Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Humeur !

Nucleardelinquent teen 150x200BioHockey%20Stick%20Jacket3 HandsOff-copie-1 

Recherche

Articles Récents

Autres Liens

7 septembre 2011 3 07 /09 /septembre /2011 10:14

Ayant eu le bonheur relatif de devenir grand-père très récemment, j'ai pu apprécier à quel point la reproduction humaine était une activité commerciale extraordinairement lucrative - ou, à tout le moins, compétitive. Ma fille a reçu durant sa grossesse une quantitié prodigieuse d'échantillons, de magazines, de proposition d'abonnement à divers services, et ce jusqu'à son séjour en clinique, où elle a reçu une boîte rose, une boîte orange et une boîte bleue contenant chacune les échantillons habituels, ça va sans dire, mais aussi des publicités pour plein d'objets curieux, intéressants ou proprement fantastiques, comme ce Nespresso pour nourrissons qui, à la place de café, délivre un biberon à la température idoine. Bref, cette fameuse société de consommation, mais on acceptera peut-être que c'est pour la bonne cause...

Je ne passerai pas sous silence l'industrie des jouets, des cadeaux, des livres, des layettes, des vêtements, les catalogues épais comme des bottins offrant (enfin, je me comprends) berceaux, poussettes, parcs, matelas, coussins, tables à langer, meubles divers et spécialisés...

Les cadeaux... Ah ça, les poupées, les peluches, les marionnettes à un doigt, les livres de conseil, les peluches à musique, les tapis d'éveil, les lampes magiques, c'est tout juste si je n'ai pas dû prendre une camionnette pour vider sa chambre ; deux voitures ont (à peine) suffi.

Les livres de conseil aux parents : très bien fichus, en général, je les feuillette ça, oui, tiens ! ça je n'y avais pas pensé, etc. Et puis je tombe sur la toilette de l'enfant, dès qu'il est en âge de comprendre. "Apprenez-lui à ne pas gaspiller l'eau quand il se lave". Ben oui, gaspiller, c'est idiot, même si c'est une coutume immémoriale et une des grandes découvertes de la sociologie. "Dites-lui que, dans le monde, il y a beaucoup d'enfants qui n'ont pas assez d'eau etc.". Alors là, non. Refaire le coup du "mange tes épinards, il y a des petits Chinois qui meurent de faim", pas question. J'avais lu quelques jours plus tôt dans je ne sais plus quel canard les fameux conseils pour consommer moins d'eau, et l'inénarrable "mettez une brique dans la chasse d'eau", qui doit remonter à plus de cinquante ans, quand on trouvait facilement des briques et que le volume d'eau des chasses n'était pas réglable, mais ça, c'était dans la rubrique "faire des économies". Je ne gaspille pas mon eau parce que je la paye, mais je suis prêt à payer un peu plus pour mon confort, et l'idée de prendre des douches en pointillés ("Navy shower") me déplaît. Pas une goutte de l'eau que je conserverais ainsi n'humecterait les lèvres d'un quelconque enfant éthiopien (et à ce propos, il vaudrait mieux essayer de comprendre les causes de ces pénuries, et pas seulement le déficit pluviométrique), mais bien sûr que les pleureuses habituelles me reprocheront mon confort scandaleux quand on voit la misère dans le monde, etc. Je ne sais si ça me scandalise (je n'aime pas ces attitudes moralisatrices, comme cette mode de s'indigner de tout et de rien), je dirais plutôt que ça me révulse, et je sais de quoi je parle. Et à ce propos, je me souviens d'une affichette dans une petite épicerie à Braine (Aisne) dans les années cinquante : "le gaspillage est une insulte à la misère" ; fort bien, mais déjà à mon âge tendre je trouvais que c'était la misère qui était une insulte à l'humanité. Il existe plein d'ONG non misérabilistes qui essayent de tirer les miséreux hors de leur misère et les faire accéder à plus de confort (le premier étant de survivre) ; si vous voulez contribuer, travaillez avec eux ou donnez-leur de l'argent. Voilà une manière intelligente de faire, et non symbolique comme la douche en pointillés.

