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28 juin 2010 1 28 /06 /juin /2010 12:57

En 1854, répondant à la proposition du Gouverneur de Washington de lui acheter son territoire pour le compte du Président F. Pierce, le grand chef Seattle de la tribu des Duwamish lui tint ce noble langage :

 

"Acheter ou vendre le ciel ? La terre ? Cette idée nous semble étrange [...] Chaque parcelle de cette terre est sacrée pour mon peuple. Chaque aiguille de pin étincelante, chaque rivage sablonneux, chaque brume dans la sombre forêt, chaque prairie, chaque insecte bruissant, tous sont sacrés dans la mémoire de mon peuple [...] Apprendrez-vous à vos enfants ce que nous avons appris aux nôtres ? Que la Terre est notre mère ? Ce qui arrive à la Terre arrive à tous ses fils. Celà nous le savons : la Terre n'appartient pas à l'Homme, c'est l'Homme qui appartient à la Terre" etc. etc.

 

C'est évidemment le bon Al Gore qui rapporte cette touchante anecdote dans son livre Earth in the Balance, ajoutant que cela "montre le riche tissu d'idées sur notre relation avec la Terre qui se retrouve dans les religions des Amérindiens". Voilà ce que ne désavoueraint pas les deep ecologists, ni même le Pape ou le Prince Charles ; pour eux, bien évidemment, ce qu'ils appellent l'écologie est effectivement une sorte de religion, une mystique, une ascèse. Et donc, le retour du mythe du bon sauvage, de l'Indien écolo, en harmonie avec la Nature, la Terre qui ne saurait mentir, n'est-ce pas...

 

Simplement, personne ne sait ce qu'a dit le Grand Chef Seattle, à part un texte trente ans plus tard relatant ses remerciements au Grand Chef Blanc pour sa générosité. Le discours tel que relaté dans le livre d'Al Gore a été entièrement inventé pour les besoins d'un téléfilm de 1971 par un certain Ted Perry, storywriter de son état. Une fois de plus, notre piteux prix Nobel commet une bourde ou un faux, mais ce ne saurait nous étonner quand on a vu son film et qu'on lit ses aventures en général, et notamment sur le très amusant http://minnesotansforglobalwarming.com/

 

Bien entendu, tout cela ramène au livre de Shepard Krech, The Ecological Indian, évidemment non traduit en français, qui montre bien que l'Amérindien était parfaitement comparable à tout être humain sur la planète, capable d'adaptation et de destruction à la fois, pratiquant la surchasse et la surpêche aussi joyeusement que n'importe qui n'importe où ailleurs dans le monde, comme les Maoris, les Pascuans ou les Européens.

 

Curieusement, le livre de Krech (qui date de 2000) a éveillé les passions, fait paraître des réfutations et même toute une série de conférences y consacrées ; mais quand je parle de réfutations, il ne s'agit évidemment pas de réfutations factuelles, car le livre n'est pas polémique et contient assez peu d'hypothèses discutables ou réinterprétables. Non, ce qui est en cause, c'est la symbolique de la chose : il est scandaleux de vouloir ternir l'image du bon Indien, bon berger, bon steward de la Nature, etc. Le "raisonnement" est simple : non seulement vous avez commis un massacre, un ethnocide des Indiens, mais maintenant, vous voudriez encore leur arracher les derniers lambeaux de leur noble image. Un autre, qui a ses partisans, consiste à "ne pas désespérer Billancourt", à prouver qu'il est possible de retrouver la pureté préadamite puisqu'elle est présente chez ces peuplades admirables (enfin, chez certaines, puisque le navet total que fut Danse avec les loups nous en présente une - les Pawnee - qui est parfaitement ignoble, traîtresse et sanguinaire, collabo par ailleurs et dont la langue est hideuse, sifflante et pleine de râclements de gorge).

 

C'était notre rubrique "On ment, on triche, mais c'est pour une noble cause".

 

Via Matt Ridley

 

 

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23 juin 2010 3 23 /06 /juin /2010 10:26

Voilà une expression des plus misérabilistes et qui nous ramène au XIXe siècle, à Semmelweis et tout ça. Il est vrai que ce genre d'accident est rare, très rare chez nous, mais il n'en est pas du tout de même dans les pays pauvres où la mortalité des mères durant la grossesse ou en périnatalité est un réel fléau ; j'en sais un peu grâce à une amie gynéco qui a fait plusieurs longs séjours en Afrique et en Afghanistan pour Médecins du Monde et qui en a rapporté des souvenirs assez épouvantables.

