Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Humeur !

Nucleardelinquent teen 150x200BioHockey%20Stick%20Jacket3 HandsOff-copie-1 

Recherche

Articles Récents

Autres Liens

19 octobre 2010 2 19 /10 /octobre /2010 13:39

Mais tout d'abord je dois me répandre en excuses pour avoir mal cité Mgr Léonard ; apparemment, il n'a pas parlé de punition divine mais de "justice immanente". C'est ma faute, j'ai cru une source digne de foi et je n'ai pas pris la peine d'aller vérifier moi-même, tant pis pour moi, ça ne m'arrivera plus, promis. Cela dit, je ne vois pas une différence fondamentale entre les deux ; la justice immanente implique donc des droits, des devoirs et des punitions, une norme, donc - et même des récompenses (a minima celle de n'être pas puni). C'est très exactement le raisonnement des zécolos farouches à la Coline Serreau, de tous les brandisseurs d' apprentis-sorciers et de naturomanes pour qui cette norme est vaguement Gaïa, la Planète, l'Univers ou la Nature, ils seraient bien en peine de le dire exactement. Pour Mgr Léonard, par contre, on peut supposer qu'il ne s'agit de rien de moins que celui dont il pense être sa créature, Dieu pour ne pas le nommer Yahvé ou Jéhova. Comme un train peut en cacher un autre, il va de soi qu'une immanence voile une transcendance, mais je ne vais pas m'aventurer sur des terres qui ne sont pas les miennes car je suis aussi peu réceptif à la philiosophie qu'au divin et à la religion. Ce n'est pas ma faute, j'ai essayé mais rien à faire, je n'y comprends rien. Passons.

 

Ah oui, Kyoto. L'histoire commence en fait en 1992, aux Nations Unies, mais c'est surtout la signature de ce traité en 1997, pour une durée de quinze ans, qui fait date. Le but incroyablement ambitieux de ce traité était d'arriver à une diminution d'au moins 5% des émissions de CO2 (par rapport à 1990, tout de même...) par les ratificateurs à l'horizon 2012. Vous imaginez : 5% !!! Quelle révolution ! Le brave Clinton, chouchou des Européens à l'époque, s'empressa de ne pas soumettre le traité à la ratification du Congrès américain, bien sûr ! Et le méchant Bush annonça tout de go en 2001 qu'il ne ratifierait jamais un tel traité alors que l'Inde et la Chine n'étaient pas parties au traité. L'Europe, comme d'habitude, s'engouffra dans le piège pour montrer son héroïsme et sa détermination à se tirer dans le pied une balle de plus.

Inutile de dire que les misérables ambitions de Kyoto ne sont toujours pas atteintes, sauf par la Russie, mais uniquement à cause de son effondrement. A l'intérieur de l'UE (qui a courageusement accepté non pas 5, non pas 6, non pas 7, mais 8% de diminution ! Toujours cette manie de montrer l'exemple), on ne compte guère que la Suède et la Grande Bretagne qui arrivent tant bien que mal à atteindre les buts assignés, mais en ce qui concerne la Grande Bretagne, justement, cette diminution est due tout simplement à une externalisation vers la Chine et la diminution de 4% cache une augmentatipn de 14... (tous les autres pays font d'ailleurs de même, et puis Sarkozy a le culot de vouloir instaurer une taxe sur les produits chinois. Quel cynisme !) Nigel Lawson explique également que cette pseudo-diminution est également due à une substitution du charbon par le gaz dans les centrales modernes privatisées (du temps de l'Etat-patron, celui-ci refusait obstinément un tel passage).

