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25 août 2010 3 25 /08 /août /2010 21:32

Qui a écrit :

 

"Comment puis-je adopter cette doctrine - le communisme - qui exalte comme une bible, au-dessus de toute critique, un manuel démodé [Marx], dont je sais qu'il est non seulement scientifiquement erroné, mais encore inintéressant et inapplicable dans le monde moderne ? Comment puis-je adopter une doctrine qui, préférant la vase au poisson, exalte le prolétariat crasseux au détriment de la bourgeoisie et de l'intelligentsia qui, en dépit de tous leurs défauts, sont la quintessence de l'humanité et sont certainement à l'origine de toute oeuvre humaine ?". 

 

Voilà qui est strong, comme on dit (de la même manière qu'on dit Black au lieu de Noir sans doute pour se dédouaner, mais peu importe).

 

Ben, c'est tout simplement le chouchou actuel de tant d'économistes, ce cher quasi-aristo ultra-bourgeois snob et tout et tout : John Maynard Keynes.

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Published by cdc - dans économie
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24 août 2010 2 24 /08 /août /2010 10:42

C'est un peu une tarte à la crème journalistique de comparer à des Cassandre tous les prophètes de malheur, les doom and gloom, les Philippulus et consorts. N'oublions jamais que si Cassandre avait reçu le don de prophétiser toujours juste, elle avait aussi subi la malédiction de n'être jamais crue... Or, que voyons-nous avec ces joyeux rigolos à la Ehrlich ou à la Lester Brown ? Que la Presse boit leurs paroles et qu'ils n'ont pas arrêter de raconter des calembredaines depuis des décennies. Hardly Cassandra.

Mon optimiste préféré (vomi par toute la Presse bien-pensante), Matt Ridley pour le nommer, rappelle opportunément quelque belles prévisions dudit Lester Brown :

 

En 1974, LB annonce que nous avons atteint un tournant (une de ses expressions favorites) et que les agriculteurs ne pourront plus répondre à la demande.

Ils l'ont fait.

 

En 1981, LB annonce que l'insécurité alimentaire globale augmente.

Personne d'autre ne le remarque.

 

En 1984, le voici assurant que la marge étroite entre la population et la production alimentaire continue à se réduire.

On ne voit rien venir de neuf.

 

En 1989, il claironne que l'accroissement de la population dépasse les capacités des agriculteurs de la suivre.

Une fausseté de plus.

 

En 1994, il se fait virulent, et assure qu'après 40 ans de production vivrière exceptionnelle [il reconnaît donc implicitement s'être mis le doigt dans l'oeil depuis 4 décennies] on a atteint un tournant, la production par personne s'est retournée d'une manière inattendue et brutale.

En fait, les récoltes augmentent de manière imprévue et le prix du blé s'effondre et reste bas durant une petite dizaine d'années.

 

Arrive 2007 et les fameuses flambées des prix alimentaires, dues entre autres à l'arrivée de la Chine et de l'Inde à la table des convives, à la sécheresse persistante en Australie et sans doute aussi aux agrocarburants. LB triomphe, les média lui font fête, et il a cette parole décisive : "cheap food may now be history", se nourrir à bas prix , c'est du passé. On a atteint un tournant.

On sait la suite, le prix du blé a été divisé par deux et aux émeutes de la faim ont succédé la grogne des producteurs...

 

Sur ce, je pars en Ombrie après avoir rempli mes devoirs fiscaux qui s'annoncent particulièrement assommants...

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20 août 2010 5 20 /08 /août /2010 17:58

Canicule à Moscou ! Coulées de boue en Chine ! Pluies incessantes au Pakistan ! Canicule à Bruxelles en juillet (elle a duré 3 jours) ! Vous voyez bien, enfin non, mais si ! Le climat n'est pas la météo, bien sûr (sauf quand ça arrange le GIEC, van Ypersele en premier lieu).

Hiver donc très froid et très long par ici, mois de juillet ensoleillé mais mois d'août peu joyeux. Il paraît que pour la NASA, l'hémisphère Nord a suffoqué (ce n'est pas vraiment l'avis de ma soeur vivant dans le New jersey, mais bref. Sec, certes, très sec, avec un vent du Nord ici).

Reste l'autre hémisphère, non ? Le Sud, vous connaissez ?

