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18 octobre 2011 2 18 /10 /octobre /2011 13:58

J'entendais il y a quelques jours un économiste déclarer en interview lors de l'affaire Dexia qu'il avait toujours été très méfiant envers les banques publiques, mais qu'il avait sensiblement nuancé ses points de vue à la lumière des événements de ces deux dernières années.

 

C'est une opinion très largement partagée, sans aucun doute, ce que ne manquait pas de faire ironiquement remarquer le journaliste. De là, cependant, à vouloir comme certains nationaliser tout le système bancaire, minute, papillon !

 

Le cas de Dexia est exemplatif à de nombreux égards. Quand Mariani a été parachuté comme CEO du groupe, il aurait déclaré (d'après Jean-Luc Dehaene) : ce n'est pas un holding bancaire, c'est un hedge fund ! Oui, mais ça ne l'a pas empêché de s'asseoir sur l'avis (très avisé, la suite l'a démontré) de la Commission européenne en date du 26/2/2010 et d'obéir, le petit doigt sur la couture du pantalon à Mme la Ministre des Finances Christine Lagarde ; il a d'ailleurs très mal géré toute l'affaire, avantageant scandaleusement la partie française du groupe. Mais il faut dire à sa décharge qu'il était incompétent en matière bancaire. Cela dit, les clients institutionnels de Dexia Banque Belgique étaient captifs (collectivités locales), et les administrateurs publics - comme ledit Jean-Luc Dehaene, totalement incompétent lui aussi en matière bancaire - se sont contentés de toucher leurs jetons de présence et ont multiplié les déclarations intempestives. Et ne parlons pas des régulateurs qui n'ont rien régulé et rien contrôlé. Quant on pense au SEC et à l'affaire Madoff, on en viendrait presque à excuser notre CBFA...

 

Alors, tout de même, prudence.

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14 octobre 2011 5 14 /10 /octobre /2011 16:02

Merci et bravo à Wattsupwiththat

 

indignes

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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 15:47

Je reconnais ne pas être un Mac-man, et je me traînais déjà avec un ridicule "Windows" 3.1 très arriéré alors que d'autres jouaient  avec un MacIntosh très en avance et - en plus - très design. Il n'y avait rien de très rationnel dans ce choix, je suppose que j'ai suivi la foule ; après tout, l'informatique n'était qu'un outil, je ne voulais en tirer ni distinction ni prestige, il me suffisait d'un traitement de textes et d'un tableur.Entre Steve Jobs et Bill Gates, pas de choix : Steve était un visionnaire et Bill avait eu la chance extraordinaire d'être choisi par IBM pour son MS-DOS qui était quelque peu misérable, du moins conceptuellement (je venais de Burroughs...) - mais au point de vue marketing, c'était autre chose.  Plus tard, bien sûr, lorsque Apple devint le gourou des graphistes et que je commençai à m'aventurer de ce côté, je me trouvai un peu coincé, mais Adobe eut tôt fait d'adapter ses programmes aux plateformes Windows, tout comme Macromedia, et l'opposition Mac/Windows tourna bien vite à la querelle de religion. Aux pieds-plats de l'informatique grand public, Microsoft ! Aux élites graphiques, littéraires et musicales, Apple ! Je me faisais régulièrement regarder de haut par ma fille Mac qui ne jurait que par Final Cut alors qu'elle me regardait chipoter dans Premiere, puis elle se faisait à son tour crêper le chignon par mon autre fille Windows qui l'assurait que son Photoshop-W était bien plus étoffé et rapide que le Photoshop-M.

 

Mais il n'en reste pas moins que les élites intellectuelles, je le répète, étaient très anti-Gates et très pro-Mac, car elles étaient, justement, des élites, au-dessus de la foule, distinguées...

