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28 mars 2011 1 28 /03 /mars /2011 11:21

Il faut bien reconnaître qu'à part en Allemagne les anti-nucléaires ne donnent pas vraiment de la voix. Certes, notre RTBF ne retransmet que les messages d'alerte, du genre "on ne peut se prononcer", "une fusion du coeur du réacteur 2 n'est pas à exclure", mais les ténors écolos se sont contentés d'un petit baroud d'honneur, du type "le nucléaire, ce n'est pas l'avenir" (ce qui est probablement vrai). D'ailleurs, on trouve même dans Télérama un billet d'humeur qui remarque ironiquement que non seulement les JT de toute la France sont extrêmement rassurants, mais que même les opposants les plus acharnés (et l'ineffable CRIIRAD) répètent qu'en France tout au moins, pas de radioactivité à craindre.  Mais surtout, surtout, voici qu'un des plus verts parmi les verts - et même agressivement vert - j'ai nommé George Monbiot lui-même, assure dans un article d'un réalisme rare chez lui qu'il est ardent défenseur du nucléaire  et de la fée électricité (on constate donc avec bonheur qu'il n'est pas un partisan de cette escroquerie intellectuelle et morale qu'est l'"Heure de la Terre" - j'y reviendrai). Revenant sur un tableau fort bien fait, il rappelle que la dose totale qu'aurait reçue un habitant moyen résidant à 10 miles de la centrale de Three Mile Island après la catastrophe était 1/625e de la dose annuelle admise pour les travailleurs de la centrale en temps normal, cette dernière étant la moitié de la dose minimale-minimale établissant un risque de cancer supplémentaire détectable. Enfin, lui aussi se scandalise que les 10 ou 20.000 morts directs de la catastrophe semblent bien moins importants que les risques encore complètement hypothétiques de quelques dizaines voire de 100 ou 200 morts de cancer de la thyroïde d'ici 20 ou 30 ans.

 

Donc, voilà un peu de bon sens... Mais, tiens donc, si on parle de risque... Quels sont les risques avérés pour les "OGM" ? Combien de fois certains activistes actuellement tout miel envers les centrales nucléaires n'ont-ils pas brandi des effets catastrophiques de ces fruits de l'arrogance humaine pour voir ensuite leurs annonces complètement discréditées (les exemples princeps étant évidemment l'affaire du papillon Monarque ou les pommes de terre de Pusztai) ? Peu importe, d'ailleurs, car l'accusation faisait l'objet d'une couverture médiatique sensationnelle et la réfutation était reléguée dans des journaux scientifiques. Combien aussi de prédictions apocalyptiques du groupe II du GIEC se sont-elles dégonflées avec un bruit piteux ? Ici, nous avons eu un  vrai cataclysme, qui a frappé une centrale dont la conception remonte à une cinquantaine d'années, scandaleusement mal placée de surcroît. A en entendre certains, il faudrait que la sécurité soit garantie sans intervention humaine après la catastrophe ; c'est évidemment ahurissant. Les ingénieurs et les pompiers font ce qu'ils peuvent pour circonscrire les dégâts et c'est normal, cela ne justifie absolument pas les inquiétudes journalistiques abondamment répandues (sauf à la télévision française, s'il faut en croire le chroniqueur de Télérama).

 

Cela étant, il serait ridicule de ne pas vouloir tirer de conclusions de cet accident. Et il est temps de mettre en place des centrales modernes, plus sûres et plus durables : ce n'est pas demain la veille que les énergies renouvelables inoffensives permettront à 9 milliards d'Hommes de vivre confortablement.

