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7 mai 2017 7 07 /05 /mai /2017 14:37

Le texte assez ignoble que Ruffin a publié dans Le Monde a heureusement reçu une réponse de J.-P. Le Dantec, réponse à laquelle je m'associe pleinement : 

Jean-Pierre Le Dantec " Vous me faites honte, monsieur Ruffin "

L'ex-directeur du journal d'extrême gauche " La Cause du peuple " dénonce la haine à l'encontre d'Emmanuel Macron exprimée par le réalisateur François Ruffin dans une récente tribune

 

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Monsieur Ruffin, je lis dans Le Monde votre" Lettre ouverte à un futur président " (édition du 5  mai), et, à mesure que j'avance dans sa lecture, la haine qui en transpire, rythmée par un refrain on ne peut plus explicite (" Vous êtes haï, vous êtes haï, vous êtes haï "), antienne que, pour ne pas vous-même l'incarner, vous prêtez à ce " peuple " qui parlerait à travers vous, oui, à mesure que j'en mesure la noirceur, cette haine qui vous habite me donne la nausée.

Le 3  mai au soir, comme 15  millions de Français, j'ai assisté au déferlement de haine qu'a dû subir et supporter notre futur président de la République, m'interrogeant sur ce que j'aurais fait si je m'étais trouvé face à une goule qui, sans relâche, mentait, éructait, insultait un homme qui, courageusement, tentait d'expliquer sa démarche sans avoir recours à des fiches, avec sérieux et lucidité. Et le lendemain après-midi, dans mon journal, ça recommence. Ça repart avec autant de rage et de hideur.

Serait-ce qu'entre vous, monsieur Ruffin, et Mme Le Pen, la différence morale -serait infime ? Que vous seriez, comme elle, un vecteur de vulgarité, de haine et de violence ? Vous prétendez qu'autour de vous, dans tous vos déplacements au sein de ce que certains nomment " la vraie France ", M. Macron serait haï car son seul objectif (dissimulé bien sûr) serait, comme le répète à l'envi Mme Le Pen, de priver de leurs droits chèrement -acquis ceux qu'avec tendresse un philosophe humaniste malheureusement disparu, mon ami Pierre Sansot, appelait les " gens de peu ". Mais c'est vous, monsieur Ruffin, et c'est elle, Mme Le Pen, qui, depuis des années, sans égards ni pour la vérité ni pour la difficulté à trouver des solutions durables à la misère sociale, répandez cette haine auprès d'hommes et de femmes qui, aveuglés par la colère et le désespoir, se jettent sur vos " y-a-qu'à " comme des noyés sur une bouée. Et le pire, monsieur Ruffin, le pire, c'est que vous êtes de bonne foi, sans doute, dans vos imprécations. J'en parle d'expérience, pour avoir été moi-même, dans mon jeune âge, victime du même virus que vous.

Détestation préventive

Pour ceux – la plupart j'imagine – auxquels mon nom ne dirait rien, je précise en effet que, pendant une décennie, j'ai été un militant révolutionnaire anticapitaliste autrement plus radical et plus -déterminé que l'homme qui prétend -incarner aujourd'hui " le peuple " et " l'insoumission " puisque, au titre de directeur du journal La Cause du peuple, -j'ai passé neuf mois dans la prison de la Santé en  1971. J'étais plus excusable que vous et Mélenchon, il est vrai. C'était un autre temps. Une époque où, porté par les figures de Che Guevara, Ho Chi Minh et Mao, le " vent d'Est " révolutionnaire semblait l'emporter sur le " vent d'Ouest " impérialiste comme venait de le démontrer Mai 68. Sauf qu'on n'en est plus là. Et que, pour peu qu'ils aient dépassé l'adolescence, seuls les aveugles, les imbéciles, les ignorants ou les politiciens pervers peuvent ne pas avoir compris que les " révolutions -prolétariennes " dont j'ai rêvé, jeune homme, conduisent inéluctablement, comme c'est aujourd'hui le cas à Cuba et, en gésine, au Venezuela, à la ruine économique – donc au creusement de la misère –, à la perte des libertés, à la dictature, aux exécutions et parfois même aux massacres. Prétendre le contraire, à votre âge, c'est mentir au peuple et à soi-même, surtout si, comme votre champion Mélenchon, on est un peu frotté de marxisme puisque se dire partisan du matérialisme his-torique impose de s'en tenir, non à l'idéalisme, mais à la réalité des faits.

