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7 janvier 2011 5 07 /01 /janvier /2011 16:43

C'est sur une chronique d'abonnés du Monde que j'ai trouvé cette perle :

 

"Les manuels d'histoire consacreront plusieurs chapitres sur le déclin de la civilisation occidentale suite à sa vision capitaliste et libre échangiste de l'économie. Il faut d'ailleurs noter que si le libre échange augmente énormément les inégalités entre les strates sociales, il pousse à la diminution des inégalités entre les nations. Ce qui pourrait paraître comme étant un point positif de premier abord s'avère rapidement être contre-productif. En effet, ce système pousse à créer une minorité de nantis très influents nourris à l'ethnocentrisme qui renforce l'appauvrissement de la majorité."

 

Notons en passant qu'au reproche de ne pas avoir mentionné la faillite du communisme, l'auteur de la chronique répond naïvement à un commentaire "Je marchais à peine à la chute du mur, la dualité communisme/libéralisme n'a plus aucun sens pour ma génération"... Foin donc des "livres d'histoire" - on n'en a pas besoin, le passé n'a pas de sens ! Peu importe que l'auteur de ces phrases macaroniques confonde allègrement libéralisme avec libre-échange, peu importe l'antienne que le libre-échange (pas le capitalisme, plutôt ???) augmente "énormément" les inégalités ("entre les strates sociales"...) (ah, c'est vrai qu'à Rome  au temps de César ou de Cola Rienzo, il y avait tellement plus d'égalité...), au moins a-t-il aperçu que le libéralisme (je l'appellerai comme ça) diminuait les inégalités entre les nations. Voyez Cuba, la Corée du Nord et la Chine - trois dictatures communistes, dont une est (économiquement) libérale. Devinez laquelle est en train de s'enrichir presque scandaleusement. C'est bien, donc ? Non, c'est épouvantable ! Vous croyiez peut-être que c'était une bonne chose que les crève-la-faim sortent de leur misère ? Pas du tout car cela crée "une minorité de nantis très influents nourris à l'ethnocentrisme qui renforce l'appauvrissement de la majorité" , rien de moins. Je ne critique évidemment pas une phrase qui n'a pas beaucoup de sens (pourquoi ces nantis seraient très influents, après tout ce sont en général d'anciens apparatchiks qui avaient déjà tout le pouvoir, que signifie cet obscur "nourris à l'ethnocentrisme", et comment l'enrichissement de toute une nation pourrait-elle mener à un appauvrissement de la majorité ?), et qui est une n-ième charge contre le libéralisme et les capitalisme faite par un très jeune homme qui reconnaît lui-même n'avoir que des notions très confuses de l'histoire ; non, ce qui m'horrifie là-dedans, c'est une fois de plus l'optique misérabiliste et inhumaine qui s'y exprime. On diminue les inégalités, on enrichit, on augmente le bien-être ? Eh bien, c'est mauvais, parce que tout doit toujours aller de mal en pis, un optimiste rationnel, ça n'existe pas, il n'y a que des optimistes béats...

 

Comme le disait Reiser à propos du Dhofar, je retourne me coucher.

 

 

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23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 15:25

buddha.jpgIl peut pleuvoir beaucoup à Singapour, et surtout, évidemment, durant la mousson ! J'y ai travaillé il y a déjà quelques années, et je me souviens de cette belle matinée - plein soleil et ciel bleu - où j'avais déserté mon bureau et les salles d'ordinateur glaciales pour aller flâner dans la ville.

Et puis, brusquement, le ciel se couvre, les nuages s'accumulent, noircissent, se vident : la cataracte ! Le petit parapluie chinois ne nous est plus très utile, mais heureusement un temple bouddhiste se trouve juste en face, et nous nous précipitons sous le porche y trouver un peu d'abri. Un parfait gentleman nous aborde et nous propose non pas de sécher l'eau de notre frimousse, mais de partager un frugal repas avec toute la communauté des fidèles. Il ne porte pas la tenue adéquate (pour nous, en tous cas), mais c'est effectivement le bonze-en-chef, le généralissime si vous voulez, enfin j'ai oublié son titre, mais certainement pas sa courtoisie exquise ni son anglais parfait (il avait fait toutes ses études en Angleterre et possédait un diplôme de théologie d'Oxford).

