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17 janvier 2015 6 17 /01 /janvier /2015 22:22

"Ce film chaleureux et tendre célèbre avec bonheur les plaisirs de la table". C'est ainsi qu Vincent Pinel en parle dans son par ailleurs intéressant "Siècle du cinéma".

Il ne l'a évidemment pas vu, et je ne l'avais pas vu non plus à l'époque, quand j'avais entendu tant de critiques ronronnantes et d'un unanimisme inquiétant.

On l'a lu hier, devant le feu de bois, donc pas dans la salle de projection malgré son format HD (et je dois reconnaître que le Blu-Ray sur grand écran est incomparable). Passage obligé, on nous en avait dit tant de bien ! Il fallait donc le voir, non ?

Et, oui, c'est un très beau film, très fort, très bien construit, vignette après vignette, une trame extrêmement linéaire mais sans vraie construction thématique, un peu comme le tout récent Mr. Turner.

Mais c'est une histoire assassine d'un réalisateur par ailleurs très médiocre, une histoire de la destruction d'au moins trois vies dans le Jutland danois, une histoire d'un pasteur rigide et étouffant qui massacre ses filles, une histoire où une femme se sacrifie par sursaut de dignité, qui concocte un dîner prodigieux pour quelle raison ? Pour faire changer les douze invités - les douze apôtres ? - de leur mode de vie ? Non pas. Certes, une des raides invitées délaisse son verre d'eau pour goûter un Château Margaux (ou autre, peu importe), mais tous sont dans le péché, sauf évidemment le militaire haut gradé qui se souvient des cailles en sarcophage et de son amour irrésolu...

Babette a gagné 10.000 francs, et c'est ce que ça coûte pour douze ans d'expérience dans son restaurant précédent... Mais cela ne représente pas ce qu'elle a investi : elle reste là parce qu'elle en a décidé ainsi.

Revoyez la scène où Papin et une des filles douée pour la musique chantent ensemble "Là ci darem la mano", puis qu'elle demande à son père pasteur d'interrompre les répétitions, et que celui-ci grimace de plaisir en faisant porter la lettre de renonciation au pauvre ténor...

Ce film est éblouissant parce qu'il est une dénonciation mortelle. Ni tendre, ni chaleureux. Glaçant.

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Published by cdc - dans cinéma
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