 

"June 17, 2010, “500 African penguins freeze to death in South Africa”.“Nearly 500 rare African Penguins have died in the past 24 hours as a result of extremely cold weather in South Africa’s Eastern Cape province.” Here

 July 19, 2010, “South Africa, Freezing Cold destroys several 100 (sic) Solar Thermal Systems”. Here

 August 5, 2010, Snow in Brazil, below zero Celsius in the River Plate and tropical fish frozen”. Here.

August 6, 2010, “Chilly in Chile: South America Hit by Cold Snap”. Here, Here, and Here
Temperatures in eastern Bolivia fell to 0° Celsius. Fish in rivers that normally flow at 20° C froze to death in water temperatures down to 6° C. Millions of fish, turtles, reptiles, and birds have died, the river waters are undrinkable, and the government closed them to fishing for at least a year. Normally these winter cold snaps last for a few days at a time. This “Surazos” (a cold wind from Argentina) lasted for 8 days.

The total death toll among people and animals across Argentina, Uruguay, Paraguay, and southern Brazil is rising. A meter of snow across Patagonia and along the Andes is hampering communications. Many people have died across southern South America, and the livestock toll is in the millions. True numbers won’t be known until the snow melts.

Citrus and avocado crops in Chile have been damaged by frosts, and fruit exports may be reduced by 40%.

August 9, 2010, “Australians shiver through the coldest winter morning in 30 years.”
“Sydney was blanketed in frost on Wednesday as the city shivered through the coldest June morning in nearly 30 years, with temperatures at just 4C (39F).” Here

Meanwhile, the Southern Ocean ice cover is 1.3 million square kilometers above the mean value (1979 to 2008, since measurements began), and growing. This balances out the Arctic ice cover, giving us a global ice cover of almost 20 million square kilometers. See WUWT Ice Page Here.

These reports are from local sources. The mainstream media rule seems to be “If it doesn’t support our agenda, don’t report it.” For their practical purposes, the globe stops at the equator. Not only do they shut out scientific dissent, but also the cold hard facts from half the globe."

 

Ben voilà une autre opinion exposée à http://notrickszone.com/2010/08/13/one-of-our-hemispheres-is-missing/

 

Vous en faites ce que vous voulez... Si vous me le demandez gentiment, je peux traduire, mais je ne pense pas vraiment que ce soit nécessaire !

 

Gute Shabbes !

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20 août 2010 5 20 /08 /août /2010 08:46

C'est le titre inusable des journaux, accompagné en général d'un stock shot d'un oiseau mazouté (les pélicans ont beaucoup de succès). Et, à proprement parler, c'est vrai : toute catastrophe peut être considérée comme la pire, simplement, il n'est pas nécessaire de préciser plus. Ce pourrait par exemple être "la pire catastrophe écologique" (de ces 20 dernières années pendant les mois en "R").

 

Avec l'affaire Deep Horizon/Macondo, les choses se brouillent tout de même un peu. Il y a quelques semaines, on apprenait que la surmortalité animale constatée n'était pas due à un empoisonnement par le pétrole - certains biologistes incriminaient à tout hasard les dispersants, d'autres confessaient leur ignorance.

 

Et voilà que maintenant, on en est à rechercher ce satané pétrole et cette peste de dispersant (le Corexit 9500A pour être pédant), on ne les trouve virtuellement plus. Où ont-ils pu disparaître ? Entre 75 et 80% du pétrole s'est littéralement volatilisé. Certes, l'évaporation compte pour quelque chose dans ce climat chaud ; mais, comme me le disait une amie Républicaine, tout ça c'est de la propagande des gens d'Obama.

 

Eh bien non, ce n'est pas de la propagande, cela semble un fait incontestable. Ce qu'on sait un peu moins, c'est que des fuites "naturelles" de pétrole sont monnaie courante dans certaines régions, et notamment dans le golfe du Mexique, et que certaines bactéries gloutonnes dévorent à belles vacuoles ce qu'elles estiment être un mets de choix. D'où l'hypothèse formulée par certains microbiologistes qu'il y a eu un boom de ces bactéries, stimulées par l'arrivée du festin...

C'est possible, tout comme il est possible qu'un tel accroissement de la biomasse puisse avoir des effets désagréables tels qu'une consommation accrue de l'oxygène marin.

 

Cela dit, l'ancien patron de BP, Lord Browne, publie un livre au titre des plus modestes : Beyond Business: An Inspirational Memoir From a Visionary Leader. Et le présente à Edinburgh en y ajoutant une petite causerie tout aussi modestement titrée : The Story of a Corporate Superstar, rien que ça...