Nous voici donc attablés à manger notre bol de riz et à deviser de choses et d'autres, et plus précisément de sociologie, de religions, du marxisme (c'était l'époque - vous voyez, ça ne date pas d'hier), du bouddhisme. Mais surtout du bouddhisme, évidemment, on avait un expert sous la main, et c'était une école qui gardait encore un peu du prestige qu'elle avait acquis chez les soixante-huitards. Bien sûr, nous dit-il, ce n'est pas une religion, c'est une philosophie de vie ! Un éthos ! Et, oui, il va sans dire qu'on peut être marxiste et bouddhiste, aucune incompatibilité ! Tout simplement, ça ne se passe pas sur le même plan... Si l'on peut faire une image, c'est comme les avions - ils se croisent sans cesse, mais à des altitudes différentes. Bien sûr, ajouta-t-il en riant sous cape, ce n'est qu'une image, mais vous-mêmes, les Chrétiens (il savait bien que nous n'en étions pas, mais que nous en venions), vous vivez avec ce genre de comparaisons... 

Connaissant mieux le marxisme que le bouddhisme, nous n'osions pas trop mettre sa parole en doute. Mais tout de même, hasarda C., sans doute votre croyance est-elle agnostique en matière de dieux, mais le cycle des réincarnations qu'il faut briser... C'est une croyance assez lourde, non ? 

Autour de nous, les fidèles qui avaient terminé leur repas allaient déposer des bâtonnets d'encens, se prosternaient devant les statues du Bouddha et des Boddishatvas, psalmodiaient, tournaient et, visiblement, priaient. Le chef-bonze, nous voyant perplexes à ce spectacle, eut un gentil sourire. Oui, dit-il, je vois... ça vous semble bizarre ; mais vous devez comprendre ! notre philosophie est complexe, subtile, d'un abord difficile ! Et tous ces braves gens, ce qu'ils demandent, c'est de manger, de boire, de survivre en quelque sorte... Nous n'allons pas leur interdire ce qu'il faut bien qualifier de superstitions... Mais vous et moi, nous savons bien que tout cela ne sont que simagrées... 

La pluie avait cessé, et il faisait à nouveau plus chaud, une brume légère s'élevait des rues. Nous l'avons remercié pour son hospitalité, et surtout pour la grande leçon qu'il nous avait donnée.

Quand j'étais jeune, on appelait ça la foi du charbonnier.

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10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 13:34

...c'est bien, mais de la neige avant Noël, c'est pas bien, demandez-le aux Franciliens.

Et, évidemment, il faut des responsables.

Quand les prix montent, c'est les traders, quand ils baissent, c'est les spéculateurs, quand il neige c'est pêle-mêle Météo-France et le délitement du service public, et quand il pleut ou qu'il fait trop froid, c'est le réchauffement - pardon, le dérèglement climatique, qui, à son tour est la faute aux Chinois. Et aux Indiens. Et aux Brésiliens. Et bientôt aux Congolais.

 

Ce qui vient de se passer chez nos voisins correspond bien à une certaine idée que l'on se fait de la France (ce côté rouspéteur institutionnel qui est à la foi admirable et irritant), mais qui est en fait une tendance lourde de notre société.  On nous rebat toujours les oreilles avec la perte des repères, l'individualisme outrancier et tout ce genre de choses en omettant toujours d'indiquer que notre civilisation occidentale est sans qucun doute la plus riche, la plus généreuse, la plus ouverte, la mieux instruite qui ait jamais existé. Pas la plus égalitaire ni la plus pacifique, ça non, encore que. Ni assez riche, ni assez généreuse, ni assez ouverte, je le concède. Elle n'a aucune vocation à être parfaite (si l'on accepte la personnification), et elle s'arroge souvent le droit de donner des leçons ; cependant, à la lecture des wikifuites, il est amusant de remarquer que ce qui devait dans l'esprit de Julian Assange être un brûlôt anti-américain définitif tourne finalement à l'éloge du Département d'État américain pour son pragmatisme et son absence totale d'arrogance à l'égard de ses interlocuteurs.

