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24 mai 2008 6 24 /05 /mai /2008 20:22
Palmarès du Reine Elizabeth et palmarès à Cannes. Pour ce dernier, peu de surprise, c'est Cantet qui décroche la Palme, un réalisateur que je ne supporte pas : il filme platement des "sujets sociaux" avec toute la belle indignation assumée des "gens de gôche", et les "dénonciations" les plus convenues (son film le plus ridicule étant évidemment Vers le Sud).

Ce n'est d'ailleurs qu'un aparté. Figurez-vous la Belgique (francophone) en émoi, après qu'un chauffeur de bus ait filé à son agresseur une rouste qui l'a laissé (l'agresseur) sur le flanc. Donc, on embastille le chauffeur, et là-dessus les chauffeurs de bus se mettent en grève illico, les représentants syndicaux sont bien embêtés et le ministre de tutelle clame haut et fort que le chauffeur sera licencié (alors qu'il n'est même pas encore inculpé).

Les voyageurs sont furieux, évidemment.

Moi, j'attends que la confrérie des agresseurs viennent manifester dans les rues pour faire pression sur la justice afin que le chauffeur soit puni de manière exemplaire. C'est vrai, tout de même, vous imaginez si les agressés se mettaient tout à coup à se retourner contre les agresseurs, et, pis, aient le dessus ? Ce serait le monde à l'envers !

Je sais. Les voies de fait sont interdites. Peace and love. C'est vrai aussi qu'apparemment il y est allé un peu fort, explosant la rate du petit con. Mais je suis un peu étonné qu'on appelle toujours "Monsieur" Fourniret "l'auteur présumé", alors que le conducteur n'a droit qu'à être immédiatement condamné médiatiquement et qu'on ignore tout des détails : avait-il été agressé précédemment ? A quel provocation a-t-il réagi ?

Je sais. La loi du talion est évidemment proscrite. Il aurait mieux valu prendre le petit mariole par le bras en lui disant : "Ce que tu fais n'est pas bien. Tu t'en prends à un honnête prolétaire qui est comme toi victime de l'affreuse société capitaliste déshumanisante et mondialisée".

Je sais. Mais je pense que le petit con en question est hélas un de ceux qui ne voient pas plus loin que la bagarre, un peu comme ces sombres crétins qui se sont affrontés l'autre jour à Anderlecht. La vraie question est de savoir si la correction qu'il a reçue lui aura appris à ne plus trop harceler les chauffeurs ou si au contraire elle l'aura redoublé dans sa rage et sa connerie. Et si ça servira d'avertissement à tous ses petits copains, parce que, tout de même, c'est à peu près chaque semaine qu'une agression de chauffeur est rapportée dans les journaux.

Alors oui, si le chauffeur est coupable, il est normal qu'il soit condamné ; mais rate explosée ou pas, que son petit crétin d'agresseur en prenne aussi pour son grade s'il l'a vraiment harcelé.

Je suis sûr qu'on me traitera de facho. Tant pis.

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23 mai 2008 5 23 /05 /mai /2008 07:00

Dans son dernier livre Predictably Irrational, Dan Ariely s'amuse
(et nous amuse avec lui) à montrer combien le comportement humain est irrationnel et comment on peut profiter de ses faiblesses pour lui faire avaler couleuvres et crapauds ; mieux encore, il nous apprend à lire les pièges et à les éviter. Certaines de ses réflexions sont évidemment destinées à un public américain mais la grande majorité peuvent parfaitement s'appliquer à nos sociétés également.

