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6 janvier 2009 2 06 /01 /janvier /2009 08:00

...est évidemment un des droits fondamentaux, si pas le droit le plus fondamental. Le rapporteur spécial sur le droit à l'alimentation de l'ONU est depuis le premier mai 2008 Olivier De Schutter, un prestigieux juriste de l'Université de Louvain. Il a récemment remis un premier rapport à l'auguste assemblée, et j'avais à l'époque lu avec consternation les communiqués de presse qui entouraient l'événement, et qui ressortaient l'argument des vils spéculateurs, de la misère, du malheur, bref de tous ces catastrophismes à la sauce écolo. Connaissant De Schutter de réputation, j'en avais été quelque peu étonné, car cela ne me semblait pas son style mais bien plutôt celui d'un Jean Ziegler. Et je n'avais pas lu le rapport, en partie par paresse, en partie parce que je me disais que c'était un papier politique obtenu pour un agenda caché (classique à l'ONU).

Mais voici que, par un heureux hasard, je reçois le texte d'une interview de De Schutter au magazine Financité ("Concilier finance et citoyenneté", moi je dirais plutôt "éthique", ce terme de citoyenneté m'exaspère quand on l'utilise à des fins moralisatrices), il se retrouve d'ailleurs dans la version électronique, ici, en dernière page. Et c'est évidemment le juriste qu'on y retrouve. "La spéculation est une écume sur les vagues. Ses effets dommageables sont bien réels, mais il n'y aurait pas de spéculation sans phénomènes plus structurels que les spéculateurs intègrent dans leurs calculs". On ne saurait mieux dire. "Il n'y a pas de marché sans spéculation". Très juste. "(...) une sorte de taxe Tobin, limitée aux secteurs agricoles. C'est là qu'on se heurte à la difficulté de distinguer la pure spéculation des transactions de producteurs qui veulent s'assurer pour l'avenir".  Plus que de difficultés, c'est presque d'impossibilité qu'il faudrait parler ! Déjà, c'était très difficile en ce qui concerne la taxe Tobin (un libéral libre-échangiste, ne l'oublions pas), qui ne concernait que les transactions financières, au point que l'on peut dire qu'elle est morte de sa belle mort. A propos d'investissements "durables" en agriculture : "C'est vrai, mais alors on quitte la logique des marchés". Etc. etc., lisez l'article, il est intéressant - non qu'on y apprenne grand'chose de neuf, mais on y trouvera le catalogue raisonné des problèmes posés, avec quelques ébauches d'améliorations possibles, parmi lesquelles la constitution d'une "Banque centrale alimentaire", bien accueillie par les gouvernements, et dont on peut avoir toutes les raisons de se méfier comme de la peste.

On est bien loin du brûlot contre la libéralisation que nous présentaient les journalistes...

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17 décembre 2008 3 17 /12 /décembre /2008 14:08

PayPal



Chers PayPal
Il est venu notre attention que votre PayPal information dossiers ne sont plus jour. Cela exige de mettre jour le Information. Le fait de ne pas mettre jour vos enregistrements en compte de rsiliation. Sil vous plat mettre jour vos dossiers dans les 24 heures. Une fois que vous avez mis jour votre compte, votre PayPal session ne sera pas interrompu et continuer comme d'habitude. Le dfaut de mise jour en consquence annulation de service, Conditions de service (TOS) violations ou venir problmes de facturation.

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Cliquez ici pour mettre jour votre compte
Voilà, j'ai reçu ça. Comment le sombre crétin illettré et certainement non-francophone qui a rédigé (!) ce billet peut-il croire un instant leurrer qui que ce soit ?

Eh bien, il y a de fait des imbéciles qui se laissent avoir. Récemment, une brave dame de Sweet Home (Oregon, USA) a reçu un mail d'une cousine éloignée vivant au Nigéria, et qui se trouvait en difficultés économiques passagères - pourrait-elle compter sur son aide, moyennant un remboursement de 26 millions de dollars, effectué dès qu'elle serait sortie de ses embarras ? Bien sûr, versements à effectuer par Western Union...

La pauvre conne brave dame commence par envoyer 100 dollars, puis quelques centaines et enfin plusieurs milliers. Elle n'a aucun doute puisqu'elle reçoit des lettres du FBI, du Président du Nigéria et même de George Bush ! Pour 26 millions de dollars, que ne ferait-on pas ? Elle bouffe donc l'argent de la retraite de son mari, hypothèque sa maison et vend sa voiture pour pouvoir envoyer 400.000 dollars aux escrocs... On ignore jusqu'où elle aurait pu aller (braquer une banque ?) si le Département de la Justice de l'Orégon n'avait pas eu vent de ce qui se passait (les transferts de grosses sommes sont évidemment surveillés).

