Dimanche 29 novembre 2009

Merveilleux concert de Sigiswald Kuijken, de la Petite Bande, d'Ex-Tempore et al.  la Paukenmesse de Haydn, la Symphonie Hob. I/26 (un Sturm und Drang revu par celui qu'il faut bien appeler Papa Haydn, désolé pour le cliché). Arriver à un tel paroxysme d'ensemble, à une telle précision dans les tempi, et surtout à un tel plaisir d'écoute...

Divin, bien sûr, même si c'est le diable qui s'exprime dans ces odes divines, effroyable propagande à une idéologie que je déteste. Il y croyait fort, le Papa, et s'imaginait être lui aussi à la droite du "Père" (tout de même, ce Credo...).

Un tout petit bémol : Sigiswald devrait changer de tailleur, il a sans doute repris celui de Khrouchtchev. Pourquoi tant de subtilité musicale et tant de nullité d'habillement ?

Mais ça n'a rien ôté du plaisir d'entendre la sublimité de ce concert.

Ou presque.

Par cdc - Publié dans : musique
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Mardi 24 novembre 2009

Après un nouvel intermède ivoirien, d’où j’ai pu admirer la glorieuse incertitude du sport, et plus particulièrement du football , avec deux guerres évitées de justesse, l’une entre l’Egypte et l’Algérie, l’autre entre la France et l’Irlande. Ah ! la saine camaraderie ! Ah ! la noblesse de cette cause !


Et en plus, c’est aussi truqué que le Tour de France, c’est dire !


A propos de truqué, j’ai aussi apprécié que la RTBF tombe dans l’escarcelle d’Ecolo, et à ce sujet, j’ai appris que la direction de cet organe importantissime se réglait entre partis politiques. Eh oui, même pas entre les « étiquetés » politiques, mais carrément au niveau des présidents de parti. Atterrant. Le plus drôle, c’est quand Ecolo s’indigne de ce qu’on leur en fait grief : « Quand le Ps prend la RTBF, c’est normal, mais quand nous la demandons, ça semble scandaleux ! » s’étranglait un porte-parole d’Ecolo. Mais justement, bonhomme, c’est parce que vous avez toujours voulu faire de la politique autrement, et vous montrez bien que ça ne marche tout simplement pas, voyez la désignation de votre nouvelle co-Présidente, à la CDH !


Bien, mais je vous avais promis de parler de géoingéniérie, ou plus exactement de vous en reparler. Car plus personne ne croit vraiment qu’on en restera à ces fameux deux degrés au-dessus desquels ce sera la fin du monde tel qu’on le connaît (plus d’oiseaux, plus de poissons, plus d’ours polaires, mais plein de moustiques impaludés, de scorpions, de VIH, de maladies inguérissables, de sécheresse dans les zones pluvieuses et d’inondations dans les déserts). Regardez tout simplement ce qui se passe pour la conférence de Copenhague, c’est encore pire que je ne l’avais envisagé.


La Royal Society s’en était émue, et il y a quelques mois elle avait publié un rapport dont le début sonne comme un avertissement très net :


« It is likely that global warming will exceed 2°C this century unless global greenhouse gas emissions are cut by at least 50% of 1990 levels by 2050, and by more thereafter. There is no credible emissions scenario under which global
mean temperature would peak and then start to decline by 2100.

Unless future efforts to reduce greenhouse gas emissions are much more successful then they have been so far, additional action may be required should it become necessary to cool the Earth this century.

Such action might involve geoengineering, defi ned as the deliberate large-scale intervention in the Earth’s climate system, in order to moderate global warming ».


Et le rapport en question de passer en revue tous les modes possibles d’intervention (séquestration du CO2 ou gestion du rayonnement solaire), leurs avantages et inconvénients, les dangers et incertitudes, les aspects éthiques, politiques, bref tout le Saint-Tremblement ; lisez-le, vous ne le regretterez pas (il est beaucoup moins aride que celui du GIEC).


Mais nos amis anglais sont décidément des empêcheurs de tourner en ronron. Voilà-t-il pas que :


«  The government's target of cutting carbon emissions by 80 per cent by 2050 is simply not achievable and the year 2100 would be more realistic, a report by the Institution of Mechanical Engineers (IMechE) has said ».