Un des exemples traités me semble particulièrement intéressant, celui de l'étude de Gneezy et Rustichini. Il illustre parfaitement les dangers de faire cohabiter les relations sociales (amis, famille...) avec les relations professionnelles (emploi, clientèle...). La scène se passe dans une crèche en Israël, où certains parents viennent rechercher leur enfant après l'heure, forçant ainsi une partie du personnel à faire des heures sup'. Ce n'est pas un réel problème, car les relations entre le personnel et les parents sont excellentes et les retardataires sont confus - désolé, mais il est arrivé ceci ou cela, j'ai dû terminer ce rapport en urgence, ma voiture ne démarrait pas, etc. Bref, vous imaginez toutes les bonnes raisons - ou prétextes - utilisées. Jusqu'au jour où...
Jusqu'au jour où la direction de la crèche décide d'imposer une amende aux retardataires. Que pensez-vous qu'il advint ? Eh oui, les retards ne diminuèrent pas du tout, ils eurent même tendance à s'accroître : je paye, j'ai droit. Pour reprendre le titre de l'étude A fine is a price, une amende est un prix. Si auparavant je faisais un effort pour être à l'heure afin de ne pas gêner le personnel de la crèche, maintenant que je sais que mon retard est tarifé, je deviens rationnel : le contrat professionnel s'est substitué au contrat social.
Le plus intéressant peut-être arriva quelques semaines plus tard, lorsque la direction abolit le système d'amendes ; pensez-vous que les parents en revinrent au satus quo ante ? Pas du tout. Le lien social avait été rompu, et en plus les amendes avaient disparu : le nombre de retardataires crût encore...

Il faut du temps pour faire oublier une trahison !

P.S. On peut voir une illustration de l'article à notre niveau belge, depuis que les amendes aux parcmètres ont été "remplacées" par des "souscriptions au tarif II", au prix prohibitif. Lorsqu'il m'arrive de retrouver un de ces papillons sous mes essuie-glaces, je râle un bon coup... puis je me demande si je ne peux pas en profiter en faisant quelques emplettes dans les environs ; après tout, j'ai payé pour la demi-journée, non ?

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21 mai 2008 3 21 /05 /mai /2008 12:25

Il était une fois, il y a bien longtemps de cela - disons un petit demi-milliard d'années - un gène qui réglait l'équilibre aqueux d'un certain poisson. Quel poisson exactement, nous ne le savons pas ; appelons-le Arthur. Pour Arthur et ses congénères, l'équilibre de l'eau, c'était très important ! S'ils nageaient dans de l'eau trop salée, ils risquaient de se déshydrater, et si l'eau était trop douce, ils allaient gonfler comme des ballons - tout cela bien sûr à cause de la fameuse pression osmotique qui tend à égaliser les concentrations (ici, de sel) de part et d'autre d'une membrane (ici, leur peau).

Or, le gène d'Arthur était d'humeur baladeuse ce jour-là ; il faut dire qu'il avait eu un petit accident et s'était dédoublé, pour l'une ou l'autre raison, il ne le savait trop. Et son alter ego s'en alla établir sa niche un peu plus loin, sur le même chromosome. Leurs enfants, Ocytocine et sa petite soeur Vasopressine, étaient bien décidés à mener la grande vie...

Non, je ne vous prends pas pour des demeurés, c'est sans doute moi qui retombe graduellement en enfance. L'Ocytocine et la Vasopressine sont des polypeptides très semblables (puisqu'ils proviennent d'un gène dédoublé) qui remontent donc à des centaines de millions d'années, et qui se sont transmis quasiment tels quels chez tous les Vertébrés actuels. Ce sont toutes deux des hormones sécrétées par l'hypophyse - la pituite des Anciens - ayant des effets très différents : tandis que la Vasopressine continue à réguler la balance de l'eau (essentiellement par les reins), l'Ocytocine, elle, régule la lactation et les contractions de l'utérus pendant la mise bas. Mais là ne s'arrête pas son influence : en effet, l'Oc
ytocine est également un neurotransmetteur du cerveau, et son influence est puissante dans tout ce qui a trait à la sexualité, au bonding tant entre partenaires qu'entre mère (père aussi, mais moins) et enfant, aux relations sociales harmonieuses etc. On a aussi montré que l'Ocytocine était la "molécule de la confiance".