Et puisqu'il vaut mieux en rire, allez consulter le site scamorama, ça détend les nerfs...
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16 décembre 2008 2 16 /12 /décembre /2008 08:00

Buona pulcella fut Thecla, bel avret corps, bellezour anima... (Oui, je sais, c'est la cantilène de Sainte Eulalie que j'ai un peu trafiquée..) Née à Iconium (notre Konya actuelle en Turquie), elle y rencontre l'apôtre Paul et estimmédiatement séduite par le verbe et le prêche de ce rude gaillard. Du coup, elle se convertit, n'a plus d'yeux ni d'oreilles que pour le bon apôtre et décide enfin de ne pas se marier (elle devait bientôt épouser un jeune homme fortuné) afin de consacrer sa vie à Dieu ; il faut dire que Paul lui-même tient de grands discours sur la nécessité de rester chaste et pur(e), ce qui lui vaut de valser en taule, mais peu importe puisque Thecla l'y rejoint et passe la nuit à ses genoux en embrassant ses chaînes... Le fiancé, furieux, ainsi que son ex-future belle-mère, enragée de perdre un aussi beau parti, font fouetter et expulser Paul et condamner la jeune femme à mort : elle sera brûlée vive ! Mais - vous l'avez deviné - elle est aussi incombustible qu'Eulalie et réchappe au bûcher, s'enfuit, va rejoindre son bel apôtre et commence pour elle une vie pleine d'aventures, de bêtes féroces, de condamnations à mort et de sauvetages miraculeux, le tout dans une bonne ambiance de chasteté absolue.

C'est plus rigolo que Bob Morane et ça se trouve dans les
Actes de Paul, dont je vous recommande tout particulièrement la lecture. Bien entendu, c'est un faux, et ça se sait depuis longtemps, mais ça n'a pas empêché Sainte Thècle d'être vénérée pendant des siècles, et même apparemment jusqu'à nos jours dans certaines contrées - on me dit que c'est la sainte patronne de Tarragona, incroyable, non ?

Et, parlant de faux et parlant de Paul, j'aimerais tout de même faire remarquer que la misogynie supposée de Paul est grandement exagérée. On a beaucoup glosé sur son fameux "Que les femmes se taisent dans les assemblées, car il ne leur est pas permis d'y parler" (1Cor.14:34), parallèle à ce qu'il dit dans sa première épître à Timothée "Que la femme écoute l'instruction en silence, etc. etc." (1Tim.2:11-15), il faut le lire pour le croire. Mais justement, il ne faut pas le croire ! Les épîtres à Timothée sont bien évidemment des faux, comme diverses autres lettres attribuées à Paul. D'autre part, toujours dans 1Cor. (tenu pour authentique par la grande majorité des chercheurs), Paul annonce que "Toute femme qui prie ou qui prophétise..." (1Cor.11:5), et il faut savoir qu'à l'époque ces prières et ces prophéties se faisaient à haute voix - donc les femmes pouvaient parler dans les assemblées ! Il y a de grandes chances que le passage l'interdisant est une interpolation ultérieure, car Paul ne craint pas de considérer la femme non comme l'égale de l'homme (il ne faut pas trop demander !), mais comme une personne aussi importante que l'homme en terme de foi, et même de responsabilité dans l'Eglise naissante (Gal.3:28, Rom.16:1,3,6,7,12 etc.).

En fait, on a tellement abusé du cliché "judéo-chrétien" qu'on a fini par croire à cet oxymore. Certes, Jésus était un bon juif, un vrai rabbi (voir l'Evangile de Matthieu, qui le présente dans toute sa judaïté, bien plus que les trois autres) -
certains ont même avancé l'hypothèse qu'il était un zélote, mais cette interprétation n'est plus retenue. Cependant, il saute également aux yeux que le dieu de l'Ancien Testament, dieu des juifs, et même des Juifs, ignoble figure raciste et sanguinaire, est tout de même assez différent de celui dont parle le Nouveau Testament (même si Jésus n'y apparaît nullement comme un personnage sucré, mielleux et bon, bon, bon et doux, doux, doux...). Marcion le dit ouvertement - mais Marcion était hérétique. Jésus lui-même, par contre, ne craint pas d'ébranler le dogme dans son Sermon sur la Montagne, où il soutient que certains des Dix Commandements doivent être sinon abrogés, du moins interprétés - et il interdit le divorce, contre Moïse ! 

