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19 décembre 2012 3 19 /12 /décembre /2012 22:32

Oh que ça m'amuse de lire tous les articles consacrés au réchauffement global anthropomorphique et qui exposent doctement que les derniers hivers septentrionaux très froids sont dus au RGA qui perturbe la circulation atmosphérique, le jet stream, contrairement à ce qu'on avait prévu auparavant... Mais si on ne les avait pas prévus, ces hivers froids, c'est que les modèles étaient déficients, non ? Après avoir durement prévu des hivers "chauds", c'est maintenant le "non mais" qui domine. Très vrai, les modèles ne valent pas grand'chose... Donc, le réchauffement provoque le refroidissement, et les hivers froids prouvent le réchauffement, qed. Notez que si jamais cet hiver n'était pas froid, ce serait très évidemment la preuve que le climat se réchauffe, puisqu'il fait moins froid ! A tous les coups l'on gagne.

 

Et sur le cher http://www.skyfall.fr/?p=1144 , ainsi que sur toute une série de blogs et d'articles de Presse, on voit un très joli graphique mettant en perspective les prévisions (prédictions ?) du GIEC dans tous ses rapports et les données actuelles... Et tout cela grâce à une "fuite" du rapport du GIEC en préparation. C'est très amusant !

 

ipcc_fig1-4_models_obs.jpg

(FAR pour premier, SAR pour deuxième,TAR pour troisième et AR4 pour le quatrième rapport).  Donc, depuis une quinzaine d'années, la "température globale moyenne" mesurée par le HadCrut (donc, pas vraiment des "sceptiques"...) semble stationnaire (quoi qu'il en soit de ce concept de "température globale moyenne" qui me semble, au vu de mes maigres connaissances en thermodynamique - mais j'ai tout de même eu Prigogine comme Maître - assez discutable. Système ouvert, nullement à l'équilibre ni même à l'état stationnaire. Imaginez faire une moyenne entre la température moyenne à Agadez et sur tel cratère de la Lune ou de Mars. Et ça veut dire quoi ? Mais je m'égare...). A fluke, direz-vous, une exception, un accident, un hasard. Oui, peut-être, sauf que le GIEC lui-même avait indiqué il y a quelques années que si les modèles divergeaient sur 10 ans, ce n'était pas anormal, mais sur quinze ans, il y avait un réel problème sur la fiabilité desdits modèles.

 

Ben voilà...

 

Ah oui, encore une petite référence à ceux  un peu hors des 97% qui ont des doutes sur les données qui font peur !

 

 

 

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12 juin 2012 2 12 /06 /juin /2012 21:53

weather

 

 

Ce serait plus correct avec "Belgian", mais peu importe...

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8 avril 2012 7 08 /04 /avril /2012 13:47

Tout récemment, les communiqués de Presse se sont multipliés sur une étude de Shakun et al. remettant en cause le lien temporel inversé entre la teneur atmosphérique en CO2 et la température - en somme le fait que l'élévation de température durant la dernière déglaciation avait précédé l'augmentation en CO2. En somme, aussi, donnant raison à Al Gore (*) contre ses contradicteurs et bouleversant un peu les données des carottages de glace de l'Antarctique (qui couvrent, elle, un petit million d'années).

 

Watts1

(illustration tirée de l'article de Watts référencé plus bas)

 

Shakun et al. ont examiné le lien entre les deux valeurs de manière globale (et par proxies évidemment), arrivant à une inversion par rapport à l'Antarctique, dont ils expliquent les valeurs de manière tout de même assez ad hoc.

 

Un tel résultat est assez surprenant, et mérite l'attention ; mais il va tellement à l'encontre des mesures précédentes qu'il mérite tout de même un examen un peu approfondi, ce que n'ont évidemment pas manqué de faire Anthony Watts et Willis Eschenbach. Finalement, en utilisant tous les proxies fournis par les auteurs (plus honnêtes que Mann), la situation se présente ainsi :

 

nature shakun proxies plus data

 

On ne peut pas vraiment dire que la corrélation soit très convaincante, mais enfin, c'est tout de même à garder à l'esprit.