 

Mais il est sûr que Météo-France doit fournir des prévisions correctes au centimètre près pour la couche de neige et au décamètre près pour l'aire des précipitations, il est certain que l'État doit recruter 25.000 cantonniers pour veiller chaque jour et chaque nuit à déblayer la neige, même si elle ne tombe qu'une fois tous les trente ans, il va de soi que les employeurs ont l'obligation de remettre un guide complet de prévention contre le sida, la variole et la mouche tsé-tsé quand ils envoient leurs employés en Afrique, e cosi via. Pas de risque, pas de responsabilité sauf pour... les responsables, les politiques, qui, du coup, se défilent. On a beaucoup glosé sur les prétendues accointances entre le big pharma et les politique pour leurs commandes excessives de vaccins anti-grippaux ; la réalité est bien plus simple : depuis l'affaire du sang contaminé (notamment, mais pas seulement), ils (les politiques) sont tétanisés à l'idée qu'on puisse les traîner devant les tribunaux pour avoir failli à leur tâche. Ceux qui déposent plainte pour gaspillage des deniers publics auraient évidemment été les premiers à faire un procès s'ils n'avaient pas pu trouver de vaccin, et notre vaillant Georges-Henri Beauthier les aurait assistés dans l'une et l'autre plainte...

 

Pas étonnant alors que les politiques prennent leurs précautions en infantilisant les citoyens, dès lors que ceux-ci se révèlent être des morveux pleurnichards. Vous êtes des gosses ? on vous traitera comme des gosses. Vous voulez des droits 'à' ? on vous retirera des droits 'de'. Ce n'est pas l'individualisme qui fait problème (notre société est incroyablement solidaire), c'est ce petit égoïsme d'enfant gâté.

 

PS : dernier round pour l'affaire KBLux ? La baudruche se dégonfle, il fallait bien voir en face que la présomption de fraude fiscale ne permet pas de passer allègrement au-dessus de la Convention européenne de sauvegarde des Droits de l'Homme... La Cour d'Appel a cruellement mis en lumière la façon dont l'instruction avait été faite uniquement à charge, la malveillance de tout l'appareil répressif, avec un délice à mettre Damien Wigny en prison et de le claironner coram populo. Bien sûr, Ecolo/Groen s'est immédiatement étranglé d'indignation. On sait qu'ils fustigent les lois anti-terroristes et leur application (et je suis assez d'accord avec eux là-dessus) ; on sait aussi qu'ils assimilent la fraude fiscale à du terrorisme en col blanc...

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10 novembre 2010 3 10 /11 /novembre /2010 15:04

"Plus de 80% des belges entre 35 et 74 ans ont trop de mauvais cholestérol, ce qui augmente le risque de maladie cardio-vasculaire et de mortalité.

L'utilisation de médicaments destinés à faire baisser le mauvais cholestérol a été multipliée par vingt au cours des douze dernières années en Belgique, selon le Centre fédéral d'expertise des soins de santé. Un Belge sur cinq âgés de plus de 35 ans consomme des statines. Ces médicaments coûtent à l'assurance maladie annuellement plus de 215 millions d'euros, soit 7% du budget des médicaments hors hôpitaux. L'augmentation observée est principalement liée à un accroissement important de la "prévention primaire", constate le centre, c'est-à-dire à l'utilisation de statines par des personnes avec un taux de cholestérol trop élevé qui veulent diminuer leur risque d'accident cardio-vasculaire, par exemple un infarctus, mais qui n'ont pas encore rencontré un tel problème.

Le centre recommande de ne considérer l'utilisation de statines que comme un des éléments d'une politique de prévention cardio-vasculaire globale. Un changement de style de vie, comme arrêter de fumer, pratiquer plus d'exercice physique et s'alimenter sainement, devrait être "prioritaire", fait-il observer."

