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1 octobre 2008 3 01 /10 /octobre /2008 07:00

Le mot est à la mode, on n'entend plus que lui. Régulation aussi, ça va sans dire.

Et pourtant... Lorsque les Nordiques sont entrés au Conseil de l'UE, ils avaient le même mot - transparence - à la bouche. On allait diffuser le maximum de comptes-rendus, tout rendre public, convoquer le Net, la radio et la TV. Fort bien ; mais si vous êtes assez naïf pour croire qu'en politique on peut se passer des petits arrangements entre amis, c'est que vous croyez encore à Saint-Nicolas. Et je ne parle évidemment pas des arrangements de coquins et de copains, ou des malversations à la Charleroi, non, point du tout, simplement l'évidence qu'il faut toujours composer avec l'adversaire ou le partenaire. Un pur, par contre, considère (comme en '68) que les compromis sont des compromissions, voyez Jean-Marc Rouillan qui revendique ses assassinats (à ce sujet, on ne peut que se féliciter que ce dinosaure ait été sorti de son Jurassic Park, non qu'il puisse changer d'avis - sa cervelle est restée au Mésozoïque - mais pour savoir si le grand parti anti-capitaliste dont rêvent le facteur joufflu et, c'est triste à dire, Daniel Cohn-Bendit va faire figurer un ou des assassins parmi ses membres fondateurs - PS on l'y a refourré, dans son Jurassic Park. Je le regrette sincèrement. PS : on a refourré Rouillan au placard pour des motifs un peu byzantins et pas très glorieux pour la justice française. Pourquoi pas rétablir la peine de mort, tant qu'on y est ? Fin du PS.
Alors, dans le panoptique, comment régler ces petits renvois d'ascenseur ou partages d'influence ? Ben, à table, tout simplement, dans les magnifiques salons du 80 pour les Grands (ministres, etc), au restau ou à la cafétéria - voire au bar du 50 - pour les moins haut gradés.

Exigeons des micros dans tous les lieux publics !

Dan Ariely rappelait dans
un livre bien amusant, que les autorités fédérales américaines avaient en 1993 contraint les sociétés du cru à publier les salaires et avantages de leur top management, pour mettre le holà à l'invraisemblable spirale haussière : si en 1976, le CEO moyen gagnait 36 fois le salaire d'un employé moyen, on en était en 1993 à un coefficient de 131. Et que pensez-vous qu'il advint ? Eh oui, lesdits CEO se mirent à exiger nettement plus que leurs homologues afin de ne pas passer pour des paltoquets. En 2007, le coefficient est passé à 369, transparence oblige. Et Ariely de rappeler le mot de H.L. Mencken : "chaque homme n'est satisfait de son salaire que s'il gagne plus que le mari de la soeur de sa femme" - son beauf, quoi.

Pierre-Noël Giraud publie dans Le Monde un petit article très cynique, très jouissif et très exact (bien éloigné du pompeux article du pesant Henri Weber), où il faisait remarquer l'inéquitabilité absolue du marché financier (ou plus exactement de la finance de marché). Alors, la transparence ou la réglementation... On peut aussi objecter que si les spécialistes les plus pointus des banques et des institutions financières, habitués à évaluer les risques et manipuler des milliards, si ces gens-là n'ont pas bien mesuré leurs mises, alors que vont faire quelques fonctionnaires bureaucrates, même de haut rang, même très compétents ? Ah oui, les
tradeurs n'ont agi que par cupidité, voilà qui explique tout ! Enfin, qui n'explique rien : d'abord, c'est normal qu'ils cherchent leur intérêt, et leur intérêt n'est certainement pas un titre qui dévisse de 80%... Quant à la réglementation, ayons tout de même à l'esprit les réflexions de Tyler Cowen : Too Few Regulations ? No, Just Ineffective Ones.

Cela dit, je me réjouis de voir que des économistes distingués avouent
ne rien comprendre à la crise actuelle. Mais peut-être voient-ils trop l'homo economicus, peut-être lisent-ils trop Tim Harford et pas assez Dan Ariely...