 

Et voilà qu'en 2007, au G8 d'Heiligendamm, Mme Merkel propose une diminution obligatoire de 50% d'ici à 2050, ce qui est immédiatement repoussé par les USA, le Japon, le Canada et la Russie, qui parlent de "considérer sérieusement" une diminution de 50% en 2050 pourvu que les pays en développement - y compris la Chine et l'Inde - participent au processus, et on sait ce que lesdits pays en pensent ! Il y eut aussi Bali, un flop de plus même si l'Australie avait rejoint le clan de Kyoto, mais avec des objectifs ridiculement bas. Deux ans plus tard, à Copenhague, l'Europe se retrouvera une troisième fois cocue, battue et contente d'elle-même. Et puis, comme je l'ai fait remarquer ici-même (et je ne suis vraiment pas le seul !) un politicien peut tout promettre pour dans cinquante ans !

 

Cela dit, il y a une certaine logique chez Mme Merkel : l'Europe admet encore des subsides d'Etat aux industries du charbon, à raison d'environ 5 milliards d'euros/an, dont la moitié en RFA et le reste partagé entre la France et la Pologne. Et la vertueuse Allemagne refuse obstinément les centrales nucléaires, prise comme exemple par tous les Verts européens - tout en renouvelant son vieux parc de centrales à charbon par... de nouvelles centrales à charbon, doublement subventionnées par le système des crédits-carbone...

 

Tout ceci n'est évidemment que gesticulations. Ce Kyoto est une farce, n'a jamais été qu'une farce et les seuls à y voir du sérieux sont devenus les bouffons du Monde : j'ai nommé l'Europe.

 

 

Repost 0
18 octobre 2010 1 18 /10 /octobre /2010 14:39

...mais ça pourrait changer. Je ne sais si les dernières bavures de notre primat(e) ont franchi les frontières, mais elles le mériteraient. Figurez-vous que ce curieux bonhomme compare le SIDA à une punition divine, pas moins. Ce n'est pas la première ignominie qui sort de sa bouche et de sa plume, mais tout de même, celle-ci est assez corsée dans le baveux. Le Pr Clumecq se trompait lorsqu'il faisait remonter cette conception au Moyen-âge : elle est en fait bien plus ancienne, il suffit de se souvenir des sept plaies d'Egypte, et au fond on pourrait considérer Monseigneur Léonard comme la première plaie de la Belgique (la deuxième étant Bart De Wever, je ne suis pas Belgicain mais Bruxellois). Il se trompe aussi en expliquant qu'on ne croit plus aux punitions divines mais aux virus : Léonard le sait très bien et il lui suffit de dire que c'est Dieu qui a envoyé le VIH sur Terre comme punition de nos péchés. Enfin, de leurs péchés, à ces salauds de pédés et de drogués. Tout comme on sait maintenant que la peste n'était pas répandue par les Juifs qui jetaient du poison dans les puits, mais par les Juifs qui répandaient du Yersinia Pestis sur les bons chrétiens, Léonard ne l'a pas encore dit mais je pense qu'il le garde pour la bonne bouche.

 

Par contre, il semble bien que le Léonard soit légèrement en retard d'information, il y a belle lurette que l'épidémie mondiale ne concerne plus uniquement les pécheurs, mais fait la part belle aux bons couples mariés très catholiquement et qui, se rangeant aux ordres papaux, s'abstiennent de prendre "des précautions" - et voilà un petit sidéen de plus ! Dans ma jeunesse, on parlait encore en fac de médecine de "syphilis non méritée", mais c'était plutôt pour se moquer d'une appellation déjà vieillotte. Hé oui, Monseigneur, il y a du SIDA non mérité, voyez-vous, par exemple quand Madame se voit contaminer par son mari qui a couru le guilledou en mauvaise compagnie ; lui, il mérite bien sûr de crever d'une longue et affreuse agonie, mais elle ? Je n'ai fait ni le petit ni le grand séminaire, je ne connais pas la théologie - qui par parenthèse ne me semble pas vraiment une science expérimentale - et je ne sais donc comment justifier la condamnation de Madame ; vous y parviendrez certainement sans peine, Monseigneur, il y a certainement tout ce qu'il faut chez Thomas d'Aquin et un peu partout ailleurs. Il lui restera à se joindre à Ahmadinejad cherchant les femmes adultères ayant péché avec des homosexuels athées, les pierres pour l'un, une seringue pour l'autre, ah ah ah (voir le délicieux dessin de Willem dans le Libération du 14/10).

