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14 octobre 2011 5 14 /10 /octobre /2011 09:43

Non, je ne veux pas me refaire une nouvel Optimiste Rationnel, je repense simplement à un de mes anciens posts où je souhaitais que les modèles de circulation globale soient affinés pour être plus crédibles - et surtout plus exacts ! On retrouve à nouveau le problème "modélisation/sens physique" si fréquent un peu partout en sciences, et qui fait se dresser communauté contre communauté. Et les modèles du GIEC WG1 sont notoirement simplistes - et les assertions faites en s'y conformant de manière aveugle sont à la limite de l'escroquerie intellectuelle assurent quelques "sceptiques" comme Roy Spencer, Richard Lindzen, Roger Pielke Sr. ou Freeman Dyson. Jusqu'à présent, les contributions dues aux cycles solaires étaient réduites à la portion congrue et on se souvient de la volée de bois vert qu'avait reçue Vincent Courtillot quand il avait osé le faire remarquer. Idem pour Claude Allègre, bien entendu, mais un polémiste doit s'attendre à des réactions fortes ; Courtillot n'est pas un polémiste, mais il a tout de même été traité de tous les noms d'oiseaux. Les chiens de garde du GIEC ont la dent dure, et si vous n'êtes pas d'accord avec eux c'est de toute évidence que vous êtes un vendu.

 

Eh bien, figurez-vous que les choses changent. Même la BBC (mais sans doute pas encore le Guardian) fait état des travaux récents du Met Office et de l'Imperial College de Londres sur le couplage entre l'activité solaire et la météo des hivers européens et canadiens.

 

Comme le conclut le journaliste de la BBC : "This is an exciting time for solar physics, and its role in climate. As one leading climate scientist told me last month, it's a subject that is now no longer taboo. And about time, too."

 

"Taboo"... ça en dit long...

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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 15:46

Décidément, hormis Paris, les plus belles villes du monde sont en Italie. Je dis bien "belles", pas nécessairement "villes", New York est incontestablement une ville ville (Paris aussi, d'ailleurs, et même - jusqu'à un certain point - Bangkok). Mais évidemment, le côté fascinant de Venise est cet enchevêtrement de voies d'eau et le côté joyeux du labyrinthe où l'on peut aller partout à pied (Giudecca et San Giorgio exceptés) quitte à revenir sur ses pas ou prendre des détours imprévus et escalader pas mal de petits ponts... Le plaisir aussi à voir la vie vénitienne se dérouler à ciel ouvert sur les canaux - les bateaux de déménagement sont un régal ! Et les palais qui se présentent tous dans le plus heureux désordre, certains parfaitement restaurés, d'autres limite cracra - vivant spectacle.

 

Bien, si cet étalage de clichés ne vous a pas fait fuir, parlons un peu du reste. D'abord la biennale, indispensable, avec ses innombrables manifestations collatérales. Et, tout aussi indispensable, la Dogana del mare et le palais Grassi.

 

Si les Giardini déployaient quelques pavillons nationaux considérables (je mettrais le "I, Impostor" britannique de Mike Nelson, époustouflant mais oppressant, en premier, avec le terrible pavillon allemand de feu Christof Schlingensief), les arsenaux étaient un peu faiblards (sans parler de l'épouvantable bric-à-brac du pavillon trash italien). On m'avait dit du mal de Boltanski, mais j'ai trouvé l'idée forte et belle. Mention spéciale aussi pour l'Autriche avec l'étrange et drôle oeuvre de Schinwald, Israël avec de fortes oeuvres dues à Sigalit Landau, la Suisse avec un assemblage foutraque et inimaginable de Thomas Hirschhorn et bien évidemment l'extraordinaire The Clock de Christian Marclay, montage 24 heures temps réel de plans cinématographiques rythmés par des pendules, des montres, des réveils, etc. Une réussite incroyable. Très beau pavillon du Luxembourg (Feipel et Bechameil qui hélas essayent maladroitement de justifier leur très étrange et beau travail par des citations de Derrida), et un sourire à Erwin Wurm pour son "pavillon anorexique". Par contre, les chandelles d'Urs Fischer dont on disait tant de bien, il ne restait plus que quelques litres de cire fondue, et l'attente d'une heure pour voir une attraction foraine ratée pompeusement appelée The Ganzfeld Piece par son auteur James Turrell, m'a fait enrager rétrospectivement. Très décevant.