 

Sauf que...

 

Sauf que Willis Eschenbach, au cours de ses réflexions, a voulu, par acquit de conscience, revérifier les données de carottage, est allé les chercher un peu partout et a refait le graphique Excel. Et là, grande surprise !

 

nature_shakun_proxies_plus_co2_all.jpg

 Shakun et al. - petits cachottiers - avaient pris soin d'arrêter leurs données (cercles noirs) juste avant la légère diminution de température d'une bonne partie de l'Holocène (en gros). Le même truc que le "Hide the decline" ! On voit une augmentation forte et rapide du CO2 et une (très légère) diminution de la température.

 

On ne peut que conclure avec WE : "And I leave everyone to ponder how far climate “science” has fallen, that a tricksy study of this nature can be published in Nature, and can get touted around the world as being strong support for the AGW hypothesis. The only thing this study supports is the need for better peer review, and at a more basic level, better science education." Jusqu'où la climatologie est-elle tombée, en effet, pour qu'une étude truquée puisse être publiée dans Nature, et peut être proclamée dans le monde entier comme une confirmation de l'hypothèse du RGA. La seule chose que confirme cette étude est la nécessité d'un meilleur système de peer-review, et, de façon plus élémentaire, une meilleure éducation scientifique.

 

Mais on sait par le Climategate I que Phil Jones et al. sont bien décidés à améliorer le peer-reviewing...

 

P.S. "Patagon", sur Bishop Hill, fait état d'une sienne reconstruction T°/CO2 sur les derniers 22.000 ans, qui montre bien les nombreuses anomalies de causalité. Sa conclusion est que les "paléo-bidules" ne sont pas d'une grande utilité.

 

(*) Notons tout de même que cela ne change rien à la malhonnêteté intellectuelle dudit Al Gore, qui ne connaissait que les données antarctiques.

 

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30 août 2011 2 30 /08 /août /2011 10:27

L'hystérie collective soulevée par le récent Irene aurait été risible s'il n'y avait pas eu des morts à déplorer. Même Obama est passé à la télé pour annoncer sa sympathie avec une mine grave, les gouverneurs et maires ont été au front et très visibles - après tout, la com, ça les connaît, c'est comme ça qu'on se fait réélire et les leçons de Katrina n'ont pas été perdues. Mais ici aussi, à chaque bulletin d'information on entendait le lot de déclarations alarmistes et les extrapolations cataclysmiques qui finissaient par faire croire que New York allait disparaître de la carte. Le comble de la crétinerie étant la couverture de la Dernière Heure Dimanche (une feuille de chou, mais tout de même !) où l'on voyait une femme sur une plage, cheveux au vent et serrant sa jupe, avec le titre "Apocalypse" en rouge au-dessus...

 

Il est exact que les ouragans qui remontent jusque là ne sont pas fréquents, mais ils n'ont rien d'extraordinaire. Je me souviens de deux ou trois étés où j'étais allé voir la mer déchaînée chez ma soeur qui habite le South Jersey, il fallait faire attention de ne pas se faire retourner la voiture quand elle était flanc au vent. Et les New Yorkais de bonne souche sont prêts à affronter de telles queues d'ouragan comme ils sont prêts à encaisser les éventuels blizzards pour lesquels la ville est célèbre. Mais non ! les commentateurs prenaient leur mine sombre pour parler des vents violents (130 km/h ! Tu parles d'une violence !) et montrer les images tragiques d'une ville vide (sur CNN on voyait des habitants qui avaient refusé l'hystérie collective et étaients restés chez eux et qui en témoignaient avec leur riche consonance urbaine, propos évidemment restés inaudibles ou en tous cas pas traduits dans nos chaînes francophones lorsqu'elles diffusaient les mêmes images).