 

Mais voilà, les pays pauvres s'enrichissent, les conditions sanitaires s'améliorent (en général) et le nombre de "morts maternelles", après avoir longtemps stagné, a fortement diminué depuis le début de cette décennie, suivant une recherche publiée dans The Lancet et reprise par le New York Times, la courbe publiée étant reprise ici :

 

Fort bien, direz-vous, nous pouvons nous en réjouir. Sans doute, mais ce qui est moins réjouissant, c'est que l'éditeur du Lancet a subi d'assez fortes pressions pour ne pas publier rapidement son article ; des militants de la cause craignaient que les bonnes nouvelles allaient diminuer les dons, et accessoirement, peut-être obliger à annuler ou chambouler certains symposiums sur le sujet, comme une réunion des Nations Unies la semaine suivante, une autre devant se tenir à Washington en juin - très importante car on y espère la venue et la contribution de Hillary Rodham Clinton, etc. etc.

 

Réaction de militants, d'activistes, réaction classique. Réaction stupide, évidemment, en tant que donateur ou participant, je ne vois pas pourquoi continuer à m'impliquer dans une cause perdue ; si on enregistre des progrès, tant mieux ! Réaction scandaleuse, aussi, car de quel droit ces militants empêchent-ils la diffusion d'une information aussi importante ? Non, la cause leur appartient et ils espèrent décider de ce qui doit ou ne doit pas être su.

 

Mais après tout, c'est assez logique : je ne connais qu'une seule ONG (à vrai dire très petite) qui se soit sabordée lorsque ses buts avaient été atteints. Quel intérêt aurait GreenPeace ou FoE à minorer l'importance de son combat ? S'imaginer que les ONG sont de pures constructions chevaleresques comme Pippo il Veritiero, debellatore della menzogna, des parangons de vertu attachés seulement à la Vérité et à la lutte contre le Mal, non, tout de même... et pourtant, c'est bien ce qui semble être établi pour pas mal de gens qui, sondage après sondage, ont plus confiance dans les ONG que dans la Justice, la Police et les Politiciens, tous avec une majuscule, encore.

 

C'était notre rubrique "J'ai une bonne nouvelle et une mauvaise nouvelle".

 

Via Matt Ridley

 

 

 

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26 mai 2010 3 26 /05 /mai /2010 11:33

Il est paru récemment dans le New Scientist un petit dossier relativement intéressant sur The Age of Denial, le temps du déni, passant en revue les diverses théories du complot ou refus de l'évidence scientifique, comme l'Intelligent Design, le découplage VIH/SIDA, le 11 septembre, la vaccination en général et en particulier dans le cas de la grippe A(H1N1), etc. Et, dans l'etc, il y a, vous l'aurez compris, le réchauffement climatique global, du moins pour Debora MacKenzie, que j'ai connue mieux inspirée ; en vrai bon sceptique, Michael Shermer ne s'associe pas à ce point de vue : " Croyez-vous au RCG ? Répondez par tout sauf un oui franc et massif et vous risquez d'être catalogué comme un négationniste climatique, dans le même sac qu'un révisionniste de la Shoah ou un négationniste de l'Evolution". Et cependant, je le répète, Shermer est plutôt un convaincu (en l'occurrence un converti, mais visiblement pas un de ces convertis enragés).

 

On se souvient du fameux "trou dans la couche d'ozone" qui a tant défrayé la chronique il y a quelques décennies ; la science semblait bonne (elle le semble moins aujourd'hui), c'était de la chimie assez élémentaire et une connaissance rudimentaire de la stratosphère qui permettait de modéliser la chose et même d'expérimenter. Il ne fallait pas chercher bien loin l'origine principale des halogènes présents là-haut, puisque les CFC étaient déversés sans parcimonie dans l'atmosphère, et donc, le Protocole de Montréal n'a pas soulevé beaucoup d'opposition - je ne me souviens que de celle d'Haroun Tazieff qui prétendait mordicus que tout cela était un coup monté par duPont pour vendre de nouveaux gaz propulseurs, les fréons étant tombés dans le domaine public. Il est vrai qu'il parlait totalement en-dehors de son domaine de compétence et qu'il avait parfois tendance à la complotite... Je reconnais sans remords aussi avoir lutté à l'époque contre cette expression ridicule de "trou dans la couche d'ozone", mais je me faisais regarder de travers, comme encore maintenant lorsque j'essaye d'expliquer qu'il n'y a pas de "bon" ou de "mauvais" cholestérol.

 