Oh, ce n’est pas par dogmatisme que ces braves ingénieurs estiment que ce n’est pas réaliste, mais ils connaissent les problèmes un peu mieux que d’autres ; construire, par exemple, 27.000 éoliennes et 16 centrales nucléaires nécessite du temps, des usines et des capacités que le Royaume-Uni ne possède tout simplement pas. Et pourtant, un ingénieur, c’est plutôt optimiste, en général !


Heureusement, les idéologues veillent, et  :


« However, the Department of Energy and Climate Change (DECC) said the "defeatist" IMechE's "can't do, won't do attitude" was not welcome»,


c’est-à-dire qu’on nous refait le coup du “ne pas désespérer Billancourt” et le DECC délivre un véritable pep talk, avec tous les clichés du genre (défaitiste ! on va les coller au mur, ces défaitistes, ces traîtres…).


Ah oui, si vous croyez pouvoir « sauver la planète » en peignant les autoroutes et les toitures en blanc (oui oui, j’ai lu ça), allez faire un petit tour à la page 25 du rapport de la Royal Society. C’est la méthode la moins efficace et le plus coûteuse de toutes.

Par cdc - Publié dans : environnement
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Jeudi 12 novembre 2009

null Oui, en allemand dans le texte - même si ma connaissance de la langue ne me permet de le lire que dans la très belle traduction de Jaccottet - tout simplement parce que, ainsi qu'il a été dit un peu partout, "Eigenschaft" et "qualité" ne sont pas vraiment des équivalents. Mais comment mieux dire ?

Musil m'a été révélé par J.-F. Revel dans les années '60, au temps où il m'arrivait (et ça m'arrive encore, je le confesse) de regarder la TV, très précisément le merveilleux "Lectures pour tous", où j'ai découvert aussi Lévy-Strauss et ses Mythologiques. Je n'ai évidemment pas raté le Törless de Schlöndorff, mais L'homme sans qualité m'a pris plus de temps à lire. À vrai dire, je n'ai jamais pu le terminer, non certes que le livre me soit tombé des mains, mais tout simplement parce que sa densité (en plus de son volume...) était stupéfiante. Voilà un livre où chaque phrase (et, je le répète, il y en a beaucoup) doit être soupesée, estimée, digérée. Et il faut en plus garder le fil d'un récit prodigieusement riche sur une époque et dans un lieu et une situation extraordinaire (la même année où se déroule Das weiβe Band). Oh, Proust n'est pas plus facilement accessible, mais enfin il parle d'un monde que je connais mieux, et puis il était tranché en différents "épisodes" (et encore, je ne suis pas certain d'avoir tout lu du Temps perdu).

Et, heureusement, j'ai à présent le temps de déguster le livre.

Pourquoi ce post, annihilant ma promesse précédente d'y parler de géoingéniérie (mais, promis, j'y reviendrai) ? Tout simplement parce que Musil - ce géant de la littérature allemande - me semble passé de mode, et c'est bien triste. Ayant été récemment étrillé par un lecteur estimé pour avoir exprimé quelques réserves sur l'oeuvre de Jean Rouch, je me devais de remettre une opinion positive sur un auteur que je révère...

Et c'est ainsi qu'Allah est grand...

Par cdc - Publié dans : littérature
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Jeudi 12 novembre 2009

Tout d’abord quelques ordres de grandeur :

Puisqu’il est acquis (comment ? par qui ? on trouvera ici un papier sur ce choix malgré tout arbitraire et basé sur des hypothèses multiples et pas très scientifiques) que le réchauffement climatique ne devra pas dépasser les 2°C, les modèles et les estimations actuels nous indiquent que nous avons jusqu’ici rejeté dans l’atmosphère l’équivalent de 500.000 mégatonnes (Mt) de carbone (soit environ 1.800.000 Mt de CO2) ; en étant conservateur, nous ne pouvons plus en rejeter, d’ici à 2050 que 250.000 Mt, en étant plus optimiste 500.000 – et puis plus rien après.

Le WBGU a repris ces chiffres et les a passés à la moulinette de la répartition équitable, autant de carbone par tête d’habitant, qu’il soit d’Haïti ou des USA.

