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28 décembre 2010 2 28 /12 /décembre /2010 23:25

Très humain, ce film, enfin, c'est du moins ce qu'en dit Mike Leigh. Et qu'à la fin du film, ce qui compte, ce ne sont pas les personnages, mais ce que les spectateurs ont retenu de ces figments of imagination. Rien donc d'un aspect "réaliste" à la Ken Loach ou aux Angry Young Men des années '60 et de toute une tradition filmique très British y compris avec certains Hamer (pas Bent, Robert) ou Ealing Studios.

 

Oui, certes, film de vieillesse et de mort, qui approche et finit par arriver (les funérailles, sans doute la plus belle séquence du film, même si elle se traîne un peu).

 

Mais voilà : déjà le chapitrage saisonnier est plus que bateau et fait penser à l'affreux Printemps, été, automne, hiver... et printemps du farceur Kim Ki-Duk. Puis il y a Mary, hystérique dépressive extrovertie (ce n'est pas moi seul qui le dis, mais une excellente psy qui en a connu plus d'une...) qui à mon point de vue en fait des tonnes et qui ne traduit pas avec assez de retenue ce qu'elle ressent (tant dans sa vie qu'à l'arrivée de sa ménopause). D'où plein de grimaces, de larmes, d'eye twitchings et de contorsions. Joe, le fils, un peu tête à claques (il ressemble à Bart de Wever nous disait un ami ayant vu le film avec nous) est soit un imbécile heureux, soit un pervers glacial, à ne pas comprendre les avances que lui fait l'amie de vingt ans de sa mère, qui l'a connu quand il en avait dix. Puis il la revoit après une rencontre torride dont il ne semble pas avoir compris quoi que ce soit - allons donc ! il est trentenaire et ne voit pas les manigances érotiques de cette pauvre épave ! (même qu'il la plaisante sur son âge, très innocemment - ou peut-être pas. Donc, confirmation : imbécile ou pervers [à moins qu'il ne soit homosexuel ? suspense...]) - il la revoit donc en compagnie de sa toute nouvelle petite amie (autre hystérique) dont il caresse longuement la main et le bras et forme des projets d'avenir. C'est dit : pervers.

 

Les personnages les plus intéressants sont évidemment le couple Tom and Gerri (qui assument leur nom...), qu'au début on prend pour de braves gens empathiques et dont on apprend graduellement qu'ils sont lower-middle-class issus du prolétariat anglais (référence obligée...), ce que montre complaisamment leur petite demeure et leur potager partagé. Puis on devine que ce sont d'abominables égoïstes prenant plaisir à s'entourer d'autres épaves, et enfin on voit à l'évidence que ce sont des vampires, des goules qui se repaissent de la fragilité et du malheur des autres pour se construire un petit bonheur (la "grasse matinée" et "quelque chose de plus, honey  [et on rigole à la gaudriole]" dans ce monde sexuellement en pleine demande... Car évidemment la sexualité crève l'écran même si - heureusement - elle est cryptée).

 

Et puis, il y a les dialogues, où il faut toujours (enfin, presque toujours, disons dans les scènes à personnages, sauf évidemment lors des funérailles) faire du witticism, mettre un mot d'esprit, des blagues. "How many cc's ?", simplement pour se moquer de la pauvre Mary mais pour encore sous-sous-ligner que sa voiture nouvellement acquise sera un désastre, téléphoné comme d'autres.

 

Une chose me laisse rêveur : Mike Leigh a-t-il voulu être aussi cruel envers ses personnages, et surtout Gerri qui se révèle une conseillère psy lamentable en ne pouvant plus gérer sa relation avec Mary après que celle-ci ait montré sa jalousie envers Katie ? Bien sûr, elle la reprend dans ses bras - geste de vampirisme maintes fois renouvelé dans tout le film - et, bien sûr l'oriente vers une autre psy...

Déception.

 

 

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27 décembre 2010 1 27 /12 /décembre /2010 17:02

Comme vous pouvez le voir, Caracalla a tout de même une gueule de brute, malgré son excellente éducation. Il n'avait pas hésité à faire assassiner son frère cadet, au prétexte (pas nécessairement faux) qu'il n'avait fait qu'aller plus vite que celui-ci (on dit même qu'il avait songé a écourter le règne de son père, Septime Sévère).

