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14 juillet 2013 7 14 /07 /juillet /2013 22:52

D'un côté, en tant que scientifiques, nous sommes liés éthiquement à la méthode scientifique, c'est-à-dire jurant de dire la vérité, toute la vérité et  seulement celle-ci - ce qui signifie que nous devons parler de tous les doutes, des mises en garde, des "si", des "et" et des "mais". D'autre part, nous ne sommes pas seulement des scientifiques mais également des êtres humains. Et, comme tous nous aimerions que le Monde soit un meilleur endroit où vivre, ce qui dans ce contexte signifie  que nous devons travailler pour réduire le risque d'un changement climatique potentiellement catastrophique. Pour cela nous devons chercher un large soutien pour rechercher l'imagination du public. Bien sûr, cela signifie avoir plein de présence dans la Presse. Donc, nous devons mettre en oeuvre des scénarios effrayants, offrir des déclarations simplistes, théâtrales et ne pas trop dire sur les doutes que nous pourrions avoir. Ce double "ethical bind"  où nous nous trouvons souvent ne peut être résolu par une baguette magique. Chacun d'entre nous doit pouvoir décider ce qui est le bon équilibre entre être utile et être honnête. J'espère que ça veut dire être les  deux.

Stephen Schneider,

Stanford environmental scientist

(traduction rapide de :

On the one hand, as scientists we are ethically bound to the scientific method, in effect promising to tell the truth, the whole truth, and nothing but​—​which means that we must include all the doubts, the caveats, the ifs, ands, and buts. On the other hand, we are not just scientists but human beings as well. And like most people we’d like to see the world a better place, which in this context translates into our working to reduce the risk of potentially disastrous climatic change. To do that we need to get some broad based support, to capture the public’s imagination. That, of course, means getting loads of media coverage. So we have to offer up scary scenarios, make simplified, dramatic statements, and make little mention of any doubts we might have. This “double ethical bind” we frequently find ourselves in cannot be solved by any formula. Each of us has to decide what the right balance is between being effective and being honest. I hope that means being both.)

Voilà... On est bien loi du célèbre "La pensée ne doit jamais se soumettre, ni à un dogme, ni à un parti, ni à une passion, ni à un intérêt, ni à une idée préconçue, ni à quoi que ce soit si ce n'est aux faits eux-mêmes, car pour elle, se soumettre ce serait cesser d'être" de Poincaré qui figurait fièrement au fronton de l'ULB il y a ... longtemps...


Source citations sur la page La pensée ne doit jamais se soumettre, ni à un dogme, ni à un parti, ni à une passion - Dicocitations

 

 

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6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 15:13

Pour la Noël, j'ai offert à C. un abonnement de six mois au journal Le Soir, mais un "vrai" abonnement, avec dépôt du vrai papier dans la vraie boîte aux lettres. A vrai dire, j'avais accepté pour la persuader de la vacuité absolue de ce genre de canards, et je crois que j'ai réussi : le papier s'amoncelle et sert maintenant à allumer les barbecues.

 

Pourtant, je le lis de temps à autre et justement hier, quelques titres et un éditorial m'ont particulièrement amusé...

 

L'édito, d'abord.

Il portait sur le joli mouvement de menton de M. Karel De Gucht, celui-là même qui avait décidé de punir les faces de citron qui nous inondent de panneaux solaires. Et l'éditorialiste de féliciter la Commission, de fustiger les Etats membres qui sont contre, de haranguer la foule pour qu'elle rugisse enfin, faisant comprendre une bonne fois pour toutes que les Chinois ne pouvaient pas se comporter comme des cow-boys, des francs-tireurs !

Ah, le mâle et puissant langage...

J'admets qu'un édito n'est pas le lieu de dissection et d'analyse, mais un peu de réflexion n'est-elle pas nécessaire ? Et l'affaire des panneaux solaires méritait un peu mieux que cet appel aux armes (et le réflexe idiot de la Commission).

Il en va du dumping comme de l'obsolescence programmée, c'est un concept au mieux fumeux, au pire mensonger. Le dumping, c'est ce que font les Autres, vous, c'est venir au secours d'une Industrie (avec le I en capitale, ça va de soi) malade.

Pour avoir une vue un peu plus claire de toute l'histoire, je vous conseille d'aller voir chez Alexandre Delaigue, (*) et les citations de son article valent d'être lues également, et spécialement l'article du FT sur les résultats des taxes anti-dumping appliquées aux mêmes panneaux solaires par les USA.(**)

Notez, il y a quelques dizaines d'années, je me souviens d'un mien parent qui tonnait contre la Migros, dont il prévoyait bien sûr qu'elle pratiquait des prix de dumping pour rafler le marché et renchérir après... On a vu...

 

Le PS belge et la Commission.

Je dois reconnaître que le travail récent de la CE ne m'inspire pas énormément d'admiration, et les dernières prestations d'Olli Rehn distribuant des bons et mauvais points aux Etats et leur désignant la marche à suivre m'a indisposé. Ce n'était jusqu'à présent pas là le rôle de la CE, mais ce sont les États eux-mêmes qui lui ont conféré ce pouvoir.