 

Et toujours dans la rubrique "faites des économies", je me souviens de cette boutade : les lampes à incandescence sont un système de chauffage avec une lumière qui indique qu'il est en marche. Ah ah ah. D'où évidemment cette interdiction graduelle de ces machines diaboliques.

Un instant. C'est vrai que ces machines chauffent. Mon chauffage central également, mais lui brûle du mazout ; les lampes consomment 60% d'électricité nucléaire, donc (quasiment) neutre en CO2. En été les jours sont plus longs et la Belgique n'est pas un pays torride. Encore une fois, mon électricité, je la paye, et je ne vois pas pourquoi les bureaucrates ont à faire mes arbitrages. Les ampoules néon existaient depuis des années et leur succès était très limité ; on peut se demander pourquoi... On nous les impose du jour au lendemain et personne ne proteste contre leur laideur, leur lenteur d'allumage, leur prix, etc. C'est vrai que tous les magazines de consommateurs nous vantaient leurs mérites (cher mais tellement durable ! vous faites des économies, etc.), mais ça ne prenait pas. On a resservi la fameuse affaire du cartel des fabricants d'ampoules électriques dans les années 20 qui a été bien décrite ici et ici comme étant bien autre chose que ce qu'on pense généralement quand on parle d'obsolescence programmée, cet autre serpent de mer chouchou des télévisions, et ce pour nous prouver qu'on se faisait escroquer. Mais ça ne rendait pas ces fichues ampoules néon plus sympathiques. Alors ? Ben, un passage en force : on interdit.

 

Je suppose que la Commission (et le Parlement) interdira la vente de baignoires à la prochaine catastrophe de sécheresse.

 

P.S. Y a pas qu'en Europe, au Canada ils ont les mêmes pleureuses/activistes

 

 

Repost 0
31 août 2011 3 31 /08 /août /2011 10:10

Vous saviez déjà que les millions de réfugiés climatiques étaient occupés à nous envahir, mais vous ne saviez peut-être pas que le réchauffement global anthropogénique allait engendrer d'autres pestilences, à savoir la guerre ou plutôt les guerres qui vont se multiplier et exploser un peu partout ; d'ailleurs c'est Jancovici lui-même qui l'a dit : une augmentation de 5°C entraînera un bain de sang...

Sauf que là, Jancovici parle un peu en-dehors de son domaine de compétence. Que les militaires et les think tanks fassent ce genre de propagande, grand bien leur fasse, c'est - si l'on ose dire - de bonne guerre. Laissez-venir à moi les petits milliards, pensent-ils, la menace est réelle, on a besoin de nous.

Malheureusement, dès qu'on regarde d'un peu plus près, on s'aperçoit que leurs arguments sont particulièrement creux et tautologiques. Bruno Tertrais, de la Fondation pour la Recherche stratégique, est justement allé regarder de plus près, et a publié le résultat de ses recherches dans un article extrêmement bien fait (et passionnant par surcroît) qui se doit de figurer au menu de tout conversationniste de cocktails ou dîneur en ville.

Bonne lecture !

Repost 0
Published by cdc - dans sociologie
commenter cet article
30 août 2011 2 30 /08 /août /2011 10:27

L'hystérie collective soulevée par le récent Irene aurait été risible s'il n'y avait pas eu des morts à déplorer. Même Obama est passé à la télé pour annoncer sa sympathie avec une mine grave, les gouverneurs et maires ont été au front et très visibles - après tout, la com, ça les connaît, c'est comme ça qu'on se fait réélire et les leçons de Katrina n'ont pas été perdues. Mais ici aussi, à chaque bulletin d'information on entendait le lot de déclarations alarmistes et les extrapolations cataclysmiques qui finissaient par faire croire que New York allait disparaître de la carte. Le comble de la crétinerie étant la couverture de la Dernière Heure Dimanche (une feuille de chou, mais tout de même !) où l'on voyait une femme sur une plage, cheveux au vent et serrant sa jupe, avec le titre "Apocalypse" en rouge au-dessus...