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25 septembre 2008 4 25 /09 /septembre /2008 11:00

Ce matin, Bruxelles était assiégée par de valeureux militants de la CGSP protestant contre le fait que les salaires de la fonction publique bruxelloise étaient plus faibles que ceux de leurs collègues des autres régions, ou communautés ou autres entités plus ou moins bien fédérées. Donc, blocage des principaux accès à la capitale et foutoir innommable. Un porte-parole assurait à la radio que les manifestants ne voulaient nullement s'opposer aux concitoyens des autres régions, mais non, bien au contraire ! On vous empêche d'aller au boulot, mais ça n'a rien de personnel ! Simplement, vous avez le tort de venir travailler dans notre région... On va bouter la vermine wallonne et la vermine flamande hors de notre belle capitale (de l'Europe, soit dit en passant, même si ce n'est pas exact). Mais bien sûr la CGSP est, comme la FGTB et le PS, parfaitement unitariste et même un peu belgicaine. Enfin, je suppose que les militants de l'ACOD vont bientôt interdire l'accès au sol flamand parce que les fonctionnaires de la Communauté française ont la cafétéria gratuite et eux pas.
Entendu cette perle d'un fonctionnaire de Bruxelles Propreté : "Dans le privé, je gagnerais 6 ou 700 euros de plus !". Mais qu'attend-il pour y aller ? Qu'est-ce qui le retient ? Ah oui, peut-être l'emploi à vie. Et la pension, que les syndicats appellent un salaire différé pour qu'on n'y touche pas, et qui est effectivement nettement plus élevée que dans le privé.

(Petite note pour les non-Belges : CGSP = Centrale Générale des Services Publics, une branche de la FGTB, Fédération Générale des Travailleurs de Belgique, proche du PS. L'ACOD est l'équivalent flamand de la CGSP)


Mercredi, jour de Bourse (qui se souvient de ça ?), mais surtout jour de sortie des nouveaux films ! Mercredi dernier, Henri Sonet devait être souffrant ou en congé, car il était remplacé par Jean-François Pluijgers, et le moins qu'on puisse en dire, c'est qu'il n'est pas à son aise devant un micro. Peu importe, d'ailleurs. Il commentait La Zona, que je n'ai d'ailleurs pas vu et que je me garderai bien de commenter (en effet, seuls les critiques professionnels ont le droit de critiquer des films qu'ils n'ont pas vus, et ils ne s'en privent d'ailleurs pas). L'histoire - tragique à souhait - se passe dans une de ces propriétés retranchées où les habitants se protègent de leur environnement derrière des murs, des barbelés et des gardes armés ; bref, comme le château de Laeken. Et, bien entendu, on entendait le couplet habituel sur la dualisation de la société. C'est vrai, ça, où est le bon vieux temps où tout le monde vivait ensemble, fraternel et heureux ? On voyait se côtoyer l'humble masure du cultivateur, la petite maison du riche propriétaire et la jolie villa du seigneur des lieux. Il y avait plein de prolos à Uccle et des patrons de multinationales à Saint-Josse-ten-Noode, des OS à Neuilly et les pipeule à Pantin. Enfin, l'équivalent. Mais c'est vrai que c'était il y a très longtemps...
Et puis, la remarque qui tue : "ces endroits où même la police n'a pas le droit d'entrer sans mandat "(accent tragique, on imagine). Ben tiens, Jean-François, c'est une propriété privée, non ? Ça te plairait que les pandores puissent entrer chez toi sans raison ? Normal qu'il faille un mandat ! Bon, je suppose qu'au Mexique, il est avec le Ciel des accommodements, mais c'est un de ces pays où on éprouve une légère méfiance envers la police.