Le PS belge l'a mal pris, mais comme il est très europhile, il a demandé à quelques-unes de ses lumières de pondre un papier expliquant aux mandataires qui se présenteront aux (très proches) élections à tous les niveaux ce qu'il fallait dire et faire, et surtout ne pas attaquer "l'Europe". Et le président tout neuf, Paul Magnette, a ainsi proposé que l'Europe devienne "la championne du monde des économies d'énergie".

On sait ce que ça veut dire, bien sûr, ce n'est pas en faisant comme les USA qui ont investi à fond dans le gaz dit de schiste, c'est en subventionnant des modes d'énergie dites (généralement à tort)  "renouvelables", en pompant des dizaines de millions dans des champs d'éoliennes, en installant des hectares de panneaux solaires (chinois...) qui défigurent le paysage (je reviens de Sicile où j'ai été choqué par le spectacle, oui, même moi qui suis assez peu sensible aux "beautés de la nature"), bref tout une série de gadgets qui marchent mal, coûtent une fortune et nous sont un surpoids évident face à nos concurrents mondiaux qui doivent bien rigoler une fois de plus en se disant que décidément ces sacrés Européens sont impayables ! Mais, comme on dit généralement, c'est "écolo", donc ça marche moins bien et ça coûte plus cher...

 

Page Economie.

Oui, Le Soir a aussi ses feuillets saumon sur l'économie, et justement, j'y lis :

 

20% des Belges se partagent plus de 60% du patrimoine

PATRIMOINE Tous les Belges ne sont pas égaux devant la richesse

 

Alors là, voilà qui m'en bouche un coin ! Et je vais vous révéler un grand secret : même en Suisse, tous les Suisses ne sont pas égaux devant la richesse. Si si, je vous l'assure !

 

Retenez-moi ou je fais un malheur.

Après l'affaire Cahuzac, on allait voir ce qu'on allait voir : les ministres étaient tenus de déclarer jusqu'à leur vieille 2CV toute pourrie, et tous les zélus vont suivre !

Ben oui, on va voir. D'après les dernières nouvelles, chaque électeur français pourra consulter l'état de fortune de tout élu - mais interdiction de publier l'info ! Jusqu'à 45.000 € d'amende !

Voilà une fois de plus cette funeste habitude française de considérer le législateur comme un maître d'école. Il dicte leur conduite aux p'tis zenfants et ceux-ci, soumis, obéissent... Obéissants, les Français ? Pas vraiment, non... Alors, avec le Net, vous imaginez ce qu'on fait d'une interdiction pareille ?

La décence m'empêche d'aller plus loin.

 

Google Earth, ouh que c'est vilain !

"Une application comme Google Earth peut être aisément détournée par des réseaux terroristes pour faire des repérages d'objectifs. La vision consumériste de Google [...] nuit à la sécurité collective."

C'est très intéressant et c'est de Jean-Louis Bruguière (un pote à Gérard de Villiers, semble-t-il).

C'est vrai que la liberté et l'information, c'est très dangereux. Et quant à la vision "consumériste" de Google (ça veut dire quoi, au juste ?), c'est bien vrai qu'elle devrait être remplacée par une bonne vieille logique d'Etat : nationalisez Google, et que tout ça soit géré par le gouvernement !

 

 

Ça ne vous rappelle rien ? J'emprunte à Wikipédia :

 

 

"De 2002 à mars 2007, date à laquelle, atteint par la limite d'âge, il quitte ses fonctions, Jean-Noël Jeanneney est président de la Bibliothèque nationale de France. À ce poste, il se manifeste en particulier dans son offensive contre le risque de monopole du projet, annoncé par Google en 2004, de numérisation massive et de mise en ligne, dans sa bibliothèque numérique dénommée Google Books, d'ouvrages conservés dans quatre bibliothèques anglo-saxonnes. Un article publié dans Le Monde, puis l'essai Quand Google défie l'Europe : plaidoyer pour un sursaut (2005, 2006, 2010), traduit en quinze langues, dénoncent le risque pour la diversité culturelle de laisser le monopole au projet d'une entreprise commerciale privée qui accorde un poids disproportionné à la langue anglaise, et dont l'organisation des documents repose sur les algorithmes secrets du moteur de recherche et est notoirement influencée par la publicité. Il lance un appel à une contre-offensive européenne, sous la forme d'une Bibliothèque numérique européenne, multilingue, gratuite et reposant sur une hiérarchisation transparente des documents. Ce projet ayant reçu le soutien des institutions européennes, la BNF développe un prototype qu'il a dénommé Europeana, dont la version bêta a été mise en ligne en mars 2007 à l'occasion du Salon du livre de Paris, et la version définitive en novembre 2008."

Heureusement qu'on a Europeana ! Qu'est-ce qu'on ferait sans elle ?

 ​Notons tout de même que ceux qui prônent à tout-va la "diversité culturelle" sont les plus acharnés défenseurs de "l'exception culturelle"... Mais on n'en est pas à une contradiction près

 

 

(*) et tant que vous y êtes, ne manquez pas son billet passionnant sur l'histoire des containers.