 

Il y a trois ans, si vous vous en souvenez, c'était Gustav qui avait fait l'objet de commentaires du même genre, et je m'étais fendu d'un post que je ne renie ni ne regrette, au contraire, je pense qu'il s'applique toujours parfaitement à la situation. A une exception près : quand je vois tous les politiciens se tordre les mains sur les écrans, je me dis qu'ils ont peut-être deux messages à faire passer : le premier, c'est évidemment "vous voyez comme je suis actif, votez pour moi", mais le deuxième pourrait bien être "vous voyez ce qui nous attend ? tout ça c'est la faute du RGA et donc il faut de nouvelles taxes, des lois draconiennes, etc." Je ne pense nullement faire preuve de paranoïa, tout comme je ne trouve aucune paranoïa chez Wackes Seppi ni chez Marcel Kuntz quand ils montrent les orientations quelque peu tordues de l'AFP envers les OGM. La politique, c'est tout de même ça (aussi), non ?

 

Quoi qu'il en soit, voici un ordre de coûts des dégâts causés par les ouragans atlantiques les plus dévastateurs, et il ne faut pas oublier que les coûts ne sont pas en relation directe avec la force mais bien plutôt avec l'urbanisation (cliquer dessus pour agrandir).

 

fivethirtyeight-0829-NU3-blog480

 

P.S. J'avais raté un excellent article de Revkin sur les Ouragans atlantiques. Voilà, c'est corrigé.

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19 janvier 2011 3 19 /01 /janvier /2011 15:57

On peut légitimement se demander pourquoi la pensée climato-catastrophiste reçoit le soutien de tant d'acteurs politiques ; que les climatologues fassent une confiance aveugle à leurs modèles est assez compréhensible, mais que le plus (médiatiquement) célèbre d'entre eux aille jusqu'à prôner la dictature sans que quiconque hors les  pernicieux climato-sceptiques s'en émeuve est tout de même inquiétant. Les mesures RSS/MSU montrent certes des anomalies décennales, mais seulement de quelques centièmes de °K sur les 30 dernières années :

 

Start Time  

  Stop Time  

  # Years  

Global Trend

Channel TLT  

1979

2010-12

30+

0.163 K/decade

Channel TMT  

1979

2010-12

30+

0.099 K/decade

Channel TTS  

1987

2010-12

22+

0.008 K/decade

Channel TLS  

1979

2010-12

30+

-0.306 K/decade

(*)

et quand on parle de 2010 "année la plus chaude", c'est quasiment au centième de degrés près, sur une moyenne globale et annuelle ! Il est évident que cela n'a aucune signification - ou plus exactement si : les ENSO (El Niño et La Niña) sont très importants, et ce n'est pas moi qui le dis, ce sont les gens de RSS/MSU : "For Channel TLT (Lower Troposphere) and Channel TMT (Middle Troposphere), the anomaly time series is dominated by ENSO events and slow tropospheric warming. The three primary El Niños during the past 20 years are clearly evident as peaks in the time series occurring during 1982-83, 1987-88, and 1997-98, with the most recent one being the largest", et de fait, il s'agit d'un pic d'un bon demi-degré, donc énorme :

 

sc Rss compare TS channel tlt v03 2

 

Il faut donc remettre les choses en perspective ; et quand on sort d'un blizzard, pourquoi aussi ne pas dire "l'année la moins froide" ? Et de toute manière, on sait que les fluctuations annuelles régionales de la température sont jusqu'à quatre ou cinq fois plus importantes que la moyenne globale, et cette variabilté doit en grande partie être indépendante de la moyenne globale, sinon cette dernière varierait bien plus. D'autre part, on m'a appris en métrologie qu'il fallait distinguer la précision, la justesse, l'exactitude et la reproductivité. Je remarque tout simplement que le calibrage des instruments de mesure des satellites MSU est assez aléatoire, et je cite : "The MSU and AMSU instruments were intended for day to day operational use in weather forecasting and thus are not calibrated to the precision needed for climate studies. A climate quality dataset can be extracted from their measurements only by careful intercalibration of the distinct MSU and AMSU instruments", sans douter que les scientifiques qui analysent les données fassent bien leur boulot. Mais il serait intéressant d'avoir des estimations sur les fourchettes d'erreur, qui se trouvent sans doute quelque part, mais je n'ai pu les trouver. Quand on parle d'une "année la moins froide", on cite la moyenne annuelle globale, mais encore évidemment faut-il dire +/- 0,n °K (et à combien de % d'erreur probable - quand il s'agit d'un problème aussi coûteux que la remédiation à un changement de climat, 10% n'est pas acceptable).