 

Cela étant, je commence à me demander si tout cela n'était pas un rêve. Car enfin, Venise n'existe plus, non ? Je me souviens d'articles catastrophistes depuis la fin des années cinquante, annonçant que Venise s'engloutissait inexorablement, et la grande inondation de '66 ne faisait évidemment qu'annoncer les pires qui allaient irrémédiablement entraîner la perte totale de la ville. Bien sûr, je ne doute pas que l'UNESCO ait fait un très beau boulot, mais une fois de plus on se trouve confronté au catastrophisme "pour alerter l'opinion". D'abord, j'estime que raconter des bobards est toujours une mauvaise idée (effet "au loup") et ensuite, je ne suis même pas certain que c'était le cas en l'occurrence. Les prophètes de malheur croient à leurs vaticinations, je pense, comme semble l'indiquer le fait que chaque fin du Monde annoncée puis remise puis annulée (par dieu ou les extraterrestres - on trouvera ici une compilation de 44 telles annonces due à James Randi) n'entraîne pas ipso facto une disqualification totale du prophète de malheur. D'ailleurs, que dire lorsque je lis dans le guide Lonely Planet sur Venise : "[...] Venise serait capable de résister, au XXIe siècle, à une élévation du niveau de l'eau comprise entre 26 cm et 60 cm. Malheureusement, une récente commission intergouvernementale sur le changement climatique a prévu une élévation de 88 cm." (mes italiques). 88 cm ! Et pourquoi pas 88,2 cm ? Et, bien sûr, à Venise exactement. Et cette "commission", ce serait-il pas le GIEC ? Qu'on puisse écrire autant d'âneries en si peu de phrases me donne le tournis.

 

La prochaine fois, on ira en Ombrie, et plus spécifiquement à Citta' di Castello et à Spoleto, qui ont de très intéressants musées d'art moderne avec une collection importante d'oeuvres d'Alberto Burri, un plasticien que j'affectionne particulièrement. Et qui seront au sec même si les glaciers du Groenland fondent. Enfin, je l'espère.

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12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 11:12

(Je dis "chercheurs" mais je voudrais dire "savants", ça me rappelle Jules Verne et mon enfance...)

 

Il y a quelque temps, les joyeux d'Econoclaste, un de mes blogs favoris, racontaient l'histoire de Piketty et des Echos. En bref, une journaliste des Echos publiait un article faisant état d'une note confidentielle de Bercy selon laquelle les "riches" - et même les super-riches - payaient bien leurs impôts. Fureur de Piketty, qui demande à la journaliste d'où elle tient ses informations et exige de voir ladite note, puis la roule dans la farine pour n'avoir pas utilisé une méthodologie sérieuse et critique telle que lui, Piketty, en avait développé une avec d'autres spécialistes. En somme, les Echos se font les complices d'une machination pro-riches... Après tout, on sait qui est le propriétaire du quotidien ! Réponse indignée des Echos, où ils comparent le Professeur à Savonarole, et lui rappellent les devoirs élémentaires de la profession de journaliste.

Qui a raison ? Qui a tort ? La question a-t-elle un sens ?

 

Je comprends très bien le sentiment de frustration de Piketty en lisant un article qui lui semble très peu critique, ne faisant que reprendre une note non dépourvue d'idéologie, ou de propagande. Combien de fois dans mon domaine de compétence ai-je lu des articles qui me faisaient grincer des dents tant on voyait que le journaliste ne comprenait pas grand'chose au sujet traité ! Les journalistes aiment souvent donner un tour polémique ou agressif à leurs articles, ça attire le regard, et je suis pour l'instant en bagarre avec une journaliste qui m'a récemment fait dire que je "dénonçais" une certaine carence de notre Ministre de tutelle alors que je sais bien avoir seulement "constaté" cette carence durant notre entretien. Mais n'exagérons rien : les chercheurs aussi ont une certaine tendance à la polémique, la recherche scientifique est un vrai sport de combat (allusion au documentaire lèche-bottes sur le Bourdieu) et les rivalités entre personnalités et écoles ne sont un mystère que pour le grand public. Après tout, il y a toutes les subventions à la clef.

