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2 septembre 2008 2 02 /09 /septembre /2008 07:00

Chaque année, des tempêtes, ouragans, cyclones, typhons (la dénomination change avec le type et la localisation du phénomène) abordent les côtes et provoquent dégâts et victimes ; on se souvient peut-être (mais sans doute pas...) du cyclone Bhola qui, en 1970 a provoqué la mort d'un demi-million d'habitants de ce qui est aujourd'hui le Bengladesh. Mais depuis quelques années, on s'intéresse presque exclusivement aux ouragans (hurricanes) frappant la côte Sud-Est des USA après avoir ravagé les Antilles. Ce n'est d'ailleurs pas dû exclusivement ni même principalement à Katrina, même si celle-ci a fait l'objet d'une attention médiatique soutenue. Les ouragans se sont invités aux nouvelles vers la fin des années '80 dans la foulée des discussions concernant le réchauffement climatique anthropogénique, à la faveur d'un modèle climatologique développé essentiellement par Kerry Emanuel en se basant sur celui de James Hansen de la NASA. En gros, le modèle d'Emanuel considérait la force de l'ouragan comme directement corrélée à la température en surface de l'océan , et dès lors que cette force allait augmenter à mesure que le réchauffement climatique (anthropogénique ou non) allait faire augmenter les températures des océans.

Les ouragans de l'Atlantique nord allaient donc bientôt faire vendre de l'information et les journalistes se mirent à conter leurs méfaits avec un plaisir dissimulé par une mine grave ou contrite. On ne pouvait plus ignorer les morts, les inondations, les glissements de terrain provoqués par chacun de ces Andrew, Wilma ou Ivan, et de la même manière que la vague de chaleur de 1988 avait été bien imprudemment citée par Hansen pour convaincre le monde politique de la réalité du réchauffement climatique, on vit les journalistes s'emparer de n'importe quel phénomène météorologique sortant le moins du monde de l'ordinaire pour le monter en épingle et parler d'"aberration climatique" -  incriminant le fameux RC dont tout le monde parle et dont chacun excipe pour sommer son voisin de changer son mode de vie. Et j'entendais tout récemment un journaliste utiliser cette même expression (aberration climatique) pour qualifier à la fois Gustav ("The mother of all hurricanes") et la fonte des glaces boréales.

Le maire de New Orleans a décrété l'évacuation totale (avait-il tort ? Scientifiquement, sans doute, mais politiquement, probablement pas), quasiment deux millions de personnes se sont retrouvées dans des embouteillages gigantesques, Gustav s'est révélé être un petit ouragan quelconque simplement gonflé par les habituels rigolos de l'information.

Mais ne vous en faites pas : la saison des ouragans est encore ouverte, et vous entendrez encore les mêmes alarmismes s'exprimer, puis ce sera l'année prochaine, etc. etc.

Evidemment, ça permet des images bien impressionnantes, et le choc des photos est toujours plus important que le poids des mots ; peu importe que Galveston ait été dévastée par l'ouragan de 1900 (une dizaine de milliers de morts, largement plus que Katrina), Katrina reste "l'ouragan ayant causé les plus graves dégâts" - en milliards de dollars (environ 80). Certes, mais cette somme élevée provient tout d'abord de l'effondrement des digues et des inondations "collatérales" (une quantité énorme d'habitations étant en zone de polders), et l'urban sprawl presque criminel en zones inondables. Construire sa maison sur les pentes d'un volcan n'est pas nécessairement faire preuve de prudence.

Il me semble utile de se référer au Consensus Statements by International Workshop on Tropical Cyclones-VI (IWTC-VI) Participants (San Jose, Costa Rica, novembre 2006)


1. Though there is evidence both for and against the existence of a detectable anthropogenic signal in
the tropical cyclone climate record to date, no firm conclusion can be made on this point.
2. No individual tropical cyclone can be directly attributed to climate change.
3. The recent increase in societal impact from tropical cyclones has largely been caused by rising
concentrations of population and infrastructure in coastal regions.

[...]


(le texte complet vaut le détour, mais je me limite à trois points qu'on pourra utilement faire parvenir aux journalistes qui se verraient bien dans la peau de Cassandre).

Un dernier mot : il semble bien que la force des ouragans dépende non pas directement de la température de surface de l'océan, mais de la différence de température entre la mer et la tropopause ( voir l'article de Knutson et al. - voir aussi cet article : "We find that, even though tropical Atlantic sea surface temperatures are currently at a historical high, Atlantic potential intensity probably peaked in the 1930s and 1950s, and recent values are near the historical average").