 

Il est exact que les ouragans qui remontent jusque là ne sont pas fréquents, mais ils n'ont rien d'extraordinaire. Je me souviens de deux ou trois étés où j'étais allé voir la mer déchaînée chez ma soeur qui habite le South Jersey, il fallait faire attention de ne pas se faire retourner la voiture quand elle était flanc au vent. Et les New Yorkais de bonne souche sont prêts à affronter de telles queues d'ouragan comme ils sont prêts à encaisser les éventuels blizzards pour lesquels la ville est célèbre. Mais non ! les commentateurs prenaient leur mine sombre pour parler des vents violents (130 km/h ! Tu parles d'une violence !) et montrer les images tragiques d'une ville vide (sur CNN on voyait des habitants qui avaient refusé l'hystérie collective et étaients restés chez eux et qui en témoignaient avec leur riche consonance urbaine, propos évidemment restés inaudibles ou en tous cas pas traduits dans nos chaînes francophones lorsqu'elles diffusaient les mêmes images).

 

Il y a trois ans, si vous vous en souvenez, c'était Gustav qui avait fait l'objet de commentaires du même genre, et je m'étais fendu d'un post que je ne renie ni ne regrette, au contraire, je pense qu'il s'applique toujours parfaitement à la situation. A une exception près : quand je vois tous les politiciens se tordre les mains sur les écrans, je me dis qu'ils ont peut-être deux messages à faire passer : le premier, c'est évidemment "vous voyez comme je suis actif, votez pour moi", mais le deuxième pourrait bien être "vous voyez ce qui nous attend ? tout ça c'est la faute du RGA et donc il faut de nouvelles taxes, des lois draconiennes, etc." Je ne pense nullement faire preuve de paranoïa, tout comme je ne trouve aucune paranoïa chez Wackes Seppi ni chez Marcel Kuntz quand ils montrent les orientations quelque peu tordues de l'AFP envers les OGM. La politique, c'est tout de même ça (aussi), non ?

 

Quoi qu'il en soit, voici un ordre de coûts des dégâts causés par les ouragans atlantiques les plus dévastateurs, et il ne faut pas oublier que les coûts ne sont pas en relation directe avec la force mais bien plutôt avec l'urbanisation (cliquer dessus pour agrandir).

 

fivethirtyeight-0829-NU3-blog480

 

P.S. J'avais raté un excellent article de Revkin sur les Ouragans atlantiques. Voilà, c'est corrigé.

Repost 0
27 août 2011 6 27 /08 /août /2011 22:46

Nous demandons au médecin appelé "le fléau des médecines alternatives" pourquoi tant de gens tombent dans des thérapeutiques non-scientifiques

 

On vous décrit comme un déboulonneur de charlatans à cause de votre travail de tester les médecines alternatives. Est-ce une bonne description de votre travail ?

 

Je n'aime pas du tout ce titre de déboulonneur de charlatans. Je pense qu'il est erroné. Mon but était de faire des recherches rigoureuses dans l'efficacité, la sécurité et le coût de médecines alternatives et complémentaires (MAC). Ce n'est pas le rôle d'un déboulonneur de charlatans. Les résultats sont souvent négatifs, mais pas toujours. Nous avons découvert 20 traitements alternatifs qui marchaient mieux que des placebos. Nous avons aussi trouvé que certaines MAC font plus de tort que de bien.

 

L'attitude du public envers les MAC a-t-elle changé durant vos 18 ans de recherche ?

 

Au Royaume-uni, la progression des MAC est restée généralement constante, mais aux USA elle a quasiment doublé durant la dernière décennie. En Allemagne, environ 75% de la population se tourne vers les MAC au moins une fois par an. On me demande souvent pourquoi les Allemands, qu'on pense rationnels, sont tellement en faveur de thérapeutiques non-scientifiques. Je n'ai pas de réponse.

 

Qu'est-ce qui attire les gens envers la médecine alternative.

 

Je crois que pour beaucoup de gens, c'est une question de mode, une preuve d'être nantis et de pouvoir se permettre rous ces traitements inutiles. C'est comme le slogan de l'Oréal, "je peux me permettre la réflexologie ou l'irrigation du côlon car je le vaux bien". Et puis il y a cette image des MAC qui sont "naturelles" et que tout ce qui est naturel est bon, sans effets secondaires. Et ceux qui sont mourants, à leur dernière extrémité, peuvent être désespéramment à la recherche d'un traitement. Vous n'imaginez pas à quel point on raconte des mensonges à ces personnes. Je n'ai aucune hésitation à dire que c'est le côté criminel de la médecine alternative.