Côté remarque qui tue, on connaît aussi la chronique de Hugues Le Paige, qui se déchaîne contre le libéralisme et le monde financier. D'abord, il pointe ce jour l'indispensable régulation sévère des marché et se désole que les ventes à découvert aient été interdites pour seulement dix jours ; il précise pour ses auditeurs naïfs que les ventes à découvert, c'est de la spéculation, c'est vendre quelque chose qu'on ne possède pas, ouh que c'est vilain ! Ça devrait être interdit ! Petite remarque, oui, c'est incontestablement de la spéculation, comme toute opération à terme (spéculation qui d'ailleurs peut servir de couverture contre, par exemple, des risques de change ou de fluctuations brutales), mais en l'occurrence, c'est de la spéculation à la baisse, or les pleureuses de la spéculation se lamentent toujours des hausses de prix - et à ce propos, les matières premières se sont effondrées ces dernières semaines. Fin de la petite remarque.
Mais les grands coupables, ce sont les hedge funds. Coupables parce que HLP ne sait pas trop bien de quoi il s'agit. Tout d'abord, les hedge funds ont surperformé les fonds traditionnels en 2007 - on verra évidemment ce qu'il en sera après Amaranth. Les hedge funds sont la quintessence de l'hydre spéculative, n'est-ce pas ? Ben non, pas vraiment, "to hedge" veut dire "se prémunir", autrement dit se défendre, mais il est vrai que, comme les notaires, les HF profitent autant des hausses que des baisses. Enfin, les HF n'ont nullement de rôle prépondérant dans la crise actuelle, sauf à cristalliser contre eux les ressentiments des bien-pensants.

Conclusion : les billets d'humeur, ça peut amuser, mais mieux vaut connaître son sujet ou, au moins, se renseigner.

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17 septembre 2008 3 17 /09 /septembre /2008 07:00

On ne peut pas lire un journal quelconque ou écouter les nouvelles sans entendre les plaintes et les gémissement des rédacs-chef, des journalistes et des lecteurs : où va-t-on, que le monde est méchant, comme il va de mal en pis etc. Avant, c'était pas si mal, pas parfait, bien sûr, mais au moins on savait où on en était. De la vache folle au poulet à la dioxine, du réchauffement climatique à El Qaïda, de la crise des subprimes à l'éclatement de la Belgique, c'est partout et toujours la catastrophe qui nous guette. Et maintenant, G. Soros, fin connaisseur, nous promet la fin du monde financier.

Un des douteux avantages d'avoir un certain âge est de pouvoir faire des parallèles et des comparaisons non seulement avec ce que l'Histoire livresque nous a enseigné au long d'une vie de labeur intellectuel intense, mais - et peut-être surtout - avec l'Histoire vécue in corpore vili. Ce qu'on appelle aussi vulgairement (et avec mépris quand on est jeune) : l'expérience. Oh, certes, ce n'est pas le simple been there, seen that du cynique, mais plutôt le wait and see du sceptique.

Pendant des décennies, nous avons vécu dans la crainte de la MAD (Mutual Assured Destruction, en gros les Soviétiques et les Américains se balançant des missiles nucléaires sur la tronche, pour ceux qui n'auraient pas connu cette époque bénie, crise de Cuba et tout le reste), et à l'époque on nous promettait une nouvelle glaciation, ce qui, par parenthèse conduit à relativiser au moins légèrement les prédictions apocalyptiques de certains aujourd'hui. Il est vrai que la modélisation de l'époque était rudimentaire, mais la présente est
encore perfectible.

Plus près de nous, la huitième plaie du Sida. Non que ce ne soit une plaie, et douloureuse, mais il faut se rappeler les accents cataclysmiques des wannabe-Cassandre de l'époque : en toute bonne foi, ils annonçaient une épidémie généralisée et terrible, digne de la Grande Peste de 1348 ; à les en croire, l'humanité allait à la catastrophe. Il y avait là certes beaucoup de bons sentiments, et aussi la volonté politiquement correcte de ne pas stigmatiser les homosexuels qui avaient été durement frappés par la maladie. Mais le PC et l'alarmisme sont de piètre usage. L'Afrique mise à part - et là, il s'agit bien d'une épidémie, et terrible - il n'y a pas de pandémie du Sida.

Je parlais de la Grande Peste - elle, au moins, n'était pas dans l'imaginaire des gens de l'époque, mais ça ne les empêchait évidemment pas de voir la main du diable partout, et plus précisément celle des Juifs, qui étaient censés empoisonner les puits. Ou poignarder des hosties consacrées. Ou tout simplement être juifs. D'où, nombreux massacres, et on s'en souviendrait à l'avenir, à chaque menace possible et catastrophe annoncée, on rôtit quelques Juifs - et si possible quelques sorcières aussi, ça ne peut pas faire de tort.