Sur la " légitimité fragile " dont disposera, selon vous, notre futur président de la République, je ne me prononcerai pas. Outre que les élections législatives n'auront lieu qu'en juin, ce n'est pas mon objet aujourd'hui. En revanche, je prends acte du fait que, avant même qu'aucune expérience de " flexisécurité " ait été tentée en France, vous propagez, à son égard, une détestation préventive, ce qui me semble, une fois de plus, un effet de la passion haineuse qui vous anime. -Votre film m'avait amusé, monsieur -Ruffin, votre " Lettre ouverte " me scandalise. A bon entendeur.

Jean-Pierre Le Dantec

© Le Monde
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6 mai 2017 6 06 /05 /mai /2017 00:04
- Je regarde très peu la TV, sauf dans ma chambre d'hôtel, et donc, je connais très mal les débats télévisés (toujours sur les chaînes françaises). Chaque fois que j'en ai vu, j'ai contemplé avec effarement des échanges violents, des insultes, des orateurs qui se coupaient la parole en hurlant et en se moquant de leurs contradicteurs. Je pensais donc que c'était ainsi que ça se passait et que le pire trublion gueulard était celui qui avait "gagné" ; je pensais donc que les Français, habitués à de telles pitreries polémiques, allaient décerner à MLP un summa cum laude après sa passe d'armes avec EM, elle qui avait menti, qui avait injurié, insulté, empêché de parler son adversaire.
Je me suis donc trompé, bien heureusement. Encore que... les commentateurs politiques qui ont été aussi atterrés que moi par l'ignoble prestation de MLP ont déclaré EM vainqueur par les points. Mais ce n'est pas eux qui voteront en masse dimanche. Donc...
D'autre part, qu'un candidat à la magistrature suprême française reçoive des oeufs sur la g - sur la figure, se fasse exfiltrer honteusement d'une cathédrale, cela m'aurait un peu scandalisé. Mais pas cette fois-ci. Je dirais même que ça m'a fait jubiler. Et dire que c'est la réponse du berger à la bergère (comme je l'ai entendu dire) ne me satisfait pas du tout : l'image est fausse, ces deux ne se valent pas. J'imagine mal que des partisans d'EM se conduisent de telle sorte pour se venger de l'affaire Whirlpool, ce n'est pas généralement un mode d'expression de leur part. Mais évidemment, je peux me tromper, peu importe, c'étaient des moments très jouissifs !
 
- Les viticulteurs belges, et notamment ceux qui produisent du mousseux, ont subi des pertes terribles à cause des gelées récentes. C'est extrêmement désolant pour eux, mais enfin, tout de même ! On leur a fait tellement croire que l'optimum climatique n'était qu'une légende (Thank you, Michael Mann!) qu'ils ont fini par y investir. C'est désolant.
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16 janvier 2017 1 16 /01 /janvier /2017 23:41

C'est le progrès, n'est-ce pas ?...

Comme tant d'autres, je suis passé bien plus sur Twitter "chanteur de charme" et Facebook "Philippe Demonceau" que sur mon blog. Paresse, sans doute, et puis évolution. Mais ce n'est pas fini !

Gute shabbes!

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Published by cdc - dans amusé
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18 décembre 2016 7 18 /12 /décembre /2016 23:57

Eh oui, après en avoir mangé trois fois chez des incompétents, je me dois de recommander à tous de l'acheter crue, d'y ajouter du bouillon, du vin blanc (baies de genévrier et graines de moutarde, ça va de soi) sur un lit de lard fumé (épais), avec au milieu une pomme hachée grossièrement, un oignon, un bouquet garni et une carotte (qu'on éliminera après cuisson) ainsi qu'un jambonneau fumé. Un peu de saindoux (mais pas trop), et cuisson au four durant deux heures (vérifier le croquant).

Comme le disait le grand La Reynière, "une choucroute doit être croquante et non molle, sèche et non trempée de liquide de cuisson, acide et non grasse". A mon avis, on peut la servir avec des pommes de terre cuites à part (pas sur la choucroute, sinon elles prennent trop de goût et se croûtent), mais je préfère les servir avec une purée de pommes de terre améliorée avec un jaune d'oeuf, de la muscade et du poivre et le blanc d'oeuf battu en neige bien incorporé à la purée, le toup passé au four et au gril (ou à la salamandre, mais je n'en ai pas) pour terminer.