 

Bien. Sauf que ce fameux "mauvais cholestérol" a bon dos, nul doute que le Centre susnommé sache bien de quoi il retourne, mais en utilisant un tel barbarisme il ne fait que le répandre.

 

Quant on connaît les affres budgétaires dans lesquelles se débattent les gouvernements de par le monde et notamment dans notre petite Terre d'héroïsme et qu'on s'aperçoit que les statines coûtent audit gouvernement quelque 215 millions d'euros par an - sans que soit chiffrés les bénéfices découlant de leur usage - est-on vraiment paranoïaque en pensant vaguement qu'il y a là-derrière une petite annonce de retour de bâton ? Si vous ne mangez pas sain, si vous ne faites pas d'exercices physiques (réglementés, bien sûr), on vous présentera la note, en la doublant pour les fumeurs dont le vice est déjà taxé au paquet. Et pas seulement les fumeurs d'ailleurs, puisque les plantations de tabac en Ombrie (j'en reviens, c'est grandiose), en Grèce et marginalement ailleurs en Europe sont subsidiées par la PAC en toute transparence et en toute opposition avec le message hygiéniste de la Commission... Ledit tabac étant d'ailleurs de qualité exécrable ; j'ignore si on l'utilise pour fabriques les abominables Nazionali, mais je crois savoir qu'on l'exporte vers les pays pauvres qui ne peuvent se payer du pur Virginia... Bref, encore une fois le monde occidental fourguant ses déchets empoisonnés à l'ex-Tiers-Monde !

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25 octobre 2010 1 25 /10 /octobre /2010 10:26

Pour ceux qui vivent sur une autre planète, je rappelle que M. Jean-Paul Guerlain, le dernier "nez" de la famille fondatrice, a déclaré il y a quelques jours dans une émission télévisée : "Pour une fois, je me suis mis à travailler comme un nègre" avant d'ajouter cette boutade d'un goût exquis :  "je ne sais pas si les nègres ont toujours tellement travaillé !".

 

Apriti, cielo ! Voilà qui était pain bénit pour les innombrables associations bien-pensantes toujours à l'affût d'un dérapage, d'un double-entendre possible ou d'une quelconque vétille gonflée à l'état de monstruosité nationale afin de faire valoir leur fonds de commerce. Tout juste si le coupable ne s'est pas fait traiter de nazi... Il fallait évidemment s'attendre aux réactions de SOS-Racisme ( qui dit "croire en la vertu pédagogique des procès"), à celles de l'ineffable CRAN (qui "s’oppose, au nom des principes républicains, à toute tentative de diviser les Français et de les dresser les uns contre les autres...", ce dont on ne s'était pas vraiment aperçu, mais il est vrai que la phrase suivante tempère le républicanisme affiché : "...sur la base de leur religion", ah bon, on se disait déjà...), mais le fourmillement des autres donne un peu le tournis, comme, disons au hasard, Tjenbé Rèd, "association afro-caribéenne de lutte contre les racismes, les homophobies et le sida", paraît-il, rien de moinsse.

 

Déjà qu'oser utiliser le mot "nègre" même dans une expression toute faite lui aurait valu le pilori, il lui fallut encore ajouter un peu d'humour (assez idiot, j'en conviens parfaitement) en passant... Combien d'entre nous (je ne veux évidemment pas parler des bien-pensants qui dirigent les associations bien-pensantes ou y militent, ceux-là sont purs de tout mauvais penchant) n'ont pas ricané en leur for intérieur - ou autrement - sur la stupidité de ces formules proverbiales, fort comme un Turc, travailler comme un nègre, etc. 

 

A la téloche, il faut évidemment faire preuve de beaucoup de précautions, comme Dieudonné ne manque pas de le faire, bien sûr, mais lui, la provocation et l'injure le font vivre. Je ne sais trop s'il est raciste, mais j'ai de très grands doutes que M. Guerlain le soit ; ce qui est certain, c'est qu'il est originaire d'une époque où ce genre de propos allait de soi et qu'il n'a pas compris que nous n'y sommes plus, dans cette époque ; on en est même à l'époque où la tenue de certains propos en privé peut vous valoir les foudres de la justice associative.