Cela étant, il restera dans l'histoire, et pas seulement pour ses Thermes de Rome (où tous les ans on joue Aïda) ; bien plutôt pour son fameux Edit de 212, qui accorde la civitas romana à tout citoyen de l'Empire romain. On se souvient que le Ier siècle avant Auguste avait été marqué par l'épouvantable guerre sociale - "sociale" pour socii, les alliés, pas dans notre sens moderne - où les alliés en question avaient durement lutté pour obtenir un meilleur statut et ne pas simplement se faire coloniser par Rome. Et voilà que tout à coup, plus besoin du célèbre civis romanus sum de Saint Paul, on l'est tous, plus besoin de faire son trou, de s'élever dans la hiérarchie provinciale.

Mais voilà, en gros, ça signifie : plus de promotions possibles. Blocage. Et effectivement, la plupart des spécialistes voient dans la grande crise du IIIe siècle les limitations d'une société bloquée, surtout face aux invasions récurrentes. Heureusement, les Illyriens - fils du Danube - veillaient au grain ; ils avaient tout à gagner, eux qui, bien qu'assimilés, étaient encore d'une touchante rudesse. Ils sauraient reprendre le flambeau de la Romanité.

Et voilà : vous semez l'égalité et vous récoltez la pagaille. C'est trop injuste ! Il n'y a plus d'ascenseur, tout le monde habite au rez-de-chaussée. Bon, je ne veux pas en faire trop, parce qu'à la même époque Ulpien assure l'unité complète du genre humain devant la loi naturelle, y compris pour les esclaves ! Très beau ! Mais ça restait moral, l'esclavage n'était pas aboli, et d'ailleurs le droit de vie et de mort sur les esclaves était déjà passé de mode depuis belle lurette.

J'ai déjà avoué mes réticences à la devise républicaine, mais ici j'aimerais publier une devise un peu plus réaliste :

LIBERTÉ, MOBILITÉ, tolérance.

Mais en fait, je n'aime ni les devises ni les drapeaux.

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26 décembre 2010 7 26 /12 /décembre /2010 18:30

Dans Le Monde électronique, il faut consulter la rubrique "Planète", on y apprend des choses très intéressantes sur les mouches, la grippe et le climat.

 

Par exemple, des chercheurs affirment :

L'Europe pourrait connaître des hivers plus froids

(à cause du réchauffement climatique, bien sûr).

 

Et, juste à côté :

 

Pour Jérôme Lecou, ingénieur-prévisionniste à Météo France, ce genre d’hiver rigoureux devrait s’avérer moins commun dans les années à venir, en raison du réchauffement climatique planétaire, n’en déplaise aux climatosceptiques

 

 Voilà ce qu'on appelle un consensus ! La science est établie... Et le Soleil, là-dedans ? Et remarquez au passage l'usage prudent du conditionnel ! 

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25 décembre 2010 6 25 /12 /décembre /2010 16:38

L'heure de la fin des temps n'est pas si proche...

J'entendais ce matin le secrétaire général d'Ecolo débattre avec le président du MR ; il se défendait du reproche de manque de sérieux reproché par un auditeur en disant : "depuis plus de 30 ans, le parti Ecolo met en garde contre les catastrophes qui nous attendent" etc etc.

Ce qu'il oubliait de préciser, c'est qu'au début des années '70, la mode catastrophiste en était à annoncer les périls d'un refroidissement intense de la Terre. Vers le milieu des années '70, on commença à parler des épouvantables méfaits des fréons et du "trou dans la couche d'ozone" qui allait nous griller. Curieusement, les chercheurs français faisaient savoir au monde que le Concorde ne produisait aucun dommage environnemental (j'ai encore l'article dans un numéro de La Recherche de 1976).

Il est fort regrettable que les écolos aient toujours eu cette attitude catastrophiste, puis qu'ils se soient positionnés tellement à gauche, un comble pour un parti qui se proclamait "ni à gauche, ni à droite" dans ses débuts (ce qui lui valait les inimitiés de la gauche, qui rappelait le mot d'Alain selon lequel celui qui se définit "ni-ni" est en fait de droite), mais cela était normal vu l'origine politique et sociologique de ses membres lors de la montée en force du mouvement (beaucoup de trotz déçus et de cathos de gauche). Il est amusant à ce propos de constater combien la gauche voudrait enterrer la notion de "progrès", tant en biologie qu'en sciences humaines, mais continue selon ses propres dires à "rassembler les progressistes"...

En attendant, les "écolos" de la première heure (qualifiés en général de protecteurs des p'tits zoizeaux) étaient renvoyés dans les ténèbres extérieures, tel un Antoine Waechter (traité immanquablement de facho, ben voyons), ou chez nous, un François Roelants du Vivier.