Je passerai sur les prétendues Terreurs de l'An Mil, qui ont été fort exagérées ; simplement, la peur de l'avenir et la terreur généralisée ont été le lot commun et universel de notre espèce. Et avec avantage, sinon avec raison, car un faux négatif peut être mortel, mais beaucoup plus rarement un faux positif. Pour survivre, notre espèce a toujours eu intérêt à maximiser le danger, quitte à se payer des frousses inutiles.

Certes, nul besoin d'être béat et/ou panglossien ; le monde n'a jamais bien marché (du moins pour la grande majorité des gens) et la vieille discussion sur le
progrès n'a pas beaucoup évolué depuis la première fois que j'en ai entendu parler, chacun campant sur ses positions et ne disposant d'aucun argument dirimant.
Le monde s'enrichit, dira l'un, oui mais dans chaque pays qui s'enrichit, les inégalités se creusent, retorquera l'autre. Et ainsi de suite. Ce doit donc être un de ces faux problèmes dont sont friands les commentateurs politiques et les inventeurs de jeux de société (l'âge du capitaine, etc.).

Mais aussi, comment être optimiste quand on est mortel ?

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12 septembre 2008 5 12 /09 /septembre /2008 12:59
Qu'est-ce qu'ils peuvent bien projeter, ces deux-là ? Rétablir la messe en latin ? Etablir un concordat ? Rechristianiser la France ? Passer la soirée au Crazy Horse ?

N'ayant pas subi l'enseignement catholique, je ne suis pas spécialement anti-clérical ; j'aime beaucoup fréquenter les églises (surtout en Italie) et il m'arrive même d'assister à l'une ou l'autre messe (surtout des messes de requiem, hélas hélas, on ne rajeunit pas, mais à l'occasion aussi une messe de mariage pour bien me rappeler que nous ne sommes pas sur Terre pour rigoler : je me souviendrai longtemps de ce mariage à Blois, interminable  ! Et j'avais derrière moi un officier en grand uniforme qui chantait très faux et très fort, un vrai supplice). Je le dirai tout net : c'était mieux en latin, et avec un véritable maître-autel, pas un de ces bricolages "modernes", trois planches de mérisier assemblées par un cadre de fer forgé dégueu, comme on les voyait déjà dans les dessins de Cabu des années '70. C'est un lieu commun, mais tant pis, je le répéterai : au moins en latin soit on ne comprenait pas, soit on rafraîchissait son latin, tandis qu'en français on ne peut qu'être consterné par la stupidité des dialogues et choqué par ce tutoyement constant.

Donc, s'ils complotent pour rétablir le latin, ce n'est pas moi qui vais protester. De toutes façons, les querelles internes des fidéistes me laissent de glace, et je ne vois pas pourquoi on devrait se scandaliser de la prière pour la christianisation des Juifs dès lors que je sais de source sûre qu'il y a des gens qui prient pour ma conversion (et celle de tous les athées de manière plus générale). Après tout, pour Armageddon, il faut mobiliser tous les bataillons. Que ça fâche les rabbins, sans doute, mais je n'ai pas plus (ni moins) de respect pour les rabbins que pour les curés.

Ce qui me fait bien rigoler, ce sont les quelques personnes (suivez mon regard) qui s'étranglent d'indignation que Vibrion 1er ait invité Benoît, mais qui, il y a quelques mois, se scandalisaient que le Monarque ne daignât pas recevoir le gentil Tenzin Gyatso...

Pour ce qui est du concordat ou de la rechristianisation de la France, malgré les frémissements de narine d'Histrion 1er, j'ai tout de même de grands doutes, mais aussi quelques inquiétudes. Sans doute le Benoît est-il un fameux réactionnaire et comme tel ne se fait une image de marque qu'auprès d'un quarteron de traditionalistes, mais on sait que notre belle jeunesse, après quatre décennies de soixante-huitardisme et l'implosion du communisme, se retrouve-t-elle orpheline de belles causes à défendre et de valeurs spirituelles à arborer ; les baleines, c'est pour les babas cool, le crétin de panda est déjà oublié et le discours écolo finit par s'incarner dans l'achat d'une bicyclette. Non, il leur faut plus ; serait-ce la modernité de Sarko mâtinée du prestige papal ? Et quand on entend le pape s'interroger sur le sort de la laïcité, bien sûr c'est sutor, ne ultra crepidam, mais ça me reste un peu en travers de la gorge. Ajoutez à cela l'affaire Guzzanti, et on est en droit de s'en faire.