Les Juifs de l'époque n'étaient certes pas exempts de machisme (pour le dire modérément), mais les femmes ne jouent nullement un rôle négligeable dans leurs croyances - on pense bien évidemment à Esther et au Pourim, qui, s'il n'est pas la fête la plus sacrée est certainement une des plus populaires. Il y en a bien d'autres, de femmes, dans l'Ancien Testament, et bien peu dans le Nouveau, à deux exceptions près : Marie (la maman) et Marie de Magdala, dont les démêlés avec Jésus ont fait l'objet d'un nombre incalculable de livres depuis les premières années du christianisme jusqu'à nos jours (oui,
vous avez deviné). Et c'est la maman qui a pris une importance considérable dans le catholicisme, Mater Dolorosa et tout le bazar (figurez-vous qu'il existe une école primaire à Bruxelles qui s'appelle Notre-Dame des Sept Douleurs. Vous imaginez le pauvre gosse qui arrive là pour son premier jour d'école ? A s'enfuir, oui !). Oh, il y a bien un beau cortège de Saintes Ceci ou Saintes Cela, mais à vrai dire elles valent surtout par les abominables tortures qui leur ont été infligées - l'Eglise du sadisme, plus encore que du dolorisme.

Pourquoi diable l'image des femmes s'est-elle tant dégradée à mesure que le christianisme se séparait du judaïsme ? Norbert Rouland a
émis l'hypothèse que l'épouvantable misogynie romaine était le réel terreau dont était issue la misogynie chrétienne (et plus précisément catholique, au risque de faire un anachronisme). Séduisante hypothèse, mais il faut bien reconnaître que les femmes romaines de l'Empire n'étaient plus celles de l'époque de Caton l'Ancien, leur condition s'étant considérablement améliorée.

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Published by cdc - dans sociologie
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2 décembre 2008 2 02 /12 /décembre /2008 18:00

Non, ce n'est pas une chanteuse de rock tuberculeuse, c'est une limace marine en termes communs (un nudibranche en termes scientifiques). Comme vous pouvez le voir, elle est verte, d'où son nom, et elle est verte pourquoi ? Parce qu'elle se nourrit d'algues, exact. Plus précisément, elle se nourrit de Vaucheria litorea, dont elle extrait les plastides, disons les chloroplastes pour faire simple, qu'elle garde dans son épithélium digestif pendant plusieurs mois. Et pas pour rien ; en effet, les plastides en question continuent leur boulot de photosynthèse durant tout ce temps, alors qu'elles ont besoin pour ce faire de protéines qui ne se trouvent que dans le cytoplasme  de l'algue, et celui-ci a été digéré par Elysia, la prédatrice se faisant nourrir à l'oeil rien qu'en se mettant au soleil. Un gastéropode végétal, en quelque sorte.


Que se passe-t-il donc ?


Eh oui, vous l'avez deviné... Elysia, gastéropode, a intégré dans son génome au moins un des gènes de l'algue, ce qui lui permet d'exploiter les chloroplastes de cette dernière. Cela signifie, pour ceux qui en doutaient encore, que le graphe de l'évolution n'est pas un arbre, ou si c'est un arbre, il a en tous cas des branches qui fusionnent ! Cela signifie aussi que

1° les OGM, c'est tout naturel 

2° que les piètres biologistes ainsi que Greenpeace & Co. feraient mieux de se tenir au courant.


Mais c'est trop demander, puisqu'ils le savent bien...

 

Horizontal gene transfer of the algal nuclear gene psbO to the photosynthetic sea slug Elysia chlorotica

 

P.S. Un exemple passionnant de l'évolution (probablement) au travail - cette même évolution qui a conduit les plantes et les animaux à une union symbiotique avec respectivement les chloroplastes et les mitochondries (un puriste me taperait sur les doigts, mais peu importe) : la très curieuse Hatena découverte récemment, un flagellé qui durant une partie de sa vie vit avec une algue en elle, endosymbionte, donc, du moins le suppose-t-on. Ce serait un formidable événement ! Un nouveau type de vie...