 

"Quand un problème comme le réchauffement global nous tourne autour depuis plus de vingt ans, de nombreux agendas se remplissent pour en profiter. Les intérêts du mouvement environnementaliste sont raisonnablement clairs, il s'agit d'acquérir plus de pouvoir, plus d'influence et plus de dons [d'argent]. Il en est de même pour les bureaucrates, qui voient le contrôle du CO2 comme leur rêve réalisé. Après tout le CO2 est le produit de la respiration. Les politiciens imaginent toutes les taxes possibles qui seront joyeusement acceptées puisqu'elles sont necessaires pour 'sauver' la planète. Mais ce n'est pas tout. Le cas ENRON (un producteur d'énergie texan qui a fait faillite) est exemplatif. Avant de se désintégrer dans un big bang pyrotechnique de manipulations malhonnêtes, ENRON était l'un des lobbyistes les plus actifs en faveur du protocole de Kyoto, espérant acquérir les possibilités de faire du trading de droits d'émission, et ce n'était pas une mince affaire : ces droits peuvent être estimés à un bon millier de milliards de dollars et les commissions se mesureront en milliards. Les hedge funds examinent de près toutes les possibilités, et le défunt Lehman Brothers en faisait tout autant. Goldman Sachs a fait du lobbying intensif pour le mécanisme de 'cap and trade' et s'apprête à y gagner des milliards. Ce n'est sans doute pas une coïncidence si Al Gore lui-même est associé à ce mécanisme. La vente des indulgences bat son plein avec des associations qui vous proposent de compenser votre bilan carbone, tout en reconnaissant parfois qu'une telle compensation est irréaliste. Les possibilités de corruption sont gigantesques. Archer Daniels Midland, la plus grosse firme américaine d'agrobusiness, est parvenue à faire passer une obligation de mélanger de l'éthanol à l'essence, avec comme résultat que la demande d'éthanol semble avoir contribué à l'augmentation du prix du blé, causant de graves dommages aux pays en développement (sans parler de la perte de performance des automobiles). Et il y a enfin la foule de personnes bien intentionnées qui ont accepté que des propagandistes les convainquent de ce que gober leurs sombres idées alarmistes sur le changement de climat dû à l'Homme prouvait leur intelligence et leur vertu. "

 

Cela, ce n'est pas de moi, c'est une traduction (rapide) d'un texte de Richard Lindzen. Je me permettrais d'ajouter qu'ici en Europe nous avons des partis politiques "verts" qui voient le RCAG comme du pain bénit pour combattre la technologie honnie et pour prôner un mode de vie simple et agreste...

 

(*) TLT : température de la basse troposphère, TMT moyenne troposphère, TTS limite troposphère/stratosphère, TLS basse stratosphère

 

 

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20 août 2010 5 20 /08 /août /2010 17:58

Canicule à Moscou ! Coulées de boue en Chine ! Pluies incessantes au Pakistan ! Canicule à Bruxelles en juillet (elle a duré 3 jours) ! Vous voyez bien, enfin non, mais si ! Le climat n'est pas la météo, bien sûr (sauf quand ça arrange le GIEC, van Ypersele en premier lieu).

Hiver donc très froid et très long par ici, mois de juillet ensoleillé mais mois d'août peu joyeux. Il paraît que pour la NASA, l'hémisphère Nord a suffoqué (ce n'est pas vraiment l'avis de ma soeur vivant dans le New jersey, mais bref. Sec, certes, très sec, avec un vent du Nord ici).