Quant au Crazy Horse, c'est d'un vulgaire !...

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11 septembre 2008 4 11 /09 /septembre /2008 07:00

C'est tout bête, on s'enthousiasme - en l'occurrence pour le LHC - mais on ne se pose pas les vraies questions. Hier midi, évidemment, les journalistes de la RTBF ont convoqué une physicienne et l'ont sommée de révéler comment un monument aussi coûteux allait pouvoir se justifier en termes d'applications pratiques. Elle n'était pas ingénieur, elle ne savait pas trop, alors on lui a demandé s'il ne serait pas préférable d'allouer les quelques milliards d'Euros que ça avait coûté à la recherche médicale. Aujourd'hui, c'est "la faim dans le monde". Demain ce sera sans doute la lutte contre les SIDA et dans une semaine la reforestation ou les éléphants.


C'est vrai, tout de même, tout ce bon lait qui est mauvais, tout ce bel argent qui aurait pu servir à tant de choses et qu'on claque à des projets ridicules, non mais, la "particule de Dieu" comme ils disent, et puis quoi encore ! Qu'est ce qu'on s'en fiche de savoir si le modèle standard est correct ou pas ? D'ailleurs, y vont finir par faire des tout petits trous noirs qui vont bouffer notre galaxie, ces apprentis sorciers ! Heureusement qu'il y a des gens sensés qui veulent faire arrêter la machine par les tribunaux ! C'est comme tout ce fric qu'ils dépensent pour envoyer des fusées un peu partout, irresponsable !

Ah non, c'est vrai ! Enfin, c'est pas vrai, toutes ces histoires de fusées, c'est de la blague, vous ne croyez tout de même pas que les Amerloques aient réellement mis pied sur la Lune, tout ça, c'est des effets spéciaux et du pipeau (mot clef). J'ai un neveu qui est de cette persuasion, comme on dit si joliment en anglais pour parler de la religion, et il ne fait pas dans la dentelle : tout, je dis bien tout est truqué, mensonger, faux ! Si ça paraît dans les journaux, c'est de la blague ! Seuls sont fiables les réseaux du Net qui rassemblent les chasseurs de complots. Je suppose que ça a commencé avec Lincoln (pas sur le Net, évidemment !), mais ça a vraiment atteint sa vitesse de croisière avec l'assassinat de Kennedy (enfin les assassinats des Kennedy). Le rapport Warren avait beau avoir été rédigé sous la direction d'un homme parfaitement intègre et admirable, il souleva la méfiance, le mépris et l'hilarité générale ; Dario Fo s'en inspira pour faire une farce particulièrement réjouissante où les sataniques rouages de la perverse Amérique étaient mis au grand jour. C'est vrai que c'est pas chez les petits copains de Fo qu'une pareille rigolade aurait pu se produire, vous imaginez, une Cour suprême et une commission d'enquête en URSS ? Allons donc.

Et en cet anniversaire du 9/11, il va de soi que c'est la CIA, le FBI, le Secret Service, le KKK (ah non, peut-être pas puisque le Mossad est le commanditaire) et Wal Mart qui ont opéré toute l'affaire, et tous les Juifs qui travaillaient dans les Twin Towers ont été prévenus la veille de ne pas venir au travail, sisi, c'est tout à fait vrai. Et tous les noms à consonance juive des victimes, tels qu'on peut les lire à Ground Zero, c'est du pipeau.

Ben voyons.

Si vous n'avez rien d'autre à faire un jour, allez voir ici, c'est assez amusant. Celui-là n'est pas mal non plus. Pour une liste plus complète de tous les complots, il y a bien sûr l'inégalable Snopes.

Cela dit, inutile d'argumenter avec un chasseur de complots. Autant essayer de convertir un Témoin de Jéhovah.