Tout ceci n'est pas neuf, mais c'est de la bonne science, établie et confirmée. Ce qui l'est moins, mais qui est prometteur et passionnant, c'est la découverte assez récente des "neurones miroirs", des neurones du cerveau qui déclenchent lorsque le sujet regarde un autre sujet qui l'imite. Vous souriez, et votre voisin d'en face sourit lui aussi, paf ! c'est parti pour une volée d'impulsions de ces fameux neurones miroirs. Inutile de dire qu'on a vite échafaudé des hypothèses hardies sur ce phénomène (*), qui expliquerait les dons d'empathie et même une partie de l'acquisition du langage. Encore trop tôt pour le dire, mais une expérimentation toute récente, celle-là, semble bien confirmer certaines de ces hypothèses.

Alors, il est tentant de faire le lien entre ces deux systèmes de relations sociales, sentimentales, d'empathie et de sympathie, et d'imaginer un grand système limbique associant l'Ocytocine, ses récepteurs, et les neurones miroirs... sauf qu'anatomiquement, ces derniers sont tout de même un peu loin, mais enfin...

On peut rêver.

 

(*) A ce propos, voir une critique assez sévère mais justifiée de Robert A. Burton dans son A Skeptic's Guide to The Mind. En fait, cette histoire de neurones-miroirs s'est largement dégonflée...

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20 mai 2008 2 20 /05 /mai /2008 10:14
Ce qui se passe à Johannesburg est évidemment tragique, mais c'était tellement prévisible ! L'Afrique du Sud est un pays de cocagne dans une Afrique passablement dévastée, tout y marche presque à merveille (les coupures de courant mises à part), le système bancaire est parfait, les télécomms irréprochables, le réseau routier capillaire et bien entretenu, etc etc. La sécurité des personnes, par contre... mais nothing's perfect, n'est-ce pas ?

Il y a aussi un chômage de masse, 25% de la population selon les chiffres officiels, mais probablement plus élevé en réalité. Les Zimbabwéens arrivés par centaines de milliers pour fuir leur pays mis en capilotade n'ont pas été bien perçus, évidemment. Tout cela est bien connu à l'heure des massacres, hélas.

Moi, ce qui m'a frappé, c'est le mot naïf d'une journaliste de la RTBF : "Les noirs se montrent donc racistes". Les Noirs... admirable réification, essentialisme non déguisé. Il y a une masse africaine collectivement appréhendée, dont certains découvrent avec étonnement - et tristesse - qu'elle est aussi complexe que celle des "Blancs", dont tout le monde sait maintenant qu'elle est assez peu homogène. Bien sûr, on reste encore un tout petit peu attaché au Péril Jaune, mais au moins, on sait qu'il y a de bons Jaunes, les Tibétains, par exemple. Ou les Birmans (pas si jaunes que ça, mais peu importe). Mais comment des Noirs auraient-ils pu être racistes ? Comment les victimes, etc, (air connu). On préfère évidemment monter en épingle les problèmes économiques et sociaux, bien réels par ailleurs. On ne dira pas que les Zulu ont précédé de peu (quelques siècles) les Européens et qu'ils ont virtuellement éliminé les Xhoisan - avant 1994, on pouvait rester discret, maintenant ce n'est plus nécessaire, c'est même nocif.

Je me souviens d'être passé plusieurs fois dans des quartiers - pas des bidonvilles - de Johannesburg "envahis" d'étrangers : Nigérians (les plus craints et les plus haïs), Congolais, Ivoiriens... toute l'Afrique était là, comme toute l'Afrique (une autre) se pressait dans le shopping mall de Sandton, hommes d'affaires parlant toutes les langues dans leur GSM. Johannesburg est une ville tough la nuit, mais ses habitants vous diront qu'ils n'osent pas s'aventurer dans ces quartiers coupe-gorge où des rackets de drogue font la loi ; ils vous le diront, mais peut-être est-ce par excès d'imagination, voire racisme ou xénophobie (il y a vraiment une distinction forte entre ces deux termes), je ne sais pas, je ne m'y suis pas aventuré...

