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11 mars 2009 3 11 /03 /mars /2009 08:00

Harpie, gueuseDisons que votre fille a neuf ans. Disons qu'elle s'est fait violer, et qu'elle est enceinte. De jumeaux, encore bien ! (vous allez dire que j'exagère). Que faire ?

Mais vous la connaissez, l'histoire. Ça rappelle bien le paterfamilias en redingote, le regard dur, disant au médecin de famille, aussi en redingote mais avec une barbichette à la Napoléon III : "Sauvez l'enfant". En l'occurrence, ici ce serait ambigu, la mère étant un enfant, et les trois seraient plus que probablement morts si on avait décidé d'aller à l'accouchement - ou alors, peut-être qu'une césarienne... Une première, à coup sûr, une césarienne pratiquée sur une enfant de neuf ans !

On en tire certaines leçons, de cette belle histoire. D'abord qu'il est préférable de ne pas être catholique, puisqu'on ne peut dès lors pas être excommunié, mais c'est tout de même un peu court, car "la loi de Dieu est au-dessus de celle des hommes, et quand une loi promulguée par des législateurs humains est contraire à la loi de Dieu, elle n'a aucune valeur", c'est pas moi qui le dis, c'est l'ordure l'archevêque de Recife, Monseigneur José Cardoso Sobrinho, oui, celui-là même qui a excommunié la mère de la gamine. Et l'équipe médicale par la même occasion. Pas le beau-père violeur récidiviste, oh ça non, il sème à tout vent, et le dieu des catholiques aime les ruisseaux de sperme et la reproduction effrénée.

Et cette fois-ci, à la différence du cas Williamson, le Vatican est au courant. Et il approuve la crapule l'archevêque : les jumeaux avaient le droit de vivre, explique benoîtement l'ignoble le cardinal Giovanni Battista Re.

On n'est plus au seizième siècle et l'Eglise ne peut plus remettre les hérétiques au bras séculier pour les tourmenter un petit peu avant de les occire aussi méchamment que possible, grand bien nous fasse, mais il semble que certains soupirent après ce temps béni.

Pour tout dire, j'aime bien Grégoire XVI. Voilà enfin un pape digne de son titre, digne de sa fonction, digne de l'Eglise (majuscule de désambigüation uniquement) catholique (je ne considère pas mieux les autres). Au moins, avec lui on est en terrain connu, loin des chèvre-chouteries d'un Jean XXIII.

Mais bien sûr, tout ce post relève d'un anti-cléricalisme désuet, n'est-ce pas ?

 

 

 

 

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9 mars 2009 1 09 /03 /mars /2009 10:28

Je reconnais ne pas être trop intéressé par les étiquettes, surtout depuis qu'elles doivent être rédigées dans un maximum de langues communautaires (il y en a 21,5 - la moitié étant pour le gaélique qui a un statut un peu différent) et souvent en arabe de surcroît, j'ai la vue qui baisse avec l'âge et je supporte mal de faire mes emplettes avec une loupe. Tout de même, achetant l'autre jour un carton d'oeufs Columbus, je fus frappé par une affichette en gros caractères :


VOUS N'AUREZ
PLUS JAMAIS
PEUR
DES OEUFS

A vrai dire, je n'ai jamais eu vraiment peur des oeufs, moins en tous cas que des croquemitaines ou des goules, et nous revoici donc à l'affichette qui précisait ensuite que les poules Colombus ont une alimentation exclusivement végétale, exactement "comme à l'époque où elles vivaient dans la nature" !

Certes, sauf que les poules que nous connaissons (comme les vaches, les moutons, les chevaux etc.) n'ont jamais vécu dans la nature, qu'elles dérivent d'un volatile originaire d'Asie qui a été domestiqué depuis au moins dix mille ans - les poules "sauvages" d'aujourd'hui sont soit des marrons, soit des croisements, mais toutes ces poules et tous ces coqs sont omnivores, il suffit d'en avoir vu une pendant plus de trois minutes pour se rendre compte qu'elle adore les vers de terre, les insectes, et, paraît-il, un souriceau de temps en temps. Mais évidemment les clients de supermarchés n'ont qu'une idée très approximative de la vie au grand air (*) et prennent pour argent comptant toutes les fariboles débitées par les publicitaires ou les apôtres du naturel.

Et ceci éclaire un peu l'émission entendue samedi midi sur Radio Suisse Romande : le retour des guérisseurs dans les villes.  On y entendait parler de shamanisme et
d'énergies, de druides et de chakras, bref de tout ce salmigondis associé aux vagues idées pétainiste de la Terre qui ne ment pas, et quand je dis pétainiste, il ne faut pas oublier que l'idéologie national-socialiste était plus tendre aux arbres et aux animaux qu'aux hommes (**).  Pas un instant on ne s'étonnait de l'incompatibilité radicale des ces "enseignements" entre eux. Une shamane auto-proclamée parlait des chakras et avait une petite statuette de Bouddha dans son cabinet, tout en admettant qu'elle n'était pas bouddhiste... Mais après tout, quelques heures plus tard France Inter permettait à Patrick Van Cauwelaert de se livrer à ses lubies habituelles (j'ai arrêté avant de l'entendre parler du Saint-Suaire, je n'en pouvais plus).