Il faut cependant remarquer que la fiabilité des modèles climatologiques est de plus en plus remise en doute, et ce par les modélisateurs eux-mêmes, qui deviennent de plus en plus exigeants à mesure que leurs résultats font l'objet d'intenses controverses. Mais pour l'instant, c'est ce que nous avons de mieux, et une des priorités de la lutte contre le RC devrait être de mettre bien plus de moyens à la disposition des chercheurs.

P.S. 2008 s'est terminée par un nombre très faible d'ouragans même si les journalistes nous ont servi durant des semaines les catastrophes en Haïti, certes dramatiques, mais d'une régularité métronomique.
P.P.S. Idem pour 2009, au point que quelqu'un m'a dit que c'était suspect, et sans doute la preuve d'une autre aberration climatique... On perd à tous les coups.

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28 août 2008 4 28 /08 /août /2008 07:00

Sin City is back ! Ils avaient essayé d'en faire une espèce de Disneyland du jeu, un endroit bien gentil où la petite famille américaine moyenne viendrait dépenser son argent (on parle d'un budget moyen de 500 $ par jour et par famille) et admirer les spectacles divers et variés - parfois avariés, je sais, c'est trop facile mais c'est plus fort que moi... Et ça n'a pas vraiment marché, semble-t-il, même si on voit tout de même encore quelques familles se balader dans les rues - La rue ! - et les casinos, et si quelques spectacles sont encore accueillants aux jeunes spectateurs. On y trouve surtout des dames d'un certain âge claquant allègrement le pèze laissé par leur mari disparu après une vie de dur labeur (on voit que je ne suis pas joueur). Donc, Vegas est revenu à ses habitudes anciennes après un sérieux lifting qui n'est d'ailleurs pas encore terminé (mais le sera-t-il jamais ?).

Vegas est glitzy, mais pas aussi vulgaire qu'on ne le dit. D'un goût atroce, personne ne le niera, d'un kitsch et d'un faux baroque ahurissants, certes, mais tellement énorme que ça passe finalement pas si mal. Evidemment, il ne faut pas se limiter au bloc Bellagio/Caesar's/Flamenco, mais remonter vers le nord, vers le Sahara et le Stratosphere pour comprendre ce que sinistre veut dire à Vegas ; une des "attractions" du Sahara est un simulateur de course
Nascar, et une bonne partie de cet hôtel miteux est consacré à tout le folklore du Nascar, avec vente de breloques, de fanions, de casquettes, etc. Beaufitude assurée. Plus haut encore, on arrive bientôt à l'austère (et pauvre) Naked City, dont il est impératif de visiter le quartier des antiquaires (!), de préférence un jour de plein soleil écrasant à midi, tout fermé sauf les bars. High noon, mais avec des bâtiments un peu plus modernes et beaucoup moins quaint.

Pas loin de la mairie, il y a Fremont Street, qui est en fait le premier quartier de la ville, dans les années '30, avant que les gangsters viennent blanchir leur argent dans les casinos du Strip, ainsi nommé en référence à celui de Los Angeles. Le coin de Fremont, où se trouve une réplique de la fameuse enseigne du Pioneer, le cow-boy levant le pouce, symbole d'un certain Las Vegas, semble en coma dépassé, hésitant entre une reconstitution incertaine et une galerie commerciale. A voir, donc !

Enfin, il y a les innombrables petites "chapelles" où on peut se "marier" avec la cérémonie de son choix. Ce peut-être Elvis Presley qui vous marie, ou tout autre bonhomme ; à noter que ce genre de chapelle existe aussi dans de nombreux hôtels-casinos, mais c'est beaucoup moins rigolo.

Et n'oubliez pas que vous êtes à quelques dizaines de miles du Grand Canyon et du Zion National Park, ce dernier nettement moins connu et nettement moins affollato que le Grand Canyon.

Ah oui, j'oubliais : à LV comme partout ailleurs où j'ai été, il semble que les Américains aient compris que la climatisation à outrance que j'ai toujours connue là-bas soit une chose du passé. Alors, prix de l'énergie ou prise de conscience environnementale, je l'ignore, mais c'est beaucoup mieux ainsi.