 

Pour autant, les journalistes tiennent avec raison à la protection du secret de leurs sources (même si l'on peut comprendre que, très exceptionnellement, il puisse y avoir une nébuleuse de doutes), et n'ont nullement envie qu'on leur tienne la plume. C'est eux qui sont responsables de leurs articles, et on le comprend fort bien. "Ma" journaliste m'a fait comprendre que mon attitude durant l'interview lui donnait l'impression que cette carence me déplaisait, et, donc, que je la dénonçais. Puis-je lui donner tort ? On se souvient de ces "interviews" télévisuelles où un homme politique écrivait lui-même les questions qu'un "journaliste" à la botte allait lui poser, spécialité d'un ORTF heureusement assez lointaine... Mais d'autre part il existe aujourd'hui une sous-spécialité de journalistes "engagés" qui ont une cause à défendre et dont l'eprit critique avoisine le zéro absolu. Cauchemar de Darwin, élucubrations de MMRobin, psittacisme Greenpeace, on verse le tout entre deux colonnes et on sert bien chaud aux lecteurs convaincus d'avance. C'est assez regrettable à dire, mais Le Monde prend ce chemin depuis un certain temps, à croire que c'est Télérama qui a racheté le quotidien du soir... La dernière crétinerie que j'y ai dénichée était une chronique se félicitant de ce que le shiatsu et l'acupuncture faisaient leur entrée dans certains hôpitaux publics français en tant que "médecine chinoise ancestrale", ce qui est une contre-vérité absolue en ce que l'un et l'autre sont d'invention récente et que "la médecine chinoise" n'a jamais existé, sauf après la prise de pouvoir communiste, où elle est qualifiée de gudai yixue - "médecine du passé" - ou zuguo yixue yichan - "héritage médical de notre patrie", qui rassemble deux mille ans de traditions hétéroclites. Pour reprendre les termes de Florence Bretelle-Establet : "Ainsi, malgré son nom évoquant un un flot ininterrompu de savoirs et de pratiques, la médecine traditionnelle chinoise est une discipline nouvellement formée, à partir d'un ensemble de doctrines et de pratiques médicales beaucoup plus variées [...]". En ce qui concerne l'acupuncture, on lira avec intérêt l'article de Harriet Harris dans Skeptic.

 

Mais, pour le scribouillard du Monde, c'est la médecine chinoise ancestrale...

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Published by cdc - dans sociologie
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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 15:47

Je reconnais ne pas être un Mac-man, et je me traînais déjà avec un ridicule "Windows" 3.1 très arriéré alors que d'autres jouaient  avec un MacIntosh très en avance et - en plus - très design. Il n'y avait rien de très rationnel dans ce choix, je suppose que j'ai suivi la foule ; après tout, l'informatique n'était qu'un outil, je ne voulais en tirer ni distinction ni prestige, il me suffisait d'un traitement de textes et d'un tableur.Entre Steve Jobs et Bill Gates, pas de choix : Steve était un visionnaire et Bill avait eu la chance extraordinaire d'être choisi par IBM pour son MS-DOS qui était quelque peu misérable, du moins conceptuellement (je venais de Burroughs...) - mais au point de vue marketing, c'était autre chose.  Plus tard, bien sûr, lorsque Apple devint le gourou des graphistes et que je commençai à m'aventurer de ce côté, je me trouvai un peu coincé, mais Adobe eut tôt fait d'adapter ses programmes aux plateformes Windows, tout comme Macromedia, et l'opposition Mac/Windows tourna bien vite à la querelle de religion. Aux pieds-plats de l'informatique grand public, Microsoft ! Aux élites graphiques, littéraires et musicales, Apple ! Je me faisais régulièrement regarder de haut par ma fille Mac qui ne jurait que par Final Cut alors qu'elle me regardait chipoter dans Premiere, puis elle se faisait à son tour crêper le chignon par mon autre fille Windows qui l'assurait que son Photoshop-W était bien plus étoffé et rapide que le Photoshop-M.