D'autre part, une alimentation végétarienne, voire végétalienne, n'empêchera pas une poule d'être animale et donc contruite sur base du terrible, de l'effroyable cholestérol, ni ses oeufs d'en contenir, tout comme le caviar, la langouste, le homard etc... Et que leur jaune soit jaune et non orange (cf. l'affichette) ne fait rien à l'affaire.

Cela dit, il y avait une autre émission sur France-Inter, où un ex-clochard (oui, je préfère ce mot aux hypocrites SDF ou sans-abri, ces sans quelque chose, ou mal quelque chose, mal-entendant ou mal-voyant. En voulant être doucereux, on stigmatise encore plus, pouah !) qui expliquait qu'il buvait avant de faire la manche, pour se donner du courage. Ça faisait froid dans le dos.

(*) J'ai connu une jeune - 35 ans - New Yorkaise qui n'avait jamais vu une vache de sa vie.
(**) Non, je ne collectionne pas les points Godwin, je me borne à rappeler ce que tout le monde sait
ou devrait savoir.

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10 février 2009 2 10 /02 /février /2009 08:00
Et voilà-t-y pas que l'OMS a décidé de ne plus accepter que ses employés fument. Rien d'étonnant, direz-vous, il y a plein de compagnies qui ne tolèrent pas que leurs employés fument, d'ailleurs regardez ces petits groupes clopeurs devant chaque entrée de bureau. C'est d'ailleurs une obligation légale, et en ce qui me concerne j'ai même un employeur tellement prévenant qu'il a fait installer un fumoir à chaque étage et une cafétéria spéciale pour fumeurs, la classe, non ?

Vous n'y êtes pas ; ce n'est pas les fumeurs au bureau que l'OMS récuse, c'est les fumeurs tout court. On suppose qu'on fera des tests d'embauche et qu'on enverra des SWAT Teams pour découvrir des cendriers cachés chez les employés de ces délicieuses entreprises.

Si on me demandait mon avis, je ne m'en tiendrais pas là. Ces gens qui ne mangent pas religieusement leurs cinq portions (ça ne veut strictement rien dire, mais c'est la doxa, le dogme, même) de fruits et/ou légumes par jour, qu'en fera-t-on ? Et ceux qui s'obstinent à manger de la viande, dont on sait qu'elle contribue à griller la planète et à l'assécher ? La cuisine au beurre et à la crème fraîche, c'est ancienne cuisine, ringard mais surtout incivique, criminel pour tout dire. D'ailleurs, quiconque n'a pas de vélo est suspect et chacun devrait porter un brassard indiquant son indice pondéral corporel (BMI) ; au-dessus de 40, plus de remboursement de sécurité sociale et une taxe carbone.

On inscrit hypocritement dans les lois l'interdiction de discriminer, mais les efforts vers la norme sont de plus en plus pressants ; les "autonomes ultra-gauchistes terroristes" (enfin de cette "mouvance"...) de Tarnac semblaient surtout coupables d'entretenir des vieux réflexes du type Gardarem lou Larzac, mais peu importe : tout ce joli monde au dépôt ! Et je ne veux pas oublier le néo-puritanisme qui sévit et se développe ! Le petit entrefilet suivant de Chronic'Art en dit long : "La nouvelle est tombée en début de semaine : "Cinérotica", la première encyclopédie française du cinéma érotique et pornographique vendue en kiosques cessera sa parution après son quatrième numéro de février. Si Christophe Bier soulève d'évidentes raisons économiques à cet arrêt : "Les ventes sont insuffisantes pour permettre à l'éditeur d'en poursuivre la publication. Il n'est pas en mesure de prendre le risque de continuer encore sur plusieurs numéros". Il dénonce aussi un "une période de grand retour à l'ordre moral. A coups d'intimidation auprès des kiosquiers, en brandissant l'article 227-24 du code pénal, le nouveau puritanisme entend purger les kiosques et les maisons de la presse de tout ce qui serait susceptible d'être vu ou perçu par un mineur."

A quoi Aymeric me répondait par la citation suivante :

"
Et pour aller davantage encore dans votre sens :
"53% des Européens favorables à des restrictions de libertés dans plusieurs domaines de la sphère privée 39% des Français en faveur d’une campagne contre la consommation d’alcool, seul chez soi."
http://www.experian.fr/base_documentaire/newsletter/vision_printemps07.pdf

On n'a pas fini de rire...
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4 février 2009 3 04 /02 /février /2009 08:00

Le 28 janvier 2009 était la journée européenne de la protection des données, comme personne d'entre vous ne l'ignore ; j'ai assez ricané des journées mondiales pour qu'on se demande d'où vient mon intérêt pour un événement aussi obscur que bureaucratique. Mais c'est que, justement, ce n'est pas vraiment bureaucratique et, pour employer une vieille scie : nous sommes tous concernés. Et ce n'est pas un complot de plus...