 

"Je présente mes excuses à tous ceux qui ont pu être blessés par les propos choquants que j’ai tenus au journal télévisé de 13 heures sur France 2 aujourd’hui vendredi 15 octobre. Mes paroles ne reflètent en aucun cas ma pensée profonde mais relèvent d’un dérapage hors de propos que je regrette vivement."

 

C'était évidemment la moindre des choses que de présenter ces excuses. Croyez-vous que ç'ait le moins du monde calmé les esprits ? Apparemment, que du contraire ! Puisqu'il reconnaissait ses fautes, c'est donc qu'il était doublement coupable ; il eût donc dû s'agenouiller publiquement, se raser les sourcils et se couvrir de cendres puis aller soigner les lépreux en pénitence.

 

C'est bien simple, depuis que mon beau-frère milite dans une association anti-tabac et sa femme à la LDH, je n'ose plus dire "fumer comme un Turc", je les aurais tous deux aux trousses.

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21 octobre 2010 4 21 /10 /octobre /2010 16:17

...mais je me tiens au courant. Par exemple, dans la Sourate IV, verset 38/34, dieu lui-même a dit par Mohammed interposé : "Les hommes ont autorité sur les femmes du fait qu'Allah  a préféré certains d'entre vous à certains autres, et du fait que [les hommes] font dépense, sur leurs biens [, en faveur de leurs femmes]. Les [femmes] vertueuses font oraison et protègent ce qui doit l'être, du fait de ce qu'Allah consigne. Celles dont vous craignez l'indocilité, admonestez-les ! reléguez-les dans les lieux où elles couchent ! frappez-les ! Si elles vous obéissent, ne cherchez plus contre elles de voie [de contrainte] ! Allah est auguste et grand "(trad. R. Blachère).

 

Car le Qoran est la parole de dieu - Allah - et certains théologiens estiment d'ailleurs qu'il est écrit (sans être écrit) de toute éternité et en arabe bien évidemment, raison pour laquelle lui non plus ne peut être traduit. Donc, quand il est écrit : Allah est auguste et grand, c'est comme le calife Haroun el Poussah qui déclare "je suis bon" au vil Iznogoud.

 

A retenir, donc : "frappez-les !", c'est la parole de dieu, et c'est ce que n'a pas manqué de faire la Cour suprême des Emirats arabes unis, admettant qu'un mari avait le droit de battre sa femme - pour autant qu'il ne laisse pas de traces physiques, précisent avec beaucoup d'humour les juges de cette haute instance. Je crois que quand ils ont délibéré, ils ont dû se rouler par terre de rire en se racontant toutes les blagues de commissariats de police sur l'utilisation des annuaires téléphoniques.

 

Le bonhomme qui faisait l'objet de l'arrêt en avait également profité pour filer une rouste à sa fille de 23 ans, et ça, ce n'était pas kosher, enfin halal, enfin vous voyez ce que je veux dire. Mais il a été puni, le Monsieur, parce qu'il avait cassé le nez et les dents de sa désobéissante épouse. Ce qui n'était pas bien, puisque ça laissait des traces (et là, lors du prononcé, le greffier a discrètement montré un bottin à l'accusé, d'où une nouvelle crise de fou-rire des juges qui se sont dissimulés dans leur capuche).

 

Il paraît que ce jugement a obtenu les faveurs des théologiens du cru. Un certain Ahmed el Kubaisi, professeur de Charia aux universités des EAU et de Bagdad, explique que "si une épouse fait quelque chose de mal, son mari peut la dénoncer à la police, mais si ce n'est pas grave ou si le mari ne veut pas que ça se sache, quand ça pourrait nuire à la famille, la dérouiller est préférable", enfin il n'a pas vraiment dit "dérouiller", il a dit "hitting", mais c'est tout de même un peu ça, non ?

 

Moi, je ne suis pas convaincu : nulle part dans le Qoran on ne parle de traces physiques. Ces juges me semblent dangereusement libéraux.