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26 août 2008 2 26 /08 /août /2008 22:14

Vous l'avez certainement lu dans la presse ou entendu à la radio : les éoliennes sont fatales aux chauves-souris ! On savait déjà que les oiseaux pouvaient ramasser un coup de pale par-ci par-là, mais en ce qui concerne les chauves-souris, on était perplexe ; eh bien, une équipe de chercheurs canadiens a étudié le phénomène et leur opinion est que les adorables petits mammifères à ailes membraneuses sont en majorité victimes d'un barotraumatisme, autrement dit que la brusque dépression accompagnant la pale leur saccage les poumons.

Ne croyez tout de même pas que je vais sauter sur l'occasion pour trucider une fois de plus les moulins à vent ; j'ai assez d'honnêteté intellectuelle (morale, je ne dis pas - ça reste entre moi et moi) pour reconnaître que ce défaut supplémentaire ne vaut pas condamnation définitive. Après tout, les avions font grande consommation de volatiles en tous genres (il court le bruit qu'on teste les réacteurs en leur envoyant un poulet - non congelé - dans les ailettes pour voir s'ils tiennent le coup. J'ignore si c'est vrai, mais ce qui l'est, c'est qu'un envoie d'autres poulets sur le pare-brise pour tester sa résistance au choc de volatile), et on ne va pas les interdire pour autant.

Non, mais enfin, il faut le savoir.

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21 août 2008 4 21 /08 /août /2008 07:00

Tant que j'y suis, j'aimerais apporter un bémol et un dièze à la critique dans mon post précédent. Le bémol, c'est p.242 "Food Miles", où les auteurs relativisent fortement (mais à mon avis, pas encore assez) les achats de produits exotiques ou produits à l'étranger. Eh oui, aussi curieux que ça puisse paraître, les tomates élevées en serre en Hollande produisent plus de CO2 que les tomates importées d'Espagne, transports compris... De même, ils citent une étude (certes Néo-Zélandaise, mais passons) montrant que la viande d'agneau produite en NZ et importée en Europe présente un bilan largement positif par rapport à la viande d'agneau produite en Europe (ne le dites pas à Bové, il en perdrait ses moustaches). Encore les auteurs ne comptabilisent-ils pas les trajets du magasin au domicile.

Le dièze est tout de même plus problématique. En effet, nous trouvons p.200 un morceau de choix que je me vois dans l'obligation de citer in extenso :

"The good news is that the Chinese government is at least as aware as any other country of the dangers of global warming. Unlike most other governments, fully two-thirds of the members of its politburo are highly qualified scientists and engineers. These are people who fully understand the climate problems."

Je dirai à mon tour, the bad news is that China is a dictatorship and the members of the politburo are first and foremost a bunch of yes-men who owe their high functions to politicking. Il est déjà assez risible de s'imaginer que des ingénieurs et des scientifiques sont ipso facto mieux qualifiés pour comprendre les problèmes ; on pourrait dire que des économistes ou des juristes feraient mieux l'affaire, et comme par hasard, c'est dans ces branches que se recrutent la majorité de nos politiciens. Peu importe, l'essentiel est que les auteurs de notre livre montrent ainsi un tout petit coin de leur pensée - ou de leur inconscient :

- une bonne dictature, avec des bons dictateurs qui comprennent les problèmes et qui font ce qu'il faut pour les résoudre, au fond, ce ne serait pas si mal... Dans le temps, on appelait ça le despotisme éclairé, et les tenants de la deep ecology y souscrivent volontiers.

Or, ce n'est pas comme ça qu'on gagnera les coeurs et les cerveaux du bon peuple (après tout, nous sommes en démocratie, non ?). Si vous voulez introduire le changement, ce doit être fait par le peuple, pour le peuple.

Et si ce mot de "peuple" vous fait peur, il vous est parfaitement loisible de le remplacer par "les gens".

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20 août 2008 3 20 /08 /août /2008 07:00

C'est un livre de G. Walker et D. King avec l'inévitable ours polaire sur la couverture, ce qui n'augure rien de bon, mais enfin il avait une bonne critique dans le New Scientist, et puis j'aimais bien son sous-titre "How to Tackle Global Warming And Still Keep the Lights On". Deuxième bémol, après les ours, la citation d'Al Gore : "In a world full of misinformation, The Hot Topic is a beacon of clarity", et c'est vrai qu'en ce qui concerne la misinformation, Al Gore en connaît un bout...