"Les Noirs"... non, vraiment !

P.S. Je suis un peu fatigué d'entendre les journalistes confondre presque systématiquement "townships" et "bidonvilles". Soweto, par exemple, a ses beaux quartiers, ses moches quartiers et un vrai bidonville. C'est comme ça ailleurs aussi.
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15 mai 2008 4 15 /05 /mai /2008 14:43
Une bagarre récurrente oppose régulièrement politiques et économistes - enfin, quand je dis une... - celle de l'effet rebond. Que va-t-il se passer si l'on encourage les citoyens à acheter des voitures qui consomment moins, et si l'on contraint les fabricants à sortir ces modèles moins gourmands (c'est le sens de l'initiative CAFE des Etats-Unis, car contrairement à ce que certains pensent le gouvernement américain n'est pas nécessairement le laquais de la grande industrie) ? Ces sommes économisées iront bien quelque part, et pas nécessairement sur un livret d'épargne. Pourquoi pas dans l'augmentation du kilométrage, voire dans l'achat d'un ticket d'avion ?

J'ai dit précédemment mon étonnement face à la proposition de réduire les taxes sur l'essence, et tout spécialement au moment où l'opinion doit être convertie à la vertu consommatrice. Et je suis ahuri que Mme Clinton propose une diminution des taxes fédérales sur l'essence (déjà très peu élevées !) durant la période estivale. Ce genre de démagogie est assez écoeurante, mais tellement grosse qu'elle passe difficilement.

Certains, par contre, désireraient voir augmenter les taxes, justement afin de décourager les conducteurs, une mesure somme toute parallèle à l'effort quasi-universel en Europe de "rendre la ville un enfer pour les bagnoles".

Un article très intéressant paru dans The Energy Journal étudie l'élasticité prix/consommation de carburant durant la période 2001-2006, et la compare à la même élasticité durant la période 1975-1980.

Le résultat est clair : aux USA, en tous cas, l'élasticité a été forte il y a trente ans, les gens ont effectivement consommé nettement moins, soit en réduisant leur kilométrage, soit en achetant des véhicules moins gourmands etc. (c'est d'ailleurs l'origine du programme CAFE). Aujourd'hui par contre, l'élasticité est presque nulle, et pourtant l'augmentation a été très forte (je me souviens au début 2000 d'avoir payé l'essence moins d'un dollar le gallon ; elle est maintenant aux alentours de 4 dollars). Paradoxalement, cette faible élasticité croît avec le revenu des ménages (càd les ménages à hauts revenus diminuent leur consommation de carburant plus que les ménages à faibles revenus).

La conclusion ? Tout simplement que si on voulait faire baisser la consommation par une taxe supplémentaire, il faudrait qu'elle soit lourde. Vous connaissez beaucoup de politiques qui prendraient ce risque ?

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13 mai 2008 2 13 /05 /mai /2008 13:13

On finirait par douter... La perle du jour, c'est sur BFM, Hedwige Chevrillon interviewant un géologue et faisant la comparaison entre les autorités birmanes et chinoises face à ces deux catastrophes climatiques (pour mémoire, il s'agissait de tremblements de terre). Oui, climatiques, vous avez bien lu...Cela devient inquiétant. On finira par faire intervenir la couche d'ozone dans les accidents de la route. Ah non, pardon, ça n'intéresse plus personne, cette fameuse couche d'ozone...

P.S. Et ils remettent ça ! C'est quotidien !

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7 mai 2008 3 07 /05 /mai /2008 10:36

J'ai évoqué plus haut le drame social de Forest, ainsi que les tentatives ridicules de récupération qui avaient eu lieu à l'époque. Heureusement, les choses se sont plutôt bien passées, VW et les syndicats ont fait en sorte que ça fasse le moins mal possible, et donc, on a déjà investi et on va encore investir à Forest, mais pour d'autres véhicules, dont la Audi A1 et la Tiguan. Tous les partis politiques et les syndicats se sont évidemment déclarés très satisfaits.