La collecte et la circulation des données personnelles ont fait l'objet de la Directive 95/46/CE du Parlement européen et du Conseil, qui a été transposé (en principe) dans les législations de tous les Etats membres. Cette directive limite de manière draconienne - mais réaliste - l'usage qui pourrait être fait des données personnelles ("toute information concernant une personne physique identifiée ou identifiable (personne concernée); est réputée identifiable une personne qui peut être identifiée, directement ou indirectement, notamment par référence à un numéro d'identification ou à un ou plusieurs éléments spécifiques, propres à son identité physique, physiologique, psychique, économique, culturelle ou sociale"), et interdit notamment (sauf exceptions bien définies) : "... le traitement des données à caractère personnel qui révèlent l'origine raciale ou ethnique, les opinions politiques, les convictions religieuses ou philosophiques, l'appartenance syndicale, ainsi que le traitement des données relatives à la santé et à la vie sexuelle".

Fort bien, mais pour reprendre la phraséologie à laquelle je faisais allusion plus haut : ce n'est qu'un début, continuons le combat. Car au même moment où on célébrait cette fameuse journée, le New Scientist faisait paraître les résultats d'une enquête que ses journalistes avaient menée sur les tests de paternité ADN (car la grande majorité des tests d'ADN grand public porte évidemment sur ce terrain). Or, il se fait que le Royaume-Uni est un des rares pays à considérer comme un délit ("criminal offence") la détention de matériau corporel d'un tiers sans son accord explicite, et que les firmes d'analyse qui auraient accepté de se charger d'une telle analyse tombaient également sous le coup de la loi.

Il est indispensable que la Directive 95/46/CE soit perfectionnée et il est urgent que la Commission envisage d'appliquer une législation semblable à la législation anglaise à l'ensemble des Etats membres de l'Union. En effet, il n'y a évidemment pas que les tests de paternité qui posent problème, mais plus généralement n'importe qui pourrait aisément avoir accès à l'ADN de toute personne choisie et en tirer des renseignements personnels, confidentiels, secrets.

Encore une fois, il n'est pas question d'agiter le spectre d'une vaste conspiration, ni de semer l'effroi, mais simplement de se rendre compte qu'il y a un danger potentiel - comme dans le cas des RFID - et qu'il faut y répondre, mais pas dans l'urgence et le cafouillage comme cela arrive trop souvent dès que le législateur se rend compte qu'il pourrait y avoir péril en la demeure.

Car nos sociétés sont un peu écartelées en ce moment ; d'un côté, il y a un regain d'enthousiasme pour l'Etat de Droit (voir l'accouchement - certes pénible - des cours ou tribunaux pénaux internationaux, et des législations de compétence universelle) et une crispation autoritaire des gouvernements dont la France fournit un exemple malheureux - mais c'est loin d'être le seul pays européen à suivre ce sombre chemin. Dérive sécuritaire et... sanitaire ?
(A suivre)

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23 janvier 2009 5 23 /01 /janvier /2009 08:00

La tuerie de Termonde (décrite dans une dépêche comme une "ville néerlandophone", ce qui ne manque pas de piquant)  a causé de graves dommages collatéraux dans ce que je connais de la Presse écrite ou parlée. Car enfin, voilà un acte complètement insensé à première vue, commis par un tout jeune homme qui se réfugie dans un mutisme absolu et dont on ne sait rien, ou pas grand'chose, ce qui n'empêche pas les commentaires de fleurir, les accusations de pleuvoir et les moralistes de tonner.

Ainsi, ce matin à la Retebef, deux psychiatres donnaient leur avis, parlant des "personnalités fragiles" - ce qu'était peut-être, ou pas, le meurtrier. L'un d'entre eux était révolté d'avoir entendu à la radio ou à la TV une émission sur la pauvreté suivie par un clip du genre Devenez millionnaire, gagnez au Loto. "Vous comprenez, entendre deux messages aussi contradictoires, c'est ça la schizophrénie, etc".  Un psychiatre, si si.

Et tous les commentaires sur la rupture du lien social, et la perte des valeurs, et la perte des repères... Ah oui, c'était tellement mieux quand les femmes ne mouftaient pas mais qu'elles mouflaient bien, quand on élevait les gosses à coups de tatanes, quand on allait à la messe en craignant dieu et les gendarmes, quand on ne divorçait pas et qu'on vivait bien sous le contrôle social des voisins et du curé... C'est alors que tout allait bien, pas de tueries, pas d'assassinats, pas de déséquilibrés, enfin si, l'idiot du village, mais on l'aimait bien, il avait la belle vie !