Il n'y a rien de meilleur, presque à se passer de cochonnailles... presque...

PS : si vous l'achetez toute faite chez un excellent charcutier (comme chez nous à Bruxelles, la maison Lanssens) ne la recuisez surtout pas ! Réchauffez-la prudemment et servez tout de suite !

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Published by cdc - dans social humour
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16 décembre 2016 5 16 /12 /décembre /2016 23:21

balanced, carefully considered scientific opinion

My frustration with these greedy, lying bastards is personal. Human-caused climate disruption is not a belief – it is one of the best-studied phenomena on Earth. Even a half-wit can understand this.

As any father would, anyone threatening my family will by on the receiving end of my ire and vengeance. This anger is the manifestation of my deep love for my daughter, and the sadness I feel in my core about how others are treating her future.

Mark my words, you plutocrats, denialists, fossil-fuel hacks and science charlatans – your time will come when you will be backed against the wall by the full wrath of billions who have suffered from your greed and stupidity, and I’ll be first in line to put you there.

– Professor Corey Bradshaw, Director of Ecological Modelling, The University of Adelaide –

Will you order "Fire", Pr. Bradshaw?

h/t http://climatechangepredictions.org/

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14 décembre 2016 3 14 /12 /décembre /2016 18:24

Paterson habite Paterson, petite ville du New Jersey berceau ou ville historique d'accueil de plusieurs célébrités ou semi-célébrités (actuellement, c'est plutôt un désert...). Paterson est conducteur de bus, il écrit des poèmes en style "moderniste" (dans la lignée de William Carlos Williams), sa femme Laura est une sorte de styliste en noir et blanc, et son chien Marvin est un bouledogue. Tous les matins de la semaine, Paterson se lève tôt (entre 6h10 et 6h25), embrasse tendrement sa compagne avec laquelle il échange des mots doux, mange son petit déjeuner, se rend à son travail et démarre après avoir écrit quelques lignes de poésie. Le soir, après le dîner, il emmène son chien et prend une bière dans un bar qui fait un peu penser tous ces bars gentils tenus par un brave Noir un peu philosophe. Fondu au noir sur le lit du matin... Sept jours sont présentés.

Comme ça, on pourrait croire à un film d'un ennui et d'un manque d'intérêt confondants - c'est d'ailleurs l'avis d'un de nos critiques-phares pour qui l'enthousiasme autour de ce film vient du complot d'une petite coterie inféodée à Jim Jarmusch. En fait, c'est le point de vue de ce critique-phare pour chaque réalisateur qui ne lui plaît pas, comme Dolan, Tarantino et quelques autres.

On a dit aussi que c'était un magnifique film d'amour et que le couple formé était d'une grande et merveilleuse simplicité - autre manière de lui régler son compte. Mais il faut y regarder de plus près. A un moment Paterson déclare qu'il n'a pas de gsm, ça lui paraîtrait être tenu en laisse, et comme on connaît les tendances de JJ, on hausse un peu les épaules - oui, air connu ! - jusqu'à ce que son bus tombe en panne et qu'il est bien aise d'emprunter le smartphoned'un de ses passagers ; on apprend d'ailleurs incidemment que Laura est munie d'un iPhone, d'un iPad et d'un iPod. A voir Paterson promenant son chien en laisse, on finit par comprendre que c'est Laura qui tient Paterson en laisse. Elle n'a rien d'un personnage éthéré, même si elle a un grain avec ses décorations en noir et en blanc, aux USA il y a plein de gens qui ont ce genre de fofolleries. Ses cupcakes, elle espère faire fortune avec. Elle commande une guitare hideuse coûtant plusieurs centaines de dollars parce qu'elle voudrait devenir une chanteuse country pleine aux as. Marvin est son chien à elle, jaloux comme un tigre, et il se venge cruellement contre le pauvre Paterson. Laura le lundi rêve qu'elle à des filles jumelles, qu'elle en voudrait de vraies, et du coup Paterson passe sa semaine à en rencontrer, même une jeune poétesse qui est un peu de son école à lui. Le samedi matin, d'ailleurs, Laura se lève avant Paterson parce qu'elle doit aller à la brocante du Farmers' Market y vendre ses cupcakes, qui lui rapportent 286 dollars ! Elle n'en revient pas ! Elle cherche bien à consoler un peu son pauvre mari qui a perdu son manuscrit, mais pas trop quand même. D'ailleurs, à tout prendre, ce grand dadais... on s'aperçoit qu'il a des réflexes foudroyants et un grand courage physique - qui l'eût cru ? Lui qui avale presque impavide une immonde tarte secrète au Cheddar et choux de Bruxelles inventée par Laura...