La
Tiguan ? Mais c'est-y pas un SUV, ça ? C'est à dire un véhicule qui grille la planète, qui perce la couche d'ozone, qui rend les hommes stériles et les femmes cancéreuses, qui fait monter le niveau de la mer et attire les météorites ! Non, ce n'est pas possible, tous à la manif contre l'emploi que ne manqueront pas d'organiser Ecolo et Groen!

Car ils vont l'organiser, non ?

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5 mai 2008 1 05 /05 /mai /2008 14:07
 
"Her intentions are good, and her information is bad," Kenner said. "A prescription for disaster."


Le livre de Michael Crichton est évidemment un appel au film, pré-digéré pour un scénariste paresseux ; Crichton a tout prévu, il suffit de délinéariser par ci, d'ajouter un petit flash-back (ou mieux, un front-flash) par là, et tout est en place pour un super film d'action, avec explosions, assassinats, Pôle Sud, hélicoptères et poursuites en SUV, jusqu'à une pieuvre mortelle et, je vous le donne en mille, une scène de cannibalisme, sisi, c'est juré !

Pourquoi donc ce best seller n'a-t-il pas été jugé digne de passer à l'écran et de rapporter des montagnes de dollars aux producteurs ? Je serais tenté de répondre "parce que c'est MAUVAIS !", mais ça ne vaudrait pas, dans la mesure où tant de misérables bouquins deviennent de pitoyables mais juteux nanars.

Entendons-nous bien : pourquoi trouvé-je ce livre "mauvais" ? D'abord, c'est une espèce de polar-aventures, genre que je n'aime pas. Affaire de goût me dira-t-on, et c'est bien vrai. Mais aussi, il en fait trop, c'est fatigant à la fin, tous ces gens auxquels arrivent les pires accidents et les plus atroces blessures, qui sont à un cheveu de la mort la plus noire à la page 191 et qui sortent tout guillerets de leur lit d'hôpital à la page 193. Et du sang, qu'est-ce qu'ils en versent ! D'autre part, je n'ai jamais compris pourquoi le méchant préfère les laisser virtuellement nus sur la banquise et s'éloigner en ricanant (ils seront sauvés, évidemment) plutôt que de leur coller une balle dans le caisson. Un point amusant : il fait mourir un certain Nat Damon dès les premières pages ; clin d'oeil à Hollywood ? Heureusement, il n'y a pour ainsi dire pas de sexe, à part une scène presque chaste et qui pourrait être donnée en pâture aux pensionnaires des Oiseaux.

Mais que c'est BAVARD !!! DEMONSTRATIF !!! Le personnage (réellement) principal, Keller, est évidemment un je-sais-tout doublé d'un je-sais-tout-faire dont la noble cause est de combattre des épouvantails, des personnages tout-à-fait secondaires qui récitent par coeur un catéchisme écolo et PolCor à faire pleurer.

Le meilleur du livre, cependant, c'est sans doute la phrase en exergue, ainsi que l'appendix I, où Crichton se dévoile vraiment. Bien sûr, il y a de temps à autre des petites phrases qui montrent qu'il n'est nullement un négationniste climatique, son Keller ou sa Jennifer reconnaissent qu'ils "cherry-pick" leurs données, mais pas plus que leurs adversaires... Il faut aussi de temps à autre montrer les grosses associations écolos comme le Sierra Club, le WWF, FOE comme elles sont, c'est-à-dire des machines de guerre très idéologiques - pas question de faire un rapport coût/bénéfice, anathème ! De là à en faire (même involontairement) les complices d'une organisation éco-terroriste ultra-violente, il y a de la marge... Certes, également, ses critiques du GIEC et des travaux scientifiques sur lequel ce corps - politisé, c'est vrai - se fondent ne sont pas excessives. Chaque phrase est juste, mais l'ensemble est lourd et indigeste, et les personnages n'ont aucune épaisseur ni aucune vraisemblance (je n'ai pas dit psychologie).