Il est vrai que les enfants, étant devenus une denrée rare, sont de nos jours extraordinairement précieux, et il n'est que de lire
Elisabeth Badinter et surtout Sarah Blaffer Hrdy pour s'en rendre compte. Cela explique évidemment cette curieuse habitude de faire des cortèges - espèces de processions appelées ici "marches blanches" - lorsque des enfants sont victimes de violences ; sans doute par hommage aux familles, mais surtout, comme le disait une bien brave dame au journaliste qui lui demandait les raisons de sa présence : "c'est pour les ptits âfâââ" (oui, c'était en Wallonie).

Il y a aussi les commentaires des lecteurs du Monde, dont voici quelques exemples.

Payer 6 euros pour réagir à une nouvelle aussi triste et révoltante... Le capitalisme a de beaux jours. Pourquoi ne sommes nous plus capables de protéger nos enfants ? Et si peu de gens qui réagissent. Que vaut la vie d'un petit garçon aujourd'hui ? Est-ce une fatalité de considérer que ce genre "d'accident" peut arriver ? Est-ce que cela ne révolte que moi ?

On voit assez mal ce que le capitalisme vient faire ici. Pourquoi pas l'ultralibéralisme, ça ne déparerait pas.  Les guillements autour d'accident relèvent-ils d'une théorie du complot ?

Après la révolte, les gémissements :

Dans quel monde vivons-nous ? Les meurtres et les actes violents se multiplient... Un monde de "ouf", à n'en pas douter. Celui de la "barbarie ordinaire" où la vie des autres n'a plus aucune valeur, où les moindres différends se règlent à coup de surin comme naguère dans le "milieu". "Les civilisations sont mortelles" écrivait Paul Valéry. La nôtre est moribonde. Je suis émue en pensant à l'immense peine, la détresse des parents. Dans ce monde devenu absurde trop de choses vont, font mal.

Pas grand'chose à ajouter... sauf tout de même que ce n'est pas exactement ça qu'a dit Valéry, mais peu importe. Je regrette que cette dame n'ait pas connu certaines époques idylliques, comme le trecento et la Rome de Cola Rienzo, par exemple, ou la Guerre de Trente ans, ou celle de Cent ans. Aujourd'hui, c'est vrai, on balaye tous les jours les cadavres de la nuit et le meurtrier de Termonde a dû régler un petit différend avec quelqu'un de la crèche.

Et puis, ce qui devait immanquablement arriver :

Et la peine de mort, on peut y songer!!! Je suis mère de 4 enfants; 4 adorables petites têtes blondes toujours souriantes... Je compatie complétement à la souffrance des parents. Une intense tristesse me gagne mélangée à la haine, la colère... Pour ma part, je prie la bonne étoile au dessus de mes enfants que cela n'arrive pas; néanmoins si ce cauchemar arrivait, le meurtrier ne verrait pas les barreaux d'une prison (payé par le contribual!!!) [le tout sic]

Assez amusant, ce mot-valise : contribuable et tribunal ! Et elle prie, cette dame, c'est sans doute une bonne chrétienne. Enfin, il est vrai que l'Eglise n'a jamais hésité à manier le fagot ou les fourches patibulaires, sauf que, hypocrisie ultime, elle livrait la victime au bras séculier puisque Ecclesia abhorret a sanguine...

Il semble que ce jeune homme avait également trucidé une septuagénaire. Une marche blanche en perspective ?

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16 décembre 2008 2 16 /12 /décembre /2008 08:00

Buona pulcella fut Thecla, bel avret corps, bellezour anima... (Oui, je sais, c'est la cantilène de Sainte Eulalie que j'ai un peu trafiquée..) Née à Iconium (notre Konya actuelle en Turquie), elle y rencontre l'apôtre Paul et estimmédiatement séduite par le verbe et le prêche de ce rude gaillard. Du coup, elle se convertit, n'a plus d'yeux ni d'oreilles que pour le bon apôtre et décide enfin de ne pas se marier (elle devait bientôt épouser un jeune homme fortuné) afin de consacrer sa vie à Dieu ; il faut dire que Paul lui-même tient de grands discours sur la nécessité de rester chaste et pur(e), ce qui lui vaut de valser en taule, mais peu importe puisque Thecla l'y rejoint et passe la nuit à ses genoux en embrassant ses chaînes... Le fiancé, furieux, ainsi que son ex-future belle-mère, enragée de perdre un aussi beau parti, font fouetter et expulser Paul et condamner la jeune femme à mort : elle sera brûlée vive ! Mais - vous l'avez deviné - elle est aussi incombustible qu'Eulalie et réchappe au bûcher, s'enfuit, va rejoindre son bel apôtre et commence pour elle une vie pleine d'aventures, de bêtes féroces, de condamnations à mort et de sauvetages miraculeux, le tout dans une bonne ambiance de chasteté absolue.