 

Hatena arenicola gen. et sp. nov., a Katablepharid Undergoing Probable Plastid Acquisition

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Published by cdc - dans sciences
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2 décembre 2008 2 02 /12 /décembre /2008 08:00

 

 

 

 

Tant pis pour moi, je devais m'en douter : un film qui accumule tant de noms à l'affiche ne peut qu'être douteux au mieux, exécrable au pire. Ici, c'est l'exécrable qui s'affirme. J'ai vu de mauvais, de très mauvais films, but this one takes the biscuit with ridiculous ease.

 

Je m'égare. Tout d'abord, ce n'est pas un film, c'est une vague pièce de théâtre filmée, où les acteurs viennent cabotiner face à la caméra, jeu théâtral (faux, donc), tout dans les (pauvres) dialogues - monologues, plutôt - et aucune notion de mise en scène, de caméra ou de découpage. Il y a aussi nombre de running gags, très plats, arrachant ça et là un petit rire à tel ou tel spectateur effaré d'avoir investi huit euros dans une aventure pareille et qui veut donc sauver un peu de sa mise ; hélas, MHMB, c'est pire que Fortis.

 

Le plus déplaisant, c'est le mépris ; mépris du public des musées, crétins groupés derrière un petit drapeau (bonjour les clichés) ou stupides provinciaux délirant sur les Impressionistes, mépris de l'art en général, mais surtout de l'art contemporain, réduit au charlatanisme, au sexe, aux excréments et à l'acting-out meurtrier (avec évidemment un public soit parfaitement gogo soit invraisemblablement branché - mais toujours très laid, des costumes à faire vomir). Deux compères "rythment" le tout, et ces pochades de Gilbert and George s'appellent, très finement, Sulky et Sulku (ah ah ah, comme c'est drôle ! Où vont-ils chercher tout ça ?!). Bien entendu un petit couplet moralisateur sur les réfugiés (est-ce si difficile de trouver un gamin africain qui sache au moins un tout petit peu jouer ?), mais les people, eux, ont droit à du respect, pas de mépris pour ceux qui sont peut-être un peu bruyants, mais pour la bonne cause. On feint d'oublier que les Impressionnistes - maintenant assimilés aux auteurs de couchers de soleil pour les calendriers des PTT - ont eux aussi en leur époque été contemporains et méprisés sinon maudits.

 

Et attention, ici, on n'a pas peur de dire des gros mots ! Bien au contraire ! Le pire du "politiquement correct", c'est qu'il a suscité son contraire, le "politiquement incorrect" dont chacun doit faire preuve s'il veut le moins du monde se démarquer de l'esprit bovin. Ce n'est qu'une autre grégarité, tout aussi rassise et prévisible.

 

A sauver, quelques minutes où les gardiens de musée exhalent leur misère de vivre dans un monde de beauté (minute ! uniquement l'Art ancien, Caravage, Tintoret etc.) le jour pour revenir dans la plate réalité le soir, après le turbin. Je pensais, à la lecture des critiques, que cette "philosophie" imprégnait le film, joyeux paradoxe selon lequel la Nature est quelconque, mais l'Art la transcende, ce qui correspond assez bien à mon point de vue. Hélas, le Conservateur incarnant cette doxa est tellement hystérique, tellement gesticulatoire, tellement délirant... Et la mer dans laquelle sombre le musée est tellement belle... Le réalisateur ne le croit pas lui-même, semble-t-il.

 

A propos, écrire Vélazquez (avec un e accent aigu) et prononcer Kandinsky à la façon de "pantin-ski", est-ce un gag ou la normalité parisienne ?

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Published by cdc - dans cinéma
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27 novembre 2008 4 27 /11 /novembre /2008 11:51

Mais bien sûr, c'est Mumbai, actuellement, et quoi qu'il en soit, le jeu de mot est scandaleux et indécent. On ne plaisante pas avec des choses comme ça. Pardon. Cela dit, c'est tout de même mieux que "Bombes à Bombay pour OSS117", non ?

 

Ce n'est pas la première fois qu'il y a des attentats à Mumbai, certes non, mais cette fois, c'est plus soigné, et les cibles ambiguës - ou alors trop bien définies. On dit qu'ils cherchaient particulièrement les Anglo-Saxons, et il est vrai que le café Léopold en regorge, mais pas précisément de ceux qui fréquentent le Taj.