Cela dit, on sent qu'il a bien fait ses devoirs ; il y a étonnemment peu de grosses erreurs (je n'en vois qu'une, et c'est sans doute un lapsus calami), et la technologie qu'il évoque est presque possible... encore que la cavitation de solides me laisse songeur...

Et pourtant, Crichton ne manque pas d'humour, lui qui baptise un de ses vaisseaux spatiaux "RV-LHOOQ"...

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23 avril 2008 3 23 /04 /avril /2008 11:32

Un petit coup de chapeau à ces pages roses qui ont enchanté mon enfance, les "Locutions latines et etrangères" de belle mémoire ; j'ignore comment je prononçais dans ma tête tous ces eppur si muove et autres Quos ego !, mais ce devait être de la même manière que le non moins célèbre è pericoloso sporgersi qui évoquait alors les express filant dans le brouillard vers des destinations mythiques et lointaines.

Donc, ayant ce matin la muse philosophique, j'entendis à la radio un quelconque personnage du monde politique ou syndical reprendre à son compte la fameuse idée du "partage du travail" ; on revenait au RTT de la charmante Mlle Delors, la fille à papa, celle qui ferait passer Anne-Marie Lizin pour l'archange de la tolérance. On nageait dès lors en plein yaka, sauf que l'actualité cruelle relate le combat de ces travailleurs français (et belges, mais oui) qui ont un CDI en poche, mais pas d'autres papiers. Ils cotisent pour leur retraite, ils paient des impôts, leurs charges sociales, tout ça, mais ils n'ont droit à rien.  Ah, j'oubliais : c'est pas les bureaucrates de Trublion Ier qui doivent définir quels sont les travaux et métiers accessibles aux élus de "l'immigration choisie" ? C'est l'Etat qui recrute, pas les chefs d'entreprise, bien sûr... J'ai la mémoire qui flanche.

Elle flanche, mais tout de même pas au point d'oublier que si on veut vraiment "partager le gâteau", alors, les étrangers, RAUS ! Il faut tout de même être logique, que diable, que les zélateurs du partage s'inscrivent chez Le Pen. Ou alors, qu'ils perdent leurs illusions sur "un gâteau à partager" ; ce n'est pas comme ça que ça marche. La rengaine malthusienne qui interdit aux retraités les joies du travail rémunéré s'applique tout autant à tous ces étrangers qui viennent manger notre pain ; malheureusement, la petite fabulette de Fernand Raynaud n'a pas été prise au sérieux, et pourtant, ils sont légion les immigrés qui cuisent notre pain et nous le servent. On voit toujours les acteurs économiques - y compris les immigrés plus ou moins pourvus de papiers - comme des assistés, comme des cost centers, jamais comme des créateurs de richesse. Et pourtant, eux aussi ils créent, ils consomment, ils produisent - certes dans des zones pas toujours très claires, mais une société, c'est ça aussi !

Une loi de rénovation économique est en gestation chez nos voisins français - l'une de ses innovations est la possibilité pour les retraités de se mettre à leur compte sans autre prélèvement que sur les bénéfices éventuels. Si ce gouvernement à la ramasse fait passer une pareille mesure, alors il n'aura pas vécu pour rien, mais j'attends de voir, et surtout j'attends de connaître les raisons qui feront sans nul doute défiler dans la rue des bataillons d'opposants à la mesure.

Ah oui, on parlait de logique malthusienne, à rapprocher de la "logique comptable" dénoncée par les lycéens français (pas forcément à tort, un comptable n'étant pas le mieux placé pour faire un business plan). Le problème, c'est qu'ils sont eux-mêmes victimes de la même logique en exigeant plus de sous pour l'enseignment - et il faut reconnaître qu'en France aussi il est en crise aiguë. Nous, dieu merci, ça va très bien, on a le décret Arena, qui fait aussi bien et aussi fort que le fameux "plan Rosetta" de notre dame de Lorette.