 

Que voyez-vous comme nouvelles tendances ?

 

La médecine holistique est un sujet qui m'énerve prodigieusement. On veut convaincre les gens que c'est ce qu'il y a de mieux - conventionnelle et alternative - mais quand vous allez voir ce qui se cache derrière cette banalité, c'est le charlatanisme qui s'avance masqué pour s'introduire frauduleusement dans la médecine conventionnelle.

 

Pensez-vous que la médecine conventionnelle peut apprendre quelque chose des thérapeutes alternatifs ?

 

Absolument. La compréhension, le temps et l'empathie - ce que nous appelons "l'art médical" - sont négligés par la médecine conventionnelle. Si nous déléguons cela aux thérapeutes complémentaires, nous sapons le coeur de la médecine.

 

Vous avez changé d'avis sur l'efficacité de l'homéopathie. Pourquoi ?

 

Je pense sincèrement que je ne suis que sensible aux résultats. J'ai travaillé dans un hôpital homéopathique et j'étais ouvert à l'idée qu'il y avait des lois naturelles que nous ne connaissions pas. Je pense que l'homéopathie est efficace, mais pourquoi ? Après plusieurs année de recherche, je pense qu'on peut finir par conclure. Si ça marche, c'est grâce à une longue consultation empathique. C'est un puissant effet placebo .

 

Pourriez-vous encore changer d'avis ?

 

Si l'homéopathie - suite à la découverte d'une nouvelle loi naturelle - devait un jour devenir acceptable et si les preuves cliniques montraient que mes conclusions actuelles montraient que j'ai tort, alors je changerais encore d'avis. Je pense que c'est une preuve d'intelligence de changer d'idées quand les preuves changent.

 

Interview de David Cohen

New Scientist du 20 août 2011

 

Edzard Ernst vient de prendre sa retraite du poste de premier (en date) professeur de médecine alternative à l'Université d'Exeter (UK). Il a commencé sa carrière dans un hôpital homéopathique à Münich.

 

Traduit (sans relecture...) par votre serviteur.

 

 

Repost 0
Published by cdc - dans sciences
commenter cet article
16 août 2011 2 16 /08 /août /2011 22:04

Voici, en "remasterisé" (ça se dit comment en français ?) les merveilleux films de René Clair, dont ceux de son époque USA. Comment définir cette "French Touch", tout comme il y a la célèbre "Lubitsch Touch"? Comment expliquer que "It Happened Tomorrow" semble tellement français malgré son sujet et son mode d'exposition (tout de même, reconnaissons-le, assez Drôle de drame, moins l'aspect parfois assez carré de Carné) ? Différence aussi des acteurs, toujours (sublimement) cabots en France et moins théâtraux aux USA (je ne parle évidemment pas de l'Actors' Studio) ; même si j'admire Rivette et Rohmer, il faut admettre que, par exemple, Paris nous appartient ou Astrée et Céladon sont d'abominables pensums.

Il y a dans ce film une fraîcheur (je n'ai pas peur des clichés, on le sait) étonnante. On pense aux comédies britanniques de l'époque et d'après, aux films de la Rank, genre Mackendrick. Mais ça se passe aux USA...

Comme d'une certaine façon, paraphrasant Mozart, "il n'y a pas une scène, pas une image de trop...". La caméra est domptée, les chefs op' (Stout et Schüfftan, que je ne connais pas) ont fait un beau travail, certes pas sublime, mais parfaitement acceptable.

A voir ou à revoir, comme on dit généralement.