 

Contrairement à de nombreux soixante-huitards, je n'ai jamais eu le coup de bambou pour l'Inde, ses gourous et sa haute spiritualité (du genre : this Yoghi posture is good for meditation and bowel movement). Quand j'entendais vanter le pacifisme et l'extrème douceur de ce merveilleux pays, je ne savais trop s'il s'agissait d'une imposture effrontée ou d'une méconnaissance due au séjour exclusif dans un Ashram certes pompe-à-fric mais en général paisible (du moins quand le gourou de secours ne se tapait pas toutes les bonnes femmes au petit déjeuner. Ou les bonshommes. Voire les deux). La société indienne est extrêmement violente, et pas seulement en ville : voir aussi le nombre surprenant de veuves récentes qui oublient comment fonctionne un réchaud ou prennent feu spontanément... C'est chaque jour qu'un cinéma saute, qu'un bus est incendié, que des émeutes font des dizaines de morts. Ce serait trop facile aussi de ne voir que les fanatiques islamistes contre le monde entier, les hindouistes féroces ne manquent pas non plus, et massacrent aussi bien des musulmans que des Sikhs. A côté, au Sri Lanka, c'est l'étripage généralisé entre Tamouls hindouistes et  Sinhalas bouddhistes, avec certes des revendications politiques, territoriales et linguistiques, mais toujours avec l'appui de la foi ; comme dans le temps les monophysites et les nestoriens se bagarraient par empires interposés, les religieux divers règlent leurs comptes dans de joyeuses tueries entreprises avec sérieux et compétence. Voir encore les religions comme un camouflage des intérêts "réels" n'est plus que l'apanage de quelques pseudo-marxistes simplificateurs et paléontologiques, comme certains voltairiens croyant réellement que les juifs ne mangeaient pas de cochons parce que ceux-ci étaient ladres.

 

Tzvetan Todorov, dans le prière d'insérer de son "La peur des barbares" note : "Le choc des civilisations, ce serait : les démocraties occidentales d'un côté, l'Islam de l'autre".  Ce n'est évidemment ni ce que dit Huntington, ni ce qu'il veut dire. Je regrette à nouveau qu'on parle de ce livre en n'ayant lu que son titre, certes provocant, sans vouloir aller au-delà. Bien sûr, Todorov n'est pas un quelconque Gunder Frank, et je suppose (je n'ai pas encore lu son livre) qu'il incrimine une lecture "vulgaire" de Huntington, sans la partager. Mais alimenter encore ce type de lecture me semble désolant, je n'en veux pour preuve que les nombreuses émissions de radio où le présentateur parle de ce fameux choc avec toute la bonne conscience et l'indignation nécessaires. Jamais une réfutation précise, bien sûr, rien qu' un passage à la trappe instantané et intégral.

 

Bah, attendez que déferlent les hordes orthodoxes...

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24 novembre 2008 1 24 /11 /novembre /2008 18:45

Donc, comme je le disais précédemment, il faut désormais s'abstenir de tout exotisme dans ses comportements et dans sa consommation. Plus de café, donc, ni de thé, ni - ça va de soi - de chocolat.

   

Sauf que si, bien sûr, comme l'admettent Walker et King eux-mêmes. Dans un post récents, les Econoclastes se penchent sur la question et donnent quelques exemples supplémentaires, comme celui des fleurs coupées ; ils parlent de roses du Kénya, mais je pense plus précisément à l'Equateur et à la Colombie dont je reviens, et qui sont de très gros exportateurs, juste derrière les Pays-Bas, producteur n° 1 (et qui - comme c'est bizarre - se révèle très adepte du protectionnisme communautaire en la matière). Pas besoin de chauffage là-bas, de simples serres en plastique (assez hideuses, il faut le dire) suffisent.

   

Les commentaires à ce post sont d'ailleurs intéressants :


- "L'achat local s'accompagne generalement du principe de l'"achat de saison" : pas de fraises ni de roses en hiver".

 

Non, surtout pas de fleurs, ou à l'extrême rigueur, des chrysanthèmes (pour ceux qui ne le savent pas, c'est chez nous une industrie extrêmement importante et lucrative, comme les sapins de Noël). Et d'ailleurs, si Dieu a créé la nuit, c'est pour que les braves gens dorment, pas pour qu'ils allument la lumière et rôtissent leur belle planète.