NB : c'est le kanji "bu", non. Mi oppongo ! clama Fantozzi.

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22 avril 2008 2 22 /04 /avril /2008 19:41

Et même scientifique éminent. Métaphysicien. Politologue. Enfin tout sauf journaliste. C'est du moins ce qu'il disait cet après midi sur BFM au micro d'Hedwige Chevrillon, à propos d'un livre qu'il vient de publier et qui va faire sensation dans le clan parisien branché.

D'abord, il se base sur les dernières confirmations de la Science, et parle avec assurance des micotondries (ou micocondries, ou mitotondries, son élocution se fait un peu vague quand il prononce ce mot qui semble lui poser problèmes). Puis il questionne triomphalement : "pourquoi l'Homme n'est-il pas un Singe ? Pourquoi n'est-il pas un Primate ?".  Ah là là, Jean-François, tu devrais peut-être te tuyauter avant de publier ! Justement, si, l'Homme est un Primate - comme les Singes d'ailleurs, mais dans un autre famille. C'est un peu comme si on prenait dieu-le-père à partie : "pourquoi un Breton n'est-il pas un Corse ? Pourquoi n'est-il pas un Français ?".

Et ça fusait à jet continu. "L'évolution, sans doute, mais une évolution optimisée, car sinon comment expliquer ces perfections que sont l'
oeil ou la migration des hirondelles ? Par les mutations ? Impossible !". Déjà, mettre ces deux sujets ensemble est douteux, mais peu importe. Ce sont des sujets fatigués et que même les créationnistes ont fini par délaisser, pour en venir plutôt ces derniers temps aux flagelles, eh oui, il faut bien trouver quelque chose. Cependant, J-F Kahn n'est semble-t-il pas créationniste ; et donc sa téléologie évolutive prend-elle d'autres dimensions, mais je pense que pour savoir lesquelles, il faut lire son livre, car ses explications radiophoniques étaient brèves et surtout très confuses. De même pour la question sur l'inné et l'acquis, nature/culture : ça commence bien, puisqu'il nie cette dualité, mais ça cafouille très vite quand il s'agit d'expliciter, et du coup on a droit à un nouvell exemple foireux entre les nids d'hirondelle ("toujours les mêmes") et les habitations humaines ("qui peuvent être différentes l'une de l'autre"). En bon lecteur de La Hulotte, je me contenterai de dire que les Hirondelles adaptent fort bien leurs nids aux nécessités, mais que de toute façon cet exemple ne prouve rien et n'épuise évidemment pas le sujet.

Et puis les "structures invariantes" (et pas les structures dissipatives de mon regretté Maître) : l'écouter vaut son pesant de boules Quiès. Ainsi la Révolution de 1917 "qui n'a pas marché pas parce qu'elle voulait abolir la propriété privée et que la propriété privée fait partie de la structure de l'Homme". Aussi "les Vertébrés, qui ont tous gardé la même structure, on n'en a pas vu avec deux yeux derrière la tête pour voir venir les prédateurs !". On pense à la Sole, aux poissons plats en général, puis aux Caméléons, enfin bref, ça ne vaut même pas la peine d'en discuter.

Enfin la Géologie, avec le Granite de base ! Dès qu'on y arrive, on a effacé toutes les périodes ultérieures... J'ai touché le tuf, disaient les scientifiques du XIXe finissant pour dire qu'ils étaient arrivés au bout de leur quête... J-F Kahn n'a pas encore appris les bases de la tectonique des plaques, mais on peut espérer qu'il se mettra au courant pour la deuxième édition.

Cela étant, quand je dis "il faut lire son livre", à vrai dire je ne le crois pas.

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