 

Pour le reste, je suis assez d'accord avec Clumecq : quand donc Dieu enverra-t-il une punition (divine, par définition) aux curés pédophiles ?

Repost 0
Published by cdc - dans actualité
commenter cet article
16 octobre 2010 6 16 /10 /octobre /2010 21:18

Intéressant de voyager quand on ne regarde la télé que dans une chambre d'hôtel (mais dieu que ça peut être ennuyeux...). Donc, on a eu droit en boucle au sauvetage des mineurs et évidemment tout le monde s'en est réjoui, avec ce tout petit bémol qu'on n'a peut-être pas assez admiré les sauveteurs qui sont descendus dans la mine pour y faire leur dangereux et extraordinaire boulot... Eux aussi sont des héros, non ? Demandez à Schwarzie ! Je le répète, un tout petit bémol, et comme le disait le cartoon du Trib d'hier représentant une journaliste de TV annonçant : " Bien, maintenant passons aux vraies mauvaises nouvelles".

 

Quoi qu'il en soit (et il y aurait bien des choses à dire), je lisais tout récemment un article annonçant une fois de plus qu'il y avait une flambée des prix des denrées de base et que le prix du blé avait atteint les records passés justifiant les fameuses "émeutes de la faim" récentes. Vrai ? Faux ? Ben, il suffit de regarder un peu plus loin. Et donc, c'est faux, mais c'est vrai qu'il y a un trend haussier. On peut le voir ici, mais c'est en USD constants, donc à corriger. Est-ce à dire que tout va bien ? Certes non. Est-ce à dire que la catastrophe est imminente ? Sans doute pas, d'autant que la même livraison du Trib contenait un article sur le prix scandaleux du kimchi en Corée (du "Sud", parce qu'il existe paraît-il une Corée du "Nord" - c'est-à-dire, pour paraphraser Alfred Jarry, nulle part), même que le Président de la Corée a juré de ne consommer plus que du kimchi de 2e qualité, moins cher, plus peuple ! Wow ! Mélenchon !

 

Tant pis, j'adore le kimchi, et de première qualité, yet !

Repost 0
14 octobre 2010 4 14 /10 /octobre /2010 15:24

Peu importe le jugement sur "la retraite à 62 ans" et ce que ça signifie exactement, il va de soi que l'évolution démographique exigera une modification du système, en France comme ailleurs. On trouvera un excellent résumé sur différents leviers chez Ecopublix, et on acceptera avec Piketty que l'existence de dizaines de régimes de retraite n'est pas vraiment une bonne chose, encore qu'on puisse ne pas être d'accord avec lui sur l'existence d'un plan diabolique de passage à la capitalisation, et en souhaitant bonne chance aux politiques qui se mouilleront la chemise pour mettre son excellente idée en pratique... Touche pas à mon régime de retraite ! sera la réponse immédiate.

 

Ce qui m'amuse est l'étonnement angoissé de la Presse face aux étudiants et aux lycéens qui, inexplicablement, se joignent aux manifs. On se demande vraiment ce qui se passe... Vous imaginez, des lycéens et des étudiants qui manifestent ? Du jamais vu ! Et, évidemment, on ressert le CPE.

 

Amusant aussi le discours de Ségolène Royal invitant les lycéens à descendre dans la rue (pacifiquement, bien sûr), puis après s'être fait étriller, démentir avec cet air de sucer un citron qui lui est coutumier avoir jamais fait telle déclaration (je l'ai vue 3 fois, dont une après son démenti).

 

J'ai vu aussi un débat où un jeune homme d'environ seize ans se colletait avec le membre de service du MEDEF, les yeux et la bouche suintant la haine, oui, vraiment la haine. Sa connaissance des dossiers ainsi que du monde du travail était évidemment nulle, mais son interlocuteur n'était pas vraiment un tribun...