Mais tout se termine bien, grâce à Marvin qui finit par prendre les choses en mains - ou plutôt en laisse - et qui sauve le poète, d'une très jolie manière.

Beau film un peu désenchanté, certes pas son meilleur, tout cela en douceur, comme toujours, chez JJ, pas si minimaliste que ça, il y a plusieurs scènes d'une délicieuse loufoquerie, mais, reconnaissons-le, il y a moins d'action que dans Star Wars.

En deux mots : A RECOMMANDER

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Published by cdc - dans cinéma
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5 novembre 2016 6 05 /11 /novembre /2016 23:46

On s'est beaucoup plaint récemment des termes du CETA et du TTIP, avec notamment The Donald tempêtant que le TTIP proposé comprenait plus de 5.000 pages qu'il ne comprenait pas et qu'il n'avait pas le temps de lire (le pauvre).

Donc, je propose les restrictions suivantes :

- tout traité international engageant nos petites terres d'héroïsme ne pourra comporter plus de 10 pages (maxi-maxi - plus court sera encore mieux)

- tout traité international engageant nos petites terres d'héroïsme sera rédigé dans des termes compréhensibles par tout le monde, sans aucune référence à des notions techniques et/ou complexes et avec des mots n'excédant pas trois syllabes

- tout traité international engageant nos petites terres d'héroïsme sera débattu en toute transparence afin que l'interlocuteur soit au courant de toutes restrictions, de tous les points que nous serions prêts à céder afin d'en acquérir d'autres, etc.

- tout traité international engageant nos petites terres d'héroïsme sera débattu par des citoyens pris au hasard (un peu comme le traité de Brest-Litovsk ; il est vrai que l'Union soviétique est quelque peu revenue par après sur ce souci de transparence absolue, mais nous resterons fermes sur ce point).

Et c'est ainsi qu'Allah est grand...

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3 novembre 2016 4 03 /11 /novembre /2016 16:15

C'est un article de Cécile Ducourtieux dans Le Monde du jeudi 3 novembre, article très bien documenté, honnête, critique, du vrai travail de journaliste comme hélas on en voit trop peu, lors que les journalistes ont de plus en plus tendance à recopier les dépêches de Presse ou à relayer les éternels mêmes gourous militants. J'en publie une version raccourcie qui, je l'espère, vous donnera envie de lire l'original.

Bruxelles a un problème avec sa com. Ce n'est pas nouveau : depuis des -années, les journalistes en poste dans la capitale de l'Europe sont invités à intervenir dans des débats sur " Comment parler d'Europe ? ". Mais avec le " bug " du CETA, la difficulté de la -Commission à trouver les bons -arguments et à se faire entendre est apparue encore plus crûment que d'habitude.

Quand il s'est avéré, mi-octobre, que les Wallons entendaient bloquer le processus de signature du traité commercial entre l'Union européenne et le Canada aussi longtemps que leurs réserves à son sujet ne seraient pas entendues, la Commission a d'abord -dégainé ses éléments de langage sur le sujet, d'une portée médiatique nulle ou quasi : " Le CETA est le meilleur accord possible. "

Elle s'est ensuite prise en pleine figure les politiques belges, à -commencer par le socialiste Paul Magnette, le très habile ministre-président wallon. Et toute la twittosphère anti-CETA, qui rodait ses arguments contre cet accord, le traité commercial avec les Etats-Unis (TTIP) et le libre-échange depuis trois ans. Avec des slogans chocs en 140 signes (" Non au poulet au chlore ", " Non au bœuf aux hormones ") et des photos symboles, dont celle du " cheval de Troie " (" CETA : cheval de Troie du TTIP "), une baudruche géante qui a écumé les manifestations " No CETA, no TTIP " ces derniers mois.

(...)

La commissaire au commerce, la Suédoise Cecilia Malmström, une libérale convaincue, a fait beaucoup de " pédagogie ". Depuis deux ans qu'elle est en poste, elle a mené une vraie croisade pour -rendre les négociations plus transparentes. Elle a aussi proposé, pour le CETA, une réforme garantissant des tribunaux d'arbitrage des différends entre les multinationales et les Etats bien plus indépendants du " big business " que les juridictions existantes.