Hélas, la lecture de ce petit opus confirme les doutes que fait naître la couverture. Bien sûr, c'est un ouvrage grand public, et on peut à la rigueur comprendre que toute la problématique soit exposée avec une assurance sans faille ; plus gênant, les auteurs appellent à la rescousse Katrina, les ouragans et la vague de chaleur de 2003, tout en admettant un peu à contre-coeur qu'ils ne prouvent rien. De même, on ne fait appel qu'aux morts de chaud et pas aux morts de froid (quelques lignes y sont tout de même consacrées en appendice), et si certains modèles (et il faut diantrement se méfier des modèles, mais c'est passé sous silence) prévoient plus de pluie en Asie, on parlera d'inondations... Tout changement ne peut être que mauvais, voilà la leçon.

A la page 99 (sur 255), on apprend enfin comment s'y prendre pour atteindre les objectifs désirés : ne pas dépasser une augmentation de 2° C (qui provoquera déjà toute une série de catastrophes détaillées à la page 90). Il s'agit tout bonnement de la méthodes des "coins" (wedges) de Socolow et Pacala, qui est à vrai dire la seule solution imaginable : plusieurs technologies sérieuses qui s'additionnent et qui se développent de manière linéaire sur les cinquante prochaines années, chaque "coin" croissant graduellement de 0 à 1 milliard de tonnes de carbone. C'est d'ailleurs devenu un jeu auquel certains s'adonnent sans retenue, et sans aucun réalisme. Malheureusement, les auteurs de notre livre ne semblent pas avoir compris que l'effet désiré doit se maintenir à niveau au terme des cinquante ans. Ainsi leur premier "coin" (diminuer d'un facteur deux la consommation d'essence des 2 milliards d'automobiles) est peut-être techniquement atteignable, mais dès que le but est atteint, on y reste. Par contre, "planter 300 millions d'hectares de forêt dans les tropiques est absurde, puisqu'une fois ces 300 Mha plantés, l'absorption de CO2 s'annule (une forêt à l'équilibre est au mieux neutre au carbone, au pire nocive au méthane). Et puis, on va les chercher où, ces centaines de millions d'hectares quand on sait qu'il faudra doubler la surface cultivée d'ici à 2050 ? Freeman Dyson remarquait en passant qu'on pourrait développer par génie génétique des arbres "dévoreurs de carbone" - et il ne fait quasiment aucun doute qu'il faudra, malgré les cris d'horreur de certains, passer par ce fameux génie génétique ("manipulations génétiques" pour ses adversaires). De même, les deux millions d'éoliennes d'1MW ne doivent pas être en back-up de centrales à charbon, quadrupler les centrales à gaz aux dépens des centrales à charbon est bien beau, mais quid des réserves de gaz ? Quant à multiplier par cinquante l'utilisation actuelle des agrocarburants, cela ne fait plus rire personne. Une phrase du livre résume un peu le tout : "However, none of these problems is insurmountable"...

Evidemment, le très gros problème avec la méthode des coins est qu'en y jouant on perd la notion de coût, et que cela devient vite du pur yaka. De même, il faut commencer un jour, mais les politiques ne s'y décident pas, et quatre ans se sont écoulés depuis la publication de l'article, quatre ans où rien ou presque n'a été fait.

Puis, pendant quelques pages (106 à 153), les auteurs brossent à gros traits les bricolages proposés, et ils ont au moins l'honnêteté de suggérer que la plupart ne valent pas grand'chose (tout en se montrant extrêmement volontaristes !), et laissent le problème des coûts presque entièrement de côté, pour le chapitre suivant qui reprend très honnêtement le rapport Stern et ses critiques, le Clean Development Mechanism et ses critiques, et un assortiment de mesures plus ou moins bien définies mais qui semblent fortement teintées de wishful thinking.

Une critique adressée au livre par le New Scientist était le refus de considérer la géo-ingéniérie (comme la diffusion volontaire d'aérosols dans l'atmosphère pour refroidir la planète). Je suis assez d'accord sur cette réserve, mais hélas, les auteurs se trahissent lorsqu'ils annoncent froidement : "The main reason...[is that it is] a quick fix that leaves us with our old bad habits intact" (c'est moi qui souligne). Voilà de nouveau la morale qui s'introduit ! Old bad habits...

Reste une grosse question, LA grosse question : quid des nouveaux arrivants, Chine, Inde etc. ? Onze pages y sont consacrées, et quand je dis consacrées, c'est un bien grand mot... En fait, tout est brossé sous le tapis, sauf encore quelques platitudes du genre "quand vous achetez un produit Made in China, c'est vous qui êtes responsable du carbone utilisé" ou "les Chinois peuvent bien dire que les USA sont hypocrites", ce qui ne résout en rien le problème que des centaines de millions de gens désirent améliorer grandement leur niveau de vie. C'est une faiblesse insondable de ce livre, et qui le disqualifie entièrement.