(**) on peut avoir accès gratuitement à 7 articles du FT chaque mois, il suffit de s'inscrire.

 

 

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15 avril 2013 1 15 /04 /avril /2013 23:21

Daniel Termont, bourgmestre PS de Gand (Ghent pour les initiés) veut interdire la mendicité dans sa (???) ville. Hélas pour lui, ça ne marche pas bien car la majorité des mendiants sont des sdf... allez-leur servir une injonction !

Un autre PS, celui de Bruxelles, est d'accord avec son collègue.

 

Mais à Liège, la mendicité est autorisée, un jour par semaine et par quartier...

 

Wow ! On va distribuer des tickets, "non, peut-être" (encore une fois, expression purement bruxelloise).

 

"Amusé" ? Pas vraiment.

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21 février 2013 4 21 /02 /février /2013 17:12

- Bangkok : de plus en plus monstrueuse ; décidément, j'aime beaucoup cette ville. Il est loin le temps des hôtels cinq étoiles pour presque rien. Maintenant, les shopping malls sont luxueux et chers. Quant à la cuisine thaïe - sans doute une des meilleures du monde - on trouve heureusement son bonheur près de chez soi. Les larmes du Tigre est ici du niveau des meilleurs restaurants de BKK - et nettement moins cher... On peut manger très médiocrement en Thaïlande...

 

- Le pape : curieusement, sa démission a fait plus de bruit dans les chaînes anglo-saxonnes (BBCW et CNN) que sur les chaînes francophones. Mais au fond, c'est normal : laïcisme oblige.

 

- Viande de cheval : alors là, pas un jour sans qu'on n'en parle à chaque journal de BBCW. 10 jours de lamentations et d'horreur concentrées. Evidemment, pour un Britannique, manger du cheval est une abomination inconcevable, d'où les développements journalistiques interminables pour une fraude certainement punissable, mais somme toute assez vénielle. Je ne suis d'ailleurs pas arrivé à savoir quel était le pourcentage d'adultération. Y avait-il 1, 5 ou 10% de viande de cheval ? Ou était-ce à l'état de traces ? Notez bien qu'il y a quelques mois, Test Achats avait analysé les bidoches des petits restaus turcs, d'où il résultait que la viande dite halal contenait jusqu'à 3% de porc... La Presse n'avait nullement répercuté une nouvelle qui valait bien l'autre, au moins pour les Juifs et les musulmans. Et ça me rappelle ces vendeurs de crème glacée à New York qui arborent fièrement un certificat de qualité kasher signé par un vrai rabbin, avec la photo d'icelui.

 

- New Delhi/Bombay : difficile d'y arriver après la Thaïlande. Si les prix de l'hôtellerie thaïlandaise ne sont plus ce qu'ils étaient, la qualité du service reste absolument hors pair, et sans la moindre servilité. L'hôtellerie indienne, par contre, est inefficace, le personnel est généralement bourru et toujours à la quête revendiquée de pourboires. Je ne parlerai pas des taximen, avec qui j'entretiens généralement des relations assez tendues (pas seulement en Inde, je le reconnais), mais en général la désorganisation et la bureaucratie ultra-tâtillonne sont la caractéristique de la vie quotidienne en Inde (je reviens de Delhi à Bruxelles via Bombay et j'en frémis encore. L'aéroport de Bombay est sans doute une belle introduction à l'après-vie en Enfer. La cuisine indienne peut être délicieuse, mais une fois encore, nous avons ici des restaurants indiens qui sont très authentiques, délicieux et moins chers. Je vais encore faire bondir certains, mais je persiste).

 

- Après avoir entendu Obama et son discours sur l'état de l'Union, je suis déçu qu'il ait accroché les wagons les plus ridicules sur les "extrêmes climatiques". Il fallait pourtant s'y attendre, mais si j'ai bien compris, il a d'autre part donné le feu vert au pipe-line Keystone XL, réalisme oblige... A propos de climats extrêmes, on nous a assez rebattu les oreilles sur les feux de brousse en Australie, "du jamais vu", paraît-il. Ben justement, il y avait il y a quelques jours une émission commémorative sur une chaîne de télé australienne, pour rappeler la tragédie d'il y a tout juste trente ans : deux provinces avaient été ravagées par de gigantesques incendies où avaient péri plusieurs dizaines d'habitants et de pompiers. Question posée à nouveau : comment peut-on parler d'augmentation de fréquence d'événements rares (extrêmes) depuis, en gros, 1945 ? Réponse : on ne peut tout simplement pas, c'est bien trop tôt. Et puis, c'est toujours cette idéologie Goldilocks : tout changement ne peut qu'être néfaste, les sécheresses ne toucheront que les zones sèches, les inondations iront exclusivement vers les zones humides, les pays froids gèleront et les pays chauds rôtiront.