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19 août 2010 4 19 /08 /août /2010 22:34

Reçu ce jour un nouvel e-mail d'escrocs très amateurs. Qui peut penser une seconde que ce message puisse être autre chose qu'une grossière et stupide tentative de phishing ?

 

Bonjour client de Visa Card ,

Votre Carte Bancaire  est suspendue , Car Nous avons remarquer un probleme sur votre Carte.

Nous avons determiner que quelqu'un a peut-etre utiliser Votre Carte  sans votre autorisation. Pour votre protection, nous avons  suspendue votre Carte de credit. Pour lever cette suspention, Cliquez ici et suivez la procedure indiquer pour Mettre a jour de votre  Carte Credit.

Note: Si ce n'est pas achever le 10 Mai 2010, nous serons contraints de suspendre votre carte indfiniment, car il peut tre utiliser pour frauduleuses

Nous vous remercions de votre cooperation dans le cadre de ce dossier.

Merci,
Support Clients Service.

 

Les Pieds Nickelés avaient une meilleure orthographe, mais il est vrai que Forton était un homme de goût...

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Published by cdc - dans amusé
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5 août 2010 4 05 /08 /août /2010 10:10

C'est le titre d'un article récent du New Scientist, article confondant de stupidité, ressemblant plutôt à de la publicité éditoriale déguisée pour un livre sortant ce mois-ci, Off the Grid, rédigé par un certain Nick Rosen, Anglais établi aux USA.

 

"Off the grid" signifie littéralement "hors du réseau", réseau électrique, arrivée de gaz ou d'eau venant de distributeurs, réseau d'égouttage, téléphone, etc. L'indépendance absolue (on pense immédiatement à Thoreau ou à en plus petit Ivan Illich, bien sûr), mais M. Rosen précise bien qu'il ne cherche pas une telle indépendance, non, il désire simplement être "en-dehors du système" ; car voyez-vous, le système a vraiment été mis à mal par les récents désastres, Katrina, la crise des subprimes, la crise financière et même la fuite de pétrole dans le golfe du Mexique. Les gens, figurez-vous, ont perdu confiance dans leur gouvernement... Quant on sait que le gouvernement fédéral est viscéralement détesté par les Américains, on peut sourire.

 

M. Rosen explique que la vie "indépendante" est très confortable actuellement, grâce à la technologie : le wi-fi (sans doute celui du voisin), les lampes basse consommation, et l'énergie renouvelable, on n'arrête pas le progrès. Et grâce à ses économies d'énergie, M. Rosen a pu se payer une cabane de berger dans les montagnes de Majorque (payée 7.000 $ en 1995, le berger a fait une bonne affaire) où il a installé un grand réservoir pour collecter les eaux pluviales, une douche (chauffée au propane ! à Majorque !) et deux toilettes. Le chauffage se fait au moyen de bois récolté (volé ?) dans la forêt proche, il y a aussi une éolienne et deux panneaux solaires, mais il a tellement peur qu'on les lui pique qu'il utilise sa voiture de location pour charger son gsm, son laptop et la radio. Ah oui, la vie sauvage, vous imaginez, il n'a pas la télé...

 

En somme, M. Rosen a inventé le camping, grand bien lui fasse. Il me fait penser à un tract collé un peu partout à Bruxelles, émanant d'un groupuscule ultra-anarchiste et libertaire et faisant la guerre au travail, prônant l'oisiveté et le vol aux dépens du "système" : il est licite (et conseillé) de voler dans les magasins (et surtout dans les supermarchés, évidemment, mais pas seulement - le "système", c'est vaste !). Et s'il n'y avait pas de "système", faudrait-il voler au producteur ? Ou revenir au pleistocène, aux chasseurs-cueilleurs ? Mais même à ce moment, on travaillait... Ou alors, l'An 01 de Gébé, mais avec un peu plus d'explications sur la manière dont ça peut fonctionner (autrement que pour fabriquer des petits chapeaux à la con ridicules).

 

Je retourne me coucher (en fait qq jours chez des amis dans le Vercors).