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10 septembre 2008 3 10 /09 /septembre /2008 21:01
Impossible de faire l'impasse sur le joyeux point de vue des Econoclastes ! Tout ce que vous avez voulu savoir du catéchisme courant !
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10 septembre 2008 3 10 /09 /septembre /2008 09:28
Bon, ce n'est pas vraiment un scoop, tout le monde en parle : le LHC, Large Hadron (et pas Hardon comme je l'ai vu orthographier par un mauvais plaisant) Collider a accéléré son premier faisceau à 10h 28.

Un monstre, ce LHC et ses détecteurs dont vous commencez à connaître les noms : ALICE, ATLAS, CMS et LHCb - oui, c'est moins marrant que Gargamelle, mais peu importe.

Petit cocorico, le boson dit de Higgs doit beaucoup aussi à Englert et Brout de l'ULB.

Alors, les gens au CERN sont aussi excités qu'il y a près de trente ans, à la recherche des bosons vecteurs intermédiaires W et Z. Veinards !

Ah oui, à part ça, j'ai vu cette merveilleuse publicité pour un "vin naturel". Révolutionnaire, non ? Après l'arbre à pain, l'arbre à vin (non, je n'ajouterai pas le troisième).

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9 septembre 2008 2 09 /09 /septembre /2008 07:00

Gomorra est sorti sur les écrans bruxellois, et avant de dépenser le fruit de mon dur labeur à l'achat de billets réellement hors de prix, j'ai voulu comme presque toujours lire quelques critiques au sujet de ce film. Deux sur trois de ces critiques mentionnaient explicitement le lien entre la Camorra et l'ubiquiste utralibéralisme ; enfin, quand je dis "explicitement", je veux dire qu'ils associaient les deux comme allant de soi. Coïncidence ou pas, ces critiques venaient de deux "cathos de gauche", à savoir la Libre Belgique (de gauche uniquement par son critique, évidemment) et Télérama. Chronic'art se passait du terme, qu'il utilise tout de même à l'occasion, mais beaucoup plus rarement.

N'importe quoi. Non, vraiment, n'importe quoi. Quand chacun sait que le problème central à Naples - et plus généralement partout où sévit une mafia - c'est la collusion éhontée entre les politiques et les gangsters (quelque peu éludée dans le film, par ailleurs), on voit assez mal le lien avec l'école de Chicago. Aucun économiste libéral (= ultra-libéral dans l'acception que lui donnent ses contempteurs) n'a évidemment jamais prôné d'ouvrir le marché aux criminels, évidemment, pas plus Hayek que les Chicago Boys. La période de criminalité organisée la plus noire des Etats-Unis a été initiée par la Prohibition, qui n'était pas spécialement ultra-libérale, et il faut avoir la mémoire bien courte ou très sélective pour ne pas se souvenir des invraisemblables mafias ayant régné en Europe de l'Est ou dans d'autres dictatures un peu partout dans le monde ; mais évidemment, ces mafias étaient placées sous la tutelle du pouvoir politique, une fois encore.

Certes, on objectera tout de suite l'exemple des mafias roumaines, russes, etc. actuelles. Sauf qu'elles sont criminalisées et pourchassées (enfin, en théorie), que ces mafias semblent être une continuation des anciennes et que, de toutes façons, personne n'a jamais présenté le libéralisme comme un remède à la criminalité, même s'il est très habituel et très ancien de représenter le Capitalisme comme le père de tous les gangsterismes (cf. Brecht et en général tous les auteurs soviétiques ou apparentés d'avant-guerre).