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23 mars 2011 3 23 /03 /mars /2011 16:01

Matt Ridley fait très justement remarquer que l'électricité nucléaire future sera chère, justement à cause de la sécurité élevée des centrales modernes : voir le cas Olkiluoto en Finlande,  qui a pris 4 ans de retard, dépasse son budget de 50% et est au coeur de procès entre co-contractants. Mais qui est très sûre. L'électricité nucléaire est évidemment toujours bien moins chère que l'éolienne ou la photovoltaïque, mais plus chère que l'électricité thermique (charbon, fuel et, surtout, gaz de schiste). Devinez ce qui va se passer ? Même si l'on se souvient que le nucléaire et ses catastrophes ont fait bien moins de morts et d'invalides que fuel et charbon, "l'atome" reste une menace fantasmatique puissante, il suffit pour s'en convaincre de lire tous les récits de terreur infantile sur "le nuage", "l'eau", "les légumes" irradiés et irradiants. Les Prix Nobelisables du CRIIRAD vont s'en donner à coeur joie, ceux-là mêmes qui déconseillaient aux utilisateurs de passer entre les l'émetteur WiFi et l'antenne de réception  du PC...

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22 mars 2011 2 22 /03 /mars /2011 21:26

Oui, ça s'est passé hier dans mon supermarché habituel, elle faisait ses emplettes avec deux jeunes garçons, je dirais 8-10 ans, sans doute ses fils, bonne petite famille bourgeoise, bonnes manières, bien habillés. Un des garçons aperçoit des fraises et, bien élevé, propose à sa mère d'en acheter ; elle examine le cageot et s'exclame "Oh, importé ? Ah non !" et elle tourne les talons. Le gamin s'étonne " ça veut dire quoi, importé ?" et sa mère (probable) répond, sentencieuse " ça veut dire que c'est transporté...".

 

Il n'est pas dans mes habitudes de me mêler des conversations d'autrui, sauf si j'y suis invité, mais j'avais tout de même envie de poser quelques questions à cette dame, qui avait par ailleurs avait fait ses réflexions à voix assez haute pour qu'on l'entende et qu'on retienne sa leçon.

 

- des fraises non importées à cette saison ? Ce n'était pas très utile de le confirmer en lisant  (et en clamant) la mention de provenance, tout de même...

 

- que faisaient les oranges et les bananes dans son panier ?

 

- les vêtements de sa petite famille étaient sans nul doute de laine bruxelloise et de lin régional, pas du tout en coton, évidemment !

 

- pauvres enfants qui se voient privés de chocolat, et pauvres parents qui doivent se contenter de camomille (locale) au lieu de thé et de café... Mais enfin, au moins ils sont sobres et se passent de vin ; quant à la bière, ils vont sans doute la chercher eux-mêmes à la brasserie. Ah mais non ! car c'est tout de même la transporter !

 

Ah là là, c'est pas simple de vivre !

 

 

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18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 23:20

Comme après Three Mile Island et Tchernobyl, il y aura certainement un après-Fukushima. Le choix du bord de mer pour y implanter les réacteurs était certes séduisant techniquement et économiquement (*), mais assez absurde dans un pays accoutumé aux tsunamis. Les centrales de 2e génération, et peut-être plus encore les réacteurs à eau bouillante ne sont probablement pas assez sûrs en cas de cataclysme majeur. Il faudra analyser tout cela sans évidemment écouter les cris perçants de ceux pour qui la messe est déjà dite (remarquons que certains cris provenaient au début des régulateurs étrangers - français notamment, et même d'un DG de l'AIEA).

 

En attendant, quid de l'accident lui-même ? On l'avait journalistiquement (sous le couvert des régulateurs que j'ai mentionnés) placé au niveau 7, le plus élevé, celui de Tchernobyl, et ceci avait fortement étonné les spécialistes (et les journalistes scientifiques) car les deux accidents étaient très différents : à Tchernobyl, le coeur avait explosé, causant une contamination intense et extensive. A Fukushima, on suspecte une enceinte de coeur fissurée et une piscine de stockage à sec ou en tous cas pas assez remplie. Les rejets radioactifs sont faibles, mais, précaution oblige, la zone d'évacuation a été importante (moins pour les niveaux de radioactivité réels que pour le risque d'un accident plus grave). Mais Tchernobyl était le joyau de la technologie soviétique, la Lada des centrales, le Tupolev 144 des réacteurs, une machine incroyablement dangereuse et instable servie par un personnel complètement incompétent. Le régulateur japonais, lui, avait mis l'accident au niveau 4, pour le relever à 5 quelques jours plus tard. Pourquoi alors les diplomates occidentaux ont-ils encouragé leurs nationaux à prendre la poudre d'escampette ? La BBC nous apprend le scénario choisi par le conseiller scientifique en chef du Royaume-Uni :