Enfin, quelques pages détaillent les "bonnes manières" habituelles (ne pas gaspiller, moins rouler en voiture, acheter un véhicule hybride, "compenser" les voyages en avion - sans aucune critique sur ces schémas de compensation, envers lesquels on peut nourrir un fort scepticisme...), la feel-good attitude, en somme. Et pour finir un appendice sous forme de questions (ou affirmations)/réponses, pas très intéressant et parfois carrément trompeur (on  reparle de la Chine pour répéter que si les pays développés s'engagent à réduire sérieusement leurs émissions, alors la Chine et tutti quanti, tout se résoudra - comment, on ne le dit pas, mais il faudra donc compter sur un miracle).

En bref, un livre très décevant. Lisez plutôt Lomborg.

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30 juillet 2008 3 30 /07 /juillet /2008 07:00


Oui, je l'avais déjà mise, mais je la trouve marrante.

Or donc, voici qu'un article du Monde nous révèle que les actionnaires de Charlie Hebdo se sont partagé la jolie somme de 825.000 euros en 2006, année un peu exceptionnelle tout de même, puisqu'elle correspond aux fameuses caricatures et que ce seul numéro s'était vendu à 500.000 exemplaires.

Je suis scandalisé. Comment, ces gens-là gagnent donc de l'argent ? Il ne sont donc pas les crève-la-faim que tout artiste - surtout militant - se doit d'être ? "Quand je pense que j'ai acheté un exemplaire pour les soutenir" se plaint un lecteur. Il a raison, c'est une honte : ils auraient dû assumer personnellement, sur leurs biens propres, tous les frais du procès et les amendes par-dessus le marché. D'ailleurs, Plantu a eu parfaitement raison de caricaturer Val comme un
nazillon - c'est très subtil, très digne et très intelligent.

Il y a tout de même une hic, une toute petite contradiction quelque part. Non pas chez Val ou Cabu, mais déjà un peu plus chez Nicole Blondeaux, la veuve de Gébé - vous savez, celui qui a écrit l'An 01, l'utopie où l'argent n'existait plus et où tout le monde portait le même petit chapeau à la con ridicule. Certes, Madame Blondeaux n'est nullement obligée de partager toutes les phobies de Gébé, mais il y a peut-être un peu de cette réserve qui lui fait dire que ce n'est plus comme avant (encore que ce ne soit que pure hypothèse, puisqu'elle n'a plus de rapports avec l'équipe, selon ses propres dires).

Je veux surtout parler de Bernard Maris, l'inénarrable économiste-sic qui pond billet après billet pour démonter tous les rouages du Capital, pour montrer preuves à l'appui que le capitalisme s'auto-détruit, que ses contradictions (celles du capitalisme, pas les siennes propres) entraîneront sa disparition et qu'enfin sur ses ruines vont resplendir une aube nouvelle et des lendemains qui chantent grâce aux plans quinquennaux qui ont si bien fonctionné en URSS, en Corée du Nord, à Cuba, en Roumanie, etc., ces vraies démocraties, par rapport auxquelles les nôtres - qui ne sont selon le mot méprisant d'Alain Badiou, que "le pouvoir d'une maigre oligarchie de dirigeants d'entreprise, de détenteurs de capitaux, de politiciens consensuels et de stars médiatiques" - ne font pas le poids. Bah, après tout M. Maris, en empochant ses 110.000 euros, se disait sans doute qu'il plantait un clou supplémentaire dans le cercueil du capitalisme ; ou peut-être qu'il a tout versé au Secours Rouge International. Ou au PCF, qui en a rudement besoin pour payer sa note aux soins intensifs.

Oh, ce n'est pas le seul Bernard Maris à nous seriner la leçon de la catastrophe, c'est même une spécialité d'Attac et du Monde Diplomatique, et depuis longtemps encore, bien avant ces sycophantes castristes de Ramonet et Cassen : lorsque le journal était encore Catho de Gauche, avec Claude Julien à la barre, il n'arrêtait pas de prophétiser sur les cataclysmes qui attendaient le Capital, et ce depuis la faillite d'une certaine Chemical Bank si j'ai bonne mémoire. Claude Julien, par ailleurs un homme charmant et généreux (j'ai pu le rencontrer deux ou trois fois), avait une fixette en tête et n'en démordait pas. Il faut lire ses éditos de '87, lors du mini-krach ! C'était fini, la Bourse, terminé ! Le système financier mondial, foutu ! Relisez, si vous croyez que j'exagère. Et à chaque fois que la Bourse a le hoquet, c'est reparti dans le Diplo. Et chaque fois "ah oui, mais cette fois-ci, c'est différent". Les subprimes, c'est différent. Cette fois, c'est tout le système mondialiste, l'argent fou, qui va s'écrouler.