 

Puis, l'iPhone, l'iPod et l'iPad parurent. Succès foudroyant. Succès de masse. Le Mac avait toujours été nettement plus cher qu'un quelconque PC, l'iPhone restait tout de même à un prix assez élevé - proche tout de même de celui de ses concurrents - l'iPod était très accessible, et l'iPad fut un incroyable succès. Succès de masse. Alors qu'au lancement de l'iPhone, en sortir un de sa poche vous valait les sifflements admiratifs de votre entourage, il ne fallut pas très longtemps pour que le dernier des ploucs en exhibe dans les transports en commun. Et là, les élites intellectuelles commencèrent à changer d'avis. L'iPod ? Une machine à fabriquer des iZombies, et d'accuser Apple de causer l'aliénation de ces hordes de gens qui passent dans la rue avec leurs écouteurs aux oreilles. Tu parles ! C'est exactement le même procès qu'on avait fait au Walkman quasiment une génération auparavant ! Et puis on parlait de ces cas de suicides d'ouvriers chinois dans des usines assemblant des produits Apple (entre autres), ces "esclaves" à propos desquels Slate disait sous le titre 'The iPad Suicides' : "Devez-vous vous sentir responsable de toutes ces morts dans l'usine électronique  chinoise ? Oui." Et, évidemment, le Guardian (dont les journalistes avaient par ailleurs été d'ardents Mackintoshistes jusque là) d'en remettre ad nauseam. Evidemment, une voix critique ne faisait pas beaucoup de bruit dans le tumulte, même si cette petite voix faisait remarquer qu'observer si peu de suicides dans une usine employant entre 3 et 400.000 ouvriers montrait qu'il valait bien mieux travailler là qu'ailleurs... Mais on sait qu'en général les journalistes n'ont qu'une très vague connaissance des nombres et des statistiques - surtout quand ils on un point de vue à défendre, le point de vue en l'occurrence étant un grotesque mélange d'auto-flagellation simpliste (nous les méchants Occidentaux ultra-gâtés sommes responsables des conditions de vie épouvantables de ces pauvres bons sauvages[*]) et de moralisme vaguement chrétien - on a jeté Marx aux orties, et c'est bien dommage : plus aucune espèce d'analyse socio-politico-économique dans ces couinements des gémisseurs, simplement - le mot est à la mode - de l'indignation. Et j'entendais un "occupeur de Wall Street" déclarer tout de go qu'il faudrait revenir à une économie non monétaire, de "bartering", d'échange. Voilà ceux qui vont réformer le système !

 

Cela dit, non, vraiment, Apple n'est plus ce qu'il était...

 

[*] mais attention ! Si ces salauds de pauvres sauvages s'enrichissent, ils vont bousiller la planète !

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11 septembre 2011 7 11 /09 /septembre /2011 21:22

"Il est certain que ses [Chirac] troubles de la mémoire - dont il ne fallait pas parler dans les journaux sous peine d'être traité en pestiféré par l'Elysée - n'ont fait qu'empirer depuis son accident vasculaire cérébral de 2005", voilà ce que je lisais ce soir dans Le Monde. Bien. On se souvient du cancer de Mitterrand faisant l'objet d'un black-out complet (sauf de son médecin qui, c'est vrai, aurait dû se taire). Pour ce qui est de DSK, les langues se sont déliées, et même si l'on peut penser que la vie privée des Présidents et éventuellement présidentiables doit être quelque peu ménagée, il y a une zone grise où on s'aventure avec précautions. Tout de même, en ce qui concerne DSK, j'enrage, car enfin voilà un homme que je rêvais de voir démolir Trublion 1er et qui - dans le meilleur des cas, sans vouloir nullement dénigrer celle qui se proclame avoir été sa victime (j'avance en terrain miné) - aurait eu des rapports avec une femme de chambre, enfin, tout de même ! Les escapades de VGd'E, bof. A l'époque, on en parlait moins que des diamants de Bokassa...

Mais tout de même, ça me fait un peu ricaner d'entendre nos amis Français se moquer des Amerloques qui publient des bulletins de santé de leurs Présidents. Est-ce tellement ridicule de savoir que le chef d'exécutif est - ou n'est pas - en mesure de diriger le pays ? On pense évidemment à Paul Deschanel et à son "accident" de train, pudiquement décrit dans Wikipedia (version française) ; bah, c'était un chouette bonhomme, opposé - à son époque ! - à la peine de mort. Pas comme l'infâme Félix Faure ("- Le Président a-t-il encore sa connaissance ? [Meg Steineil, la Pompe Funèbre...] - Non, elle est sortie par l'escalier dérobé..." Oui, comme chez Victor Hugo !). Mais tout de même, il semble avoir été un peu dérangé, le pôvre - je parle évidemment de Deschanel.