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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 22:20

Certes, je me suis fait reprocher par Aymeric d'avoir trouvé Jean Rouch parfois étouffant et ennuyeux, mais à la relecture, c'est lui qui avait raison (encore que mon souvenir de 'Moi, un Noir' reste à ce jour indécidable).

 

Or, les DVD de Jean Rouch se ramassent aujourd'hui à la pelle après des décennies d'oubli, et comme c'est chouette ! Hier, c'était "Cocorico, Monsieur Poulet", et ce soir la guerre de l'hippopotame, sur le même DVD.

 

Ayant un peu de connaissance du Mali et de l'Afrique de l'Ouest, nous avons été émerveillés de cette compréhension qu'il avait des gens qui y habitaient. Pour ce qui est de la 2CV de "Cocorico", c'était désopilant, mais évidemment arrangé (fort bien, les protagonistes jouant parfaitement leur rôle), mais la chasse à l'hippopotame était un documentaire plus brut - abstraction faite du commentaire en hectoring voice). Cette chasse avec des engins somme toute assez primitifs mais tout de même très performants (où se mêlaient les savoir-faire de forgerons, de bateliers, de navigateurs, et plein d'autres) c'était vraiment toute notre humanité. Comme je n'arrête pas de le dire, depuis Cro-Magnon (et je le sais par ma propre expérience), nous, les Homo Sapiens (on disait dans le temps Sapiens Sapiens pour ne pas mépriser nos cousins néandertaliens, très estimables par ailleurs) nous sommes toujours les mêmes, à chasser (et apprivoiser) les hippos, à résoudre des intégrales, à adorer les Kouroï, à admirer en bref un peu tout ce que la foule bruxelloise révère dans les expositions des Esquimaux (j'assume l'orthographe) aux Fuégiens.

 

En fait, j'aime bien mon espèce et j'admire mon semblable - parfois d'un peu loin..

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25 septembre 2010 6 25 /09 /septembre /2010 11:25

C'est la tarte à la crème à la mode. Partout on nous serine que nous sommes pressés, stressés, que nous vivons à deux cents à l'heure, que nous ne prenons plus le temps de faire quoi que ce soit, et ça passe à la radio, dans les magazines, dans les livres et sans nul doute à la télé.

 

Je dois être distrait, mais je ne l'ai pas remarqué. Sans vouloir faire du poujadisme, je ne remarque aucun stress dans les ministères que je fréquente presque quotidiennement. Hors embouteillages, je suis plutôt excédé par la lenteur de nombre de conducteurs (je suppose qu'avec l'âge me vient la constatation que le temps qui me reste se ratatine sérieusement), quant au "management par le stress" dénoncé par de bonnes âmes, j'ai plutôt constaté que le droit du travail posait en évidence que tout employeur est un exploiteur et tout employé une innocente victime, et que c'est à l'employeur de prouver qu'il ne stresse pas, qu'il ne discrimine pas, qu'il ne harcèle pas - ni sexuellement ni surtout moralement - qu'il n'exploite pas et ainsi de suite. Je parle de la Belgique, car en effet à ce que j'en ai compris la géniale révolution du RTT chez nos voisions français semble avoir provoqué un resserrement des cadences infernales.

 

Un article d'un magazine TV évoquait récemment le temps béni où la maîtresse de maison passait trois heures par jour dans sa cuisine à préparer les délicieux repas que la famille épanouie dégustait tout à loisir. Aujourd'hui, cependant, on avale un dîner tout fait chacun dans son coin, ou devant la télé.

C'est vrai, tout de même, ces bonnes femmes qui ont osé sortir de leur cuisine, c'est-y pas scandaleux ? Elles travaillent, vous imaginez ? Enfin, quand je dis "travaillent", je veux dire à l'extérieur, parce que le ménage, la cuisine, tout ça, c'est pas du travail, bien sûr. 