Dans ces conditions, il n'est pas étonnant que les politiques prônées par les écolos sont généralement ultra-dirigistes, inspirées des pays socialistes dont on sait à quel point ceux-ci étaient respectueux de l'environnement (j'excepte évidemment Cuba, cher au WWF).

 

Bien sûr, il n'y a pas que la gauche pour être dirigiste...
 

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23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 15:25

buddha.jpgIl peut pleuvoir beaucoup à Singapour, et surtout, évidemment, durant la mousson ! J'y ai travaillé il y a déjà quelques années, et je me souviens de cette belle matinée - plein soleil et ciel bleu - où j'avais déserté mon bureau et les salles d'ordinateur glaciales pour aller flâner dans la ville.

Et puis, brusquement, le ciel se couvre, les nuages s'accumulent, noircissent, se vident : la cataracte ! Le petit parapluie chinois ne nous est plus très utile, mais heureusement un temple bouddhiste se trouve juste en face, et nous nous précipitons sous le porche y trouver un peu d'abri. Un parfait gentleman nous aborde et nous propose non pas de sécher l'eau de notre frimousse, mais de partager un frugal repas avec toute la communauté des fidèles. Il ne porte pas la tenue adéquate (pour nous, en tous cas), mais c'est effectivement le bonze-en-chef, le généralissime si vous voulez, enfin j'ai oublié son titre, mais certainement pas sa courtoisie exquise ni son anglais parfait (il avait fait toutes ses études en Angleterre et possédait un diplôme de théologie d'Oxford).

Nous voici donc attablés à manger notre bol de riz et à deviser de choses et d'autres, et plus précisément de sociologie, de religions, du marxisme (c'était l'époque - vous voyez, ça ne date pas d'hier), du bouddhisme. Mais surtout du bouddhisme, évidemment, on avait un expert sous la main, et c'était une école qui gardait encore un peu du prestige qu'elle avait acquis chez les soixante-huitards. Bien sûr, nous dit-il, ce n'est pas une religion, c'est une philosophie de vie ! Un éthos ! Et, oui, il va sans dire qu'on peut être marxiste et bouddhiste, aucune incompatibilité ! Tout simplement, ça ne se passe pas sur le même plan... Si l'on peut faire une image, c'est comme les avions - ils se croisent sans cesse, mais à des altitudes différentes. Bien sûr, ajouta-t-il en riant sous cape, ce n'est qu'une image, mais vous-mêmes, les Chrétiens (il savait bien que nous n'en étions pas, mais que nous en venions), vous vivez avec ce genre de comparaisons... 

Connaissant mieux le marxisme que le bouddhisme, nous n'osions pas trop mettre sa parole en doute. Mais tout de même, hasarda C., sans doute votre croyance est-elle agnostique en matière de dieux, mais le cycle des réincarnations qu'il faut briser... C'est une croyance assez lourde, non ? 

Autour de nous, les fidèles qui avaient terminé leur repas allaient déposer des bâtonnets d'encens, se prosternaient devant les statues du Bouddha et des Boddishatvas, psalmodiaient, tournaient et, visiblement, priaient. Le chef-bonze, nous voyant perplexes à ce spectacle, eut un gentil sourire. Oui, dit-il, je vois... ça vous semble bizarre ; mais vous devez comprendre ! notre philosophie est complexe, subtile, d'un abord difficile ! Et tous ces braves gens, ce qu'ils demandent, c'est de manger, de boire, de survivre en quelque sorte... Nous n'allons pas leur interdire ce qu'il faut bien qualifier de superstitions... Mais vous et moi, nous savons bien que tout cela ne sont que simagrées... 

La pluie avait cessé, et il faisait à nouveau plus chaud, une brume légère s'élevait des rues. Nous l'avons remercié pour son hospitalité, et surtout pour la grande leçon qu'il nous avait donnée.

Quand j'étais jeune, on appelait ça la foi du charbonnier.