 

- L'IATA a publié des statistiques intéressantes : il y a eu en 2011 2,8 milliards de passagers aériens, avec une croissance annuelle prévue de 5,3%. Ce sont les économies émergentes qui verront une croissance nettement supérieure, même si la fréquentation intérieure des USA garde la part du lion avec 710 Mio de passagers plus 223 Mio de passagers en routes internationales connectées avec les USA. En 2011, le frêt aérien s'est élevé à 29,6 millions de tonnes avec une croissance annuelle moyenne prévue de 3%. Bien sûr, comme d'ici à une dizaine d'années il n'y aura plus d'avions ni d'aéroports en France, il faudra peut-être réviser ces chiffres très légèrement à la baisse. Car je ne doute nullement qu'Yves Cochet ait tort, ça va de soi.

 

- Siem Reap : n'est peut-être pas à conseiller durant les fêtes du Nouvel-an chinois. Le taximan était très fier de nous annoncer qu'il y avait eu 3,5 millions de visiteurs en 2012 et qu'on allait vers les 4 millions en 2013-2014. Punaise ! Quand je me souviens du Siem Reap d'il y a seulement quinze ans... Très amusant d'entendre de petits groupes francophones (Belges, Français, Québecois) pester contre les grands groupes de Chinois, de Japonais et de Coréens qui envahissent  les sites. Ben, Msieurs-Dames, nous aussi nous les envahissons, non ? On est p'têt ben moins nombreux mais on a plus le droit, non ? Cela dit, après onze heures du matin, les grands groupes disparaissent (pour aller où ? Mystère...) Mais je crois qu'ils se lèvent très tôt pour voir le lever du soleil ; à son coucher, plus personne, sauf au Phnom-je-ne-sais-plus-quoi pour s'y faire porter en éléphant et même Angkor Vat est libre...

 

- Siem Reap, encore : revu le Banteay Srei, celui que ce vieux bandit de Malraux avait pillé. Le plus rigolo de l'affaire, c'est que tant d'intellectuels français aient pris la défense du pillard : Gide, Maurois, Mauriac, Paulhan et bien d'autres, comme cette mouche tsé-tsé d'André Breton qui se fend d'un superbe "Qui se soucie réellement de la conservation dans leur pays d'origine de ces oeuvres d'art ?". Oui, comme le Parthénon, qui ne cesse de dresser la Grèce contre le Royaume-Uni... Sauf évidemment que Malraux voulait en faire du fric...

 

- Siem Reap, dernière : le Ta Prohm serait le temple ultime, du genre Indiana Jones. Oui, sans doute. Mais si vous passez par là, n'oubliez surtout pas que le Preah Khan vous prendra dans ses ruines bien moins définies... on peut y passer des heures entre le lever et le coucher du soleil...

 

- Quelques images sur la manif de Washington, où quelques milliers (350.org parle de 40.000, CNN de 30.000, mais sur les photos que j'ai vues, ça me semble un chiffre bien gonflé) de manifestants sont venus - bravant un froid glacial - demander à Obama de tenir les promesses de son discours (mais pas de sa campagne électorale...) et de dire non au pipe-line. Les organisateurs sont fiers d'avoir affrété (mais pas gratuitement !) 170 autocars, ce qui ne fait tout de même que quelques milliers de participants. "Les autres ont-ils pris leur voiture polluante ?" demande un commentateur. Réponse indignée d'une manifestante : "I took my Prius, smart ass!". Car, on le sait, une Prius ne consomme rien; 0 joules au kilomètre. C'est du moins ce que croit sans doute savoir la gentille dame scandalisée. Dois-je répéter que c'est faux, et qu'une Prius en cycle routier n'est qu'une bagnole comme une autre ?

 

- Cambodge : la riziculture est quasiment la seule ressource du Cambodge, occupant environ 85% des terres cultivées pour une moisson annuelle de 6 ou 7 millions de tonnes dont 2 sont exportées. C'est un travail exténuant, qui provoque des tas de maladies, dont parfois l'abominable mal des rizières dont souffrent ces vieillards courbés, le dos définitivement ruiné. Voilà ce que voudrait, ce qu'exige même l'immonde Vandana Shiva, pour qui les fermiers cultivant des OGM sont aussi coupables que les violeurs. Abominable.

 

- Angkor Vat : en voyant là et ailleurs tous ces bas-reliefs représentant des guerres réelles (Khmers contre Champas, Khmers contre l'ennemi héréditaire siamois - Siem Reap signifie l'écrasement ou le massacre des Siamois - etc.) ou supposées (dans le Mahabharata, les Pandava contre les Kaurava, dans le Ramayana où Rama combat notamment l'immonde Iznogoud, non, pardon, l'immonde Ravana aux dix têtes et vingt bras, Ramayana qui fait encore l'objet dans toute l'Asie hindouiste et même au-delà de représentations diverses cinématographiques, théatrales in vivo ou en ombres, et jusqu'à Kill Bill, qui m'a toujours semblé une paraphrase de l'épopée en question), en les voyant donc, je me souviens d'une grande conférence tenue dans les années cinquante sous les auspices de l'UNESCO où de grands philosophes, ethnologues et autres Prix Nobel (dont, si j'ai bonne souvenance, Claude Levi-Strauss) avaient - et c'était normal après une guerre mondiale parfaitement ignoble - déclaré qu'il n'était pas scientifiquement établi que l'Homme avait la guerre chevillée à l'esprit et au corps (comme diraient les éditeurs de Wikipedia : Reference Needed, mais je crois me souvenir que ça figurait dans un des nombreux livres de Matt Ridley). Sans doute. Pas scientifiquement établi, non, mais tout de même... Et il se fait que je reviens d'un très beau concert de Paul Van Nevel (Huelgas Ensemble) consacré au genre très en vogue vers le 16-17e siècle, celui de la Battaglia, dont Josquin (Scaramello va a la guerra) et d'autres ont excellé. Découvert donc Guillaume Costeley, Alessandro Striggio, Christoph Demantius, Mateo Flecha el Viejo e così via. Certes, il y a battaglia et battaglia, certaines étant purement érotiques, mais bien d'autres étant un peu plus belliqueuses : " Rends-toi Calais, cache tes étendards, à mort canaille, à mort passez !", "Il n'est trépas plus glorieux que de mourir audacieux parmi les troupes combattantes", "Prenons ces loups, tuons-les tous", etc. etc. ainsi ad nauseam.