 

- "Le coût du local est facilement baissé quand on fait venir le producteur aux consommateurs. Des associations existent qui permettent de mettre à disposition des denrées locales sans dépenser l'essence de tous les consommateurs.
Pour donner un exemple, dans une de ces assos, j'achète des patates bio + locales pour 0,90€ le kilo.
Et donc avoir une attitude écologique c'est pas juste prendre sa voiture pour faire le tour des producteurs, c'est rencontrer les autres consommateurs pour trouver un moyen de consommer ensemble : ça peut être sympa de faire une petite rando à vélo (avec des sacoches) le WE pour aller voir le producteur avec ses voisin, ou d'aménager un garage en ville où le producteur viendrait apporter ses produits, et où les consommateurs pourraient venir à pied.
Et je suis aussi d'accord avec Jo, l'argument des roses de hollande (en même temps c'est con de faire pousser des trucs si c'est pas pour les bouffer) est bancal, si on dépense autant pour faire pousser des fleurs en hiver, c'est parce que les consommateurs veulent des roses en hiver. (Ils devraient attendre le printemps pour être romantiques)"

 

Oui, abaisser le coût du local en faisant venir le producteur au consommateur, ça s'appelle "un magasin". Et on peut y venir à pied, à cheval ou à vélo. Et pendant qu'il (le producteur) amène ses patates en ville et qu'il les vend, il ne peut pas produire. Il vaudrait mieux qu'il engage quelqu'un pour les vendre, ça s'appelle "un commerçant". Quant aux sacoches de vélo, elles ont intérêt à être profondes parce que nourrir une petite famille pendant la semaine, ça demande pas mal de denrées de base... Et, une fois de plus, évidemment, quid des effets d'échelle ? 200.000 cyclistes quittant la ville pour aller se ravitailler ; ils achèteront des pommes en Normandie, leur farine dans la Beauce et leur pinard dans le Beaujolais ? De bons mollets il leur faudra, pas vrai, Maître Yoda ? A noter qu'il existe aussi des "marchés", comme celui de la Place Dumon, ou celui de la Place du Châtelain, où on trouve des tas de produits frais, appétissants et tout. Chers. Très chers, même. Hors de prix, parfois, mais plus bio que ça, tu meurs : il faut savoir ce qu'on veut, tout de même !

D'autre part, c'est vrai, faire pousser des trucs pour rien, même pas pour les bouffer, c'est très con. Qui donc a besoin de fleurs ? C'est moche et ça se mange rarement. Offrez donc des légumes de saison à votre bien-aimé(e), d'ailleurs c'est à la mode ! Et avoir envie de roses en hiver, c'est encore plus con, et si les consommateurs en ont envie, eh ben tant pis pour eux, y'a qu'à pas leur en donner, là. N'ont qu'à attendre la saison du rut pour devenir romantiques, non ? Et si c'est tout de même moins cher en belle saison (parce que, même en été, sous nos latitudes, il faut chauffer les serres - d'ailleurs, l'étude initiale porte sur une année calendrier), ben tant pis, les Islandais pourront devenir une république bananière à défaut d'un paradis fiscal, mais nous, on devra manger nos racines.

 

Et interdiction formelle de posséder un réfrigérateur. On n'a pas inventé les conserves pour rien.

 

 

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12 novembre 2008 3 12 /11 /novembre /2008 20:49

Le 2 avril 1991, le Mont Pinatubo, situé à l'ouest de l'île de Luzon (Philippines), s'est réveillé d'un sommeil de plus de 400 ans, injectant une vingtaine de millions de tonnes de SO2 dans la stratosphère, provoquant ainsi la formation d'un aérosol d'acide sulfurique et d'eau - le même mélange qui, dû à la pollution dans les années '50 avait fait imaginer un refroidissement climatique sérieux, voire une nouvelle ère glaciaire pour les années à venir. Résultat : la température moyenne à la surface du globe avait diminué d'un demi-degré pendant quelques mois.

Retour à notre époque ; il n'est plus vraiment question d'une glaciation toute proche, il s'agirait peut-être d'un sacré réchauffement qui a déjà commencé et qui va certainement continuer. Jusqu'où ? Grande question, grosses empoignades, mais je suppose que vous êtes au courant.

Le 4e rapport du GIEC est sorti en 2007, et je ne nie pas que c'est un groupe de scientifiques qui rendent des comptes à leur gouvernement. Les luttes d'influence y sont très dures, et les documents publiés sont discutés jusque dans les virgules. Documents hautements politiques, mais de science incontestable, donc avec des points de vue contrastés.

Or, que constate-t-on depuis près d'un an et demi ? Rien. Tout est remis à demain. On attend l'agonie de Kyoto en se disputant comme des chiffonniers pour garder ses avantages et ses passe-droits, on ne taxe toujours pas le kérosène (ni les transports en général), et la taxe sur les billets d'avion inventée par un gouvernement belge aux abois (et pour de pures raisons budgétaires) a été immédiatement renvoyée dans les ténèbres extérieures dès qu'on a compris que ça coûterait des milliers d'emplois. Et la maison brûle, dit-on.