Aussi les premières rumeurs sur le RCG ne m'ont pas surpris, il n'y avait pas de raison de mettre en doute la réalité d'un phénomène par ailleurs bien établi, le fameux effet de serre. J'étais cependant assez surpris de cet unanimisme soudain, de ce suivisme immédiat à ce qui n'étaient tout de même que des suspicions, même si elles émanaient de noms reconnus, mais immédiatement happées par les catastrophistes habituels, Greenpeace, WWF, FOE et tous les zécolos de service, ceux-là mêmes que Bjorn Lomborg avait épinglés dans son célèbre Skeptical Environmentalist (on avait essayé de le lui faire payer cher, d'ailleurs). Mieux vaut nulle science qu'un peu, dit-on, mais mieux vaut encore une bonne quantité. Le processus de Kyoto étant de toute évidence un spectacle de bateleurs cherchant à montrer leur musculation en ne l'exerçant pas, il valait tout de même la peine de se pencher d'un peu plus près sur la chose, d'autant que la plupart des catastrophes annoncées l'étaient dans un délai somme toute assez long ; étant donné les marges d'incertitude qu'on pouvait deviner, prendre des mesures draconiennes pour ce qui pourrait peut-être bien arriver dans un siècle méritait d'être au moins discuté. Inutile de le faire en Europe francophone, la cause est entendue et le moindre doute immédiatement taxé de la plus absolue méchanceté, mépris de l'humanité et mauvaise foi. Les bouledogues montent la garde. Aux Etats-Unis, par contre, la discussion était beaucoup plus vive, mais hélas plus polarisée aussi. Républicains contre Démocrates, liberals contre (ultra-)libéraux, il y avait un jeu politique et, c'est évident, l'influence de puissants lobbies - notamment ceux qu'on oublie un peu trop souvent, tout au plaisir de citer les pétroliers : le WWF, Greenpeace, le Sierra Club, qui disposent de fonds considérables, mais également d'autres acteurs qu'on suspecterait d'être dans le camp adverse.

 

Le film d'Al Gore fut le commencement du début. C'était tellement gros, tellement Barnumesque, tellement faux, avec des ruses de gamin, graphiques trafiqués et petites histoires familiales, que j'ai décidé d'aller voir d'un peu plus près. Par la suite, les Arthus-Bertrand et autres Hulot n'ont pu que me conforter dans ma méfiance ; je dis méfiance car je pense finalement qu'en cette matière, il reste de très sérieux doutes sur la science qu'on nous brandit et sur les voix de tonnerre qui nous annoncent : "la messe est dite !".

 

Car, enfin, où se situe finalement l'arrogance et la mauvaise foi ? Lorsque Hansen/Mann et leur RealClimate blog foudroient les hésitants, ou pire, les contradicteurs, en les traitant de vendus aux intérêts du Grand Capital, ou lorsque Pierrehumbert accuse Courtillot d'être le "truand" (the Ugly) du film de Sergio Leone, qui est le négationniste ? Je ne suis pas naïf au point d'imaginer que les scientifiques sont des gentilshommes qui se font des grâces et se piquent de courtoisie ; c'est une rude besogne où les sarcasmes, voire les insultes, peuvent pleuvoir. Le problème, ici, est compliqué par le fait que les gens du GIEC semblent se sentir investis d'une sorte de messianisme qui leur fait voir leurs adversaires comme des suppôts de Satan (quand je parle des gens du GIEC, c'est de ceux du WG1 qu'il s'agit. Les autres me semblent un tout petit peu des ectoplasmes à usage politique).

 

Il existe nombre de blogs très sérieux sur le sujet, alimentés par des scientifiques de grande qualité ; il en est d'autres plus virulents ou polémiques, voire franchement drôles, comme l'inénarrable Minnesotans For Global Warming. On se rend bien compte en les suivant que la messe est loin d'être dite, mais qu'il s'agit bien d'une messe. D'un côté, les physiciens, les praticiens, ceux qui ont une connaissance plutôt pratique des choses, de l'autre les théoriciens, les modeleurs, physiciens aussi, bien sûr, mais d'un autre type de physique : voilà en gros l'opposition des scientifiques, un peu Bill Gray contre Kerry Emanuel. Et puis, les politiques : les interventionnistes et étatistes d'un côté, de l'autre ceux qui se méfient de l'usurpation des pouvoirs par des bureaucraties avides. Quand on voit la Commission européenne réclamer à tue-tête que ses Etats se fassent hara-kiri et montrent la voie au Monde médusé par tant de grandeur et de noblesse, puis évidemment se faire jeter comme une malpropre du cénacle réunissant USA, Brésil, Inde, Russie et Chine à Copenhague, on a des doutes. Dans Le Monde de ce jour je lis que l'Allemagne regimbe au suicide ; intéressant, l'Allemagne, si elle a inscrit l'interdiction du déficit dans sa Constitution (absurdité à mon avis), ne l'a pas fait pour le principe de précaution et elle a eu mille fois raison.

 

Pour résumer, il n'est pas impossible que le RCG anthropogénique existe, mais c'est très loin d'être assuré. Les modèles climatiques sont très peu fiables, les mesures également, et tout particulièrement les proxies du genre courbe de Mann. Tirer des conclusions et prôner des politiques aux effets au moins aussi dévastateurs pour l'humanité que les catastrophes parfaitement virtuelles annoncées par les prophètes de malheur du WG2 me semble pour le moins prématuré. Il faut aussi savoir qu'il existe des lobbies particulièrement actifs dans tous les camps, et particulièrement dans le domaine des énergies alternatives et de la géo-ingéniérie - y compris la séquestration du dioxyde de carbone. Il n'est pas vrai que la maison brûle, il ne faut pas écouter les fauteurs de terreur au prix de la démocratie. Il n'est pas vrai que pour la Presse - scientifique ou autre - donner la parole à Pielke, à McIntyre ou à Lindzen c'est la même chose que de la donner à un adepte de l'ID.