"J'ai pris en compte le scénario worst-case de piscine à sec émettant une forte radioactivité, avec plusieurs fusions de coeur de réacteurs. En plus, nous avons imaginé le pire scénario météorologique - des vents en direction de Tokyo. Notez que d'après notre estimation, même des mesures très simples telles que rester chez soi fenêtres fermées aurait suffi à diminuer le risque dans la région de Tokyo".

 

Et voilà comment on gère l'information et on accuse les gouvernement japonais de faire de la rétention d'information...

 

On (le Pr. Wakeford, épidémiologiste à l'Université de Manchester) a calculé que le premier accident de niveau 5, à Windscale (1957) pourrait avoir causé un surplus de 240 cas de cancer, dont la moitié pourraient être fatals. Par contre, en ce qui concerne Three Mile Island, il n'y a probablement aucun cancer qui peut lui être imputé, la raison de son classement au niveau 5 provenant du fait que l'accident était potentiellement grave : une fusion du coeur. Mais comme le font valoir les non-opposants au nucléaire, la fusion partielle a été contenue. De même à Fukushima, où malgré une conception ancienne de la centrale, et un double cataclysme dont les conséquences effroyables passent presque après les nouvelles de la centrale, les autorités ont finalement pu - au prix d'efforts énormes, c'est vrai - probablement maîtriser l'essentiel des risques. La concentration en Iode-131 (demi-vie 8 jours) diminue rapidement et les mesures de radiation donnaient 500 microsievert/h sur la site, soit en-dessous du seuil d'alerte (ce qui n'empêche pas Greenpeace d'imaginer des scénarios qui ne sont plus worst-case mais carrément apocalyptiques). Le rétablissement du courant électrique semble avoir mis fin aux risques majeurs. Le Pr. Wakeford cité plus haut estime qu'il est possible qu'on ne puisse pas attribuer une seule mort à l'accident de Fukushima, dans la mesure où les "liquidateurs" ont subi des doses de l'ordre de 100-150 millisieverts, ce qui représente une malchance de 1% de développer un cancer grave pendant une vie - avec un risque "naturel" de l'ordre de 20 à 25%. Et il n'imagine pas qu'il existe un risque quelconque pour la population en général.

 

Cataclysme, mauvais endroit, conception ancienne (il y a actuellement des projets de centrales beaucoup plus fail-safe) et pas un seul mort. C'est tellement dangereux que ça, les centrales nucléaires ?

 

(*) pas besoin de tours de refroidissement, acheminement des matériaux par la mer.

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15 mars 2011 2 15 /03 /mars /2011 11:15

Je suis réellement chagriné de poser cette question légèrement provocante, mais comment ne pas se la poser ? Le bon journaliste qui vérifie ses sources, qui les recoupe, qui exerce une prudence indispensable tout en assurant sa complète indépendance, bref le journaliste de papa, quelque peu fonctionnarisé et très ennuyeux, ce journaliste-là est en voie d'extinction. Maintenant, nous avons les Rambos du "journalisme d'investigation", les super-héros qui démontent pour nous tous les rouages cachés du monde, qui nous avertissent de tous les complots tramés un peu partout, qui arrachent les masques et démasquent les traîtres, ces Rambos, Zorros, Supermen qui rockent !