 

Plus généralement il n'est même pas nécessaire de se poser des questions sur le degré de pertinence de ces mouvements en l'occurrence - la vague idée que des fils de bourgeois (je n'ai pas vu beaucoup de manifs de lycées techniques, mais après tout il y en a peut-être) peuvent avoir à 15 ans sur ce qu'est la retraite qu'ils prendront dans une cinquantaine d'années au travers d'une législation qu'ils ne comprennent pas, ni personne d'autre d'ailleurs - simplement, comme toujours, c'est un tel plaisir de sécher les cours quand il fait beau, de se retrouver entre copains ivres de la puissance auto-conférée ("Sarko, t'es foutu, la jeunesse est dans la rue !"), la référence à l'inusable '68 et à l'inévitable Révolution, et puis, comme le chantait à tue-tête un jeune homme ma foi bien mis et avec une mine sympathique : "On va tout casser, on va tout casser !". Sans compter la Presse qui les met au pinnacle.

 

Et pourtant, à chaque interview de syndicaliste (*) (sauf les gens de SUD, évidemment), je n'entends qu'une chose : il faut négocier, c'est pas comme ça qu'il fallait faire, on nous impose un texte sans concertation, où est passée la démocratie participative ?

Voilà qui me semble évident, tout comme il est clair que ces grèves et manifestations sont un rejet général et viscéral de la politique de Trublion Ier. Et aussi d'un système où l'entrée au travail est de plus en plus tardif, où le chômage des jeunes est effrayant à juste dire ; mais ce n'est pas là le mot d'ordre de ces manifs... qui serait plutôt "travail = esclavage", "non à 45 ans de souffrances", etc.  

Attendons samedi, on a encore de l'amusement en perspective...

 

(*) et de plusieurs membres du PS dont François Hollande qui m'a surpris par une attitude de "vieux sage" que je ne lui connaissais pas auparavant

 

P.S. Un très joli post d'Hugues qui revient une fois encore sur la tarte à la crème de la "société à deux vitesses"... À lire sans faute, mais évidemment out le monde sait bien que Hugues Serraf est un affreux réactionnaire stipendié par le Grand Capital (avec des Capitales !).

Repost 0
12 octobre 2010 2 12 /10 /octobre /2010 16:32

Let no one else's work ever evade your eyes!

Remember why the good Lord made your eyes!

So don't shade your eyes!

But plagiarize, plagiarize, plagiarize!

                                                          Tom Lehrer

 

Il y a quelques mois j'avais été voir un film dont la critique était assez bonne, voire très bonne. On ajoutait même qu'il était politiquement incorrect, ce qui me terrorisait un peu dans la mesure où il suffit d'une réplique du genre "t'as vu ce bougnoule" pour que les critiques se pâment d'admiration et se mettent à caqueter avec délices "politiquement incorrect, politiquement incorrect !". Le PI est le PC d'aujourd'hui, mais enfin, le synopsis était prometteur, l'histoire d'un grand humanitaire de 80 ans qui épouse une réfugiée au scandale de ses deux enfants, le fils de droite et la fille de gauche qui finissent par se réconcilier, bref on aura peut-être reconnu Les invités de mon père, le type même de film pour lequel on a inventé le terme "comédie franchouillarde" : très mal joué, personnages sans aucune épaisseur aussi rapides à se faire convaincre que les acteurs de publicités pour margarine de l'ancien temps, scénario essoufflé, découpage plus qu'approximatif... Et puis aussi, malgré tout, un film qui provoque un sentiment de grand malaise en constatant qu'on se moque moins de l'humanitaire qu'on ne décrit la réfugiée comme une profiteuse. A ce compte, on pourrait aussi taxer de PI le discours du FN.

 

Et puis, l'autre jour me tombe entre les mains le livre de Marina Lewycka, A Short History of Tractors in Ukrainia, où je retrouve quasiment trait pour trait l'essentiel du film, mais ce dernier étant débarrassé de tout ce qui fait la saveur et l'aspect dramatico-comique du livre. Aucune mention de ce livre dans la fiche technique du film et je ne me souviens pas de l'avoir vu apparaître dans le générique de désannonce. On a fait quelques transpositions aussi, oblitérant ce qu'il y avait d'essentiel par ailleurs, juste assez sans doute pour éviter un procès en contrefaçon.