 

Mais il n'en reste pas moins que les élites intellectuelles, je le répète, étaient très anti-Gates et très pro-Mac, car elles étaient, justement, des élites, au-dessus de la foule, distinguées...

 

Puis, l'iPhone, l'iPod et l'iPad parurent. Succès foudroyant. Succès de masse. Le Mac avait toujours été nettement plus cher qu'un quelconque PC, l'iPhone restait tout de même à un prix assez élevé - proche tout de même de celui de ses concurrents - l'iPod était très accessible, et l'iPad fut un incroyable succès. Succès de masse. Alors qu'au lancement de l'iPhone, en sortir un de sa poche vous valait les sifflements admiratifs de votre entourage, il ne fallut pas très longtemps pour que le dernier des ploucs en exhibe dans les transports en commun. Et là, les élites intellectuelles commencèrent à changer d'avis. L'iPod ? Une machine à fabriquer des iZombies, et d'accuser Apple de causer l'aliénation de ces hordes de gens qui passent dans la rue avec leurs écouteurs aux oreilles. Tu parles ! C'est exactement le même procès qu'on avait fait au Walkman quasiment une génération auparavant ! Et puis on parlait de ces cas de suicides d'ouvriers chinois dans des usines assemblant des produits Apple (entre autres), ces "esclaves" à propos desquels Slate disait sous le titre 'The iPad Suicides' : "Devez-vous vous sentir responsable de toutes ces morts dans l'usine électronique  chinoise ? Oui." Et, évidemment, le Guardian (dont les journalistes avaient par ailleurs été d'ardents Mackintoshistes jusque là) d'en remettre ad nauseam. Evidemment, une voix critique ne faisait pas beaucoup de bruit dans le tumulte, même si cette petite voix faisait remarquer qu'observer si peu de suicides dans une usine employant entre 3 et 400.000 ouvriers montrait qu'il valait bien mieux travailler là qu'ailleurs... Mais on sait qu'en général les journalistes n'ont qu'une très vague connaissance des nombres et des statistiques - surtout quand ils on un point de vue à défendre, le point de vue en l'occurrence étant un grotesque mélange d'auto-flagellation simpliste (nous les méchants Occidentaux ultra-gâtés sommes responsables des conditions de vie épouvantables de ces pauvres bons sauvages[*]) et de moralisme vaguement chrétien - on a jeté Marx aux orties, et c'est bien dommage : plus aucune espèce d'analyse socio-politico-économique dans ces couinements des gémisseurs, simplement - le mot est à la mode - de l'indignation. Et j'entendais un "occupeur de Wall Street" déclarer tout de go qu'il faudrait revenir à une économie non monétaire, de "bartering", d'échange. Voilà ceux qui vont réformer le système !

 

Cela dit, non, vraiment, Apple n'est plus ce qu'il était...

 

[*] mais attention ! Si ces salauds de pauvres sauvages s'enrichissent, ils vont bousiller la planète !

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Published by cdc - dans politique
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27 septembre 2011 2 27 /09 /septembre /2011 14:57

Du moins s'il faut en croire la nouvelle édition du célèbre Times Comprehensive Atlas of the World, selon laquelle 15% de la couverture glaciaire du Groenland a disparu, "ce qui est l'illustration concrète du rôle du changement climatique dans l'altération définitive de la surface terrestre".

 

Une aussi gigantesque bourde n'a évidemment pas échappé aux glaciologues, qui ont fait remarquer que la déglaciation du Groenland est réelle mais bien moindre que le chiffre cité. "Si c'était vrai, les eaux océaniques auraient monté d'un mètre", s'esclaffeTed Scambos du National Snow and Ice Data Center (Boulder, Colorado), alors que la contribution du Groenland est estimée à ... 3 millimètres...