 

Pas scientifique, avez-vous dit ?

 

 

 

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20 décembre 2012 4 20 /12 /décembre /2012 22:04

Oui, je sais, ça ne mérite pas trois (ou deux) minutes de notre temps, mais enfin... J'avais déjà mis en référence un article amusant de Télérama à ce sujet, et je peux en mettre un autre sur le même sujet. Il y a une version ES et une autre IT dans l'article.

 

Il y a quelque chose de tellement minable dans ce buzz que je me demande pourquoi tout le monde (dont moi...) en fait tellement. Pour ridiculiser les crétins qui y croient vraiment ? Ou pour se scandaliser, s'offenser, s'indigner du fait que c'est une bonne petite affaire à faire, qui peut rapporter pas mal de fric ?

 

Je ne connais évidemment personne qui "y croie". Vous non plus, sans aucun doute, sauf à travailler dans le milieu psychiatrique (ce n'est pas le mien). Tout de même, je me demande... J'aimerais rencontrer un de ces obstinés bientôt frustrés. Demain, le Web va sans doute bruisser chez les malades qui diront que oui, que non, qu'on s'est trompé dans les calculs (! calculs... savent-ils seulement additionner 0 et 1 ?) et que si ce n'était aujourd'hui, ce sera dans 1, 2 ou 50 ans). Un cataclysme de plus passé à la trappe... Et ce n'est pas ça qui découragera ces pauvres malades...

 

 

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6 décembre 2012 4 06 /12 /décembre /2012 22:37

Traditionnellement, les zautorités bruxelloises érigent sur la Grand'place un sapin géant venu depuis quelques années de pays nordiques de l'UE qui nous en font don. Grand arbre majestueux qui fait accourir les foules, etc.

 

Cette année, le Collège a choisi de remplacer l'arbre en question par une structure artistique tout ausi géante, mais dite (je ne sais pourquoi) "électronique", en fait une structure plus ou moins figurative illuminée de l'intérieur.

 

sapin.jpg

 

Pourquoi pas ? L'idée en soi n'était nullement mauvaise, du moins à mon point de vue. Mais la réalisation... Un cheap brol, que dis-je un brol ? Du pur bucht comme on dit en bruxellois. La nuit, de loin, ça peut paraître intéressant. Mais de près... Un affreux système d'échafaudages tubulaires recouvert de toiles flottantes avec du bois de bardage des plus lamentables. Et, bien sûr, le logo Electrabel (notre opérateur historique vendu à EDF qui veut redorer son blason bien terni en se présentant comme "vert"). Le tout avec une alternance de vilaines couleurs détonnant de concert (*) avec des illuminations rapides de toutes les (affreuses) couleurs qui illuminent les bâtiments avoisinants, les bâtiments ayant été reconstruits en 1697-1698 après que la Grand'place eut été rasée par les armées du maréchal de Villeroy et qui souffrent de ce misérable feu d'artifice.

 

D'aucuns se sont émus (**) de cette nouveauté, mais nullement pour en dénoncer l'aspect repoussant, non, mais pour s'émouvoir de son caractère "politiquement correct" qui devrait rallier les "populations musulmanes" de Bruxelles... Quelle foutaise ! Comme chacun sait, le "sapin de Noël" fait référence à un tradition païenne bien plus ancienne que le christianisme (qui n'a fait que le reprendre à son compte) : le solstice d'hiver, le moment où les jours reprennent. J'ajouterai que pour les musulmans (et pour Mohammed lui-même), Jésus était un prophète, mais que Mohammed était le "sceau" (càd le dernier et définitif) des prophètes, et que Noël est (ou plutôt était...) une fête mineure. N'oublions pas que les chrétiens et les juifs sont pour les musulmans Ahl el kitab, les gens du Livre, le livre étant bien entendu la Bible, et plus précisément ce que nous appelons l'Ancien Testament. De l'eau a coulé sous les ponts et les durs affrontements entre les trois religions ne permettent plus ces accommodements.