" Mais quoi qu'on fasse, quoi qu'on dise, rien n'imprime ", constatent, frustrés, les fonctionnaires de la DG Trade, la puissante administration au service de la commissaire. Le poulet au chlore, les OGM ? Non, le CETA n'autorise pas qu'ils puissent être importés dans l'Union. C'est écrit noir sur blanc dans le traité signé dimanche 30  octobre par l'UE et le Canada. Les droits humains, les services publics, le principe de précaution ? Oui, évidemment, ils seront préservés. Là encore, c'est écrit en toutes lettres, et c'est même surligné dans la " note interprétative " -obtenue mi-octobre par les Au-trichiens, les Allemands et les Luxembourgeois (eux aussi avaient des réticences), et que les Wallons sont parvenus à amender.

(...)

Surtout que certains [arguments] sont en partie inavouables : si Bruxelles tient tant aux tribunaux d'arbitrage dans le CETA, c'est moins parce qu'ils sont nécessaires pour commercer avec le Canada (un pays " ami ") que pour créer un précédent et mieux imposer ces tribunaux dans des accords -ultérieurs ayant vraiment besoin de cette justice indépendante des Etats (Chine, Philippines…).

Comment s'opposer à des contrevérités mâtinées de " Bruxelles bashing " permanent ?

(...)

Jean-Claude Juncker, le président de l'institution, n'est pas chef d'un Etat, ses commissaires ne sont pas des ministres : ils sont là " pour rendre service aux pays membres ". Ils doivent en permanence -ménager les sensibilités, les priorités de vingt-huit gouvernements différents.

Le libre-échange devenu symbole de la mondialisation malheureuse ? Si les opinions publiques wallonnes, françaises ou allemandes se sont emparées du sujet, les Suédois, les Danois ou les Finlandais ne voient même pas le problème. La Commission doit aussi s'adresser à ces citoyens et à leurs gouvernants.

Parfois, l'institution abandonne brièvement la langue de bois. " Personne ne proteste quand on signe un accord commercial avec la grande démocratie vietnamienne, alors que tout le monde dénonce l'accord avec la terrible dictature canadienne ", a fini par lancer M. Juncker, visiblement excédé par l'hystérisation du débat. Mais la remarque est passée presque inaperçue : décourageant…

Corps politique mais surtout grosse technostructure, la Commission – et ses milliers de fonctionnaires génération Erasmus – est aussi victime de la perte de confiance dans la presse, les politiques, les " élites " en général. Elle a beau argumenter, imprimer des tonnes de brochures ultra-documentées, elle reste inaudible. Pire : suspecte.

Il faut dire qu'elle prête le flanc à la critique : oui, la Commission avance en déroulant un agenda libéral, parachevant depuis trente ans le marché unique. Une stratégie et des soubassements idéologiques pas vraiment pensés ni remis en question. Pourquoi conclure à tout prix ces accords commerciaux ? Que m'apporteront-ils à moi, citoyen lambda ?

(...)

La Commission Juncker, en pleine prise de conscience, tente de construire une communication plus convaincante, pro-libre-échange d'un côté, et poussant de l'autre côté à une plus grande protection des emplois et des entreprises vis-à-vis des pays importateurs, au premier rang desquels la Chine. Mais c'est dur de trouver les accents de la sincérité quand le fossé entre Bruxelles et les " peuples " s'est à ce point creusé.

par cécile ducourtieux

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10 octobre 2016 1 10 /10 /octobre /2016 21:04

J'ai donc contacté le climatologue universitaire réticent ; c'est un bon élève de Van Ypersele et un vrai scientifique connaissant sur le bout des doigts les différents AR du GIEC.

Sa réponse est très intéressante (car je n'ai pas, je l'avoue avec honte, pris la peine de rechercher sur la publication de l'AR5 ce qui concerne les tornades) ; il me réfère simplement aux textes publiés :

Le GIEC est très prudent à propos des ouragans:

AR4 (GIEC, 2011): En se fondant sur un ensemble de modèles, il est probable que les futurs cyclones tropicaux (typhons et ouragans) deviendront plus intenses, avec des vents maximum plus forts et des précipitations plus fortes, liées à l’accroissement en cours de la température à la surface des mers tropicales. En revanche, les projections indiquant une diminution globale du nombre de cyclones tropicaux sont moins crédibles.  L’augmentation apparente du nombre de tempêtes tropicales depuis 1970 dans certaines régions est beaucoup plus importante que ce que produisent les modèles actuels pour cette période.