Oui, comme le fameux bug de l'an 2000, The End Of The World as We Know It, ça vous rappelle quelque chose ?

Eh bien, ne craignez plus rien, c'est officiel : les experts du Future of Humanity Institute (si, si, ça existe ! et c'est même un prestigieux institut de la non moins prestigieuse université d'Oxford) ont établi qu'il n'y avait pas de catastrophe prévisible en vue. Donc, un terrorisme avec des bombes A sales, ou une attaque de virus genre Ebola, pas de problèmes. Même les dangers d'astéroïdes frappant la Terre sont négligeables, demandez-le aux dinosaures. Les seuls doutes qui restent concernent les nano-technologies et l'Intelligence Artificielle ; quand on voit ce que cette dernière a produit depuis tant de décennies, on peut rester sceptique... Et pour ce qui est des nanotechnologies, en l'état actuel des choses, on ne peut rien en dire, sinon rêver au fameux grey goo, mais c'est comme parler de réanimation en lisant Frankenstein. Evidemment, ça ne va pas tout-à-fait dans l'air du temps, catastrophiste à souhait, mais enfin ce genre d'attitude ne date pas d'hier. Piove, governo ladro hier, y'a plus de saisons, c'est la faute au réchauffement climatique aujourd'hui (ah mais, dans les années '50 c'était les bombes atomiques, certains s'en souviendront...).

Heu-reux.

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24 juillet 2008 4 24 /07 /juillet /2008 12:58

Il a un rêve - non, pas être l'homme le plus haut ni le plus bas du monde, comme l'ont été en leur temps son grand-père et son père. Autre chose, peut-être moins grandiose, mais assez passionnant : Solar Impulse, un avion naviguant à l'énergie solaire, tout simplement. Ho-hum, direz-vous, encore un de ces bateleurs... Non, point du tout, le plus important dans "Solar Impulse" est le mot Impulse : "Dans la vision de Bertrand Piccard, initiateur et président du projet, cet avion est le symbole des nouvelles technologies que notre société devrait être capable de mettre en œuvre afin d’économiser les ressources énergétiques de notre planète".

J'ai entendu le bonhomme, il est passionné et passionnant. Enfin, quelqu'un pour qui les "défis du changement climatique" sont une source de plaisir, de nouveaux développements, de pensées latérales, bref un vrai défi, c'est ainsi qu'il faut le prendre. Nous n'avons pas le choix : c'est ça ou la stagnation et un certain retour à la misère - enfin n'exagérons rien, disons une frugalité stricte et froide. C'est d'ailleurs cette frugalité forcée qui plaît à de nombreux écolos peine-à-jouir, et pas seulement ceux pour qui le bonheur n'est pas dans cette vallée de larmes.

Il y a d'autres exemples ; il m'est arrivé récemment d'avoir froissé de la tôle, et donc, je passe chez mon carrossier préféré pour prendre rendez-vous. Il était absent, occupé toute la semaine à se mettre au courant d'une nouvelle technologie de peintures à l'eau. Eh oui, on met au point des laques automobiles contenant un minimum de solvants organiques - progrès évident, progrès technologique majeur.

Créativité, inventivité, think out of the box. Ce n'est que comme ça qu'on y arrivera.

P.S. Depuis, j'ai reçu un
article de Shermer sur un sujet voisin. Excellent, comme toujours avec Shermer.

(23/3/15) Hélas, depuis lors, le pauvre Piccard ne fait que répéter en bon psittaciste que les platitudes écologistes habituelles. Dommage, il valait mieux.

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23 juillet 2008 3 23 /07 /juillet /2008 15:25

...surtout évidemment quand il s'agit de la TIPP flottante.
Vous savez sans doute que la TIPP est un droit d'accise sur les produits pétroliers (en gros), et que comme toute taxe, elle est particulièrement mal vue par les automobilistes (c'est-à-dire tout le monde) et surtout des transporteurs, ce qui entraîne toute une série d'exemptions et de traitements discriminatoires et variés. Récemment, un des ministres de l'OPEP faisait plaisamment remarquer que le pétrole rapportait plus aux pays consommateurs (par le biais des taxes comme la TIPP et la TVA) qu'aux pays producteurs ; cela me semble un peu excessif (je n'ai pas eu le courage de vérifier, je le ferai sans doute un jour moins estival), mais en gros ce n'est pas absurde.