C'est plus rigolo que Bob Morane et ça se trouve dans les
Actes de Paul, dont je vous recommande tout particulièrement la lecture. Bien entendu, c'est un faux, et ça se sait depuis longtemps, mais ça n'a pas empêché Sainte Thècle d'être vénérée pendant des siècles, et même apparemment jusqu'à nos jours dans certaines contrées - on me dit que c'est la sainte patronne de Tarragona, incroyable, non ?

Et, parlant de faux et parlant de Paul, j'aimerais tout de même faire remarquer que la misogynie supposée de Paul est grandement exagérée. On a beaucoup glosé sur son fameux "Que les femmes se taisent dans les assemblées, car il ne leur est pas permis d'y parler" (1Cor.14:34), parallèle à ce qu'il dit dans sa première épître à Timothée "Que la femme écoute l'instruction en silence, etc. etc." (1Tim.2:11-15), il faut le lire pour le croire. Mais justement, il ne faut pas le croire ! Les épîtres à Timothée sont bien évidemment des faux, comme diverses autres lettres attribuées à Paul. D'autre part, toujours dans 1Cor. (tenu pour authentique par la grande majorité des chercheurs), Paul annonce que "Toute femme qui prie ou qui prophétise..." (1Cor.11:5), et il faut savoir qu'à l'époque ces prières et ces prophéties se faisaient à haute voix - donc les femmes pouvaient parler dans les assemblées ! Il y a de grandes chances que le passage l'interdisant est une interpolation ultérieure, car Paul ne craint pas de considérer la femme non comme l'égale de l'homme (il ne faut pas trop demander !), mais comme une personne aussi importante que l'homme en terme de foi, et même de responsabilité dans l'Eglise naissante (Gal.3:28, Rom.16:1,3,6,7,12 etc.).

En fait, on a tellement abusé du cliché "judéo-chrétien" qu'on a fini par croire à cet oxymore. Certes, Jésus était un bon juif, un vrai rabbi (voir l'Evangile de Matthieu, qui le présente dans toute sa judaïté, bien plus que les trois autres) -
certains ont même avancé l'hypothèse qu'il était un zélote, mais cette interprétation n'est plus retenue. Cependant, il saute également aux yeux que le dieu de l'Ancien Testament, dieu des juifs, et même des Juifs, ignoble figure raciste et sanguinaire, est tout de même assez différent de celui dont parle le Nouveau Testament (même si Jésus n'y apparaît nullement comme un personnage sucré, mielleux et bon, bon, bon et doux, doux, doux...). Marcion le dit ouvertement - mais Marcion était hérétique. Jésus lui-même, par contre, ne craint pas d'ébranler le dogme dans son Sermon sur la Montagne, où il soutient que certains des Dix Commandements doivent être sinon abrogés, du moins interprétés - et il interdit le divorce, contre Moïse ! 

Les Juifs de l'époque n'étaient certes pas exempts de machisme (pour le dire modérément), mais les femmes ne jouent nullement un rôle négligeable dans leurs croyances - on pense bien évidemment à Esther et au Pourim, qui, s'il n'est pas la fête la plus sacrée est certainement une des plus populaires. Il y en a bien d'autres, de femmes, dans l'Ancien Testament, et bien peu dans le Nouveau, à deux exceptions près : Marie (la maman) et Marie de Magdala, dont les démêlés avec Jésus ont fait l'objet d'un nombre incalculable de livres depuis les premières années du christianisme jusqu'à nos jours (oui,
vous avez deviné). Et c'est la maman qui a pris une importance considérable dans le catholicisme, Mater Dolorosa et tout le bazar (figurez-vous qu'il existe une école primaire à Bruxelles qui s'appelle Notre-Dame des Sept Douleurs. Vous imaginez le pauvre gosse qui arrive là pour son premier jour d'école ? A s'enfuir, oui !). Oh, il y a bien un beau cortège de Saintes Ceci ou Saintes Cela, mais à vrai dire elles valent surtout par les abominables tortures qui leur ont été infligées - l'Eglise du sadisme, plus encore que du dolorisme.

Pourquoi diable l'image des femmes s'est-elle tant dégradée à mesure que le christianisme se séparait du judaïsme ? Norbert Rouland a
émis l'hypothèse que l'épouvantable misogynie romaine était le réel terreau dont était issue la misogynie chrétienne (et plus précisément catholique, au risque de faire un anachronisme). Séduisante hypothèse, mais il faut bien reconnaître que les femmes romaines de l'Empire n'étaient plus celles de l'époque de Caton l'Ancien, leur condition s'étant considérablement améliorée.

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19 octobre 2008 7 19 /10 /octobre /2008 19:40
Oui, ça fait un peu carabinier d'Offenbach, mais tant pis. J'ai lu et entendu tant d'âneries à ce sujet qu'après tout, une de plus...

En 1969, un match de football entre le Honduras et le Salvador a été le déclencheur d'une courte guerre entre les deux pays. Bien sûr, le football en tant que tel n'était que le prétexte à cette guerre, nourrie pas des tensions sociales et politiques, mais c'était l'occasion rêvée pour les Salvadorien de tabasser les supporters honduriens (et d'en occire quelques-uns).