 

Quand il s'agit de donner la parole aux semeurs de terreur, aux apôtres de la calamité, là, comptez sur les journalistes, mais ne comptez pas sur eux pour - ne disons même pas porter la contradiction, mais simplement garder un peu d'esprit critique.  Les stupidités de Marie-Monique Robin, et notamment sa dernière en date, les confondantes âneries de Jean-Paul Jaud, les élucubrations délirantes du CRIIRAD et du CRIIGEN, tout cela passe avec une facilité étonnante, à la radio, à la télé (et pas dans les chaînes-poubelles, loin de là !), dans la Presse écrite (et pas seulement dans Télérama, loin de là !), annoncé à grand fracas, couvert d'éloges, pas le moindre questionnement, le petit doigt sur la couture du pantalon ! Les Rambos s'aplaventrent, les Zorros se font tout miel, les Supermen se font tout sucre, ce ne serait certes pas eux qui auraient accusé Sauper de manoeuvres frauduleuses dans son nullissime Cauchemar de Darwin, c'est le Web qui l'a dénoncé.

 

Bah, c'est sans espoir, mais enfin, puisque je suis moi aussi un optimiste rationnel et que je me plais à voir le bon côté des choses, je vous rapporterai la bonne nouvelle de la semaine (et avec ce qui se passe en Libye et au Japon, on en a bien besoin).

Vous n'ignorez pas que toutes les espèces animales et végétales sont en voie de disparition, les bons journalistes n'arrêtent pas de le répéter sur tous les tons (et d'ailleurs, c'est absolument vrai - mais à quel terme, là est la question). Eh bien, figurez-vous que les Aigles Impériaux du Kazakhstan sont bien plus nombreux qu'on ne le pense ! Et ceci vaut sans doute pour de très nombreuses espèces dont on se contente de recenser les populations visibles (au nid, par exemple), mais sans prendre en compte les populations cachées, et dans le cas présent, ça fait une sacrée différence : 21 aigles visibles et 308 cachés !

 

Il en faut peut-être plus que ça pour vous remonter le moral, mais enfin, on aura essayé...

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10 mars 2011 4 10 /03 /mars /2011 15:04

Une semaine au Fespaco, ça fait du bien, même s'il faisait tout de même très chaud, et une chute de température de plus de 40 degrés après 5 heures de vol, c'est - disons - revigorant !

 

Mais j'ai eu le temps de faire des découvertes intéressantes, par exemple celle de sites qu'on peut vraiment dire climato-ultra-sceptiques. Pour employer une terminologie en vogue, je me compte parmi les lukewarmists, les tiédistes (mais pas du tout dans le sens de vae tepidis !), ceux qui admettent que la température varie, qu'on est sans doute depuis pas mal de temps dans une période de léger réchauffement, mais qu'on a tout le loisir de voir venir et de se préparer en conséquence. Et, toujours naïf, je pensais que le terme de sceptiques, voire de négationnistes, était utilisé de manière révoltante contre tous ceux qui, tiédistes ou non, étaient tout de même en mesure d'étayer leur position de manière scientifique. Mais voilà : il existe une frange d'irréductibles que je viens de découvrir, des purs et durs qui nient tout simplement l'existence d'un quelconque effet de serre, qui excluent les infra-rouges du bilan radiatif, bref qui ne croient pas à la loi de Planck, ni à celle de Stefan, ni aux corps noirs, ni à toutes ces fadaises. Je préfère ne pas donner de références pour ne pas faire de publicité à ce genre d'hurluberlus, mais je note tout de même qu'ils existent ; et je n'irai pas jusqu'à dire que ce sont des hommes-grenouilles envoyés par Hansen, Pierrehumbert et consorts...