Bref, en ce jour où j'ai entendu tant de "Oh, oh say, can you see ?...", où on a entendu tant de phrases difficiles du genre "GOD is with us" (ce qui me rappelle d'horribles souvenirs), et malgré de si belles images de Ground Zero, je reste assez mitigé sur le discours. Al Qaida n'existe plus depuis longtemps, et le dixième anniversaire du 9/11 s'est déroulé sans aucun incident. Ben Laden et ses séides (lisez le Coran pour apprendre d'où vient ce mot...) ont massacré bien plus de bons musulmans que de "croisés".

Mais enfin, je me souviens aussi de ces bons commentateurs, politologues, sociologues ou journalistes qui, la stupeur passée, "devaient reconnaître" qu'après tout, les Américains l'avait bien cherché et que les victimes innocentes qui travaillaient dans la finance n'étaient tout de même pas si innocentes que ça... Discours odieux repris évidemment par tous les "progressistes", les gauchistes de salon des chattering classes voulant montrer qu'à eux, on ne la faisait pas (je ne parlerai pas des truthers pour qui tout était de la faute de Bush et accessoirement des Juifs, bien sûr, puisqu'il est de notoriété publique qu'ils avaient tous reçu missives, e-mails et SMS divers leur enjoignant de se trouver loin des tours ce jour-là). Immonde, avez-vous dit ?

 

 

 

 

 

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5 juin 2011 7 05 /06 /juin /2011 15:55

Et aujourd'hui avec la finale Nadal-Federer, deux vrais sportifs que je salue ; et malheureusement aussi avec le public de Roland Garros, des vrais supporters dignes des plus bas matches de football, que je méprise.

 

Tana présente un curieux spectacle en cette saison très peu touristique : toujours autant de 4x4, sinon plus, et une explosion de la prostitution infantile et de l'agressivité des jeunes garçons entre 8 et 12 ans. Nous avons été agressés par une bande de gamins deux fois dont une en plein jour sur le boulevard de l'Indépendance - voilà qui ne nous était plus arrivé depuis une quinzaine d'années. Les privilégiés du régime vont bien, merci pour eux, mais la population se paupérise à vue d'oeil et le nombre de familles vivant sur les trottoirs approche celui des années '80.

 

Et dans ce contexte déprimant, en considérant une petite famille faisant sa lessive sur le bord du lac Anosy, j'entendais une fois de plus un bon Occidental déplorant la surpopulation de notre pauvre planète.

"Vous voulez dire qu'il y a trop de pauvres"

"Euh, oui, reconnaissez tout de même que vivre dans une pauvreté pareille... Quand vous pensez qu'ils sont des centaines de millions..."

"C'est les militaires argentins qui avaient trouvé la solution, non ? Ils arrêtaient les mendiants, les entassaient dans des barque qu'ils allaient couler au large du Rio de la Plata"

"Vous êtes ignoble, je n'ai jamais dit ça !"

"Je vous l'accorde, c'est une solution extrême. Mais Rajiv Gandhi et sa politique de stérilisation forcée ? Evidemment, ça vous a un petit air de Troisième Reich, et je me fiche des points Godwin, mais quand la fin justifie les moyens..."

"En attendant, les Chinois ..."

"Ah, vous connaissez mon penchant pour ce grand pays... très démocratique... très respectueux de l'environnement, aussi... un modèle pour les écolos !"

"Moquez-vous, mais leur politique de l'enfant unique a réussi"

"N'engageons pas le débat là-dessus, elle leur revient un peu dans les gencives, leur politique, mais dites-moi, vous ne pensez pas qu'il serait préférable d'un peu enrichir ces pauvres diables, tout simplement ?"

"Mais vous n'y pensez pas ! Que deviendrait notre pauvre Planète ?"

 

Etc. etc. On n'en sortira pas, surtout quand je vois la croissance de l'audience des décroissants, dont les propos écoeurants de Pierre Rabhi complaisamment repris dans Le Monde. C'est vrai qu'avec ceux-là, on n'aura plus de centrales nucléaires, plus de sondes interplanétaires, plus de LHC, et sans doute plus de CNRS ou de parasites inutiles du même genre. Comme Roland Garos, Wimbledon ou Flushing Meadows, mais ça, ça va de soi.