 

Cette piteuse oeuvrette n'en mérite d'ailleurs pas tant.

Repost 0
Published by cdc - dans cinéma
commenter cet article
6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 17:05

Ahurissant ! Incroyable ! Scandaleux ! Les réactions de la Presse et du grand public en général sont effectivement ahurissantes, incroyables et scandaleuses. Evidemment, everybody hates Big Business and roots for the underdog, mais enfin il s'agissait ici d'une décision de justice, tout de même. Imaginer comme Plantu que la Justice était aux ordres de la Banque est profondément faux et ridicule. La SG a payé un lourd tribu à la Commission bancaire, ses (petits, eh oui) actionnaires aussi, les supérieurs de JK ont été virés (et pas injustement...) mais encore fallait-il établir leur responsabilité pénale, et les juges n'ont pas été convaincus par les arguments du triste trader qui a patiemment déjoué les sécurités informatiques mises en place (certes insuffisantes, a posteriori). N'oublions pas que les hackers parviennent assez facilement à passer à travers de systèmes autrement sophistiqués comme même la CIA et le Secret Service l'ont constaté à leurs dépens.

 

On peut penser que la peine d'emprisonnement est lourde, mais en ce qui concerne les dommages et intérêts, les meilleures sources de Droit nous assurent que pour échapper à la censure de la Cour constitutionnelle, les juges avaient les mains liées et ne pouvaient faire autrement. On dit aussi que, suivant ainsi une jurisprudence constante aux USA, tous les avantages découlant de l'affaire (livres, films, etc) revenant éventuellement à JK devraient être saisis et reversés à la SG, ce qui me paraît assez sain. Je n'ai aucune haine pour le bonhomme, mais il s'est fait prendre, il doit donc s'acquitter de sa dette.

 

Pour ce qui est du "débouclage" dont se gargarisent certains profanes roulant en bouche le mot technique tout  juste appris comme s'ils suçaient un bonbon, il faut tout de même se remettre dans l'ambiance et l'urgence, les positions prises dépassant les réserves de la banque. Et quand je lis un commentaire affirmant que "tant qu'on n'a pas vendu, on n'a pas perdu", on devine immédiatement qu'il s'agit d'un prudhommerie émise par un néophyte total. Quiconque a un peu d'expérience boursicotière sait bien qu'il ne faut pas hésiter à vendre à perte quand il s'agit de réaliser un arbitrage.

 

Certes, avec un jury populaire, JK aurait été acquitté sous les applaudissements et la SG condamnée à des dommages punitifs. Je ne suis pas sur que la Justice eût été rendue.

Repost 0
Published by cdc - dans économie
commenter cet article
4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 22:20

Certes, je me suis fait reprocher par Aymeric d'avoir trouvé Jean Rouch parfois étouffant et ennuyeux, mais à la relecture, c'est lui qui avait raison (encore que mon souvenir de 'Moi, un Noir' reste à ce jour indécidable).

 

Or, les DVD de Jean Rouch se ramassent aujourd'hui à la pelle après des décennies d'oubli, et comme c'est chouette ! Hier, c'était "Cocorico, Monsieur Poulet", et ce soir la guerre de l'hippopotame, sur le même DVD.