Serais-je devenu un militant catastrophiste ? Bien loin de là, mais je suis persuadé que des pseudo-réponses du genre "portez un pull-over",  "débranchez vos veilleuses" ou "achetez vos légumes chez le verdurier du coin" sont des leurres, et dangereux avec ça. La réponse se trouvera dans la technologie, et non dans une attitude de frugalité imposée (*). Prométhée n'est pas très populaire au royaume écolo, où l'on rejoint un certain fonds de commerce "Vallée de larmes"...

Alors, quid de la géo-ingéniérie ? Autrement dit, faire comme ledit Pinatubo, ou mieux encore, le Tambora qui, en 1815, plongea la Terre entière dans une année sans été. Il suffirait d'injecter du dioxyde de soufre, SO2, dans la stratosphère, et voilà, c'est dans la poche, in ze pocket pour les parfaits bilingues. Après tout notre petite humanité rejette déjà 55 millions de tonnes de SO2 dans l'atmosphère chaque année (ce qui par parenthèse causerait la mort d'un demi-million de personnes) en plus des 8 milliards de tonnes de CO2, alors ne serait-il pas plus malin de balancer ce SO2 un peu plus haut ? En fait, il semblerait qu'on puisse, dans l'état actuel des choses, se contenter de moins de 2 millions de tonnes, une paille, quoi. Qu'est-ce qu'on attend ?

Ben, on attend d'avoir une meilleure appréciation de la chose. Quand on met cet aérosol à la moulinette des modèles climatiques, on trouve bien une refroidissement, mais pour ce qui est des régimes de vent ou de pluie, on n'y voit (encore) goutte. Par contre, l'acide sulfurique dans la stratosphère, ça pourrait faire tomber des pluies acides, le cauchemar des années '70. Mais peut-être pas, ou pas beaucoup. Mais peut-être à des endoits jusqu'à présent préservés. Ou peut-être pas. Et puis, l'aérosol pourrait catalyser la destruction de l'ozone ; un peu, beaucoup ou pas du tout...

Il existe d'autres projets de géo-ingéniérie, de l'eutrophisation des océans à la multiplication des nuages en passant par l'envoi dans l'espace d'un nuage de milliards de miroirs minuscules...

Certes, le risque existe de se dire - si ça marche - que tout est réglé et qu'on peut donc en rester au business as usual (en faisant fi des arguments imbéciles du genre "mauvaises habitudes") ; je n'y crois pas, car ce n'est qu'un palliatif, les hydrocarbures finiront tout de même par s'épuiser un jour, et il y a tellement à gagner à passer à de nouvelles technologies... Et si les rejets de CO2 augmentent inexorablement, il faudra injecter des quantités toujours croissantes de SO2 et nous finirons par un run-away system., un système qui s'emballe, même un politicien peut comprendre ça (**) .

Ça vaudrait tout de même la peine d'essayer...


(*) sobriété n'est pas frugalité
(**) désolé pour cette poujadisterie un peu idiote, mais j'ai des excuses...

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4 novembre 2008 2 04 /11 /novembre /2008 12:27

Bien sûr que non ! Ce serait trop beau, pardon, ce serait trop horrible ! Tout le monde sait bien d'ailleurs que nous avons atteint le peak oil, ou que nous l'atteindrons très bientôt. Et puis, il est temps de ne plus brûler stupidement un liquide aussi précieux qui sert de matière première pour une foule de produits et de fournitures, d'autant que ça génère du CO2 en pagaille et qu'on ne veut pas faire mourir les braves ours blancs. Ni les pandas.

Pour ce qui est du peak oil, je ne peux évidemment pas me prononcer, mais je remarque tout de même que les avis d'experts divergent (voir James Odell), et qu'il y a là-dessous parfois des conflits d'intérêts. Un président de major pétrolière déclarant qu'il y a pléthore de pétrole pourrait difficilement justifier un prix élevé - et il en va de même pour les pays producteurs. Et puis, ça fait trente-cinq ans que j'entends la même chanson, je commence à m'y habituer (mais ce n'est évidemment pas un argument).
Pour le reste, en tant que chimiste, je ne peux effectivement que déplorer qu'on brûle une telle merveille naturelle.

"Une telle merveille naturelle". Oui, penser à ce patient mûrissement du pétrole, à tous ces organismes d'il y a des millions, des dizaines, des centaines de millions d'années, dont les cadavres se sont accumulés, ont cuit, ont été transformés en ce miraculeux liquide...