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18 mai 2011 3 18 /05 /mai /2011 13:49

Mardi, sur France Inter, Robert Badinter a dénoncé "une mise à mort médiatique" de DSK. L' ancien ministre de la justice aurait "aimé l'égalité des armes" entre "l'accusatrice" et "le présumé innocent" : "On dit 'c'est la justice égale pour tous'. Plaisanterie, dérision ! En vérité, quand Strauss-Kahn est là assis au milieu des autres, il est ravalé délibérément au rang de dealer." "Où est l'égalité des chances quand en effet l'accusatrice dit 'je suis la victime' et qu'on la protège et DSK répond 'je plaide non coupable' et on l'accable ?", a-t-il plaidé.

 

Et-ce que je suis vraiment le seul à être abasourdi par ce propos d'un ancien Ministre de la Justice ? Il faudrait avoir plus d'égards pour un candidat potentiel  PS à la Présidence de la République, ancien ministre, Président du FMI etc. présumé coupable de tentative de viol que pour un quelconque citoyen présumé dealer ? Ils sont tous "au milieu des autres", M. Badinter, aux USA chacun attend son tour, c'était la même chose pour les protagonistes du scandale Enron. Mais il est vrai que le citoyen lambda présumé dealer n'a pas pour les défendre les vedettes du barreau... Là, peut-être, pourrait-on voir que la justice n'est pas vraiment la même pour tous, n'est-ce pas, Monsieur l'ex-avocat ? Et c'est tout juste si M. Badinter ne dit pas que l'accusatrice pourrait tout simplement mentir, mais il le donne évidemment à penser ; après tout, ce n'est qu'une petite Africaine sans le sou... ce que ne vont évidemment pas manquer de proclamer les avocats de la défense. Et qu'on la "protège" (en fait qu'on l'isole) lui semble donc scandaleux, à cet ex-Garde des Sceaux ? Que n'a-t-il pas utilisé son ministère pour faire abolir complètement la garde à vue, car c'est tout de même la situation où se trouve DSK pour l'instant, qu'on n'accable pas, qu'on va faire passer devant un Grand Jury comme chaque suspect. Il ne faut pas non plus prendre M. Badinter pour un naïf qui ignorerait que "plaider non coupable" est un acte technique et n'est en rien une protestation d'innocence.

 

Le mot nauséabond est très à la mode et je l'évite comme je peux, mais ici il s'impose à moi.

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12 avril 2011 2 12 /04 /avril /2011 08:58

On tourne donc la page Gbagbo, tout au moins provisoirement, car rien n'est encore vraiment réglé. C'est à présent au tour de Ouattara de se sucrer et de garnir son compte en Suisse. Mais au moins on peut espérer un début de résolution au problème des "burkinabés" en Côte d'Ivoire. Ce sera sans doute long... Ce qui m'étonne tout de même un peu, c'est la mâle détermination française à casser du Gbagbo-coup-d'Etat et son silence total sur le petit snotneus de Rajoelina. Il est vrai que les 9 morts de Bouaké en 2004 valent bien plus que les Sukhoi, et le blanc-seing accordé par Bernard Kouchner (ah, celui-là...) à Gbagbo n'avait de valeur que diplomatique.

 

 J'ai donc, Côte d'Ivoire en cause, passé du temps devant la télé ces derniers jours et j'ai donc dû me farcir les inévitables concerts de malinformation autour de Fukushima, à croire que la catastrophe du Japon se résume à ça. Certes, ce n'est pas un incident quelconque et il faudra en tirer les leçons (pour moi, la principale étant de ne pas construire une centrale à côté de la mer dans un pays de tsunami. D'après ce que j'en ai entendu, la centrale pouvait étaler des vagues de 5 m mais manque de chance, elles ont atteint 6.5 m. Rideau. Par contre, l'autre centrale à quelques km de là s'est arrêtée tout à fait régulièrement), mais c'est un tout petit peu crispant de voir se succéder des "experts nucléaires" indépendants et autoproclamés - dont bien sûr les inévitables du CRIIRAD - et jouer les Philippulus. Il y a deux ou trois jours, je voyais un reportage sensationnel de deux journalistes qui avaient bravé les interdictions et s'étaient introduits dans la zone interdite autour de la centrale, bien sûr munis de dosimètres et de compteurs Geiger qui faisaient un bruit glaçant d'effroi (*). On voyait des chats, des chiens, des vaches gambader dans les prairies et dans les rues abandonnées ; ils n'avaient pas été foudroyés, ils avaient l'air de bien se porter, mais évidemment ils ne tarderaient pas à crever dans d'atroces souffrances, comme les centaines de milliers - voire millions - de Japonais contaminés. Lorsqu'ils sont arrivés en vue de ce qui restait de la centrale, un chiffre apparut en incrustation sur l'image : 107 µSv/h (pourquoi un flux, on peut se le demander, mais peu importe). La voix grave et dramatique du commentateur annonça alors que les journalistes décidèrent de rebrousser chemin car - il l'a dit, je le jure ! - à cette dose, trois heures d'exposition correspondaient à une radio des poumons...