Reste l'autre hémisphère, non ? Le Sud, vous connaissez ?

 

"June 17, 2010, “500 African penguins freeze to death in South Africa”.“Nearly 500 rare African Penguins have died in the past 24 hours as a result of extremely cold weather in South Africa’s Eastern Cape province.” Here

 July 19, 2010, “South Africa, Freezing Cold destroys several 100 (sic) Solar Thermal Systems”. Here

 August 5, 2010, Snow in Brazil, below zero Celsius in the River Plate and tropical fish frozen”. Here.

August 6, 2010, “Chilly in Chile: South America Hit by Cold Snap”. Here, Here, and Here
Temperatures in eastern Bolivia fell to 0° Celsius. Fish in rivers that normally flow at 20° C froze to death in water temperatures down to 6° C. Millions of fish, turtles, reptiles, and birds have died, the river waters are undrinkable, and the government closed them to fishing for at least a year. Normally these winter cold snaps last for a few days at a time. This “Surazos” (a cold wind from Argentina) lasted for 8 days.

The total death toll among people and animals across Argentina, Uruguay, Paraguay, and southern Brazil is rising. A meter of snow across Patagonia and along the Andes is hampering communications. Many people have died across southern South America, and the livestock toll is in the millions. True numbers won’t be known until the snow melts.

Citrus and avocado crops in Chile have been damaged by frosts, and fruit exports may be reduced by 40%.

August 9, 2010, “Australians shiver through the coldest winter morning in 30 years.”
“Sydney was blanketed in frost on Wednesday as the city shivered through the coldest June morning in nearly 30 years, with temperatures at just 4C (39F).” Here

Meanwhile, the Southern Ocean ice cover is 1.3 million square kilometers above the mean value (1979 to 2008, since measurements began), and growing. This balances out the Arctic ice cover, giving us a global ice cover of almost 20 million square kilometers. See WUWT Ice Page Here.

These reports are from local sources. The mainstream media rule seems to be “If it doesn’t support our agenda, don’t report it.” For their practical purposes, the globe stops at the equator. Not only do they shut out scientific dissent, but also the cold hard facts from half the globe."

 

Ben voilà une autre opinion exposée à http://notrickszone.com/2010/08/13/one-of-our-hemispheres-is-missing/

 

Vous en faites ce que vous voulez... Si vous me le demandez gentiment, je peux traduire, mais je ne pense pas vraiment que ce soit nécessaire !

 

Gute Shabbes !

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2 septembre 2008 2 02 /09 /septembre /2008 07:00

Chaque année, des tempêtes, ouragans, cyclones, typhons (la dénomination change avec le type et la localisation du phénomène) abordent les côtes et provoquent dégâts et victimes ; on se souvient peut-être (mais sans doute pas...) du cyclone Bhola qui, en 1970 a provoqué la mort d'un demi-million d'habitants de ce qui est aujourd'hui le Bengladesh. Mais depuis quelques années, on s'intéresse presque exclusivement aux ouragans (hurricanes) frappant la côte Sud-Est des USA après avoir ravagé les Antilles. Ce n'est d'ailleurs pas dû exclusivement ni même principalement à Katrina, même si celle-ci a fait l'objet d'une attention médiatique soutenue. Les ouragans se sont invités aux nouvelles vers la fin des années '80 dans la foulée des discussions concernant le réchauffement climatique anthropogénique, à la faveur d'un modèle climatologique développé essentiellement par Kerry Emanuel en se basant sur celui de James Hansen de la NASA. En gros, le modèle d'Emanuel considérait la force de l'ouragan comme directement corrélée à la température en surface de l'océan , et dès lors que cette force allait augmenter à mesure que le réchauffement climatique (anthropogénique ou non) allait faire augmenter les températures des océans.