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21 décembre 2010 2 21 /12 /décembre /2010 09:47

Mon cousin écolo à la voiture électrique vient de découvrir les lacaniens de Bruxelles, et il en est tout frétillant. De retour d'un de leurs séminaires, il nous racontait l'autre jour une histoire que vous connaissez peut-être - et peut-être pas, donc, je vous la rapporte :

 

On sait que Salvador Dali était obsédé par plusieurs oeuvres et par plusieurs personnes, et parmi elles Jean-François Millet et son Angélus, dont il avait peint je ne sais plus combien de dizaines de variations. Dali était cependant persuadé que ce n'était nullement une prière du soir en souvenir des défunts mais bien l'enterrement d'un enfant que figurait le tableau. A son insistance, une radiographie du tableau avait effectivement révélé sous la peinture actuelle le corps d'un enfant gisant sur le sol ; Millet avait en fait, d'après ce qu'en avait deviné un grand pontife, figuré là le corps d'un de ses frères dont il souhaitait la mort ou qui avait souhaité la sienne, ou un frère mort-né, ou quelque chose comme ça, je ne me rappelle plus, mais quoi qu'il en soit il était question de frère et de mort, et d'ailleurs c'était même peut-être autre chose, car, comme le concluait triomphalement mon cousin écolo (et lacanien frais émoulu - et là je ne veux pas être lacanien et conclure "frais et moulu") : "c'est l'Angélus de Millet, demi-lait !".

 

Bien. Outre que je n'ai jamais lu ni entendu l'expression demi-lait pour parler d'un frère (de lait ou pas) et que de toutes façons ce genre de calembour réputé signifiant dans certains cercles me laisse de glace, je suis tout de même assez méfiant devant ce genre de miracle. Comme tout le monde j'ai une certaine connaissance du personnage de Dali et on ne peut pas dire que la soif de vérité désintéressée le caractérise vraiment. Peu importe, il suffit de Googler et voilà que la fameuse affaire de la radiographie apparaît un peu partout. Pas sur le site du musée d'Orsay, cependant, ce qui est un peu étonnant. Wikipedia FR parle d'un petit cercueil, là où Wikipedia EN est plus dubitatif : "However, it is unclear whether Millet changed his mind on the meaning of the painting, or even if the shape actually is a coffin". Comme seules références, on trouve "Néret 2000", une émission de la BBC et une interview de Jean-Jacques Pauvert. Chaque fois, on assure que le Louvre a effectué la radio et qu'on a découvert un cercueil etc.

 

C'est maigre. Très maigre pour une nouvelle aussi sensationnelle, car enfin, il semble que l'Angélus soit quasiment au top de la célébrité, battu seulement par la Joconde ! Déjà, obtenir de faire passer un tel tableau aux rayons X pour une vague idée d'un génie de la provocation est un exploit, mais que cette radiographie confirme une hypothèse aussi fantasque frise l'impossible. Comme je faisais part de mes doutes à un proche, il me répondit que je n'avais pas de preuves à avancer, ce qui me sembla un comble ! Extraordinary claims need extraordinary evidence, mais apparemment, ça ne vaut pas pour les dîners en ville où une anecdote fausse mais bien tournée vaut mieux qu'une vérité un peu trop pédestre.

 

Cela étant, il est vrai que, en bon sceptique, je suis prêt à être convaincu, mais pas par des on-dits. Si l'un de mes lecteurs possède des renseignements plus probants, je lui serais très reconnaissant de me les communiquer. En attendant, je reste sceptique.

P.S.: Je cite le regretté Daniel Arasse "...mais je voudrais surtout évoquer la radiographie. Il faut savoir que celle-ci n'est faite que s'il y a une raison valable de la faire, par exemple une restauration" (Histoires de peinture, "Alberti disparu, le temps retrouvé" ). Venant d'un expert comme lui, je pense que cela plante le dernier clou dans le cercueil de cette histoire abradacabrante..

 

 

 

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15 décembre 2010 3 15 /12 /décembre /2010 15:51

C'est pas moi qui le dit, c'est Yann Arthus-Bertrand en splash-page de la e-Libre Belgique de ce jour. C'est d'ailleurs aussi ce que dit Jean-Marc Jancovici depuis longtemps.

 

Ainsi donc, M. Frugal n'est plus aussi frugal que ça ? Ben, apparemment : "J'ai aujourd'hui un peu évolué sur ma position anti-nucléaire car nous en avons besoin. Mais je sais, après avoir été 2 fois à Tchernobyl, que les centrales nucléaires sont dangereuses. Et je pense qu'on ne le dit pas assez. Bien évidemment, les énergies vertes ne remplaceront pas le nucléaire. Nous devrons utiliser toutes les solutions, les énergies renouvelables étant la priorité."