Chacun sait ou devrait savoir qu'il est courant en Amérique latine et en Afrique que les spectateurs d'un bord huent et conspuent, sifflent et raillent les symboles de l'adversaire, hymne ou drapeau. Il paraît que c'est moins fréquent en Europe, je veux bien le croire, mais enfin, après tout le but dans chaque continent est bien d'écraser l'adversaire, de lui flanquer une raclée, etc. ; il suffit d'entendre le vocabulaire sportif pour constater son allure militaire, ou de voir la bouille des commentateurs pour en apprécier le beau menton martial. Après le match, d'ailleurs, les décérébrés éthyliques se répandent dans la ville pour retrouver les ennemis et les rosser à coups de manches de pioches ou de barres de fer, les deux écoles ayant leurs adeptes.

Je ne ris plus quand j'entends parler de la grande valeur du sport pour fédérer, pour rassembler et autres balivernes, sport étant ici entendu en gros comme synonyme de football. C'est un sport de brutes où se manifestent racisme, chauvinisme, particularisme et esprit de clan à un point inimaginable. Evidemment, quand un éducateur de rues tient pareil discours, il n'est pas dupe, et nous non plus, c'est du langage codé pour dire "ils vont se taper sur la gueule entre eux, comme ça ils n'auront plus envie de foutre le feu aux bagnoles".

Tout de même, un petit bémol. Les pleureuses archangéliques qui acceptent tout des "défavorisés", ça m'agace profondément. Mais comme je l'ai déjà dit, c'est un peu facile aussi de faire réciter "Nos ancêtres les Gaulois" à Mamadou et à Mokhtar, puis à flanquer leur CV à la corbeille sans lire plus loin que leur patronyme. Et on s'étonne qu'ils soient bien peu républicains... A propos, je note que pour certains, être républicain, ça veut dire se mettre au garde à vous, la narine frémissante et l'oeil humide lorsqu'on fait couler le sank'impur des salopards d'en face (comme au football, quoi). Ce sont sans doute les mêmes qui s'esclaffent ou s'indignent du patriotisme assez sordide des Amerloques. Mais il est vrai que j'ai la chance de vivre en Belgique, où la Brabançonne fait plutôt l'effet d'une blague, étant même confondue avec la Marseillaise par un de nos premiers ministres.

Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part...
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12 septembre 2008 5 12 /09 /septembre /2008 12:59
Qu'est-ce qu'ils peuvent bien projeter, ces deux-là ? Rétablir la messe en latin ? Etablir un concordat ? Rechristianiser la France ? Passer la soirée au Crazy Horse ?

N'ayant pas subi l'enseignement catholique, je ne suis pas spécialement anti-clérical ; j'aime beaucoup fréquenter les églises (surtout en Italie) et il m'arrive même d'assister à l'une ou l'autre messe (surtout des messes de requiem, hélas hélas, on ne rajeunit pas, mais à l'occasion aussi une messe de mariage pour bien me rappeler que nous ne sommes pas sur Terre pour rigoler : je me souviendrai longtemps de ce mariage à Blois, interminable  ! Et j'avais derrière moi un officier en grand uniforme qui chantait très faux et très fort, un vrai supplice). Je le dirai tout net : c'était mieux en latin, et avec un véritable maître-autel, pas un de ces bricolages "modernes", trois planches de mérisier assemblées par un cadre de fer forgé dégueu, comme on les voyait déjà dans les dessins de Cabu des années '70. C'est un lieu commun, mais tant pis, je le répéterai : au moins en latin soit on ne comprenait pas, soit on rafraîchissait son latin, tandis qu'en français on ne peut qu'être consterné par la stupidité des dialogues et choqué par ce tutoyement constant.

Donc, s'ils complotent pour rétablir le latin, ce n'est pas moi qui vais protester. De toutes façons, les querelles internes des fidéistes me laissent de glace, et je ne vois pas pourquoi on devrait se scandaliser de la prière pour la christianisation des Juifs dès lors que je sais de source sûre qu'il y a des gens qui prient pour ma conversion (et celle de tous les athées de manière plus générale). Après tout, pour Armageddon, il faut mobiliser tous les bataillons. Que ça fâche les rabbins, sans doute, mais je n'ai pas plus (ni moins) de respect pour les rabbins que pour les curés.

Ce qui me fait bien rigoler, ce sont les quelques personnes (suivez mon regard) qui s'étranglent d'indignation que Vibrion 1er ait invité Benoît, mais qui, il y a quelques mois, se scandalisaient que le Monarque ne daignât pas recevoir le gentil Tenzin Gyatso...