Les ouragans de l'Atlantique nord allaient donc bientôt faire vendre de l'information et les journalistes se mirent à conter leurs méfaits avec un plaisir dissimulé par une mine grave ou contrite. On ne pouvait plus ignorer les morts, les inondations, les glissements de terrain provoqués par chacun de ces Andrew, Wilma ou Ivan, et de la même manière que la vague de chaleur de 1988 avait été bien imprudemment citée par Hansen pour convaincre le monde politique de la réalité du réchauffement climatique, on vit les journalistes s'emparer de n'importe quel phénomène météorologique sortant le moins du monde de l'ordinaire pour le monter en épingle et parler d'"aberration climatique" -  incriminant le fameux RC dont tout le monde parle et dont chacun excipe pour sommer son voisin de changer son mode de vie. Et j'entendais tout récemment un journaliste utiliser cette même expression (aberration climatique) pour qualifier à la fois Gustav ("The mother of all hurricanes") et la fonte des glaces boréales.

Le maire de New Orleans a décrété l'évacuation totale (avait-il tort ? Scientifiquement, sans doute, mais politiquement, probablement pas), quasiment deux millions de personnes se sont retrouvées dans des embouteillages gigantesques, Gustav s'est révélé être un petit ouragan quelconque simplement gonflé par les habituels rigolos de l'information.

Mais ne vous en faites pas : la saison des ouragans est encore ouverte, et vous entendrez encore les mêmes alarmismes s'exprimer, puis ce sera l'année prochaine, etc. etc.

Evidemment, ça permet des images bien impressionnantes, et le choc des photos est toujours plus important que le poids des mots ; peu importe que Galveston ait été dévastée par l'ouragan de 1900 (une dizaine de milliers de morts, largement plus que Katrina), Katrina reste "l'ouragan ayant causé les plus graves dégâts" - en milliards de dollars (environ 80). Certes, mais cette somme élevée provient tout d'abord de l'effondrement des digues et des inondations "collatérales" (une quantité énorme d'habitations étant en zone de polders), et l'urban sprawl presque criminel en zones inondables. Construire sa maison sur les pentes d'un volcan n'est pas nécessairement faire preuve de prudence.

Il me semble utile de se référer au Consensus Statements by International Workshop on Tropical Cyclones-VI (IWTC-VI) Participants (San Jose, Costa Rica, novembre 2006)


1. Though there is evidence both for and against the existence of a detectable anthropogenic signal in
the tropical cyclone climate record to date, no firm conclusion can be made on this point.
2. No individual tropical cyclone can be directly attributed to climate change.
3. The recent increase in societal impact from tropical cyclones has largely been caused by rising
concentrations of population and infrastructure in coastal regions.

[...]


(le texte complet vaut le détour, mais je me limite à trois points qu'on pourra utilement faire parvenir aux journalistes qui se verraient bien dans la peau de Cassandre).

Un dernier mot : il semble bien que la force des ouragans dépende non pas directement de la température de surface de l'océan, mais de la différence de température entre la mer et la tropopause ( voir l'article de Knutson et al. - voir aussi cet article : "We find that, even though tropical Atlantic sea surface temperatures are currently at a historical high, Atlantic potential intensity probably peaked in the 1930s and 1950s, and recent values are near the historical average").

Il faut cependant remarquer que la fiabilité des modèles climatologiques est de plus en plus remise en doute, et ce par les modélisateurs eux-mêmes, qui deviennent de plus en plus exigeants à mesure que leurs résultats font l'objet d'intenses controverses. Mais pour l'instant, c'est ce que nous avons de mieux, et une des priorités de la lutte contre le RC devrait être de mettre bien plus de moyens à la disposition des chercheurs.

P.S. 2008 s'est terminée par un nombre très faible d'ouragans même si les journalistes nous ont servi durant des semaines les catastrophes en Haïti, certes dramatiques, mais d'une régularité métronomique.
P.P.S. Idem pour 2009, au point que quelqu'un m'a dit que c'était suspect, et sans doute la preuve d'une autre aberration climatique... On perd à tous les coups.

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