Je ne doute pas qu'on mette moins de temps à préparer le dîner, et à vrai dire je m'en réjouis. Pour tout dire, c'est moi qui m'y colle depuis plusieurs décennies, chaque jour, donc je comprends un peu le problème (et, oui, c'est moi exclusivement qui fais les emplettes). Et si je ne nie pas qu'il existe des gens avalant à la hâte un plat tout fait devant la télé, je n'en connais pas personnellement.

 

Mais ne nous y trompons pas : cette dénonciation de la vitesse a comme corollaire l'exaltation de la lenteur, bien sûr, mais d'une lenteur opposée à ce qu'on appelait jadis le fast-food, c'est-à-dire MacDo, c'est-à-dire le mode de vie rejeté par les décroissants, les zécolos, les Verts et les Rouges : en un mot, le capitalisme productif (*). D'où la création du mouvement "slow-food" ; j'ai été dîner récemment dans un restaurant faisant fièrement partie de cette appellation, et j'en ai compris les implications car il m'a fallu un temps interminable avant d'être servi, et encore il ne s'agissait nullement d'un plat longuement mijoté mais simplement d'une casserole de moules, cinq minutes de cuisson exactement. Bien entendu, il y avait les inévitable vins bio à la carte (du bio qui s'accommode de la bouillie bordelaise, n'hésitons pas à le rappeler), mais surtout des "vins issus de la biodynamie", comme je l'avais déjà vu à la carte du plus ridicule des restaurants branchés de la capitale, l'insipide Rouge Tomate (**), qui parvient à faire avaler une "béarnaise" sans corps gras (et le tout à l'avenant). Pour ceux qui ne le sauraient pas, la "biodynamie" est une vaste entreprise de détournement des normes "bio" (qui existent tout de même et qui sont assez contraignantes) pour ne plus exiger que de vagues principes rappelant la permaculture et conseiller l'usage approprié des phases de la Lune. Si les vendanges se font à la pleine Lune et l'égrappage au premier quadrant et en présence d'un druide, voilà, c'est biodynamique. Bon, je sais que je résume, mais si vous désirez en savoir plus sur cette hurluberlurie, vous en trouverez ici, dans l'excellente revue Agriculture et Environnement.

 

Ceux-là mêmes qui parlaient d'énergies "douces" (le soleil, le vent, les marées, ah que c'est doux !) prônent maintenant la vie "lente". S'ils pouvaient aussi être faire l'éloge du silence et suivre leurs propres conseils...

 

(*) et non pas productiviste, même si je sais que les décroissants ressassent ces vieilles lunes de "productivisme", même s'ils ont fini par abandonner la bonne vieille "société de consommation" qui a fait le bonheur (si l'on ose dire) des "contestataires" des années '70

(**) à noter que le Rouge Tomate de New York (même propriétaire) est, lui, particulièrement fin et délicieux.

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24 août 2010 2 24 /08 /août /2010 10:42

C'est un peu une tarte à la crème journalistique de comparer à des Cassandre tous les prophètes de malheur, les doom and gloom, les Philippulus et consorts. N'oublions jamais que si Cassandre avait reçu le don de prophétiser toujours juste, elle avait aussi subi la malédiction de n'être jamais crue... Or, que voyons-nous avec ces joyeux rigolos à la Ehrlich ou à la Lester Brown ? Que la Presse boit leurs paroles et qu'ils n'ont pas arrêter de raconter des calembredaines depuis des décennies. Hardly Cassandra.

Mon optimiste préféré (vomi par toute la Presse bien-pensante), Matt Ridley pour le nommer, rappelle opportunément quelque belles prévisions dudit Lester Brown :

 

En 1974, LB annonce que nous avons atteint un tournant (une de ses expressions favorites) et que les agriculteurs ne pourront plus répondre à la demande.

Ils l'ont fait.

 

En 1981, LB annonce que l'insécurité alimentaire globale augmente.

Personne d'autre ne le remarque.

 

En 1984, le voici assurant que la marge étroite entre la population et la production alimentaire continue à se réduire.

On ne voit rien venir de neuf.

 

En 1989, il claironne que l'accroissement de la population dépasse les capacités des agriculteurs de la suivre.