Une voix s'est élevée, discordante, celle de Thomas Gold, un très sérieux professeur d'astronomie. Pour lui, contrairement à la doxa, les hydrocabures (gaz et pétrole) sont un constituant géologique de la Terre, comme les lacs d'hydrocarbures de Titan (il est mort en 2004 et n'a donc pas connu cette découverte étonnante). Il estime que la croûte terrestre contient en profondeur d'immenses réserves de pétrole - et que ce pétrole a par ailleurs servi de source d'énergie aux premières formes de vie (je n'ai pas dit "bacteria-like" ... J'y reviendrai...) apparues non pas dans une flaque au soleil comme le voulait une autre doxa, mais profondément dans dans la croûte brûlante et soumise à des pressions énormes. Or il se fait qu'on a effectivement découvert assez récemment des organismes extremophiles résistant à des températures élevées dans des environnements qui nous semblent extrêmement hostiles. De fait, cette hypothèse d'une origine de la vie en profondeur - dans les roches ou près d'un black smoker, sous des kilomètres d'eau - est de plus en plus acceptée par la communauté scientifique.

Ne croyez pas qu'il s'agisse d'un illuminé ou d'un provocateur (si, un peu provocateur tout de même...). Certaines des idées "farfelues" de Thomas Gold se sont révélées exactes ; et ses arguments scientifiques sur l'origine abiogénique du pétrole sont rigoureux. Plusieurs d'entre eux peuvent cependant être interprétés dans le sens traditionnel, mais certains sont très convaincants. Il va plus loin : pour lui, contrairement à l'image qu'on nous en a présentée - les forêts de fougères du Carbonifère devenant nos actuelles mines de charbon - l'origine abiotique du charbon est patente, et cette fois encore ses arguments ne manquent pas de punch.

Inutile de dire que l'immense majorité des géologues - et la quasi-totalité des géologues du pétrole - sont plus que sceptiques. Or, il y aurait moyen de les confirmer (mais pas de les falsifier, hélas) en découvrant des gisements dans des zones non-sédimentaires, et la teneur du sol en méthane permettrait de découvrir des gisements de gaz naturel.

Vous le savez, je suis toujours très sceptique de la théorie des complots, mais pas de celle des conflits d'intérêts, comme je le signalais plus haut...

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3 novembre 2008 1 03 /11 /novembre /2008 21:37

Lors d'une émission sur les élections US à la RTBF, M. Spitaels a longuement récriminé sur le soutien quasi-unanime des Européens à la candidature d'Obama. Et de fait on peut s'interroger sur les raisons pour lesquelles des gens qui ont voté Sarkozy (je dis ça comme ça, c'est le premier nom qui me vienne à l'esprit) sont de fervents Obamistes. "Parce que Mc Cain et Obama, c'est bonnet blanc et blanc bonnet" répondent certains  (avec Jacques Duclos), "c'est choisir entre la peste et le choléra", ajoutent d'autres (avec Georges Marchais). J'ignore ce que va trouver le facteur joufflu (il l'a sans doute déjà trouvé, mais je ne suis pas abonné à son blog).

Ce qui faisait surtout tiquer notre Spit national, c'était qu'Obama :
- conservait la notion d' "Etats-voyous"
- estimait que le système (US en général) était bon, mais le Président (l'ancien, Bush) mauvais.

Evidemment, un candidat présidentiel qui estimerait le système mauvais, ce serait un non-candidat (à la Ralph Nader, par exemple, mais il y en a d'autres, comme Ossama Ben Laden ou le regretté Nikita Khrouchtchev, oui, celui du "Nous vous enterrerons").
Quant aux "Etats-voyous", il y a contre-sens. C'est la traduction de "Rogue States", et "rogue" peut effectivement se traduire par "voyou", mais il signifie aussi (et c'est son sens premier dans l'expression qui nous concerne) "incontrôlable". Un "rogue elephant", c'est un "mâle solitaire", celui qui a rompu les amarres avec son groupe et dont il faut craindre les sautes d'humeur. Et là, je ne vois vraiment pas comment on pourrait donner tort à Obama de considérer qu'il y a de par le monde quelques régimes inscrutables et dont la rationalité n'est pas précisément discernable.

Et, tout de même, on semble oublier qu'Obama est américain...

Mais le plus drôle de l'affaire, tout de même, c'est d'entendre Guy Spitaels donner des leçons de morale politique !

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