 

Si j'ai parlé de moi, c'est simplement parce que je pense que mon itinéraire devrait être celui qu'on nous a toujours enseigné de suivre, celui d'un honnête homme, et je pense que de plus en plus de gens ont les mêmes doutes que moi. Mais il ne fait pas bon exprimer ses doutes hic et nunc, vous passez illico pour un fieffé facho en Europe et pour un vendu aux USA. Bah, tant pis, le plus regrettable dans toute cette affaire, c'est qu'on finit par succomber à la dissonance cognitive et qu'on ne lit même plus ses contradicteurs, ce qui est une funeste erreur.

 

 

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19 avril 2010 1 19 /04 /avril /2010 09:39

Non, les avions "cloués au sol" selon l'infatigable cliché journalistique, ce n'est pas dû au stupide Principe de Précaution, pas plus que les milliards dépensés en pure perte (enfin, pas pour tout le monde) pour les vaccins AH1N1. Le "principe de précaution" est bien plus insidieux : n'assistez pas une personne en danger s'il y a le moindre danger (même potentiel) à l'assister. Si quelqu'un se plaint de la migraine, ne lui proposez pas une aspirine, vous enfreindriez le Principe, car l'acide acétylsalycilique peut se révéler toxique. L'eau aussi d'ailleurs : choc hydrique ! Et ne croyez pas que j'exagère, il suffit de voir les réactions des anti-OGM et des anti-nanotechnologies qui se drapent dans le Principe pour interdire jusqu'aux essais desdites technologies. Chichi et consorts ont fourni de belles munitions à ces frénétiques... Ou cette invraisemblable histoire de pompiers écossais qui ont laissé périr une victime d'un accident plutôt que d'appliquer une manoeuvre de sécurité autorisée seulement pour les professionnels du feu et non pour le public...

 

Non, clairement nous avons affaire ici à une dérive de l'hystérie sécuritaire, celle-là même que les partis de gauche de tous les pays stigmatisent hautement - mais curieusement, pas cette fois. La phrase-litanie "le risque zéro n'existe pas" est reprise en choeur mais en reste au niveau des platitudes sans qu'on en tire les conséquences pratiques.

 

La Commission européenne (et l'Europe en général) est devenue une machine à gémir et à trembler, prête à tout pour se rendre aussi modeste, effacée, gentille et tout et tout que possible - à part pour son objectif de Lisbonne, "retenez-moi ou je fais un malheur" qui fait rigoler le monde entier. Evidemment, les prises de position et le cadre légal minimaux de la Commission sur les OGM ou le "dérèglement" climatique (c'est le bon dieu qui l'a réglé ?) par exemple sont encore beaucoup trop pour les Zécolos suprêmes, ceux qui se réjouissent ouvertement de la fermeture de l'espace aérien européen, qui leur permet enfin d'entendre gazouiller les ptits oiseaux (je jure que je n'exagère pas ! je l'ai entendu !) ; par ailleurs se réjouir que les avions ne crachent plus leur CO2 fait un peu l'impasse sur les millions de tonnes expulsées par le joyeux jöküll (ah, ça rappelle le Voyage au Centre de la Terre de mon enfance). Se rengorger sur le "la Nature est plus forte que l'Homme" est un exercice de vacuité intellectuelle totale ; ça va de soi, non ? - même si on refuse cette ridicule dichotomie. On croirait entendre le bac à sable : mine is bigger than yours.

 

Cela étant, de nombreuses voix très qualifiées rappellent que l'interdiction de vol est basée sur la dangerosité évaluée par un système de modélisation britannique... Le système américain n'aurait, lui, avec les mêmes données, pas eu la même évaluation... Voilà ce que je lis et entends et vois, confiné dans mon hôtel. Et les vols expérimentaux (ainsi que les réactions de l'IATA) semblent bien - semblent ! - accréditer la thèse du modèle défectueux.

 

Ça ne vous rappelle rien ?

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23 mars 2010 2 23 /03 /mars /2010 11:21

Mais tout d'abord, un mot sur l'éditorial du Monde, signé Fottorino (et un peu Furax tout de même). La France est de toute évidence en pleine crise existentielle, les Français ont la peur du déclassement au ventre et tout - même les ours polaires - est bon pour broyer du noir. Voilà ce que c'est d'avoir eu les Zécolos sur le tard ; au moins chez nous ils existent depuis belle lurette, ils ont été associés au pouvoir, ça leur a fait perdre quelques illusions et les voici un peu plus réalistes. Par contre, des frénétiques à la Mamère ou des illuminés à la Lepage, nous n'en avons plus - pour autant que nous en ayons jamais eu ; ici, les Zécolos sont plutôt cathos de gôche et les deux ou trois trotskards qui y restent commencent à se couvrir de toiles d'araignées. Enfin, tant pis pour Turlupin Ier, il ramasse la veste qu'il mérite.