 

Ayant un peu de connaissance du Mali et de l'Afrique de l'Ouest, nous avons été émerveillés de cette compréhension qu'il avait des gens qui y habitaient. Pour ce qui est de la 2CV de "Cocorico", c'était désopilant, mais évidemment arrangé (fort bien, les protagonistes jouant parfaitement leur rôle), mais la chasse à l'hippopotame était un documentaire plus brut - abstraction faite du commentaire en hectoring voice). Cette chasse avec des engins somme toute assez primitifs mais tout de même très performants (où se mêlaient les savoir-faire de forgerons, de bateliers, de navigateurs, et plein d'autres) c'était vraiment toute notre humanité. Comme je n'arrête pas de le dire, depuis Cro-Magnon (et je le sais par ma propre expérience), nous, les Homo Sapiens (on disait dans le temps Sapiens Sapiens pour ne pas mépriser nos cousins néandertaliens, très estimables par ailleurs) nous sommes toujours les mêmes, à chasser (et apprivoiser) les hippos, à résoudre des intégrales, à adorer les Kouroï, à admirer en bref un peu tout ce que la foule bruxelloise révère dans les expositions des Esquimaux (j'assume l'orthographe) aux Fuégiens.

 

En fait, j'aime bien mon espèce et j'admire mon semblable - parfois d'un peu loin..

Repost 0
Published by cdc - dans sociologie
commenter cet article
29 septembre 2010 3 29 /09 /septembre /2010 21:02

Très bien. Parfait. Il faut encourager l'emploi, tout le monde, patronat compris, le recommande. Et surtout résorber le chômage, non ? Comme, par exemple, évacuer les pièges à l'emploi qui font préférer le chômage à un emploi peu payé. Tout le monde l'admet, mais rien ne bouge.

 

J'entendais hier et aujourd'hui les ténors syndicaux tonner contre les restrictions salariales, estimant qu'il fallait au contraire augmenter les salaires afin de permettre un pouvoir d'achat plus élevé, ce qui remettrait la croissance en marche (comment on peut concilier cela avec les revendications "vertes" de décroissance me semble improbable, mais peu importe). Certes. Et si les recettes des entreprises diminuent et que les salaires augmentent, quid ? Une faillite ? Ou des emprunts massifs ?

 

Je ne suis pas économiste (comme disent tous ceux qui mettent cette excuse en avant pour prétendre avoir raison), mais cet ultra-Keynesisme me semble un peu exagéré. On pourrait aussi encourager les smicards, chômeurs etc. à dépenser un maximum et à encore raboter leur maigres économies pour relancer l'économie. Gute shabbes !

 

En ce qui concerne ce cher Keynes si réhabilité de nos jours, je ne puis m'empêcher de le re-citer via l'affreux Alain Minc (Les Prophètes du bonheur)  :

 

Comment puis-je accepter cette doctrine [le communisme] qui exalte comme une bible, au-dessus de toute critique, un manuel démodé, dont je sais qu'il est non seulement scientifiquement erroné, mais encore inintéressant et inapplicable dans le monde moderne ? Comment puis-je adopter une doctrine qui, préférant la vase au poisson, exalte le prolétariat crasseux au détriment de la bourgeoisie et de l'intelligentsia qui, en dépit de tous leurs défauts, sont la quintessence de l'humanité et sont certainement à l'origine de toute oeuvre humaine ?

 

Bah, le petit facteur joufflu a toutes les explications, n'est-ce pas ? Et Marx est tout de même plus contradictoire que ça...

Repost 0
Published by cdc - dans politique
commenter cet article
25 septembre 2010 6 25 /09 /septembre /2010 11:25

C'est la tarte à la crème à la mode. Partout on nous serine que nous sommes pressés, stressés, que nous vivons à deux cents à l'heure, que nous ne prenons plus le temps de faire quoi que ce soit, et ça passe à la radio, dans les magazines, dans les livres et sans nul doute à la télé.

 

Je dois être distrait, mais je ne l'ai pas remarqué. Sans vouloir faire du poujadisme, je ne remarque aucun stress dans les ministères que je fréquente presque quotidiennement. Hors embouteillages, je suis plutôt excédé par la lenteur de nombre de conducteurs (je suppose qu'avec l'âge me vient la constatation que le temps qui me reste se ratatine sérieusement), quant au "management par le stress" dénoncé par de bonnes âmes, j'ai plutôt constaté que le droit du travail posait en évidence que tout employeur est un exploiteur et tout employé une innocente victime, et que c'est à l'employeur de prouver qu'il ne stresse pas, qu'il ne discrimine pas, qu'il ne harcèle pas - ni sexuellement ni surtout moralement - qu'il n'exploite pas et ainsi de suite. Je parle de la Belgique, car en effet à ce que j'en ai compris la géniale révolution du RTT chez nos voisions français semble avoir provoqué un resserrement des cadences infernales.