Evidemment, en ce qui concerne cette TIPP, deux des spécialistes en fourrage de doigt dans l'oeil, à savoir l'UFC et le PS (français ! français, je précise) sont de chauds partisans de la TIPP flottante, c'est-à-dire une TIPP qui diminue lorsque le prix du pétrole augmente et vice-versa. Ils sont aussi de chauds partisans du protocole de Kyoto, mais une fois de plus, pas au détriment de leurs lecteurs ni de leurs électeurs. Or, le grand avantage d'une taxe across the board, c'est qu'elle garde une certaine "vérité" des prix ; mais on sait que le PS n'a jamais pu piffer le marché, c'est dans ses tripes, et quant à l'UFC, elle pioche où elle peut, une fois vaguement libérale, les autres fois très dirigiste. Les exemptions, dérogations et modulations externalisent les coûts, ce qui est anathème autant aux économistes classiques qu'à la gauche, classique elle aussi.

Mais bon dieu, s'il faut réduire la consommation globale et individuelle de pétrole, c'est tout de même un comble d'en réduire le fameux prix à la pompe ! On va me reprocher de radoter et de me répéter, mais c'est tout de même invraisemblable d'entendre le prêchi-prêcha "Sauvons la planète, mais laissons rouler les consommateurs", parce que, c'est bien connu, chacun a toujours une bonne raison pour (heureusement, on entend parfois une petite musique discordante). Et on vient d'apprendre par l'
UFIP qu'en un an la consommation de carburant en France a diminué de 10%, du jamais vu ! Ce qui montre que, paradoxalement, l'élasticité est plus élevée en France qu'aux USA, où l'augmentation du prix de l'essence a été d'environ 400%. Alors, avec les écolos, le PS et l'UFC, tous en choeur : qu'on augmente encore les prix ! (le silence seul lui répondit).

Et voici une autre belle histoire qui finit en eau de boudin, elle aussi : les éco-bonus à la française. Je crois me souvenir que c'est Borloo qui avait trouvé le truc : les voitures émettant peu de CO2 recevront une prime à l'achat, celles qui en rejettent beaucoup subiront une taxe. Or, les gens adorent "recevoir", il suffit de mettre "GRATUIT" sur une annonce pour que ça marche, tous les gens de la com savent ça. Donc, à l'idée de recevoir un chèque (façon de parler), le bon acheteur a diminué sa classe de bagnole, et après bien peu de temps, Bercy a réagi en voyant que ça lui coûtait tout de même très cher. Stop. Probablement, on va faire évoluer le système vers une taxation classique, proportionnelle au rejet de CO2. Inutile de dire que tout l'aspect pédagogique du bidule est perdu, ce ne sera plus qu'une taxe comme il y en a tellement, et elle sera bientôt intégrée et digérée. Ou alors, la bonne aubaine pour renouveler sa bagnole.

Une taxe de plus, ah oui, signez là, merci.
Voici les clefs de votre voiture...

P.S. Eh bien, je reconnais m'être trompé. Il y a eu la "prime à la casse", qui a bien marché en France comme en Allemagne, et la Belgique a instauré une prime à l'achat - tous les systèmes se valant plus ou moins, et on espère que les Etats n'arrêteront pas trop brutalement une mesure qui leur coûte cher. Seulement voilà, il s'agit toujours d'incitants à l'achat de voitures neuves, ce qui est une manière de relancer l'économie en période de crise ; ça se payera sans doute demain en termes d'inflation, mais faut c'qui faut pour en sortir. Et ainsi, on fait d'une pierre deux coups, je ne vais pas faire le dégoûté.

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14 juillet 2008 1 14 /07 /juillet /2008 07:08

Entendu ce matin sur BFM le patron d'une firme de sacs en plastique "biodégradables" à base d'amidon de pomme de terre, qui vantait la supériorité écrasante de son produit sur toutes les alternatives. Bien sûr. A entendre mentionner les produits de ses rivaux, et notamment les plastiques oxo-recyclables, ou les plastiques à fragmentation, l'intéressé ne fit ni une ni deux et se couvrit du principe de précaution pour affirmer qu'on ne connaissait pas les implications à long terme de ces produits douteux et concurrents.