Chacun sait qu'une radio des poumons (ou du foie, ou du genou) est, sinon mortelle, du moins extrêmement risquée, et le commentateur devait donc avoir les larmes aux yeux devant tant d'héroïsme. Comme devant celui des liquidateurs, dont j'avais entendu dire par un des experts du CRIIRAD que ce n'étaient pas à eux de se sacrifier, mais aux tenants du nucléaire, qu'on devrait envoyer à leur place... Ce terme de liquidateurs étant d'ailleurs servi à la louche pour faire le lien avec Tchernobyl, lien bien évidemment totalement falsifié.

 

Je citerai tout de même quelques chiffres sur ces fameux Sieverts (dans ma jeunesses, on parlait de rems) dont se gargarisent les journalistes :

 

- mammographie : 3 mSv

- CT scan thoracique : 6 à 18 mSv

- dose maximale admise par la Commission internationale sur la Radioprotection pour un "liquidateur" : 500 mSv

- dose maximale admise par la Commission internationale sur la Radioprotection pour un "liquidateur" sauvant des vies humaines : 1000 mSv

 

On trouvera des chiffres un peu partout, mais j'aime particulièrement ceux de la BBC.

 

Pour ce qui est du nucléaire en général, je me borne à Jancovici, qui est peut-être la bête noire de certains mais qui est tout de même incollable dans son domaine d'expertise, à savoir l'énergie.

 

(*) qu'il soit bien entendu que je ne me moque nullement des journalistes ; ils prenaient de vrais risques, au moins le leur avait-on dit.

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24 février 2011 4 24 /02 /février /2011 14:12

Notre chroniqueur RTBF-en Hugues Le Paige brigue visiblement (audiblement) la place de successeur de Gérard de Sélys dans la haine de l'Europe libérale. Et il allait sans dire qu'il allait foudroyer les pleutres, les lâches, les amis honteux du fantasque Kadhafi, et l'ignoble déclaration de la fantoche Catherine Ashton qui aurait demandé "l'arrêt des violences" sans préciser lesquelles. Et de moquer la manière dont Berlusconi, Sarkozy et les autres caressaient le gredin dans le sens du poil.

 

Premièrement, M. Le Paige ment ou est mal informé (un comble pour un journaliste) : Ashton (et dieu sait que je ne suis pas un de ses fans !) a appelé a l'arrêt de la "violence contre des manifestants pacifiques". Ce n'est certes pas foudroyant, mais on connaît le langage diplomatique, où l'expression "entretien franc et ouvert" signifie qu'on est quasiment allé jusqu'au pugilat.

 

Deuxièmement, M. Le Paige oublie commodément que le gredin est un grand pote de Chávez, ce grand démocrate qui dirige sans limite un pays que RSF classe 115e sur 168 pour ce qui est de la liberté de la Presse. Chávez a qui M. Le Paige a d'ailleurs consacré plus d'un billet en se scandalisant des agissements fascistes de ses adversaires. (*)

 

Troisièmement, M. Le Paige ne semble plus se souvenir que la Libye a été mise au ban des nations pendant une vingtaine d'années, même que les Etats-Unis ont mené plusieurs frappes aériennes contre le pays, déclenchant des vagues de protestation "à gauche", chez les amis de M. Le Paige. Le gredin d'aujourd'hui était alors un vaillant combattant victime du tigre de papier yankee.