Repost 0
Published by cdc - dans cinéma
commenter cet article
14 août 2011 7 14 /08 /août /2011 21:54

L'autre vendredi, me voici revenant du marché de la place Dumon, traînant derrière moi un caddy richement garni de tout son attirail purement certifié bio, évidemment (trois fois plus cher qu'au prochain Delhaize mais 1.2 fois moins cher qu'au marché de la place du Châtelain) Et voilà qu'en passant dans le petit parc jouxtant ladite place, je vois un flûtiste, mon semblable, mon frère, occupé à jouer non le Prélude à l'après-midi d'un faune, dont l'introduction à la flûte est d'une difficulté démoniaque (le SOUFFLE !), mais je ne sais quel Taffanel et Gaubert, exercice certes, mais tellement plaisant. J'aime offrir une obole à ceux qui ne se contentent pas de tendre la main (sauf s'ils sont de beaux vieillards maghrébins ou ruthènes ou je ne sais d'où  - oui, j'ai mes contradictions).

Et voilà que mon bon flûtiste me répond : "Ah merci, Monsieur, je prends votre euro pour prendre un café au Degust'house à côté, mais vous savez, je joue de ma flûte ici parce que ma femme déteste m'entendre ! Trop de bruit ! Elle m'a exilé ici où je peux m'éclater !".

Vrai, pas vrai ? Je n'en sais rien... Il a pris son euro et depuis je ne l'ai plus vu. Händel, après, confrère ?

Repost 0
Published by cdc - dans amusé
commenter cet article
14 août 2011 7 14 /08 /août /2011 14:40

lendemainschantent.jpg

Un post un peu ancien que j'avais gardé sous le coude. Depuis, j'ai un peu évolué, mais en gros je le crois assez juste.
 
Récemment, j'entendais un cinéaste présentant son film à la RTBF exprimer toute l'horreur que lui inspirait la "société de consommation". Ce cliché vieux de près de cinquante ans a le don de m'agacer prodigieusement ; toute civilisation a toujours consommé, évidemment, mais pourquoi diable parle-t-on de société de consommation de façon aussi péjorative dès le moment où l'on sort des sociétés de pénurie ?
 
Bien sûr, je ne suis pas plus bête qu'un autre, et je sais ce qu'on désigne par cette expression : la marchandisation générale, l'aliénation, etc. - enfin, pour résumer, tout le bric-à-brac post-Marxisant et Marcusant. Et, certes, il y a des gens qui prennent plaisir à la seule consommation, et cela a toujours existé - simplement, l'immense majorité n'en avait pas les moyens ; les sociétés entières pouvaient aussi investir dans les gouffres somptuaires du kula circle ou du potlatch. Quant à la marchandisation de la culture, je ne vois rien de neuf sinon un prodigieux déferlement des arts dans notre société, ce qui ne plaît sans doute pas aux tenants de l'élitisme...
 
Simplement, je préfère de loin le terme de société de convoitise introduit par Pierre Changeux ; il me semble nettement mieux capturer l'effet d'entraînement de la publicité (généralement parlant, y compris donc la publicité des achats - le succès tapageur et incompréhensible pour certains de l'iPhone ou de l'iPad en étant une belle illustration). On pourrait aussi parler de société de consumérisme, mais ce mot blesse l'oreille (enfin, la mienne).
 
Et, à ce propos, Andrew Szasz a publié un livre très intéressant : comment ce consumérisme (yecccch!) s'introduit dans le débat sur le réchauffement global anthropogénique.
 
Dans chaque magazine, dans chaque quotidien, à la radio, sans doute à la TV, quotidiennement vous voyez des gens venir vous donner des conseils : éteignez les veilleuses, mettez un pull, achetez une voiture hybride, chauffez moins, achetez un vélo, mangez bio, etc. Bref, une attitude purement consumériste, je le répète : achetez, consommez - mais différemment. S'imaginer que c'est ainsi qu'on pourra "sauver la planète" relève évidemment du monde des bisounours. Greenwashing. Kyoto n'est qu'une fumisterie, sans doute, mais combien de fois ai-je entendu la phrase rituelle : "oui, mais enfin il faut bien commencer par quelque chose" ; certes, et quand il y a un feu de brousse, le colibri peut venir mettre une goutte dans le brasier, c'est déjà quelque chose aussi. Et tous les colibris du monde peuvent s'y mettre, ils arriveront au même résultat : zilch.
 
Ce ne sont pas les bons sentiments et les gestes symboliques "soft" qui suffiront, et de loin ; ce dont nous avons besoin, c'est de solutions technologiques "dures".
 
