Humeur et (un peu d') humour
Un petit coup de chapeau à ces pages roses qui ont enchanté mon enfance, les "Locutions latines et etrangères" de belle mémoire ; j'ignore comment je prononçais
dans ma tête tous ces eppur si muove et autres Quos ego !, mais ce devait être de la même manière que le non moins célèbre è pericoloso sporgersi qui évoquait alors les
express filant dans le brouillard vers des destinations mythiques et lointaines.
Donc, ayant ce matin la muse philosophique, j'entendis à la radio un quelconque personnage du monde politique ou syndical reprendre à son compte la fameuse idée du "partage du travail" ; on
revenait au RTT de la charmante Mlle Delors, la fille à papa, celle qui ferait passer Anne-Marie Lizin pour l'archange de la tolérance. On nageait dès lors en plein yaka, sauf que l'actualité
cruelle relate le combat de ces travailleurs français (et belges, mais oui) qui ont un CDI en poche, mais pas d'autres papiers. Ils cotisent pour leur retraite, ils paient des impôts, leurs
charges sociales, tout ça, mais ils n'ont droit à rien. Ah, j'oubliais : c'est pas les bureaucrates de Trublion Ier qui doivent définir quels sont les travaux et métiers accessibles aux
élus de "l'immigration choisie" ? C'est l'Etat qui recrute, pas les chefs d'entreprise, bien sûr... J'ai la mémoire qui flanche.
Elle flanche, mais tout de même pas au point d'oublier que si on veut vraiment "partager le gâteau", alors, les étrangers, RAUS ! Il faut tout de même être logique, que diable, que les
zélateurs du partage s'inscrivent chez Le Pen. Ou alors, qu'ils perdent leurs illusions sur "un gâteau à partager" ; ce n'est pas comme ça que ça marche. La rengaine malthusienne qui interdit aux
retraités les joies du travail rémunéré s'applique tout autant à tous ces étrangers qui viennent manger notre pain ; malheureusement, la petite fabulette de Fernand Raynaud n'a pas été prise au
sérieux, et pourtant, ils sont légion les immigrés qui cuisent notre pain et nous le servent. On voit toujours les acteurs économiques - y compris les immigrés plus ou moins pourvus de papiers -
comme des assistés, comme des cost centers, jamais comme des créateurs de richesse. Et pourtant, eux aussi ils créent, ils consomment, ils produisent - certes dans des zones pas toujours
très claires, mais une société, c'est ça aussi !
Une loi de rénovation économique est en gestation chez nos voisins français - l'une de ses innovations est la possibilité pour les retraités de se mettre à leur compte sans autre prélèvement que
sur les bénéfices éventuels. Si ce gouvernement à la ramasse fait passer une pareille mesure, alors il n'aura pas vécu pour rien, mais j'attends de voir, et surtout j'attends de connaître les
raisons qui feront sans nul doute défiler dans la rue des bataillons d'opposants à la mesure.
Ah oui, on parlait de logique malthusienne, à rapprocher de la "logique comptable" dénoncée par les lycéens français (pas forcément à tort, un comptable n'étant pas le mieux placé pour faire un
business plan). Le problème, c'est qu'ils sont eux-mêmes victimes de la même logique en exigeant plus de sous pour l'enseignment - et il faut reconnaître qu'en France aussi il est en crise aiguë.
Nous, dieu merci, ça va très bien, on a le décret Arena, qui fait aussi bien et aussi fort que le fameux "plan Rosetta" de notre dame de Lorette.
NB : c'est le kanji "bu", non. Mi oppongo ! clama Fantozzi.