 

Quoi qu'il en soit, il y a toujours sur la Grand'place une crèche kitschissime avec un Joseph barbu et bien vêtu, une Marie en beau costume et un bébé Jésus grassouillet plus trois Rois mages (dont on ne trouve la trace que chez Matthieu, d'ailleurs) et un enfant dont je ne m'explique pas l'origine.

 

creche.jpg

 

Serait-ce Jacques ? Avec une jupe ? J'ai des doutes...

 

Et ce serait donc "politiquement correct" pour ne pas heurter les musulmans ? Allons donc ! Le collège a voulu se mêler d'Art et il s'est complètement gouré ! S'il avait demandé à, disons, Penone, spécialiste en arbres, ça lui aurait coûté bien plus cher, sans doute, mais quelle merveille c'eût été !

 

 

(*) Boileau, voir ici. Ce vieux réac atrabilaire pouvait être drôle et son repas ridicule me rappelle l'histoire suivante :

"- Comment était votre dîner ?

- Ma foi, si le potage avait été aussi chaud que le vin, le vin aussi vieux que la poularde et la poularde aussi grasse que la maîtresse de maison, c'eût été acceptable..." 

(**) émus... on peut comprendre des restrictions, des critiques, des refus sur le plan artistique, mais il y a eu des réactions abominablement racistes à ce sujet. Faisant, comme d'habitude, l'amalgame entre Arabes et musulmans, on connaît, on connaît. Dieu, que la connerie est présente partout.

 

P.S. Ah oui, on démontera le "sapin électronique" juste après la Noël, car on craint que des rigolos du 31/12 l'utilisent pour grimper dessus, fins saoûls et suicidaires... Quelle misère !

 

 

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22 novembre 2012 4 22 /11 /novembre /2012 00:17

J'ai lu récemment que le collectif Anonymous (de bons indignés qui apparemment connaissent tous les trucs des hackers pour s'introduire sur l'infâme Net notoirement aux ordres de etc.) a piraté le WWF pour le punir d'avoir fait l'éloge de Monsanto, qui avait fait pénitence. Comme avec Coca-Cola, l'horrible "multinationale" (hisss, hisss) qui a obtenu, elle aussi, l'aval du WWF qui est en train d'exercer un assez abominable chantage.

 

Bien, bon, les Anonymous et les rigolos (pas tellement) du mouvement OCWS assurent être les 99% contre le pourcent restant. Fort bien. Et ça veut dire quoi ? Sauf dans une société parfaitement égalitaire, il y aura toujours bien évidemment le pourcent supérieur (disons en terme de revenus) et les 99 autres. Au Danemark, en Suède, etc. pays bien plus égalitaires que les nôtres (France, Belgique, Italie, Canada, etc.). Qui veut croire que ceux du deuxième pourcentile sont intrinsèquement différents de ceux du premier? et que les 10% du bas des 99% ont partie liée avec les 10% du haut, qu'ils se retrouvent dans la même catégorie ?

 

C'est évidemment stupide, mais il est tout aussi vrai que dans nos sociétés la pauvreté est scandaleuse, inacceptable. Et, une fois de plus, comment essayer de l'éliminer ?

 

Vous avez une solution ? Très sincèrement, j'aimerais la connaître - et pas seulement moi, ça va sans dire, mais si c'est l'éternel "taxer les riches", ceux qui gagnent plus de 4.000 € par mois, adressez-vous à la poste restante.

 

 

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14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 15:01

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Il fut un temps où la BBC était une institution admirée au Royaume-uni et dans le monde entier, modèle de rigueur, d'impartialité et d'ouverture (la fameuse "transparence"), respectueuse du public et irrespectueuse envers le Pouvoir (je mets les années de guerre entre parenthèses, on peut le comprendre).

 

C'est bien fini. Les derniers scandales qui secouent la vieille dame (la vieille morue, si l'on préfère) provoquent chez nous une stupéfaction peinée, due sans doute à une volonté des journalistes de ne pas trop ébruiter la grande perte de crédibilité subie par la Beeb auprès de ses auditeurs britanniques, et ce depuis que Toni Blair a décidé de la mettre au pas après en avoir essuyé les feux.

 

L'impertinence et l'indépendance de la BBC ne sont plus qu'un lointain souvenir. Quant à son impartialité, pourtant obligatoire selon ses statuts, il n'en est plus vraiment question. En janvier 2006, une réunion de travail, décrite comme un brainstorming - quelques membres de la BBC et  28 personnes non autrement décrites que comme des "scientifiques de premier plan" - débouchait sur la décision de ne plus accorder un temps égal aux partisans des thèses de l'IPCC et à leurs contradicteurs :

 

 "The BBC has held a high-level seminar with some of the best scientific experts and has come to the view that the weight of evidence no longer justifies equal space being given to the opponents of the consensus [on anthropogenic climate change]."

 

Or, la BBC n'est pas le Guardian, puisqu'elle a un statut de service public (à l'anglaise, naturellement). Andrew Montford avait d'ailleurs dénoncé cette forfaiture dans un petit e-livre fort bien fait et d'un prix ridiculement bas (1€).