Cela dit, il n'est pas interdit de mettre un pull.
Repost 0
Published by cdc - dans sociologie
commenter cet article
12 août 2011 5 12 /08 /août /2011 13:51

Le Professeur Salby n'est pas un inconnu ; chercheur et enseignant de premier plan en physique atmosphérique, il est actuellement professeur de climatologie à l'Université Macquarie en Australie. Judith Curry (la climatologue qui ne dort pas), qui ne le connaît pas personnellement, en dit beaucoup de bien. Dans un podcast qui fait grand bruit et qui date d'une petite semaine, il annonce un article à paraître d'ici à six mois si tout va bien (je serais étonné qu'on lui fasse le coup des referees négatifs) et fait le point sur ses travaux. Il avoue qu'il était jusque là un "agnostique" du RGA (réchauffement global anthropogénique), mais que maintenant il s'était fait une raison. Laquelle ?

Tout simplement que la contribution humaine au CO2 atmosphérique (de l'ordre de 4% par rapport au total, rappelez-vous) n'explique rien - elle n'est corrélée ni à la variation annuelle ni à la géographie ; de même les rapports C12/C13, souvent présentés comme le smoking gun, peuvent parfaitement être expliqués par des mécanismes "naturels", càd indépendants d'une intervention humaine (notez qu'à l'inverse de l'argument précédent, ceci n'est pas un argument fort sur l'inexistence d'une contribution humaine).  Pour Salby, l'augmentation actuelle en CO2 suit un réchauffement dû à d'autres causes (ou/et à un feedback positif), un dégazage, donc, tout comme cela s'est déjà passé en fins de glaciations (la fameuse fraude d'Al Doigt-dans-l'oeil Gore)

 

Tout le monde attend évidemment cet article, car les courbes et données ne se voient pas sur le podcast (uniquement audio - le supplice de Tantale !).

 

Ce travail est certes très important, mais il serait assez naïf de décréter maintenant que la science est dite, comme la messe... Laissons cela aux truthsayers de RealClimate et contentons-nous de dire que la communauté scientifique est divisée, mal gré qu'en aient les tenants de l'orthodoxie.

 

 

Repost 0
10 août 2011 3 10 /08 /août /2011 15:30

Mon post précédent (les milliards verts) découlait principalement de deux articles particulièrement vicieux parus dans le dernier New Scientist, où des GIEColâtres accusaient formellement les lobbys énergétiques de cibler les hommes âgés peu instruits et les femmes jeunes et pauvres pour faire passer la propagande "climato-sceptique". Ce qui est possible, mais passe totalement sous silence le fait que les lobbys alter-énergétiques n'étaient pas dénués de moyens, que BP et d'autres pétroliers arrosent les GP, FoE et WWF, etc. De plus, on commet l'habituel amalgame : puisqu'il y a des "climato-sceptiques" d'extrême droite (et c'est vrai), ils le sont tous (ce qui est...... faux, bravo ! vous l'aviez deviné!). Enfin, en parlant des mouvements de protestation contre la taxe carbone en Australie, on omet également de rappeler que personne n'aime les taxes, surtout quand leur justification est quelque peu incertaine. En fait, ces accusations de "climato-sceptiques" vendus aux intérêts des pétroliers n'est pas neuve, elle n'est même pas totalement fausse mais elle date terriblement ; la seule raison pour laquelle elle reprend du poil de la bête est sans doute que de plus en plus de voix discordantes se font entendre qui dénoncent les manoeuvres gouvernementales utilisant les travaux du GIEC pour instaurer plus de taxes et un contrôle accru sur leurs citoyens. Ce qui se passe en Angleterre (je ne parle pas des pillages) est évident : la New Left et maintenant Cameron ont mis et mettent sur pied une société de plus en plus encouragée à se conduire de la bonne manière, politically correct. Ce sont les politiques qui prennent la place des parents, ce que Brendan O'Neill appelle nudging, littéralement "donner un coup de coude" ("blink blink, nudge nudge" des Monty Python) mais en l'occurrence se traduirait par "pousser à petits coups". On trouvera de sa part une première analyse des pillages en Angleterre où il s'en prend évidemment à son exécré Nudging Welfare State. Je ne sais pas si Brendan O'Neill est "climato-sceptique" (expression qui, rappelons-le, n'a aucun sens), mais il a une méfiance extrême envers le GIEC et il n'est vraiment pas de droite (*)... même s'il n'a que du mépris pour les gauchistes de salon (armchair radicals).