Ce qui ne nous éloigne tout de même pas de nos chers Ehrlich, qu'on devrait faire citoyens d'honneur de la France geignarde. Pour autant, le Royaume-Uni n'est pas en reste en ce qui concerne le catastrophisme, et l'année du bicentenaire de Darwin semble y coïncider avec une réhabilitation de Malthus, de ses pompes et de ses oeuvres. Certes, les divagations décroissancistes ont toujours été au coeur de la Deep Ecology, mais c'était en général un discours extrêmement marginal, réservé à des enragés du type Schumacher (vous savez, celui de "Small is Beautiful", mais aussi d'une phrase moins connue : "the pressure and strain of living in say Burma [sic], is less than that of living in the United States", ce qui permettait de belles et nobles discussions entre copains, le soir, après le ciné). Les Ehrlich faisaient - font encore - partie de ces frénétiques, et ce dès les années 60 ; c'est Paul Ehrlich qui a inventé la célèbre P-bomb, la Bombe P, P pour Population. Enfin, quand je dis célèbre, elle l'a été mais le pétard mouillé avait fait long feu, du moins pouvait-on l'espérer. Il faut dire qu'à l'époque, il y avait encore beaucoup de marxistes, et le marxisme est un humanisme ; en ce temps-là, le PCF n'avait aucun état d'âme en ce qui concerne les OGM (mais il était encore bien vivant, pas en coma dépassé comme aujourd'hui) et Philippe Kourilsky
rappelle à ce sujet la conversation qu'il avait eue avec un membre du PCF alors qu'il était à l'Institut Pasteur : "Tout ce qui améliore la connaissance de la matière est bon. Donc, le génie génétique est bon. Il faut seulement veiller à ce que des représentants de la CGT siègent dans les commissions de culture."

Et donc, les époux Ehrlich nous bombardent depuis plus de 4 décennies de leur prédictions apocalyptiques. Des phrases comme "No sensible reason has ever been given for having more than 135 million people [in the U.S.]" sont évidemment du pur Ehrlich, que reprenaient pas mal de gourous de l'époque, on en était bientôt aux vaticinations du Club de Rome que Claude Allègre semble apprécier à son injuste valeur, par parenthèse. Evidemment, ça fait toujours mieux de se poser en Philippulus plutôt qu'en Docteur-Tant-Mieux, on y gagne une figure austère et imposante, du moins entre hommes parce que les filles étaient beaucoup moins impressionnées, mais bref, c'était le temps de ma jeunesse folle etc. Curieusement, c'étaient en général les mêmes qui se tordaient les mains de désespoir à chaque famine dans le monde (et il y en avait, bien plus qu'aujourd'hui), au lieu de se réjouir de la décroissance démographique qui devait en résulter ; mais il est vrai qu'ils prêchaient une telle haine de l'Occident que le raisonnement était plutôt du type "quel dommage que ça ne soit pas arrivé chez nous" (notre civilisation moderne est douée d'une selbsthasse assez étonnante, ce qui, à tout prendre, est plus noble qu'un esprit de corps auto-satisfait, mais qui ne mène pas à grand'chose. Mieux vaut voir les choses sans parti-pris).

D'après nos aimables prévisionnistes, nous aurions été plusieurs dizaines de milliards en 2000, sauf qu'évidemment, on n'y serait jamais arrivé, en 2000, vu que la démographie galopante allait provoquer l'assèchement de toutes les ressources, qu'il n'y aurait plus d'eau ni de récoltes, que des hordes de réfugiés allaient errer de par la planète (ça vous rappelle quelque chose ?) et que les famines décimeraient la population, causant la mort de dizaines de millions d'êtres humains. A ceux qui leur objectaient que Malthus s'était quelque peu trompé sur le sujet, ils répliquaient avec fougue le sempiternel "Oui, mais cette fois, c'est différent".

Malheureusement pour Paul Ehrlich, son adversaire intime, Julian Simon (virtuellement inconnu chez nous, car c'était un optimiste) lui proposa un pari en 1980, un pari sur l'avenir à quelqu'un ayant déclaré en 1970 "If I were a gambler, I would take even money that England will not exist in the year 2000" ! Les termes du pari étaient simples : choisissez cinq matières premières ou manufacturées, peu importe, pour autant que les prix n'en soient pas administrés, choisissez un délai et parions sur l'évolution du prix de ces matières ; moi, je prétends que ce sera à la baisse. Ehrlich et deux collègues sautèrent sur "l'occasion inespérée", trouvant irrésistible la possibilité de se faire de l'argent facile. Cinq métaux (cuivre, chrome, nickel, étain et tungstène) sur 10 ans. Résultat en 1990 : Simon a raflé la mise, tous les métaux choisis ayant décliné de prix. Chevaleresque, il proposa aux perdants de se refaire en augmentant la mise ; mais ceux-ci déclinèrent la proposition. Vous trouverez tout cela (et bien plus encore) en lisant le très joyeux The Ultimate Resource de Julian Simon lui-même.