Non, on en revient toujours au même point, et j'entendais ce midi le billet d'un journaliste de la RTBF, par ailleurs très convaincant, tournant autour de la dévalorisation progressive des "arbitres" (suite à une échauffourée lors d'une manifestation sportive). Malheureusement, il fallut bien en passer par la comparaison avec le "marché dérégulé" - c'est vraiment devenu un lieu commun. A l'heure où chaque dépêche d'agence mentionne l'intervention massive des banques centrales, des autorités de contrôle des changes, quand on sait que les bourses américaines se dépeuplent en faveur des places européennes à cause de l'imbuvable Sarbanes-Oxley, à l'heure où on met en prison ou en examen des chefs d'entreprise soupçonnés de délits d'initiés, on doit tout de même se rendre compte que la régulation existe - même si elle est loin d'être parfaite, j'en conviens. Si on voulait continuer dans la comparaison - très discutable ! - entre les marchés et le sport, on pourrait comparer l'OMC à un organisme qui permettrait de se mettre d'accord sur les handicaps à allouer à chaque coureur de 100 mètres des JO : les Ethiopiens devront porter 15 kg, les Chinois 20, les Français 6, etc. Ah oui, pardon, l'OMC est la bête noire des altermondialistes ; c'est aussi celle des libéraux. Et à propos d'altermondialistes, je ne résiste pas à rappeler ce petit article du New Scientist (dans la rubrique Comment and Analysis, c'est-à-dire carte blanche à..., donc hors limite) où il était démontré que l'analyse économique traditionnelle était à jeter au panier car elle partait du principe que les biens étaient illimités et que donc on pouvait piller sans états d'âme les rivières, les arbres, les ptites fleurs, les ptits zoizeaux et tout le bataclan ! Je ne suis pas économiste, mais j'ai tout de même lu Samuelson, et je crois me souvenir que l'économie, c'est justement l'adéquation entre des ressources limitées et des besoins sinon illimités du moins très importants. Et même que c'était le point de départ critique d'un de ces innombrables "antitraité d'économie marxiste pour les Nuls" (à vrai dire, la collection n'existait pas à l'époque - les années '70) où on affirmait au contraire que la planification prolétarienne allait délivrer l'humanité travailleuse des affres de la pénurie et qu'il y aurait bientôt à chacun (sauf les bourgeois - mais de toutes manières ils auraient déjà été liquidés comme les koulaks) selon sa faim. Faut dire, à l'époque les cocos étaient affreusement productivistes, mais depuis qu'ils ont dû manger à la gamelle de la gauche de la gauche, c'est fou comme ils sont devenus Verts !

Finalement, le film n'est pas terros, comme disent les djeunes. Et aussi, c'est l'anti-Parrain comme le disents tous les critiques (sans doute d'après le dossier de presse) et tous ceux qui l'ont vu. So much for independent thinking.

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5 septembre 2008 5 05 /09 /septembre /2008 07:00

Le piteux biologiste dont je parlais il y a quelque temps ne devait tout de même pas se référer à des travaux ultra-récents pour corriger ses lacunes : les rétrovirus endogènes (RVE) - ceux qui ont pris une place définitive dans l'ADN de leur hôte - sont connus depuis les années '70. Il est vrai que leur multiplicité incroyable n'a été certifiée qu'assez récemment ; on estime qu'une petite dizaine de pour cent de notre ADN est en fait constituée de RVE (et peut-être bien qu'il y en a beaucoup plus). Et ce ne sont nullement des fossiles ou du junk-DNA comme on l'a cru trop longtemps : certains de ces RVE ont un rôle précis et reconnu.

En fait, "la Nature" est très conservatrice et très bricoleuse. Quand on a trouvé quelque chose qui fonctionne, on le garde le plus longtemps possible, et éventuellement on l'utilise à d'autres fins ; ainsi les gènes Hox et la vasopressine. On ne finit par jeter les rebuts de boîte à outils que quand vraiment il n'y a plus rien à en tirer - et encore !

Ce qu'il y a de curieux, c'est que le biologiste en question est le conseiller scientifique d'un groupe de réflexion sur le biomimétisme, groupe de réflexion informel, certes, mais qui n'est pas sans influence du fait de certains de ses autres membres. Diable ! Pourvu qu'ils ne nous ramènent pas les ornithoptères !

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2 septembre 2008 2 02 /09 /septembre /2008 13:42

Ah, ça m'énerve à la fin ! Impossible d'entendre le moindre commentateur politique sans qu'il mentionne avec componction la "Présidence de l'UE".

La présidence de l'UE, ça n'existe pas !!!

Il existe la Présidence du Conseil (des ministres) de l'UE, et ça c'est tout différent : le Conseil est l'une des institutions européennes, avec la Commission et le Parlement (entre autres), et ces trois institutions sont parfaitement indépendantes l'une de l'autre (et très jalouses de leurs prérogatives, par ailleurs).

Encore une fois, je ne me fais aucune illusion...

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Published by cdc - dans agacement
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