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29 juillet 2010 4 29 /07 /juillet /2010 09:47

C'est le titre d'un livre tout récent de Robert Bryce, où l'auteur (journaliste spécialisé et éditeur en chef du e-zine industriel Energy Tribune) plaide éloquemment pour une économie gaz/nucléaire, et accessoirement règle son compte aux énergies "vertes". Ainsi, il calcule qu'une centrale nucléaire produit environ 56 W par mètre carré (de terrain occupé), contre 53 W pour une centrale à gaz, 1,2 W pour un champ d'éoliennes, 6,7 W pour une centrale solaire et 0,05 W pour de l'éthanol de maïs. Small is beautiful ?...  

   

Le livre commence par une description frappante (très journalistique, dans le meilleur sens du terme) d'une mine de charbon dans le Kentucky, une mine assez importante puisqu'elle extrait chaque jour l'équivalent de 66.000 barils de pétrole, soit quasiment l'équivalent de toute la production des panneaux solaires et éoliennes des Etats-Unis... Après cette mise en perspective, l'auteur rappelle un peu les ordres de grandeur puis s'amuse à déconstruire tous les mythes entourant l'énergie "verte" ou "alternative", citant au passage Michael Fry de l'American Bird Conservancy qui estime que 75.000 à 275.000 oiseaux sont tués chaque année par les éoliennes aux USA, ce qui est assez étonnant quand on pense à la condamnation d'Exxon pour avoir causé - indirectment - la mort de 85 oiseaux (d'espèces protégées) en cinq ans. Il démonte aussi le "modèle miracle" danois qui dépend fortement de l'hydro-électricité norvégienne (tout comme les vertueux anti-nucléaires allemands qui importent de l'électricité française, ces vilains électrons tout radioactifs, et ce quoi qu'en disent les enthousiastes du SDN).

   

Un livre à lire, certainement, venant de quelqu'un qui se décrit ainsi : "je ne suis ni Démocrate ni Républicain. Je suis un membre effectif du Parti du Dégoût. Je suis un centriste radical, un modéré enragé à tendance libertaire qui croit fondamentalement à la Constitution et à la Charte des Droits" - ce qui ne lui fera certainement pas beaucoup d'amis dans notre tiède Europe.

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28 juillet 2010 3 28 /07 /juillet /2010 14:50

C'est en tous cas l'avis d'un de mes cousins par alliance qui s'en est acheté une, mais une vraie, pas une de ces hybrides comme la Prius, non non, elle est entièrement électrique ; simplement, on peut la recharger de deux manières différentes : avec une prise de courant ou en pédalant. Ou plus exactement, en pédalant on épargne surtout, parce qu'il faut y aller sérieusement des mollets pour arriver à charger la batterie. C'est, en fait un tricycle pour 2 personnes sur lequel on a fixé une coque très légère de plastique et de plexiglas, avec une batterie, un moteur électrique et quelques circuits électroniques. Le tout pour 24.000 €, et encore, c'est le petit modèle car pour une plus grosse batterie il faut compter pas mal de milliers d'€ en plus - c'est cher une Li-ion... Le rayon d'action est en théorie illimité (il suffit de pédaler...) ; en fait, il semble bien que 100 km soit un grand maximum (200 km A/R donc). Mais c'est un engin qui ne passe vraiment pas inaperçu, un peu la voiture de Gaston Lagaffe, et c'est un homme qui aime bien ne pas passer inaperçu et qui peut afficher ainsi son credo écolo (car il est très écolo). "Moi, je roule propre !".

 

Eh bien, pas si propre que ça, semble-t-il. Car l'électricité, comme l'hydrogène, ce ne sont pas des énergies primaires, il faut bien les "fabriquer", ce ne sont en fait que des courroies de transmission - avec comme toujours, de sérieux problèmes de rendement. Un article amusant du Scientific American de juillet relate une étude du Département de l'Energie des USA, selon laquelle en de nombreuses régions des USA, une augmentation du parc automobile électrique produira une augmentation du CO2 rejeté, tout simplement parce que les centrales électriques y sont principalement à charbon et pas au gaz naturel (les sources renouvelables et le nucléaire sont exclus parce qu'ils ne représentent qu'une trop petite partie, qui est consommée immédiatement - ce qui n'est pas le cas de la France, mais certainement celui de l'Allemagne).

 

Tout dépend évidemment de ce qu'on entend par "propre"...