Pour ce qui est du concordat ou de la rechristianisation de la France, malgré les frémissements de narine d'Histrion 1er, j'ai tout de même de grands doutes, mais aussi quelques inquiétudes. Sans doute le Benoît est-il un fameux réactionnaire et comme tel ne se fait une image de marque qu'auprès d'un quarteron de traditionalistes, mais on sait que notre belle jeunesse, après quatre décennies de soixante-huitardisme et l'implosion du communisme, se retrouve-t-elle orpheline de belles causes à défendre et de valeurs spirituelles à arborer ; les baleines, c'est pour les babas cool, le crétin de panda est déjà oublié et le discours écolo finit par s'incarner dans l'achat d'une bicyclette. Non, il leur faut plus ; serait-ce la modernité de Sarko mâtinée du prestige papal ? Et quand on entend le pape s'interroger sur le sort de la laïcité, bien sûr c'est sutor, ne ultra crepidam, mais ça me reste un peu en travers de la gorge. Ajoutez à cela l'affaire Guzzanti, et on est en droit de s'en faire.

Quant au Crazy Horse, c'est d'un vulgaire !...

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11 septembre 2008 4 11 /09 /septembre /2008 07:00

C'est tout bête, on s'enthousiasme - en l'occurrence pour le LHC - mais on ne se pose pas les vraies questions. Hier midi, évidemment, les journalistes de la RTBF ont convoqué une physicienne et l'ont sommée de révéler comment un monument aussi coûteux allait pouvoir se justifier en termes d'applications pratiques. Elle n'était pas ingénieur, elle ne savait pas trop, alors on lui a demandé s'il ne serait pas préférable d'allouer les quelques milliards d'Euros que ça avait coûté à la recherche médicale. Aujourd'hui, c'est "la faim dans le monde". Demain ce sera sans doute la lutte contre les SIDA et dans une semaine la reforestation ou les éléphants.


C'est vrai, tout de même, tout ce bon lait qui est mauvais, tout ce bel argent qui aurait pu servir à tant de choses et qu'on claque à des projets ridicules, non mais, la "particule de Dieu" comme ils disent, et puis quoi encore ! Qu'est ce qu'on s'en fiche de savoir si le modèle standard est correct ou pas ? D'ailleurs, y vont finir par faire des tout petits trous noirs qui vont bouffer notre galaxie, ces apprentis sorciers ! Heureusement qu'il y a des gens sensés qui veulent faire arrêter la machine par les tribunaux ! C'est comme tout ce fric qu'ils dépensent pour envoyer des fusées un peu partout, irresponsable !

Ah non, c'est vrai ! Enfin, c'est pas vrai, toutes ces histoires de fusées, c'est de la blague, vous ne croyez tout de même pas que les Amerloques aient réellement mis pied sur la Lune, tout ça, c'est des effets spéciaux et du pipeau (mot clef). J'ai un neveu qui est de cette persuasion, comme on dit si joliment en anglais pour parler de la religion, et il ne fait pas dans la dentelle : tout, je dis bien tout est truqué, mensonger, faux ! Si ça paraît dans les journaux, c'est de la blague ! Seuls sont fiables les réseaux du Net qui rassemblent les chasseurs de complots. Je suppose que ça a commencé avec Lincoln (pas sur le Net, évidemment !), mais ça a vraiment atteint sa vitesse de croisière avec l'assassinat de Kennedy (enfin les assassinats des Kennedy). Le rapport Warren avait beau avoir été rédigé sous la direction d'un homme parfaitement intègre et admirable, il souleva la méfiance, le mépris et l'hilarité générale ; Dario Fo s'en inspira pour faire une farce particulièrement réjouissante où les sataniques rouages de la perverse Amérique étaient mis au grand jour. C'est vrai que c'est pas chez les petits copains de Fo qu'une pareille rigolade aurait pu se produire, vous imaginez, une Cour suprême et une commission d'enquête en URSS ? Allons donc.

Et en cet anniversaire du 9/11, il va de soi que c'est la CIA, le FBI, le Secret Service, le KKK (ah non, peut-être pas puisque le Mossad est le commanditaire) et Wal Mart qui ont opéré toute l'affaire, et tous les Juifs qui travaillaient dans les Twin Towers ont été prévenus la veille de ne pas venir au travail, sisi, c'est tout à fait vrai. Et tous les noms à consonance juive des victimes, tels qu'on peut les lire à Ground Zero, c'est du pipeau.

Ben voyons.

Si vous n'avez rien d'autre à faire un jour, allez voir ici, c'est assez amusant. Celui-là n'est pas mal non plus. Pour une liste plus complète de tous les complots, il y a bien sûr l'inégalable Snopes.

Cela dit, inutile d'argumenter avec un chasseur de complots. Autant essayer de convertir un Témoin de Jéhovah.

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30 juillet 2008 3 30 /07 /juillet /2008 07:00


Oui, je l'avais déjà mise, mais je la trouve marrante.

Or donc, voici qu'un article du Monde nous révèle que les actionnaires de Charlie Hebdo se sont partagé la jolie somme de 825.000 euros en 2006, année un peu exceptionnelle tout de même, puisqu'elle correspond aux fameuses caricatures et que ce seul numéro s'était vendu à 500.000 exemplaires.