 

Mais pour en revenir à mon titre, c'est tout simplement pour rappeler à ceux qui l'auraient oublié ou apprendre à ceux qui ne le savaient pas que les journalistes du News of the World n'étaient pas les seuls à utiliser des moyens illégaux (en fait, la brigade anti-terroriste, semble-t-il, leur communiquait des données, chose rigoureusement illicite et illégale) ; David Leigh, du Guardian (évidemment) s'en vante, d'ailleurs, tout en prenant ses distances avec ses collègues du NotW ("A la différence de Goodman, je n'avais aucun intérêt pour les commérages sur la famille royale. Je cherchais des preuves de corruption"). Ce qui lui a permis de publier les noms et coordonnées exacts de certains blogueurs qui avaient le malheur de ne pas aimer le GIEC ou l'Université de l'East Anglia lors de l'affaire du Climategate - la brigade anti-terroriste avait à l'époque enquêté pour connaître l'origine de la fuite mais n'avait pas publié de noms. Leigh l'a fait, ce qui est illégal en Angleterre, et avait aussi attaqué le Professeur Paul Dennis, coupable de ne pas avoir fait bloc avec Phil Jones dans la même affaire, allant même jusqu'à trouver suspect le fait que Dennis avait invité à l'époque à publier les données sur lesquelles étaient basés les travaux de Mann et al. Vous trouverez ici un exposé de première main sur cette affaire assez ignoble.

 

Mais qu'est-ce que je raconte, "ignoble" ? Pas du tout, c'est héroïque, c'est pour sauver la planète, c'est pour la bonne cause ! Il faut faire taire les contradicteurs, puisqu'ils ont l'intention de massacrer nos petits-enfants !

 

(*) c'est un ex-trotzkyste du Revolutionary Communist Party qui a évolué mais n'a pas viré sa cuti

Repost 0
9 août 2011 2 09 /08 /août /2011 13:02

Je l'ai déjà dit, on parle toujours des groupes de pression quand ce sont les pétroliers (qui arrosent d'or tous ceux qui se permettent de ne pas être fan du GIEC, j'ai dû stocker le mien dans la cave à charbon), mais il est tout aussi connu que les fabricants d'éoliennes, de panneaux solaires etc. sont des philanthropes désintéressés.

 

Y aurait-il tout de même quelques chefs d'entreprises vertes qui seraient un peu moins désintéressés ? Ou alors, les riches donateurs qui ont contribué pour un demi-milliard de dollars aux ONG environnementales du type Greenpeace ou FoE sont-ils uniquement des idéalistes qui désirent sauver la planète ? Comme le dit naïvement (ou pas...) l'auteur de l'article, certains se plaignent parce que les cours de bourse desdites entreprises vertes ont ramassé une raclée... Et malgré ses promesses de candidat, Obama président n'est plus aussi ardent défenseur de l'environnement, et son administration a d'autres chats à fouetter que de faire adopter des lois restrictives et à signer des conventions internationales à Copenhague ou ailleurs.

 

Quant au European Renewable Energy Council, organisation regroupant des industries vertes (avec un chiffre d'affaire annuel de 70 milliards d'euros), a reçu entre 2007 et 2009 un contrat de la Commission européenne de 2,5 millions d'euros pour contribuer à leur lobby auprès de l'Union européenne... Ce lobby s'exerce évidemment pour assurer des exemptions fiscales, des subsides, des législations favorables aux intérêts de ses industriels, etc. Mirabile dictu, l'EREC s'associe à Greenpeace pour faire un rapport sur les renouvelables, rapport repris à son compte par le GIEC ! Ben, ce n'est pas étonnant quand on sait que le Secrétaire général du Global Wind Energy Council est un ancien directeur exécutif de Greenpeace.

 

Désintéressés, je vous dis.

 

 

(Merci à Donna)

Repost 0