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27 juillet 2010 2 27 /07 /juillet /2010 10:55

"Pourquoi ne voyage-t-on pas ? Pourquoi tant d'entre nous se refusent-ils à partir outre-mer, à franchir les frontières de l'Europe ? Par crainte de vérifier un obscur pressentiment. Car la haine qui peut nous saisir en Inde, en Afrique du Nord, au Moyen-Orient ou en Amérique latine devant les cloaques de boue et d'insalubrité que sont les grandes villes de ces pays, cette haine s'adresse en priorité à nos origines occultées. Nous sommes, en Europe, les enfants gâtés d'une croissance qui a coûté d'effroyables souffrances aux peuples qui la composent, nous sommes les héritiers d'une histoire de sueur et de sang dont nous ne voyons, aujourd'hui, que les fleurs, mais qui a poussé sur les charniers. L'Occident, il y a peu, n'était lui aussi que cette vaste aire d'épandage où grouillaient miséreux et cloportes, tandis qu'une minorité de riches étalait un luxe insolent (n'oublions pas que la faim a frappé en Europe jusqu'en 1955, pour l'Ouest, et jusqu'au milieu des années 60 à l'Est). La visite de telle cité orientale ou nord-africaine restitue d'un coup une dimension fondamentale que nous avions oubliée : celle du rouleau compresseur que fut le développement du capitalisme. Ces vagabonds, ces serfs, ces fous et assimilés, dont Karl Marx, dans les premiers livres du Capital, a décrit le déracinement dès le XVIIIe siècle, ce peuple dépossédé, arraché à l'éthique familiale, aux vieilles solidarités rurales, c'est bien le cadre dans lequel nos sociétés industrielles se sont déployées. C'est une exploitation atroce, une oppression sans frein qui ont permis notre aisance actuelle. Nous descendons de si peu, tel est notre dégoût.
Ainsi, dans la prolifération des bidonvilles du Tiers-Monde, nous lisons le filigrane de notre histoire. Arpentant les rues de Dacca, de Bombay, de Djakarta, de Manille, de Marrakech, de Bogota, on contemple à ciel ouvert les racines de notre civilisation, on parcourt sur le vif un roman de Hugo, de Dickens ou de Zola dont les personnages se seraient mis soudain à proliférer en chair et en os pour notre plus grande terreur. Toute la littérature du XIXe siècle, qui n'est qu'un long commentaire sur la dégradation de millions d'individus résultant des stades initiaux du développement industriel, retrouve ici son actualité. Ces implorants chassés de leurs villages, ces sous-prolétaires taillables et corvéables à merci, pourraient être nos aïeux, épuisant leur souffle dans quelque mine insalubre, se tuant à la tâche pour un salaire risible. Votre Occident radieux a pour socle un cauchemar et pour base une hécatombe voilà ce que nous soufflent les indigents du Tiers-Monde. A travers cette dévalorisation de l'homme par l'homme, notre culture se montre du doigt par le biais d'un masque exotique : image de notre genèse et du gouffre où nous pourrions retomber si, par quelque infortune, notre opulence venait à disparaître. "

 

Qui donc a écrit ce texte violemment Tiers-mondiste légèrement teinté de marxisme ?

 

Tout simplement Pascal Bruckner, dans son célèbre Sanglot de l'Homme blanc, ce qui lui avait valu d'être immédiatement catalogué comme de droite, et si pas de l'extrême, au moins de la sale droite, nostalgique du colonialisme, arrogante et raciste, méprisante, etc. La "nouvelle droite", quoi. Une de mes amies fort portée à gauche avait d'ailleurs à l'époque - toujours lors d'un dîner en ville - démoli brillamment ce livre détestable et son auteur qui ne l'était pas moins ; lorsque je lui demandai si elle l'avait lu, elle me répondit que non, naturellement, elle n'avait ni le temps nécessaire ni l'envie de gaspiller son argent pour une pareille futilité. En somme, le jugement du Monde Diplomatique lui suffisait, ses satisfecit comme ses ostracismes, et Bruckner allait rejoindre V.S. Naipaul dans les poubelles de ce qui n'était pas encore une Ramonetterie. Après tout, c'est comme avec Huntington, il suffit de lire le titre du livre pour savoir de quoi il s'agit, on ne va pas s'embêter à lire un livre aussi évidemment déplaisant. Choc des Civilisations ou Sanglot de l'Homme blanc, ça sonne mal, l'un est politiquement douteux et l'autre sarcastique.

 

Mais qui n'est pas victime parfois du prêt-à-penser ?

 

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22 juillet 2010 4 22 /07 /juillet /2010 10:16

Ce petit post pour signaler un très intéressant propos de Bricmont dans le bulletin de l'AFIS.

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