Je suis scandalisé. Comment, ces gens-là gagnent donc de l'argent ? Il ne sont donc pas les crève-la-faim que tout artiste - surtout militant - se doit d'être ? "Quand je pense que j'ai acheté un exemplaire pour les soutenir" se plaint un lecteur. Il a raison, c'est une honte : ils auraient dû assumer personnellement, sur leurs biens propres, tous les frais du procès et les amendes par-dessus le marché. D'ailleurs, Plantu a eu parfaitement raison de caricaturer Val comme un
nazillon - c'est très subtil, très digne et très intelligent.

Il y a tout de même une hic, une toute petite contradiction quelque part. Non pas chez Val ou Cabu, mais déjà un peu plus chez Nicole Blondeaux, la veuve de Gébé - vous savez, celui qui a écrit l'An 01, l'utopie où l'argent n'existait plus et où tout le monde portait le même petit chapeau à la con ridicule. Certes, Madame Blondeaux n'est nullement obligée de partager toutes les phobies de Gébé, mais il y a peut-être un peu de cette réserve qui lui fait dire que ce n'est plus comme avant (encore que ce ne soit que pure hypothèse, puisqu'elle n'a plus de rapports avec l'équipe, selon ses propres dires).

Je veux surtout parler de Bernard Maris, l'inénarrable économiste-sic qui pond billet après billet pour démonter tous les rouages du Capital, pour montrer preuves à l'appui que le capitalisme s'auto-détruit, que ses contradictions (celles du capitalisme, pas les siennes propres) entraîneront sa disparition et qu'enfin sur ses ruines vont resplendir une aube nouvelle et des lendemains qui chantent grâce aux plans quinquennaux qui ont si bien fonctionné en URSS, en Corée du Nord, à Cuba, en Roumanie, etc., ces vraies démocraties, par rapport auxquelles les nôtres - qui ne sont selon le mot méprisant d'Alain Badiou, que "le pouvoir d'une maigre oligarchie de dirigeants d'entreprise, de détenteurs de capitaux, de politiciens consensuels et de stars médiatiques" - ne font pas le poids. Bah, après tout M. Maris, en empochant ses 110.000 euros, se disait sans doute qu'il plantait un clou supplémentaire dans le cercueil du capitalisme ; ou peut-être qu'il a tout versé au Secours Rouge International. Ou au PCF, qui en a rudement besoin pour payer sa note aux soins intensifs.

Oh, ce n'est pas le seul Bernard Maris à nous seriner la leçon de la catastrophe, c'est même une spécialité d'Attac et du Monde Diplomatique, et depuis longtemps encore, bien avant ces sycophantes castristes de Ramonet et Cassen : lorsque le journal était encore Catho de Gauche, avec Claude Julien à la barre, il n'arrêtait pas de prophétiser sur les cataclysmes qui attendaient le Capital, et ce depuis la faillite d'une certaine Chemical Bank si j'ai bonne mémoire. Claude Julien, par ailleurs un homme charmant et généreux (j'ai pu le rencontrer deux ou trois fois), avait une fixette en tête et n'en démordait pas. Il faut lire ses éditos de '87, lors du mini-krach ! C'était fini, la Bourse, terminé ! Le système financier mondial, foutu ! Relisez, si vous croyez que j'exagère. Et à chaque fois que la Bourse a le hoquet, c'est reparti dans le Diplo. Et chaque fois "ah oui, mais cette fois-ci, c'est différent". Les subprimes, c'est différent. Cette fois, c'est tout le système mondialiste, l'argent fou, qui va s'écrouler.

Oui, comme le fameux bug de l'an 2000, The End Of The World as We Know It, ça vous rappelle quelque chose ?

Eh bien, ne craignez plus rien, c'est officiel : les experts du Future of Humanity Institute (si, si, ça existe ! et c'est même un prestigieux institut de la non moins prestigieuse université d'Oxford) ont établi qu'il n'y avait pas de catastrophe prévisible en vue. Donc, un terrorisme avec des bombes A sales, ou une attaque de virus genre Ebola, pas de problèmes. Même les dangers d'astéroïdes frappant la Terre sont négligeables, demandez-le aux dinosaures. Les seuls doutes qui restent concernent les nano-technologies et l'Intelligence Artificielle ; quand on voit ce que cette dernière a produit depuis tant de décennies, on peut rester sceptique... Et pour ce qui est des nanotechnologies, en l'état actuel des choses, on ne peut rien en dire, sinon rêver au fameux grey goo, mais c'est comme parler de réanimation en lisant Frankenstein. Evidemment, ça ne va pas tout-à-fait dans l'air du temps, catastrophiste à souhait, mais enfin ce genre d'attitude ne date pas d'hier. Piove, governo ladro hier, y'a plus de saisons, c'est la faute au réchauffement climatique aujourd'hui (ah mais, dans les années '50 c'était les bombes atomiques, certains s'en souviendront...).

Heu-reux.

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