 

Pour en revenir au titre, je voudrais revenir sur ce qui me paraît bien plus que de la simple terminologie. Les mots température et chaleur sont couramment confondus dans le langage courant ("Il portait des pulls par une chaleur de 35 degrés!", Pétillon, Les disparus d'Apostrophes p.45, Dunod (1982)), or, ce sont bien évidemment des concepts physiquement totalement différents, la chaleur étant une grandeur extensive et la température intensive ; c'est d'ailleurs pourquoi on peut parler de moyenne globale de la chaleur mais pas de la température (une "température moyenne" n'a de signification que statistique dans une série temporelle en un point donné. Faire la moyenne de la température au même instant entre Ouagadougou et Port Moresby est bien évidemment dépourvu du moindre sens physique). Pour fixer les idées, et suivant les chiffres du GIEC 2007, le forçage anthropogénique en 2005 correspondrait à 2,8 x 1022 joules/an (marge d'erreur : environ 1,6). Or, la majeure partie de cette chaleur est stockée dans les océans, et J.K. Willis estime (par des mesures) cette valeur à 0,12 x 1022 joules/an, soit bien moins que les valeurs calculées par Hansen ou le GIEC. La thèse de Pielke, qu'il répète haut et fort depuis pas mal de temps, est que l'activité humaine influence de manière très importante le climat régional : aérosols, couverture du sol, barrages, carbone noir, etc. Voici d'ailleurs ses remarques toutes récentes devant le Comité de l'Energie et du Commerce du Parlement américain :

 

1.      Les recherches ont démontré que se restreindre à considérer le dioxyde de carbone et quelques gaz à effet de serre comme dominant l'influence humaine sur le climat est une vision trop étroite et passe à côté d'autres influences humaines importantes.

2.     Les expressions "réchauffement global" et "changement climatique" ne sont pas équivalentes. Le réchauffement global est une partie du changement climatique.

3.     Les prédictions (ou projections) météorologiques régionales à terme de plusieurs décennies, y compris les événements extrêmes, sont bien plus difficiles qu'on ne le pense généralement. De la même manière, l'attribution des causes de tel ou tel événement extrême à tel ou tel forçage climatique est scientifiquement hasardeux. si le chercheur choisit d'ignorer d'autres causes humaines ou naturelles de ces événements.

4.     Les résultats scientifiques du GIEC et du CCSP ainsi que les différentes déclarations de l'AGU (American Geophysical Union), de l'AMS (American Meteorological Society) et du NRC (National Research Council) sont réalisés par un petit nombre de climatologues qui sont d'ailleurs souvent les mêmes dans chaque cas.

De fait, les prédictions climatiques régionales pluridécennales dont la justesse ne peut être vérifiées que dans quelques décennies ne constituent pas une approche scientifique. Les modèles eux-mêmes sont des hypothèses.

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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 15:38

Pour faire de la recherche, il faut des sous. Beaucoup de sous, et ce n'est pas facile à ramasser : la crise, mon bon Monsieur, la crise... déjà qu'en temps normal les cordons de la bourse ne se délient pas facilement, mais quand on est en quasi-banqueroute, tintin !

 