 

Un article d'un magazine TV évoquait récemment le temps béni où la maîtresse de maison passait trois heures par jour dans sa cuisine à préparer les délicieux repas que la famille épanouie dégustait tout à loisir. Aujourd'hui, cependant, on avale un dîner tout fait chacun dans son coin, ou devant la télé.

C'est vrai, tout de même, ces bonnes femmes qui ont osé sortir de leur cuisine, c'est-y pas scandaleux ? Elles travaillent, vous imaginez ? Enfin, quand je dis "travaillent", je veux dire à l'extérieur, parce que le ménage, la cuisine, tout ça, c'est pas du travail, bien sûr. 

Je ne doute pas qu'on mette moins de temps à préparer le dîner, et à vrai dire je m'en réjouis. Pour tout dire, c'est moi qui m'y colle depuis plusieurs décennies, chaque jour, donc je comprends un peu le problème (et, oui, c'est moi exclusivement qui fais les emplettes). Et si je ne nie pas qu'il existe des gens avalant à la hâte un plat tout fait devant la télé, je n'en connais pas personnellement.

 

Mais ne nous y trompons pas : cette dénonciation de la vitesse a comme corollaire l'exaltation de la lenteur, bien sûr, mais d'une lenteur opposée à ce qu'on appelait jadis le fast-food, c'est-à-dire MacDo, c'est-à-dire le mode de vie rejeté par les décroissants, les zécolos, les Verts et les Rouges : en un mot, le capitalisme productif (*). D'où la création du mouvement "slow-food" ; j'ai été dîner récemment dans un restaurant faisant fièrement partie de cette appellation, et j'en ai compris les implications car il m'a fallu un temps interminable avant d'être servi, et encore il ne s'agissait nullement d'un plat longuement mijoté mais simplement d'une casserole de moules, cinq minutes de cuisson exactement. Bien entendu, il y avait les inévitable vins bio à la carte (du bio qui s'accommode de la bouillie bordelaise, n'hésitons pas à le rappeler), mais surtout des "vins issus de la biodynamie", comme je l'avais déjà vu à la carte du plus ridicule des restaurants branchés de la capitale, l'insipide Rouge Tomate (**), qui parvient à faire avaler une "béarnaise" sans corps gras (et le tout à l'avenant). Pour ceux qui ne le sauraient pas, la "biodynamie" est une vaste entreprise de détournement des normes "bio" (qui existent tout de même et qui sont assez contraignantes) pour ne plus exiger que de vagues principes rappelant la permaculture et conseiller l'usage approprié des phases de la Lune. Si les vendanges se font à la pleine Lune et l'égrappage au premier quadrant et en présence d'un druide, voilà, c'est biodynamique. Bon, je sais que je résume, mais si vous désirez en savoir plus sur cette hurluberlurie, vous en trouverez ici, dans l'excellente revue Agriculture et Environnement.

 

Ceux-là mêmes qui parlaient d'énergies "douces" (le soleil, le vent, les marées, ah que c'est doux !) prônent maintenant la vie "lente". S'ils pouvaient aussi être faire l'éloge du silence et suivre leurs propres conseils...

 

(*) et non pas productiviste, même si je sais que les décroissants ressassent ces vieilles lunes de "productivisme", même s'ils ont fini par abandonner la bonne vieille "société de consommation" qui a fait le bonheur (si l'on ose dire) des "contestataires" des années '70

(**) à noter que le Rouge Tomate de New York (même propriétaire) est, lui, particulièrement fin et délicieux.