Absolument toutes les noires prédictions des Ehrlich se sont révélées fausses, et voilà qu'on les invite au New Scientist en septembre 2009 pour un dossier sur la surpopulation supposée. Et paf ! c'est reparti comme en '70 ! "With more than a billion already going hungry, limiting population growth has to be a priority", merci, on a déjà donné. Puis il y a trois jours, rebelote, ils publient - toujours dans le NS - une critique élogieuse du nouveau livre de Fred Pearce, Peoplequake, élogieuse mais néanmoins critique, car Fred Pearce n'est pas assez pessimiste, et que les Ehrlich se fichent pas mal d'un climat détraqué, pour eux, c'est la démographie galopante (qui n'existe que dans leur imagination enfiévrée) qui est la cause de tous les maux. Notons en passant que Fred Pearce évoque plutôt l'effondrement démographique comme danger avéré, mais peu importe, les Ehrlich assènent leur dogme, qui est toujours et encore celui de Malthus première version, tout en reprenant à leur compte la gaffe du GIEC sur les glaciers de l'Himalaya.

Laissez les Ehrlich de côté et lisez Julian Simon si vous connaissez l'anglais (inutile d'espérer une traduction !). Vous ne serez pas déçus.

PS: Justement, dans la nouvelle livraison du New Scientist arrivé ce matin sur ma table de petit déjeuner, un entretien avec Stewart Brand, un écolo pur et dur de la première heure, très californien des années '60. Il a viré sa cuti. Et, justement, son prof de biologie à Stanford était... Paul Ehrlich, qui venait de publier The Population Bomb. Pour reprendre les mots de Brand : " the whole environmental movement became the population issue. They said, too many humans are the problem, therefore get rid of the humans. Paul's [Ehrlich] view was that we should put sterilising agents in the water". Pas mal, non ? Mais pourquoi donc ces apôtres du malthusianisme ne se suicident pas au lieu d'appeler les autres à le faire ?

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3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 11:37

 

Non, l'évêque de Bruges (Roger Vangheluwe, retenez son nom, il ira loin, ce bonhomme) n'en veut pas, na ! Et Mgr Léonard - le nouvel archevêque des catholiques de Belgique, oui c'est cela, celui-là même que le grand manitou des Verts admire sans silence - est du même avis.

D'abord, pourquoi est-ce que ces nègres veulent venir en Belgique, hein ? Pour profiter de notre pays de cocagne, voilà ! "Ces prêtres africains peuvent fournir du travail plus utile dans leur pays. Quelle est leur motivation ? Sauver notre Eglise ou venir en Belgique parce qu'on y vit mieux que là-bas ?" estime l'estimable évêque. Bien sûr, son patron est plus policé, il regrette un brain drain en quelque sorte, puisqu'il va de soi que les prêtres africains "sont les seules personnes éduquées de leur village ou de leur ville". Texto. Il ne doit pas être allé souvent en Afrique, le Léonard.

Pour les Polaks, c'est un peu différent, mais ça revient au même, la différence de culture est trop grande et désespère les curés polonais, pasque la Belgique est un pays laïc, non mais ! Et les Polonais, y sont très très catholiques, alors forcément...

Et puis, il y a l'argument qui tue : "On ne peut pas commencer à chanter et à danser dans une église de Flandre occidentale comme on le fait en Afrique" (Vangheluwe). Ce Monsieur a dû voir trop de films américains du genre Green Pastures ou Ladykillers (celui des frères Coen, évidemment). Il aurait peut-être pu ajouter qu'ici en Belgique, on ne massacre pas à la machette dans les églises, comme l'ont fait les très catholiques Hutus au Rwanda, certains curés compris, ce qui leur a valu la bienveillante protection de certaines autorités ecclésiastiques dans notre petite terre d'héroïsme - à la différence, je m'empresse de l'ajouter, du Parquet de la même PTDH. Qu'il en soit remercié.

Décidément, le pontificat de Benoît XVI est une époque formidable.

 

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24 septembre 2009 4 24 /09 /septembre /2009 15:47

"C'est pas pour dire, mais c'était mieux avant !" (refrain des vieillards).

Tout de même, les deux ou trois premières années, j'avais trouvé ça un peu idéologiquement suspect, mais après tout, pourquoi ne pas en profiter ? Le soleil brillait, il faisait un temps magnifique, et c'était amusant de se balader à vélo sur ces grands boulevards, dans les tunnels, même. Couplée avec les visites du Patrimoine, une telle journée n'était pas sans charme.