 

Mais voilà : on se doutait bien que tous les invités n'étaient pas des scientifiques (de premier ou de deuxième rang, peu importe), mais on n'en avait pas la preuve. Les deux Climategates avaient révélé une collusion entre certains membres de l'IPPC et des journalistes la BBC pour faire taire l'opposition.  Aussi, un blogueur, Toni Newbery, utilisa les Freedom of Information Act pour se faire livrer la liste des noms. Peine perdue, la BBC utilisa tous les moyens pour faire taire l'importun et finit devant un tribunal spécial composé de trois juges (dont deux non-magistrats, des "lay judges") d'une mauvaise foi absolue (l'un d'eux avait eu la bonne idée de faire des remarques sur Twitter), qui jugèrent que la BBC jouissait d'une exemption pour "raisons de journalisme" (whatever that means ; on comprend qu'il faille protéger ses sources, mais ici ce n'était clairement pas le cas) et même que, selon la règle de Chatham House, on ne pouvait même pas évoquer ces "scientifiques" (ce qui est tout aussi ridicule comme argumentation). La BBC avait d'ailleurs recruté l'aide de cinq ou six juristes spécialisés et particulièrement bien payés pour l'assister dans cette pénible épreuve.

 

Déception pour le débouté, donc.

 

Mais voilà : une fois de plus (nous en avons déjà vu quelques exemples), ces petits malins n'avaient pas compté avec les traces laissées derrière eux, et Maurizio Morabito, un autre blogueur astucieux et accrocheur, eut l'astuce d'alller consulter Wayback Machine et bingo! voilà la liste toute fraîche, toute crue, catastrophique pour la Beeb : 3 des participants seulement étaient des scientifiques (d'ailleurs tous acquis aux thèses de l'IPCC). 

 

Inutile de dire que - Guardian excepté - la Presse britannique s'en est donné a coeur joie, à commencer évidemment par James Delingpole dans le Telegraph.

 

 

 

 

 

 

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Published by cdc - dans sociologie
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8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 21:26

Il n'est pas indispensable de louer une voiture pour visiter New York. Les taxis ne sont pas chers, mais encore faut-il comprendre les chauffeurs qui se recrutent principalement parmi les nouveaux arrivés, Bengalis, Iraniens, Serbes ou Croates et bien d'autres et dont l'anglais est plus qu'approximatif. Par contre, ils savent où ils vont, ce qui est assez étonnant vu que le GPS marche très mal à Manhattan, sky-risers obligent. Ils n'ont aucune patience, klaxonnent comme des malades (sauf dans les quartiers marqués "No honking, 250 $ fine"). Manque de chance, notre voiture de location était immatriculée en Floride : on imagine les insultes et les "Motherfucker!" fusant quand on ratait un tournant dans un Manhattan dévasté...

Et puis, trouver un parking est facile. Très facile. Très cher aussi, de l'ordre de 30 à 40 $ la première heure (mais environ 45 $ pour 24 h. Allez comprendre !). Prenez le taxi, c'est moins cher, mais n'oubliez pas de payer 15% de pourboire, sinon on pourrait vous répondre "d'you want to pick up your teeth on the floor?" (authentique - mais c'était dans les années '50).

 

La vie est chère, demandez à ceux qui payent leur loyer ! Le moindre restau pour une misérable pizza demande une vingtaine de dollars plus taxe (8.875 %) plus pourboire (très facile à NY : le double de la taxe...). Un bon steak-house demande quelque 45 $ pour un (sublime, je l'admets) Rib-eye - plus taxe, plus tip...Par contre, les boutiques de vêtements sont moins chères : achetez !

 

Que dire des musées ? Fabuleux - et chers. Au MOMA, faites-vous membre, vous y aurez la gratuité et vos invités n'y payeront que 5 $/entrée. Le Met est moins intéressant au point de vue prix d'entrée, mais qu'il est stupéfiant !.

Que dire du métro ? Horrible et mal foutu. En été, il est impossiblement chaud même si les rames sont climatisées.

 

Par contre, les New-Yorkais sont adorables, un peu bruts de décoffrage mais très accueillants ; entrant avec une poussette de bébé dans une bouche de métro, il y a toujours un quidam qui vous propose de vous aider à descendre les marches. Si vous ne trouvez pas votre chemin, ils sont tous là à vous aider. Et si vous ne connaissez pas bien la langue et si vous dites que vous êtes Français ! Ils se mettront en quatre ! Si vous parlez espagnol, c'est le délire...

 

D'ailleurs, dans cette ville pure Democrat, on ne saurait dénombrer les bistrots, restaurants et autres commerces dont les enseignes sont en français...

 

Ecolos, comme ils veulent l'être, avec leur High-line où ils ont planté des herbes gentiment "sauvages", mais où ils se repaissent (et nous avec !) des invraisemblables illuminations de Times Square !

 

I love this place...