 

Puis, M. Kadhafi a fait des excuses, il a versé des sommes considérables aux familles des victimes qu'il avait fait assassiner ; en 2004, retour en grâce du bonhomme.

 

Ah oui, le gaz et le pétrole. Il se fait que les caprices de la géologie ont situé de nombreuses réserves de pétrole dans des pays peu propices à la démocratie - et il est de fait qu'en retour, la manne générée a excité les appétits des pires dictateurs : de la malédiction  d'avoir un sous-sol riche... Ben oui, le gaz et le pétrole. C'est utile, n'est-ce pas ? Et à part les jusqu'au-boutistes de la pédale, tous ceux qui s'émeuvent qu'on puisse délaisser la morale pour l'essence n'ont pas fini de pester en voyant le prix à la pompe grimper, grimper... Les politiques doivent à leurs électeurs et à leurs administrés d'être un peu réalistes, et je ne pourrais imaginer un Homme d'Etat qui fît passer la morale universelle (pour autant que cela existe) avant les contingences de la vie quotidienne. Savonarole en Président de la République ? Non merci. Hypocrisie ? Sans aucun doute, mais si l'on devait fermer sa porte à tous les régimes qui prennent des libertés avec la liberté, on se retrouverait bien seul - pour autant qu'on soit irréprochable à cet égard. Vous en connaissez, des Etats comme ça, vous ? On peut le regretter, mais une certaine dose de "raison d'Etat" me semble nécessaire, tout au moins jusqu'à l'avènement de la paix et de la félicité mondiales. Et quand M. Le Paige et ses copains accusent les ministres et les chefs d'Etat de malhonnêteté et de couardise et exigent plus de fermeté, j'aimerais savoir s'ils entendent par là qu'il faudrait envoyer la troupe chasser le tyran, car c'est eux qui tonnaient contre les USA lors des guerres du Golfe et de l'intervention en Iraq.

 

Ah, que j'aime voir M. Le Paige se draper dans son indignation !

 

(*) Hugues (Serraf) nous rappelle utilement que Kadhafi avait décerné un "prix des droits de l'Homme" à d'autres grande figures Le Paigiennes :  Louis Farrakhan (1996), Fidel Castro (1999), Evo Morales (2000), Roger Garaudy et Jean Ziegler (2002), Hugo Chavez (2004) et Daniel Ortega (2010)...

 

P.S. Mais les bonnes âmes ne vont pas jusqu'à critiquer Obama, et ceux qui le font devraient savoir qu'il y a plusieurs milliers de citoyens américains en Lybie (généralement double-nats). Une position trop en flèche mettrait leur vie en danger. Notez qu'un tweet d'Aymeric m'a tout révélé sur le complot diabolique qui se prépare : http://www.workersliberty.org/story/2011/02/25/chavez-backs-qaddafi

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25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 23:50

De retour de Paris avec quelques expositions et films (Paris est la capitale des cinéphiles, ne parlons pas de Londres ni même de NY). L'incontournable Deux de la vague, évidemment et le merveilleux Musée Dapper, cela va sans dire. Passionnante expo de Mondrian à Beaubourg aussi, et cosi via.

 

Depuis quelque temps je voulais voir le MAC/VAL d'Ivry dont on m'avait dit grand bien et je n'ai pas été déçu ; situé dans une improbable quasi-friche urbaine, ce musée d'art contemporain expose de très belles oeuvres et vaut sinon le voyage au moins un très large détour ne fût-ce que pour encourager une magnifique initiative (due sans doute à une Gauche progressiste et non ossifiée -  la Droite ne me semble pas prête à assumer un tel bonheur. Si je me trompe, écrivez-moi !). Je recommande tout particulièrement un travail de la jeune Shilpa Gupta (allez voir !).