AR5 (GIEC, 2016):
Based on process understanding and agreement in 21st century projections, it is likely that the global frequency of occurrence of tropical cyclones will either decrease or remain essentially unchanged, concurrent with a likely increase in both global mean tropical cyclone maximum wind speed and precipitation rates. The future influence of climate change on tropical cyclones is likely to vary by region, but the specific characteristics of the changes are not yet well quantified and there is low confidence in region-specific projections of frequency and intensity. However, better process understanding and model agreement in specific regions indicate that precipitation will likely be more extreme near the centres of tropical cyclones making landfall in North and Central America, East Africa, West, East, South and Southeast Asia as well as in Australia and many Pacific islands. Improvements in model resolution and downscaling techniques increase confidence in projections of intense storms, and the Final Draft (7 June 2013) Chapter 14 IPCC WGI Fifth Assessment Report Do Not Cite, Quote or Distribute 14-5 Total pages: 145 frequency of the most intense storms will more likely than not increase substantially in some basins. [14.6, 14.8.3, 14.8.4, 14.8.7, 14.8.9, 14.8.10, 14.8.11, 14.8.12, 14.8.13, 14.8.14] Despite systematic biases in simulating storm tracks, most models and studies are in agreement on the future changes in the number of extra tropical cyclones. The global number of extra-tropical cyclones is unlikely to decrease by more than a few per cent. A small poleward shift is likely in the Southern Hemisphere storm track. There is medium confidence that a projected poleward shift in the North Pacific storm track is more likely than not. However, it is unlikely that the response of the North Atlantic storm track is a simple poleward shift. There is low confidence in the magnitude of regional storm track changes, and the impact of such changes on regional surface climate. It is very likely that increases in Arctic, Northern European, North American, and southern hemisphere winter precipitation by the end of the century (2081– 2100) will result from more precipitation in extra-tropical cyclones associated with enhanced extremes of storm-related precipitation.


car on en sait pas encore grand chose et que les modèles du climat ne sont pas encore capables des les générer et simuler correctement.

=> il faut être très prudent. Ce qui n'est hélas pas toujours le cas des médias qui sont souvent bcp plus catastrophiques que ce qui est dans le GIEC. Le message et les incertitudes données par les scientifiques sont hélas souvent déformés par les médias.

Voilà qui me semble d'une honnêteté digne d'un réel scientifique. Et une condamnation d'un certain type de journalisme (voir Foucart...). Celà dit je vous recommande toujours le petit livre de Roger Pielke Jr., "The Rightful Place of Science: Disasters And Climate Change", qui se borne à citer sans les interpréter les conclusions du GIEC - qui par ailleurs peuvent être critiquées par d'autres scientifiques. Mais la critique est le fondement de la démarche scientifique.

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9 octobre 2016 7 09 /10 /octobre /2016 19:54

Bien, on a entendu sur tous les ondes que Matthew allait montrer ce qu'on voulait voir ! 5/5, puis 4/5, la Floride et tous les Etats du Sud-Est allaient être impactés, les foules se précipitaient sur les routes, les Caraïbes étaient dévastées ! 900 morts en Haïti ! Terrible !

Un petit interstice radio sur notre RTBF interrogeant un météorologiste belge nous renseignait un peu (il avait été soustrait, une fois de plus, aux catastrophistes de la chaîne) : non, il n'y avait pas de cyclones nouveaux, non, il n'y en avait pas plus, non, on ne pouvait pas en accuser le "changement climatique" ; oui, peut-être, certains modèles, etc. Mais plus la journaliste voulait l'acculer (et je la pense objective), moins il voulait reculer.

On a depuis diminué le nombre de morts en Haïti - tant mieux, un mort est évidemment déjà trop. Mais il fallait faire du bruit ! Comme à chaque fois de la saison des tornades, Haïti paye un très lourd tribu et, ô miracle, Cuba s'en sort très bien ! Et dieu sait que je ne suis pas un fan des Castro...

Depuis, Matthew a été rétrogradé en catégorie 1. Cela fait plus de 4.000 jours qu'aucun cyclone de catégorie 4 ou 5 n'a abordé les côtes US... Pensez-vous que la Presse en dise quoi que ce soit ?

P.S. On confond souvent "cyclone", "typhon", "tornade", etc. Renseignez-vous...

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