Une fausseté de plus.

 

En 1994, il se fait virulent, et assure qu'après 40 ans de production vivrière exceptionnelle [il reconnaît donc implicitement s'être mis le doigt dans l'oeil depuis 4 décennies] on a atteint un tournant, la production par personne s'est retournée d'une manière inattendue et brutale.

En fait, les récoltes augmentent de manière imprévue et le prix du blé s'effondre et reste bas durant une petite dizaine d'années.

 

Arrive 2007 et les fameuses flambées des prix alimentaires, dues entre autres à l'arrivée de la Chine et de l'Inde à la table des convives, à la sécheresse persistante en Australie et sans doute aussi aux agrocarburants. LB triomphe, les média lui font fête, et il a cette parole décisive : "cheap food may now be history", se nourrir à bas prix , c'est du passé. On a atteint un tournant.

On sait la suite, le prix du blé a été divisé par deux et aux émeutes de la faim ont succédé la grogne des producteurs...

 

Sur ce, je pars en Ombrie après avoir rempli mes devoirs fiscaux qui s'annoncent particulièrement assommants...

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5 août 2010 4 05 /08 /août /2010 10:10

C'est le titre d'un article récent du New Scientist, article confondant de stupidité, ressemblant plutôt à de la publicité éditoriale déguisée pour un livre sortant ce mois-ci, Off the Grid, rédigé par un certain Nick Rosen, Anglais établi aux USA.

 

"Off the grid" signifie littéralement "hors du réseau", réseau électrique, arrivée de gaz ou d'eau venant de distributeurs, réseau d'égouttage, téléphone, etc. L'indépendance absolue (on pense immédiatement à Thoreau ou à en plus petit Ivan Illich, bien sûr), mais M. Rosen précise bien qu'il ne cherche pas une telle indépendance, non, il désire simplement être "en-dehors du système" ; car voyez-vous, le système a vraiment été mis à mal par les récents désastres, Katrina, la crise des subprimes, la crise financière et même la fuite de pétrole dans le golfe du Mexique. Les gens, figurez-vous, ont perdu confiance dans leur gouvernement... Quant on sait que le gouvernement fédéral est viscéralement détesté par les Américains, on peut sourire.

 

M. Rosen explique que la vie "indépendante" est très confortable actuellement, grâce à la technologie : le wi-fi (sans doute celui du voisin), les lampes basse consommation, et l'énergie renouvelable, on n'arrête pas le progrès. Et grâce à ses économies d'énergie, M. Rosen a pu se payer une cabane de berger dans les montagnes de Majorque (payée 7.000 $ en 1995, le berger a fait une bonne affaire) où il a installé un grand réservoir pour collecter les eaux pluviales, une douche (chauffée au propane ! à Majorque !) et deux toilettes. Le chauffage se fait au moyen de bois récolté (volé ?) dans la forêt proche, il y a aussi une éolienne et deux panneaux solaires, mais il a tellement peur qu'on les lui pique qu'il utilise sa voiture de location pour charger son gsm, son laptop et la radio. Ah oui, la vie sauvage, vous imaginez, il n'a pas la télé...

 

En somme, M. Rosen a inventé le camping, grand bien lui fasse. Il me fait penser à un tract collé un peu partout à Bruxelles, émanant d'un groupuscule ultra-anarchiste et libertaire et faisant la guerre au travail, prônant l'oisiveté et le vol aux dépens du "système" : il est licite (et conseillé) de voler dans les magasins (et surtout dans les supermarchés, évidemment, mais pas seulement - le "système", c'est vaste !). Et s'il n'y avait pas de "système", faudrait-il voler au producteur ? Ou revenir au pleistocène, aux chasseurs-cueilleurs ? Mais même à ce moment, on travaillait... Ou alors, l'An 01 de Gébé, mais avec un peu plus d'explications sur la manière dont ça peut fonctionner (autrement que pour fabriquer des petits chapeaux à la con ridicules).

 

Je retourne me coucher (en fait qq jours chez des amis dans le Vercors).

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