitaire d'au moins 50.000 € ; la recharge d'une batterie Lithium-ion durant plusieurs heures, on a imaginé des systèmes de location de batteries dans les stations-service existantes ou d'autres possibilités relativement tordues et difficilement applicables. Car l'essentiel est là : les batteries les plus performantes actuelles sont extrêmement coûteuses, très délicates et dangereuses (contrairement à ce qu'on peut penser l'essence est peu dangereuse : les véhicules n'explosent que dans les films d'action, ou presque), s'épuisent après quelques centaines de cycles de charge et ont donc une durée de vie très limitée. Et surtout, leur densité d'énergie est très faible. Voyez la magnifique Tesla Roadster : ce jouet pour gosses de riches contient une batterie de 53 kWh rechargeable en 4 heures. Quand je fais le plein de ma Renault Espace, j'y mets en moins de trois minutes plus de 600 kWh, à un prix plus élevé, je le concède. Mais les kW.h de la Roadster, il faut bien les fabriquer quelque part : comme l'hydrogène, le courant n'est jamais qu'une monnaie d'échange, pas une énergie primaire. Et c'est là aussi que le bât blesse !

 

Remarquez qu'il y a aussi le fameux problèmes des "terres rares" (les lanthanides, qui par ailleurs ne sont ni rares ni des terres, mais dont le minerai a une fâcheuse tendance à être concentré en Chine) qui sont utilisées extensivement dans les moteurs électriques (spécialement le néodyme et le lanthane - pour fixer les idées, une Toyota Prius contient environ 1kg de néodyme et 10kg de lanthane) - et, bien entendu dans les dynamos des éoliennes puisqu'une dynamo est un moteur "à l'envers"... Les centaines de milliers de nouveaux emplois dans la fabrication des technologies "vertes" pourraient donc bien plutôt se matérialiser en Chine. Et quelle aubaine ! Ne croyez pas une seconde que je ne me réjouisse pas pour les Chinois, mais c'est tout de même une réflexion à faire avaler à Borloo quand il envoie son tir de barrage en faveur des "emplois verts".

 

Hélas, la simplificite n'arrête pas de frapper...

 

P.S. Voir également une analyse très convaincante d'un effet d'annonce bien précis : l'EPA elle-même décerne un brevet de mérite à la Nissan Leaf, mais à y regarder de plus près, le point de vue de l'EPA ne reflète que sa position idéologique (ce dont personne qui connaisse l'Agence en question ne doutera, d'ailleurs). Mais chacun sait que le Coyote Blog est stipendié par le pétroliers, d'ailleurs pour en avoir la preuve il suffit de se referer à son post sur l'immigration.

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Published by cdc - dans sciences
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