Holà, camarade, arrête un peu le discours ! It cuts both ways, tout de même ! A-t-on étudié suffisamment les effets à long terme des pommes de terre plastiques ? Après tout, les pdt sont légèrement toxiques ; est-on sûr qu'il n'y a pas de problèmes avec les résidus, d'autant que ce n'est pas uniquement de la fécule, il y a aussi des dérivés du pétrole qui entrent dans la fabrication de ce plastique... 

Moi, j'interdirais ces sacs (dont la fabrication consomme d'ailleurs énormément d'eau et d'énergie, et qui ne sont biodégradables rapidement que dans des conditions de température et d'humidité bien précises) tant qu'on n'a pas la preuve absolue et certaine qu'il n'y aura aucun dommage résultant de leur utilisation  jusqu'à - soyons réalistes, demandons l'impossible - deux ou trois générations.
Sans parler du fait que, comme les agrocarburants, ils transforment de la nourriture en produits chimiques (brrr....).

Tout ça parce que les autorités chinoises ont interdit les sacs plastiques dans les magasins, ce qui par parenthèse a entraîné la faillite d'un fabricant et la perte de 12.000 emplois. Quiconque a voyagé en Chine a été frappé par l'incroyable faculté de ces petits sacs plastiques de s'accrocher à chaque branche de chaque arbre de chaque champ et de chaque ville. Hallucinant.

Mais ne croyez pas que vous "sauvez la planète" parce que vous utilisez ces sacs en fécule...

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8 juillet 2008 2 08 /07 /juillet /2008 18:19
Voici donc nos amis du G8 qui se sont mis d'accord pour diviser les rejets de GES par deux... en 2050. Evidemment, ça ne les engage pas à grand'chose, ils seront morts ou politiquement inactifs à cette date. Ils vont aussi donner des sous pour des projets de capture du CO2, ce qui fait enrager les Greenpeace et consorts, partisans du malthusianisme, du jansénisme, de la frugalité et du minimalisme. On peut être très heureux à faire des choses toutes simples, n'est-ce pas ? Une petite maisonnette à la campagne avec un potager, et puis on se couche avec les poules et on se lève avec les coqs.
Heu-reux.

Pour ce qui est du Tour de France,
c'est sûr qu'il sera propre, cette année ! Promis, juré, d'autant qu'on vient de se rendre compte que le test à l'érythropoïétine n'est pas fiable. Et puis, il paraît qu'on a trouvé mieux que l'EPO, comptons sur nos amis aux beaux mollets et sur leurs entraîneurs pour nous faire découvrir les saines joies du sport.
Propre.

Et puis, voici M'sieur Noeud Pap' qui monte au créneau pour moduler la TVA sur le gazoil de chauffage (il paraît qu'il faut dire et écrire "fioul" ou "gazole", mais ça, je n'y parviendrai jamais), avec un petit ricanement tout de même : "et ceux qui chauffent leur piscine payeront une TVA à 25%, ou même majorée, hin hin hin..." Oui, les élections sont proches, alors on veut bien se faire voir par ses électeurs, on en arrivera à la hauteur de Fraise des Bois, qui n'aime pas les riches, n'est-ce pas, ceux qui amassent la fortune de 4.000 euros par mois... Mais non, Elio, tu racontes des carabistouilles, comme on dit chez toi. La TVA, c'est pas encore ton truc, même si la Commission a des velléités de la sous-traiter aux Etats membres ; et puis d'ailleurs, la TVA, tout le monde veut la diminuer, non ?
Non, pas pour les riches...

Ah, oui, j'oubliais : ne croyez pas la quasi-totalité des journalistes quand ils affirment que la France (voire Sarkozy en personne) assure la Présidence de l'Union européenne. Pas du tout ! La France occupe la Présidence tournante du Conseil de l'UE, et le Conseil est loin d'être toute l'Union ! Quand j'entends dire que la France est le patron de l'Europe (si, si, je l'ai entendu à la radio !), je frémis à l'idée de ce que peuvent me faire accroire les journalistes dans les domaines que je connais mal...

P.S. (début octobre 2008) : oui, le TdF a été très propre et bien peu rigolo, et oui, j'avais raison, les tests n'étaient pas fiables. On en a trouvé de nouveaux, meilleurs, et devinez ? On commence le jeu de massacre, Schumacher et consorts, et puis attendez les résultats pour les J.O....
Les J.O. propres
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Published by cdc - dans actualité
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