Il y a pourtant un sujet que tout jeune chercheur devrait exploiter : les effets délétères du CO2 sur... n'importe quoi. Là, il est assuré de recevoir la manne. Tenez, il y a dans le e-Monde de ce jour (rubrique "Planète") un article illustrant magnifiquement le sujet : "Le CO2 majore les lésions cellulaires". Après un titre aussi fracassant, on n'a plus qu'à éteindre son PC (ou son Mac) et aller se coucher en attendant la mort qui ne tardera pas. Lisons tout de même la suite. "Ce qui est vrai pour une bactérie le sera-t-il pour l'espèce humaine ? Actuellement, rien ne permet de le savoir". Ah bon. C'est tout de même plus qu'un bémol. "Les projections tenant compte de l'effet de serre et du changement climatique laissent penser que cette concentration [en CO2] pourrait grimper à 1 000 ppm (0,1 %) en 2100". C'est quoi, ce charabia ? Visiblement, l'auteur de l'article ne comprend rien à la question, mais passons. "Le gaz carbonique n'aurait donc aucun caractère délétère à lui seul. Mais il renforcerait les effets négatifs du stress oxydant, dans ce modèle bactérien". Nouveau bémol. "Elle [la lésion] est forte lorsque l'on passe de 40 ppm à 300 ppm ; elle n'est pas aussi marquée entre 300 ppm et 1 000 ppm, mais reste statistiquement significative". Statistiquement significative... ça peut se traduire par : quand on étudie bien, mais vraiment bien les courbes, on s'aperçoit qu'elles ne sont pas plates... Rappelons que le taux de CO2 atmosphérique est actuellement d'environ 380 ppm. Une chercheuse dans un domaine connexe rappelle tout de même "qu'il faut être extrêmement prudent dans l'interprétation et, surtout, dans l'extrapolation de ces résultats à d'éventuels effets chez l'homme", précisant que "les bactéries ont été exposées à des quantités importantes de peroxyde d'hydrogène, ce qui n'est pas totalement équivalent au stress oxydant tel qu'il se produit dans des conditions naturelles".

 

Bref, on peut se poser des questions sur la pertinence de cette étude qui est explicitement posée dans la problématique du changement climatique, mais elle a le très grand mérite d'ajouter à la hantise ambiante. D'ailleurs, très naïvement, le chercheur vend la mèche à la fin de l'article : "Jusqu'ici nous n'avions pas obtenu de financements du CNRS ou de l'Agence nationale de la recherche", regrette-t-il. Le chercheur espère, grâce à ces premiers travaux, "une évolution positive sur ce point".

 

T'en fais pas, bonhomme, ça va venir !

 

P.S. sur les mérites du CO2, voyez ici

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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 13:44

Chaque jour méritant un peu de rigolade, réjouissons-nous donc avec cette merveilleuse initiative de la commune de Haringey, North London : une salle de classe 100% "écologique", en bois renouvelable, laine de mouton et terre battue (on ne dit pas d'où vient le verre. Du sable recyclé ?). Et, bien sûr, panneaux solaires et citerne pluviale. Voici l'objet :

 

  ark

 

C'est beau, non ? Et ils ont appelé ça "The Living Ark" après avoir dépensé £25.000 pour la construire.

Cette salle de classe souffre tout de même d'un léger handicap : elle est glaciale, et donc inutilisable en hiver. "Une excellente idée pour les Caraïbes" grince un parent d'élève. "Idéal pendant les vacances d'été" ajoute un autre.

Mais ceux qui ont pris la responsabilité de gaspiller les deniers publics campent sur leurs positions : "[it is] an important part of the Muswell Hill low carbon zone initiative", l'idéologie étant plus forte que la réalité ; ça ne sert à rien, mais c'est écolo. On voit ici toute l'innocence du mensonge pédagogique.

 

Pour ce qui est de la laine de mouton à la place de la vulgaire laine de roche, ça semble à la mode, mais je n'ai qu'un conseil à donner : surtout pas ! Des amis (pourtant tous deux architectes) se sont laissé convaincre d'isoler l'appartement de leur fille à Londres avec cette matière dont on leur vantait les qualités exceptionnelles. Après quelques mois, la laine était infestée de parasites de telle manière que l'appartement était inhabitable ; il a fallu tout désinfecter, évacuer l'ordure qu'était devenue l'isolation, traquer les insectes divers et variés qui s'étaient répandus partout... Un désastre...