 

Et donc, revenant sur cette bonne vieille autoroute du Nord, j'écoutais une émission d'Europe I où l'on avait réuni une brochette de commentateurs (y compris un bon vrai philosophe) sur la Crise de la démocratie. Loin de moi l'idée de dire que cette crise n'existe pas, et dimanche dernier une marche blanche a eu lieu à Bruxelles pour des raisons qui me laissent pantois et que Jean Quatremer a - à mon avis - bien comprises. Mais ce qui m'interpellait dans cette émission était surtout qu'il n'y avait autour du micro aucun intervenant un tant soit peu libéral et que tout tournait autour de la condamnation de l'affreux libéralisme (toujours ultralibéralisme, ça va sans dire). Et là, j'ai appris (après un exposé fatigué sur la différence entre le capitalisme entrepreneurial et le capitalisme financier) qu'un sondage avait placé la France comme le leader de la résistance au capitalisme : 33% des Français étaient pour la sortie du capitalisme contre, prenons un exemple, 3% des Chinois. Donc, un Français sur trois, comme plus tôt on nous assurait que deux (jeunes)Français sur trois rêvaient de devenir fonctionnaires...

 

Nous allons donc assister à un exode massif des Français vers Cuba ou la Corée du Nord ? Ah ha ! Ainsi, la Belgique, après que la Flandre aura acquis son indépendance, mettra enfin la main sur son voisin du Sud et acquerra la Tour Eiffel, le Trocadéro, le Grand Palais et l' Académie de Marcq-en-Baroeul !

 

On peut rêver...

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7 janvier 2011 5 07 /01 /janvier /2011 16:43

C'est sur une chronique d'abonnés du Monde que j'ai trouvé cette perle :

 

"Les manuels d'histoire consacreront plusieurs chapitres sur le déclin de la civilisation occidentale suite à sa vision capitaliste et libre échangiste de l'économie. Il faut d'ailleurs noter que si le libre échange augmente énormément les inégalités entre les strates sociales, il pousse à la diminution des inégalités entre les nations. Ce qui pourrait paraître comme étant un point positif de premier abord s'avère rapidement être contre-productif. En effet, ce système pousse à créer une minorité de nantis très influents nourris à l'ethnocentrisme qui renforce l'appauvrissement de la majorité."

 

Notons en passant qu'au reproche de ne pas avoir mentionné la faillite du communisme, l'auteur de la chronique répond naïvement à un commentaire "Je marchais à peine à la chute du mur, la dualité communisme/libéralisme n'a plus aucun sens pour ma génération"... Foin donc des "livres d'histoire" - on n'en a pas besoin, le passé n'a pas de sens ! Peu importe que l'auteur de ces phrases macaroniques confonde allègrement libéralisme avec libre-échange, peu importe l'antienne que le libre-échange (pas le capitalisme, plutôt ???) augmente "énormément" les inégalités ("entre les strates sociales"...) (ah, c'est vrai qu'à Rome  au temps de César ou de Cola Rienzo, il y avait tellement plus d'égalité...), au moins a-t-il aperçu que le libéralisme (je l'appellerai comme ça) diminuait les inégalités entre les nations. Voyez Cuba, la Corée du Nord et la Chine - trois dictatures communistes, dont une est (économiquement) libérale. Devinez laquelle est en train de s'enrichir presque scandaleusement. C'est bien, donc ? Non, c'est épouvantable ! Vous croyiez peut-être que c'était une bonne chose que les crève-la-faim sortent de leur misère ? Pas du tout car cela crée "une minorité de nantis très influents nourris à l'ethnocentrisme qui renforce l'appauvrissement de la majorité" , rien de moins. Je ne critique évidemment pas une phrase qui n'a pas beaucoup de sens (pourquoi ces nantis seraient très influents, après tout ce sont en général d'anciens apparatchiks qui avaient déjà tout le pouvoir, que signifie cet obscur "nourris à l'ethnocentrisme", et comment l'enrichissement de toute une nation pourrait-elle mener à un appauvrissement de la majorité ?), et qui est une n-ième charge contre le libéralisme et les capitalisme faite par un très jeune homme qui reconnaît lui-même n'avoir que des notions très confuses de l'histoire ; non, ce qui m'horrifie là-dedans, c'est une fois de plus l'optique misérabiliste et inhumaine qui s'y exprime. On diminue les inégalités, on enrichit, on augmente le bien-être ? Eh bien, c'est mauvais, parce que tout doit toujours aller de mal en pis, un optimiste rationnel, ça n'existe pas, il n'y a que des optimistes béats...

 

Comme le disait Reiser à propos du Dhofar, je retourne me coucher.

 

 

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