 

Alors là, c'est un peu rigolo, le "on ne le dit pas assez" ! On n'arrête pas de le claironner de tous les côtés, M. Arthus-Bertrand ! C'est vrai que les centrales nucléaires du type Tchernobyl étaient excessivement dangereuses, comme bon nombre des merveilles de la technologie soviétique, mais cette catastrophe majeure n'a heureusement fait que peu (toujours trop, évidemment) de victimes. Cependant, il faut savoir (et s'il ne le sait pas, qu'il se renseigne) que les conceptions actuelles des réacteurs sont extrêmement sûres (remarquons en passant qu'il escamote la question des déchets, pourtant le fer de lance des zécolos - bizarre).

 

Tout ceci nous conforterait-il dans le soupçon de donnant-donnant : OK pour les centrales, mais tu me laisses les OGM ? Comme la Libre est un journal influent et que les Ecolos sont au gouvernement à Bruxelles et en Wallonie, on va sans doute avoir droit à quelques réactions qu'il sera amusant d'interpréter !

 

P.S. Quelques jours ont passé et rien n'a troublé le silence... Pas un bruit chez les Verts. Diable, aurais-je raison ? 

 

 

 

 

 

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13 décembre 2010 1 13 /12 /décembre /2010 11:50

L'ouverture de Cancún en référence à la déesse Ixchel n'était, comme je le disais, qu'une tradition, mais pas vraiment anodine.

 

Par contre, au même Cancún, rien n'était moins anodin que la diatribe féroce de l'inévitable Evo Morales, qui réclame évidemment un Tribunal des Crimes Climatiques, où seront traînés les criminels d'écocide et de génocide, car responsables du crime le plus grave qu'on puisse commettre : blesser la Pachamama, la Terre-Mère.

 

L'Occident a mis assez de temps à s'affranchir de la tutelle judiciaire de l'Eglise (et ce n'est pas fini...) pour que l'on puisse s'affliger d'avoir sur les bras non seulement un islam de plus en plus insistant à imposer sa charia (éventuellement par des bombes) mais maintenant une résurgence inca maniée par un délirant. On va très vite au rétablissement du délit de blasphème, même si la sortie du gnome a plutôt gêné l'assistance, y compris les plus en pointe du combat ; trop, c'est trop - même Greenpeace était mal à l'aise, eux, c'est des spécialistes de la com, et ils se rendaient bien compte que le discours n'était pas vendeur.

 

Pas vendeur pour un sou, mais très révélateur...

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11 décembre 2010 6 11 /12 /décembre /2010 23:10

Très belle (et minimale) exposition de Giuseppe Penone au MACs du Grand Hornu (pour une fois que la Communauté française de Belgique a un site merveilleux, il faut le célébrer...). Penone, malgré son patronyme une peu dérangeant et son affiliation a l'arte povera (car il s'inscrit aussi dans l'art conceptuel, celui que je dirais le vrai ; rien chez lui d'un tas de charbon sur une feuille de visqueen pour signifier je ne sais trop quoi. Son propos est clair) n'a rien d'un écolo du genre "tree-hugging" bien qu'il soit obsédé par le végétal et les arbres et branches en particulier. Il y a chez lui une reconnaissance intelligente de la dialectique Homme/nature qui se traduit par des oeuvres d'une force étonnante. C'est aussi un artiste certes reconnu mais un peu imperméable aux phénomènes de mode, de galeristes et de cote. Nombreuses sont ses sculptures en sa possession, éventuellement à vendre (et pourquoi pas ?).

J'aimerais en toute modestie consacrer un ou deux posts à un artiste (si vous n'aimez pas le mot, dites-vous que vous n'êtes pas le seul) qui me semble majeur.

 

Et, à cet égard, je m'en voudrais de ne pas parler d'un artiste bien moins connu, Patrick Corillon, dans la plus pure tradition post-moderne non-soixante-huitarde. Ce sont chez lui des interventions, des récits imaginaires, des personnages de roman de gare, des vidéos, des animations, des photos, un imaginaire foisonnant, ludique (encore un mot que je n'aime plus), débridé, inventif et focalisé. Si vous goûtez aux aventures d'Oskar Serti, vous demanderez encore plus de ses épisodes ! Et vous pleurerez avec lui sur l'abandon de Catherine de Sélys, sa belle amante dans son feuilleton (presque) sans fin (car il faut savoir que l'infortuné Oskar est mort l'année même de la naissance de Patrick Corillon...).

 

Eh oui, Oskar est le modernisme, Corillon est né au moment où, à son âge créatif, le post-modernisme allait se déployer et bien évidemment le pauvre Oskar se plante à tous les coups... Superbe illustration d'un art multiple certes anticipé par les - justement - soixante-huitards, mais avec tellement de grâce, de clins d'oeil et de méchante gentillesse que ce Monsieur est vraiment de notre temps, de ce post-modernisme où il n'y a plus d'avant-garde ni d'artiste maudit.