Je voyage beaucoup, et ce n'est qu'il y a deux ans que nous avons voulu rééditer la promenade. Atroce. C'étaient des foules compactes de cyclistes, de patineurs, de piétons qui s'entrecroisaient sans trop d'égards : ne croyez surtout pas que les transports "doux" adoucissent les moeurs. Les piétons engueulaient les cyclistes qui ne leur laissaient pas le passage, les patineurs maladroits se faisaient vertement morigéner par les cyclistes, et les pauvres gosses tombaient de leur vélo et pleuraient amèrement (et bruyamment).

Donc, très peu pour nous. Sauf que cette année tout de même, ayant rendez-vous au Cinquantenaire pour goûter au Pineau des Charentes traditionnel et nous enfourner deux douzaines de fines de claire, nous avons bien dû enfourcher nos bécanes, et là, surprise : Non seulement la foule est encore plus compacte (l'avenue de Tervueren donne une idée de l'enfer), mais toute cette "fête" (que je déteste cette expression !) n'est plus qu'une gigantesque braderie comme on dit dans le Nord. Partout des étals, des baraques à frites, des vendeurs de hot-dogs, des poissonniers ambulants, des attractions foraines, le tout baignant dans une musique omniprésente et cacophonique - et pas du Händel, croyez-moi. Nous nous sommes donc enfuis, talonnés par les absurdes giga-bus articulés de la STIB, vous savez, ces autobus aberrants qui occupent je ne sais combien de mètres cubes pour véhiculer cinq ou dix voyageurs, ces monstres qui se bloquent mutuellement dans des rues qui ne sont manifestement pas à leur échelle.

Non, je ne suis pas un de ces bagnolards énervés qui trépignent de rage parce qu'on leur interdit une fois l'an de prendre leur petite toto ; mais je rappelle qu'à l'origine, l'idée était de faire cette journée sans voiture à date fixe, et donc à jour variable. Et j'entends que nos autorités bruxelloises, avec leur nouveau paquet d'écolos en charge, ranime l'idée : plus (+) de journées sans voitures, et en semaine. J'entendais aussi vanter "le calme" de cette journée, l'aspect "champêtre" de la ville ; mais oui, faisons les villes à la campagne, n'est-ce pas ? Si je suis citadin, c'est justement parce que j'aime la ville, son agitation, son bruit, et il faut le prendre avec le reste, ses embouteillages et ses quartiers difficiles. New York est (à nouveau - merci M. Giuliani, malgré tout) le prototype de la ville qu'aiment les citadins, et je ne me lasse pas d'y retourner.

Pour terminer sur une note qui n'est paradoxale qu'en apparence : je fais régulièrement du vélo à Bruxelles le dimanche - avec voitures, parce que ce jour-là il y en a peu,  qu'il y a peu de cyclistes et peu de patineurs. Et pas de kermesse. La ville respire un peu, ça aussi fait son charme.

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23 mai 2009 6 23 /05 /mai /2009 20:14

Massacre des InnocentsNous sommes bien peu de chose, Madame ("donnez-moi-z-un kilog de bananes" ajoutait François Béranger), mais nous sommes BEAUCOUP TROP NOMBREUX ! Et d'ailleurs, c'est ce que disait un certain Don Hirschberg dans sa lettre à l'éditeur du Scientific American de mars 2008. Je cite in extenso :

Population Pollution

 

One can only wonder whether the politicians who will be participating in the new international agreement on greenhouse gas reduction, referred to by Jeffrey D. Sachs in “Climate Change and the Law” [Sustainable Developments], do any arithmetic. World population is still growing, and energy demand is growing even more rapidly. Every year more fossil fuel is burned. Large new coal mines are being opened to exploit lower-quality coal deposits, and the capacity of new fossil-fuel plants swamps that of new wind and solar installations. Furthermore, millions of cars per year are being built in or shipped to countries with huge populations that until now have had few private vehicles.

Without drastic population reduction [my emphasis], all our other efforts are fatuous.


Don Hirschberg

Horseshoe Bend, Ark.

 

 

 


Voilà. C'est clair et net. Il faut donc une réduction drastique de la population, ce qui, étant donné l'hystérésis démographique, implique non seulement des politiques anti-natalistes extrêmement vigoureuses (le canon sur la tempe de tous les bonshommes qui font mine de conter fleurette - et surtout en Afrique, d'ailleurs, continent notoirement puéro-productiviste) mais aussi une élimination massive de la population existante - a mass culling, je suppose.

Je ne suis certes pas enclin à crier trop vite à l'éco-fascisme, mais ici, tout de même...

Inutile de répondre à l'auteur de la lettre en question, il s'est certainement suicidé pour permettre à notre planète de survivre. Ou j'ai mal compris, et, comme le disait Grand Corps Malade, C'est pas moi, c'est les autres... qu'il faut éliminer.