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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 17:51

Il a quitté le shtetl avec le reste de sa famille, ils ont erré, passé des frontières. Puis ils ont pris le paquebot, en steerage, avec les valises et la cargaison, et une foule d'autres venus de partout qui espéraient trouver une autre vie. Quand le paquebot a accosté, on les a tous renvoyés dans des bateaux plus petits qui les ont emmenés sur Ellis Island où ils ont passé des heures et des heures à répondre à des questionnaires qu'ils ne comprenaient pas, ou pas bien, avec leur maigres connaissance linguistiques, heureusement, il y avait des gens qui parlaient le yiddish ou un improbable dialecte italien, mais c'était si déroutant, si terrifiant. Allait-on le renvoyer là-bas ? On disait que ça arrivait... Et puis, miracle, ils ont pu reprendre le petit bateau et enfin être admis dans le pays de l'espoir.

Cette nuit-là, le vieux Juif erra dans la ville, ivre de bonheur ; il arriva dans Fulton Fish Market, et dans l'enchevêtrement des échoppes, il vit deux grands paniers, l'un portant l'écriteau "Crabes, 3$" et l'autre "Crabes extra, 5$". Il vit, médusé, un crabe qui s'échappait du panier à trois dollars, puis grimpant dans celui à cinq, s'y laissa tomber... "America gonef!" souffla-t-il.

 

Oui, j'ai choisi de raconter cette vieille histoire en y mettant du mélo, mais je la trouve toujours aussi drôle : American gonef, Amérique fripouille, sacrée Amérique, only in America.

 

Sauf qu'elle est assez fausse. New York - c'est devenu un lieu commun - n'est évidemment pas l'Amérique, pas celle des rednecks (qui ont malgré tout un certain charme cinématographique, voir le magnifique Shotgun Stories, et tant d'autres)  ni des misérables petites villes à deux rues se croisant à angle droit où on trouve un minuscule strip mall, un drugstore et un MacDonald à côté d'un restaurant chinois et du Sheriff's Office. Non d'ailleurs que celles-ci n'aient un certain charme, etc. Je me souviens de Culpeper, VA...

 

Bref.

 

Il y avait trois ou quatre ans que je n'étais allé à Manhattan. Je l'ai retrouvé presque comme je l'avais laissé, avec plein de choses anciennes et nouvelles. Trois ou quatre douzaines de langues parlées, des noms et prénoms venant des quatre coins de la Terre, des wagons-"restaurants" de rue proclamant bien fort leur qualité de Kasher (mais rarement Glatt Kasher, même si un quelconque rabbi atteste par écrit que la crème glacée en vente est vraiment acceptable par les vrais Juifs - ce qui me rappelle cet extraordinaire moment où des Mozabites - oui, des Mozabites ! mais c'était in tempore non suspecto, pour tout dire en 1979 - nous avaient dit qu'ils avaient plus confiance dans la viande du Yehoud du coin que dans celle de leur boucher habituel. Il faut vous dire qu'à l'époque, nous voyagions avec un bon ami très Juif qui avait été bien accepté par lesdits Mozabites lui faisant des remontrances en disant que la télévision était une abomination parce que les femmes et les enfants du M'zab préféraient regarder la téloche - était-ce "Dallas" ? Je ne m'en souviens plus trop - plutôt qu'aller prier. Et notre bon ami de nous confier, lui qui comme nous ne regardait jamais la télé : "au fond, la téloche, c'est pas si mal..."). Et puis bien sûr la proclamation juste à côté (ou en-dessous) du wagon de rue : "Halal", suivi (en arabe) du célèbre "Bismillah er-rahman er-rahim", "Au nom de dieu, le bienfaiteur, le miséricordieux". Pour des hot-dogs, c'est tout de même pas mal. On imagine à Lourdes "Bernadette la Chouette, laquelle veut voir dieu". Sur un stand de barbe-à-papa.

 

Voilà.

 

New York. New York est la ville urbsissima. Paris est évidemment la "plus belle ville du Monde", Rome est une merveilleuse ville provinciale, etc. NY (Manhattan, mais pas seulement) est la seule ville où il ne fait pas bon vivre, mais où on vit prodigieusement. Bien sûr, nous y étions quand Sandy s'est amenée - avions bloqués au sol, ça va de soi. Trop facile, évidemment dans un hôtel avec des générateurs, et de quoi se plaindre quand le WiFi s'éteint pendant une heure...

 

Le lundi après-midi, balade vers Battery Park - fermé. Pluie, pas mal de vent. Sandy n'est même plus un ouragan, mais un effroyable complexe de tempêtes et de marées de sysigie. Horribile visu, la mer qui s'engouffre dans les tunnels, dans le metro, cent maisons qui crament dans le Queens. Effroyable. Les images des lourdes vagues, qui me rappelaient le tsunami de 2004 : un gonflement presque gentil, mais écrasant tout sur son passage. Les tunnels, le métro, les voitures balayées...

 

Le lendemain - non : le lendemain, elle n'était pas souriante. Beaucoup de NewYorkais ont accueilli avec joie un jour béni de congé (ils n'en ont pas beaucoup). Et puis, le surlendemain, ceux ou celles que je connais en avaient un peu assez. J'en sais une qui voulait revenir de Brooklyn à pied mais le vent était trop méchant.

 

Les NewYorkais sont durs. Résilients.

 

Je n'ai pu retourner ni à Dia:Beacon, ni aux Cloisters. Quel dommage !

 

I'ILL BE BACK!!! I love NY... Been born there...

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