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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 11:56

On a donc fait grand bruit autour des deux études publiées récemment sur l'excès de pluviosité en Grande-Bretagne et dans l'hémisphère Nord plus généralement, pluviosité due évidemment au RCAG. Et chacun sait que plus le globe va se réchauffer, plus les événements extrêmes (sécheresse, typhons, ouragans, canicules, inondations) vont être fréquents et dévastateurs. On peut compter sur les Lester Brown et Joe Romm pour assurer que la famine est à nos portes et que les troubles au Proche-Orient sont la conséquence directe du dérèglement climatique - après tout, même Paul Krugman fait le lien et parle même des inondations "quasi-bibliques" en Australie, ce qui prouve qu'on peut être Prix Nobel d'économie et un peu crétin pour le reste. Notez que si le RCAG fait s'effondrer les régimes despotiques et naître la démocratie, je serai le dernier à m'en plaindre...Notez aussi qu'on blâme ce qu'on a sous la main, et dans d'autres cercles, les mêmes qui dénoncent le RCAG iront dénoncer les spéculateurs ; tout fait farine au moulin.

 

Malheureusement, il n'est pas possible de parler scientifiquement de ce genre de prédiction, les catastrophistes n'ont que des anecdotes à exhiber (et à repousser avec dédain quand elles ne servent pas leurs thèses) : il n'existe aucun ensemble de données permettant de valider ce discours. Mieux - ou pire - une méta-analyse de 1871 à nos jours semble indiquer un statu quo. Pour citer la journaliste qui rapporte les propos du chercheur : "In other words, researchers have yet to find evidence of more-extreme weather patterns over the period, contrary to what the models predict". De même, 2010, l'année la plus chaude depuis longtemps, est une de celles où il y a eu le moins de cyclones et d'ouragans, et où l'intensité cumulée de ceux-ci est particulièrement faible :

 

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Quant aux fameux articles, voyons les points de vue d'Andrew Revkin et de Judith Curry, le premier journaliste scientifique et la seconde climatologue ultra-connue, tous deux loin d'être "climato-sceptiques" mais chacun d'une grande honnêteté intellectuelle qui leur vaut d'être souvent traînés dans la boue par les religieux : Revkin estime que les phrases utilisées dans les communiqués de Presse et dans l'Abstract ("Here we show that human-induced increases in greenhouse gases have contributed to the observed intensification of heavy precipitation events found over approximately two-thirds of data-covered parts of Northern Hemisphere land areas") ne correspondent pas du tout au corps de l'article, qui avertit bien dans sa conclusion : "There are, however, uncertainties related to observational limitations, missing or uncertain external forcing and model performance". Autrement dit, rien n'est démontré. Judith Curry, elle, assène : "I find this kind of analysis totally unconvincing, and it does not recognize the role of natural internal variability such as the Arctic Oscillation, La Nina, etc in producing floods.  None of the recent floods are extreme in historical context". Il est vrai que pour elle : "[I am] Not sure what the motive is for the attribution of extreme events, other than to build political will for climate change policies", ce qui pourrait lui valoir le bûcher.

 

Ces deux articles, pour conclure, ne démontrent strictement rien, bien qu'ils s'en vantent. Je ne peux m'empêcher de répéter la phrase de Richerd Black : "The researchers suggest there is nothing that can explain this trend except the slow steady increase in temperatures caused by greenhouse gas emissions"... Il eût d'ailleurs mieux fait d'écrire au lieu de "rien ne peut expliquer" une phrase plus exacte : "nous n'imaginons rien qui puisse expliquer" ; il eût d'autre part suffi qu'ils le demandassent à Judith Curry pour avoir du grain à moudre...

 

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24 février 2011 4 24 /02 /février /2011 14:12

Notre chroniqueur RTBF-en Hugues Le Paige brigue visiblement (audiblement) la place de successeur de Gérard de Sélys dans la haine de l'Europe libérale. Et il allait sans dire qu'il allait foudroyer les pleutres, les lâches, les amis honteux du fantasque Kadhafi, et l'ignoble déclaration de la fantoche Catherine Ashton qui aurait demandé "l'arrêt des violences" sans préciser lesquelles. Et de moquer la manière dont Berlusconi, Sarkozy et les autres caressaient le gredin dans le sens du poil.