Pardon, je croyais que...

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28 avril 2009 2 28 /04 /avril /2009 08:52

On n'écoute pas assez la radio. Tenez, ce matin il y avait une dame fort sympathique qui nous présentait son livre, un recueil de contes coréens très beaux, très touchants, très nostalgiques. Il y avait par exemple l'histoire de la rivière disparue (c'était devenu un égout dans la ville), et comme c'était mieux avant, quand la nature était vierge, et que la rivière coulait, et que les hommes (et les femmes, bien sûr, on n'est pas sexiste) écoutaient le murmure de l'eau, et se racontaient paisiblement des histoires sous les arbres, en pleine nature, et qu'ils écoutaient les gazouillis des oiseaux et tous les bruissements de la nature... Ah, que c'était beau !

Et puis, juste après, mais sur la 3e chaîne, c'étaient les questions des auditeurs, cette fois à propos du H1N1 du moment (si vous ne voyez pas ce que c'est, vous vivez sur Mars). Et l'un de ces auditeurs de s'indigner que les "pays en développement" (i.e. pauvres) n'avaient ni les moyens financiers ni les moyens logistiques de lutter contre l'épidémie, à quoi le spécialiste interrogé devait reconnaître que, oui bien sûr, ces pays allaient sans doute payer un lourd tribut. Il n'idéalisait pas la Nature, lui, et moi non plus qui reviens d'un des pays les plus pauvres de la planète. Admirer un coucher de soleil enchanteur sur la savane, c'est merveilleux quand on est vivant et en bonne santé ; mais la mortalité infantile ravageuse et l'espérance de vie moyenne de 40 ans sont des petits bémols à un rousseauisme mal digéré. Palu, TB, sida, je sors d'en voir, et ce n'est pas beau.

A-t-on le choix, d'ailleurs ?

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17 mars 2009 2 17 /03 /mars /2009 10:35
En regardant l'autre soir un documentaire moyennement intéressant sur la franc-maçonnerie, La clef écossaise, j'ai été frappé par la ressemblance entre la franc-maçonnerie et la communauté scientifique, non seulement dans son aspect historique (la Royal Society qui se fonde un peu dans la foulée de la première Loge maçonnique anglaise), mais également par son mode de recrutement, bourgeois dans un premier temps puis plus généralement démocratique bien qu'inégalitaire et élitiste - mais rituel toujours.

Les scientifiques naissants n'étaient certes pas des aristocrates, mais de bons bourgeois cherchant des causes, un peu à ras de terre, ou des esprits curieux laissés à leur passion. Ils avaient un métier, chose abominable pour un aristocrate - celui de la guerre leur était naturel, ou à tout le moins une charge d'ecclésiastique, mais "gagner sa vie"... quelle bassesse ! Sans doute, il y avait des exceptions, de nobles esprits - libertins, sans doute - qui bravaient leur entourage et se faisaient savants, mais la science restait un objet de mépris et de méfiance : l'Eglise et les Ecritures détenaient la vérité, et seuls les arts libéraux étaient nobles ; après tout, la science était bien proche de la vile technique...

Schéma, certes, et approximatif ; les mathématiques échappaient à un tel mépris, et les Anglais commençaient à se rendre compte que même la technique pouvait avoir ses avantages. Newton était parti de rien mais avait un statut de géant déjà de son vivant, le problème des longitudes agitait toutes les marines de l'époque et ce seraient les Anglais qui le résoudraient les premiers.

Très vite, cependant, apparaissait le côté le plus moderne de la démarche scientifique : son idéal démocratique, cosmopolite, élitiste. Il y a certes un parallèle à faire avec le monde des artistes, démocratique et cosmopolite depuis bien plus longtemps, mais d'essence individualiste, ce qu'à l'évidence n'est pas la science, démarche coopérative s'il en est.

En science, peu importe le rang social ou la nationalité ; certes, il est toujours préférable d'être un homme occidental, faut pas rêver, mais nullement pour des raisons essentielles. Après avoir été rituellement adoubé par vos pairs (et c'est vraiment ainsi que ça s'appelle) - en général par l'obtention d'un Doctorat puis l'intégration dans une équipe. Certes, la démarche scientifique est conservatrice (et heureusement), mais, justement, la démocratie n'est pas spécialement révolutionnaire.

Enfin, une observation maintes fois répétée mais qui me charme toujours : lire la liste des contributeurs de chaque articles paraissant dans une revue scientifique sérieuse. Vous y trouverez les noms que peuvent porter à peu près tous nationaux de chaque pays reconnaissable, c'est chaque fois un régal, et c'est bien entendu aux USA que c'est le plus varié (mais le CERN fait aussi bien dans son domaine).

"J'ai tant aimé la science dans ma vie que ça me fait battre le coeur..." (Biot à Pasteur, affiche au mur de notre classe de physique du secondaire).

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