Repost 0
Published by cdc - dans sociologie
commenter cet article
24 septembre 2010 5 24 /09 /septembre /2010 10:33

Trois semaines en Ombrie m'ont permis non seulement de refaire un pélerinage à mon cher Piero della Francesca, mais aussi de retrouver au retour une boîte aux lettres bourrée de documents plus ou moins intéressants - sans parler d'un Inbox boursouflé dont l'immense majorité des messages étaient évidemment du spam malgré mon anti-virus agressif.

Et dans cet amoncellement de revues et de courriers divers, j'ai tout de même trouvé quelques perles - je désire à présent les partager.

 

- Vous avez tous entendu parler des "guerres climatiques", n'est-ce pas, de tous ces massacres qui seront dus au "dérèglement" climatique : Burke et Lobell avaient diagnostiqué que le réchauffement en Afrique subsaharienne y provoquerait à l'horizon 2030 une augmentation de 50% du nombre de conflits. Inutile de dire que la Presse s'est avidement emparée de ce résultat en prenant soin d'ôter le conditionnel.

Eh bien pas du tout : un chercheur du Peace Research Institute Oslo a réinterprété les données de Burke et Lobell et ne trouve aucune corrélation entre le nombre de conflits et une augmentation de température (l'article complet se trouve ici). Le commentateur du New Scientist va jusqu'à écrire : "entre 2003 et 2008, le PIB global de l'Afrique a augmenté six fois plus rapidement que lors des deux décennies précédentes, cependant que de nombreux pays voyaient une plus grande stabilité politique. Ceci suggère que l'Afrique sub-saharienne pourrait plus bénéficier d'un développement économique et politique que de mesures palliant le changement climatique". On ne saurait mieux dire...

 

- Mais où sont passés tous les ouragans qu'on n'arrête pas de chercher avec attention ? J'en ai parlé ailleurs de ce zèle à annoncer avec gourmandise que telle tempête était passée au stade d'ouragan, et attention, pas n'importe quel ouragan ! Quelques jours plus tard, rétrogradé au titre de tempête, il disparaissait des actualités mais pas des mémoires. D'ailleurs tout récemment  Klotzbach et Gray avaient prédit 18 tempêtes dont 10 deviendraient ouragans et 5 ouragans majeurs. Cependant, au 20 août on ne comptait que trois tempêtes et un bref petit ouragan...  Et voilà que des météorologues nous assurent que ce déficit d'ouragans s'explique (cette année en tous cas) par le blocage du jet-stream sur la Russie et le Pakistan, qui d'autre part expliquait la vague de chaleur et les pluies torrentielles - enfin, quand je dis "expliquait", c'est beaucoup dire, il vaudrait mieux dire qu'il y a suspicion de causalité. Reconnaissons que tout cela ne prêche pas en faveur de la fiabilité des modèles dont on voudrait nous faire croire qu'ils peuvent prédire le climat en 2100...

Mais vous demanderez-vous peut-être, pourquoi ce blocage du jet-stream ? Eh bien, voici :

 

- Figurez-vous qu'après avoir injurié, ridiculisé, raillé les pauvres physiciens (tels Allègre et Courtillot) qui prétendaient que le Soleil influençait le climat, voilà que les climatologues orthodoxes doivent bien admettre qu'ils ont - en partie - raison. Les premiers frémissements à ce sujet faisaient état d'une possible explication de l'hiver froid en Europe par le blocage du jet-stream dû à une inactivité inhabituelle du Soleil. Et même, Feulner et Rahmstorf évaluaient cet effet à -0.3°C/an s'il devait perdurer. Même Judith Lean, autrefois très sceptique sur le sujet, semble aujourd'hui avoir changé d'opinion. Bien sûr, d'autres minimisent , mais tous doivent admettre qu'au moins au niveau régional - finalement le plus important - le Soleil a bien une influence telle que le GIEC envisage de l'inclure dans ses modèles... par le biais de la haute atmosphère et de la stratosphère, très mal connue !

 

Et ce n'est pas terminé...

Repost 0