 

Pour citer le cliché : à consommer sans modération.

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10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 13:34

...c'est bien, mais de la neige avant Noël, c'est pas bien, demandez-le aux Franciliens.

Et, évidemment, il faut des responsables.

Quand les prix montent, c'est les traders, quand ils baissent, c'est les spéculateurs, quand il neige c'est pêle-mêle Météo-France et le délitement du service public, et quand il pleut ou qu'il fait trop froid, c'est le réchauffement - pardon, le dérèglement climatique, qui, à son tour est la faute aux Chinois. Et aux Indiens. Et aux Brésiliens. Et bientôt aux Congolais.

 

Ce qui vient de se passer chez nos voisins correspond bien à une certaine idée que l'on se fait de la France (ce côté rouspéteur institutionnel qui est à la foi admirable et irritant), mais qui est en fait une tendance lourde de notre société.  On nous rebat toujours les oreilles avec la perte des repères, l'individualisme outrancier et tout ce genre de choses en omettant toujours d'indiquer que notre civilisation occidentale est sans qucun doute la plus riche, la plus généreuse, la plus ouverte, la mieux instruite qui ait jamais existé. Pas la plus égalitaire ni la plus pacifique, ça non, encore que. Ni assez riche, ni assez généreuse, ni assez ouverte, je le concède. Elle n'a aucune vocation à être parfaite (si l'on accepte la personnification), et elle s'arroge souvent le droit de donner des leçons ; cependant, à la lecture des wikifuites, il est amusant de remarquer que ce qui devait dans l'esprit de Julian Assange être un brûlôt anti-américain définitif tourne finalement à l'éloge du Département d'État américain pour son pragmatisme et son absence totale d'arrogance à l'égard de ses interlocuteurs.

 

Mais il est sûr que Météo-France doit fournir des prévisions correctes au centimètre près pour la couche de neige et au décamètre près pour l'aire des précipitations, il est certain que l'État doit recruter 25.000 cantonniers pour veiller chaque jour et chaque nuit à déblayer la neige, même si elle ne tombe qu'une fois tous les trente ans, il va de soi que les employeurs ont l'obligation de remettre un guide complet de prévention contre le sida, la variole et la mouche tsé-tsé quand ils envoient leurs employés en Afrique, e cosi via. Pas de risque, pas de responsabilité sauf pour... les responsables, les politiques, qui, du coup, se défilent. On a beaucoup glosé sur les prétendues accointances entre le big pharma et les politique pour leurs commandes excessives de vaccins anti-grippaux ; la réalité est bien plus simple : depuis l'affaire du sang contaminé (notamment, mais pas seulement), ils (les politiques) sont tétanisés à l'idée qu'on puisse les traîner devant les tribunaux pour avoir failli à leur tâche. Ceux qui déposent plainte pour gaspillage des deniers publics auraient évidemment été les premiers à faire un procès s'ils n'avaient pas pu trouver de vaccin, et notre vaillant Georges-Henri Beauthier les aurait assistés dans l'une et l'autre plainte...

 

Pas étonnant alors que les politiques prennent leurs précautions en infantilisant les citoyens, dès lors que ceux-ci se révèlent être des morveux pleurnichards. Vous êtes des gosses ? on vous traitera comme des gosses. Vous voulez des droits 'à' ? on vous retirera des droits 'de'. Ce n'est pas l'individualisme qui fait problème (notre société est incroyablement solidaire), c'est ce petit égoïsme d'enfant gâté.

 

PS : dernier round pour l'affaire KBLux ? La baudruche se dégonfle, il fallait bien voir en face que la présomption de fraude fiscale ne permet pas de passer allègrement au-dessus de la Convention européenne de sauvegarde des Droits de l'Homme... La Cour d'Appel a cruellement mis en lumière la façon dont l'instruction avait été faite uniquement à charge, la malveillance de tout l'appareil répressif, avec un délice à mettre Damien Wigny en prison et de le claironner coram populo. Bien sûr, Ecolo/Groen s'est immédiatement étranglé d'indignation. On sait qu'ils fustigent les lois anti-terroristes et leur application (et je suis assez d'accord avec eux là-dessus) ; on sait aussi qu'ils assimilent la fraude fiscale à du terrorisme en col blanc...

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