En six ans, les USA auraient atteint leur quota, l’Allemagne en dix. Comme le disait très justement un lecteur du New Scientist en date du 30/5 de cette année : "Implementing a personal cap on emissions would be an interesting challenge. To decarbonise your lifestyle to comply with a 36-tonne carbon ceiling would require you to be extremely frugal, and treat every purchasing decision as a careful strategic investment."

Inutile de dire qu’on n’y arrivera pas, ou plus exactement que la distribution équitable ne doit même pas être envisagée, sauf à faire honte aux politiciens qui se fichent d’être mal vus par tout le monde sauf leurs électeurs, on le voit bien avec les discussions de marchands de tapis en préparation à la conférence de Copenhague. Et ne nous faisons pas trop d’illusions sur la capacité des Ecolos de tenir leurs promesses, on l’a bien vu lors de l’affaire des armes de FN vendues à la Lybie – dans l’opposition, on proteste, au gouvernement on se tait (peur des gros bras de la FGTB ?). On voit là encore les avantages d’un système «anti-démocratique» comme disent les anti-européens de gauche et de droite, à savoir la Commission, non élue, certes, mais qui peut dès lors se libérer un tant soit peu de la hantise de l’isoloir. Et elle propose une politique environnementale forte, 100 milliards de dollars par an pour les pays pauvres, et des buts affichés assez ambitieux (beaucoup trop peu pour Greenpeace et tutti quanti, qui, eux, incarnent parfaitement la légitimité démocratique, bien évidemment). Chacun ira à Copenhague avec deux colts à la taille, un couteau à chaque cheville et beaucoup de munitions.

Les éoliennes et autres gadgets (non, là je suis injuste) ne suffiront évidemment pas ; il faudra évidemment des centrales nucléaires, et, si possible des centrales à fusion pour les remplacer, mais tout ça c’est loin, très loin. Alors, il faudra bien reparler de la géoingéniérie, comme l’a fait récemment la Royal Society. Promis, ce sera mon post suivant.

Par cdc - Publié dans : environnement
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Vendredi 6 novembre 2009

Mon récent post sur les animaux de compagnie et leurs ravages catastrophiques n’est pas resté un scoop, loin de là ; d’assez nombreux articles ont été consacrés au livre en question, et jusqu’à ce chef d’œuvre désopilant qu’est This is true. Un collègue et compatriote estimé (son blog sur la Belgiques est juste et bien informé, même si je ne suis pas toujours d’accord avec lui, bien sûr) a, lui, pris la chose très sérieusement et en a profité pour stigmatiser les 2 ou 3 multinationales qui faisaient de juteux profits sur l’alimentation des chiens, chats, canaris et poissons rouges.


Il ne faut pas oublier tout de même que de nombreux travaux ont définitivement établi que les animaux de compagnie avaient un effet puissamment bénéfique pour le moral des personnes âgées et des enfants (ils leur causent aussi des allergies et leur filent de sales maladies, c’est vrai). Ils rendent les vieux heureux, éloignent leur Alzheimer, rendent le sourire aux ptis zenfants, sans compter qu’ils sauvent des couples, quand Madame – type campagnard – va promener ses chiens et que Monsieur – type citadin – fait du shopping en ville, procurent de l’emploi à une foule de gens (toiletteurs, magasins spécialisés, ramasseurs de crottes et fabricants de litière, de laisses, de harnais, promeneurs de toutous de la 5e ou de Park Avenue, sans compter tous les graphistes dessinant des « Chien méchant » ou « Attention, ici je veille » pour transformer d’humbles loulous de Poméranie en redoutables molosses).

Bref, le chômage et la misère pour une part importante de la population. Et puis, vous imaginez dire à votre enfant chéri « Bien, maintenant Bunny a trois ans, on va en faire du civet, ce soir », ou à votre mère presque sénile « On va peut-être piquer Toby et, pour sauver la planète, on va le faire boulotter par Kiki-la-doucette, d’accord » ? Impensable.


Et puis juteux profits et multinationales sont des clichés qui ont le don de m’exaspérer, un peu comme l’adjectif néologique citoyen. Que de tartes à la crème…

Par cdc - Publié dans : environnement
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