 

Premièrement, M. Le Paige ment ou est mal informé (un comble pour un journaliste) : Ashton (et dieu sait que je ne suis pas un de ses fans !) a appelé a l'arrêt de la "violence contre des manifestants pacifiques". Ce n'est certes pas foudroyant, mais on connaît le langage diplomatique, où l'expression "entretien franc et ouvert" signifie qu'on est quasiment allé jusqu'au pugilat.

 

Deuxièmement, M. Le Paige oublie commodément que le gredin est un grand pote de Chávez, ce grand démocrate qui dirige sans limite un pays que RSF classe 115e sur 168 pour ce qui est de la liberté de la Presse. Chávez a qui M. Le Paige a d'ailleurs consacré plus d'un billet en se scandalisant des agissements fascistes de ses adversaires. (*)

 

Troisièmement, M. Le Paige ne semble plus se souvenir que la Libye a été mise au ban des nations pendant une vingtaine d'années, même que les Etats-Unis ont mené plusieurs frappes aériennes contre le pays, déclenchant des vagues de protestation "à gauche", chez les amis de M. Le Paige. Le gredin d'aujourd'hui était alors un vaillant combattant victime du tigre de papier yankee.

 

Puis, M. Kadhafi a fait des excuses, il a versé des sommes considérables aux familles des victimes qu'il avait fait assassiner ; en 2004, retour en grâce du bonhomme.

 

Ah oui, le gaz et le pétrole. Il se fait que les caprices de la géologie ont situé de nombreuses réserves de pétrole dans des pays peu propices à la démocratie - et il est de fait qu'en retour, la manne générée a excité les appétits des pires dictateurs : de la malédiction  d'avoir un sous-sol riche... Ben oui, le gaz et le pétrole. C'est utile, n'est-ce pas ? Et à part les jusqu'au-boutistes de la pédale, tous ceux qui s'émeuvent qu'on puisse délaisser la morale pour l'essence n'ont pas fini de pester en voyant le prix à la pompe grimper, grimper... Les politiques doivent à leurs électeurs et à leurs administrés d'être un peu réalistes, et je ne pourrais imaginer un Homme d'Etat qui fît passer la morale universelle (pour autant que cela existe) avant les contingences de la vie quotidienne. Savonarole en Président de la République ? Non merci. Hypocrisie ? Sans aucun doute, mais si l'on devait fermer sa porte à tous les régimes qui prennent des libertés avec la liberté, on se retrouverait bien seul - pour autant qu'on soit irréprochable à cet égard. Vous en connaissez, des Etats comme ça, vous ? On peut le regretter, mais une certaine dose de "raison d'Etat" me semble nécessaire, tout au moins jusqu'à l'avènement de la paix et de la félicité mondiales. Et quand M. Le Paige et ses copains accusent les ministres et les chefs d'Etat de malhonnêteté et de couardise et exigent plus de fermeté, j'aimerais savoir s'ils entendent par là qu'il faudrait envoyer la troupe chasser le tyran, car c'est eux qui tonnaient contre les USA lors des guerres du Golfe et de l'intervention en Iraq.

 

Ah, que j'aime voir M. Le Paige se draper dans son indignation !

 

(*) Hugues (Serraf) nous rappelle utilement que Kadhafi avait décerné un "prix des droits de l'Homme" à d'autres grande figures Le Paigiennes :  Louis Farrakhan (1996), Fidel Castro (1999), Evo Morales (2000), Roger Garaudy et Jean Ziegler (2002), Hugo Chavez (2004) et Daniel Ortega (2010)...

 

P.S. Mais les bonnes âmes ne vont pas jusqu'à critiquer Obama, et ceux qui le font devraient savoir qu'il y a plusieurs milliers de citoyens américains en Lybie (généralement double-nats). Une position trop en flèche mettrait leur vie en danger. Notez qu'un tweet d'Aymeric m'a tout révélé sur le complot diabolique qui se prépare : http://www.workersliberty.org/story/2011/02/25/chavez-backs-qaddafi

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