 

Quand les petits rigolos de la Penn State U ont publié leur ridiculissime papier sur les Aliens-écolos, il ne s'est trouvé que le Guardian - toujours lui, ça va de soi - pour y faire une réf/vérence ; j'attends avec intérêt que les chiffres du TCAW soient publiés dans la Presse bien-pensante avec les commentaires qu'on devine déjà. Mais ça me paraît tout de même un peu gros.

 

in New Scientist

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22 septembre 2011 4 22 /09 /septembre /2011 23:40

Je ne sais pourquoi tant de critiques se ruent à dire que Cherubini y a créé un opéra "romantique". Certes, on peut parfois y trouver quelques accents Freischütz, mais vraiment très peu. On se trouve bien plus dans la lignée de Gluck, extrêmement dramatique et classique (l'opéra date de 1797), avec des parallèles faciles à faire entre "Ingrat ! " et "Furie !" (Orphée). Si j'ai bien entendu, il y a aussi parfois dans le plus dramatique une tonalité de do majeur, celle de "Che farò senz' Euridice". Mais je peux me tromper, à la différence de ma fille aînée, je n'ai pas l'oreille absolue ni la capacité de reconnaître facilement les tonalités.

 

Et si le dispositif scénique (on dit maintenant la scénographie) m'a vraiment séduit (ces murs de plastique transparent alternant isolant les scènes et les choeurs sont très beaux, même si les "éclairs" du 3ème acte sont un peu bateau, la mise en scène de Warlikowski m'a paru très misérable. Une tragédie grecque punk, avec une débauche de sous-vêtements, de déshabillages un peu ridicules, de tatouages et de dreadlocks avec boucle d'oreille et marcel obligés... Toute la subtilité et les contradictions entre Médée et Jason passent à la trappe. Les récitatifs - ou plus exactement les dialogues parlés, comme l'avait voulu la version initiale selon Cherubini, modifiée par Lachner en 1854 et Arditi en 1865 pour les faire chanter, ont été encore presque tous "modernisés" par Warlikowski avec des "Rengaine ton fric", "Tu as foutu le bordel", etc., plus un graffiti mural "FUCK YOU". Appelez-moi un affreux conservateur, mais ça m'a gêné. Entendre chanter quelque chose comme "Oh mon désir pour vous..." et puis énoncer quelque chose comme "Tire-toi, pauvre conne" (je tricote) me déplaît souverainement.

 

Mais la voix, le coffre et la dynamique, l'expression de Nadja Michael écrase (malheureusement ?) tous ses comparses. Elle est fantastique, petite femme avec une puissance et une exactitude merveilleuse comme on les connaît depuis tout de même une vingtaine d'années.

 

Très beau spectacle, très belle musique, stricte mais émouvante.

 

Bientôt, Oedipe de Georges Enescu avec la Fura dels Baus. Venez à La Monnaie...

 

Et venez aussi voir Jordaens et les Surréalistes (en co-production avec Beyeler) au Musée des Beaux-Arts de Bruxelles...

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21 septembre 2011 3 21 /09 /septembre /2011 18:27

Chacun connaît, bien sûr, les méfaits des affreux "radicaux libres" qui nous empoisonnent et nous font vieillir, c'est bien simple, il n'y a plus moyen de prendre un repas avec des amis ou de la famille sans entendre des kyrielles de conseils, prends ceci, achète cela, il paraît que, moi c'est mon ostéopathe qui m'a dit que, etc. On ne sait pas très bien ce que sont les radicaux libres (qui ont pourtant un gentil petit nom, vive la liberté, non ?) mais on sait qu'ils sont mauvais, tandis que les antioxydants (malgré leur nom, anti c'est pas beau et l'oxygène, c'est tout de même bon, non ?) eux, ils sont bons.

 

Evidemment, les choses ne sont pas aussi simples ; les radicaux (appelés assez inutilement libres) en question sont généralement les radicaux oxydatifs, superoxyde, peroxyde et hydroxyl. Et on ne peut pas les caractériser généralement comme "mauvais", car ils sont indispensables dans une série de réactions vitales et notamment dans la défense contre les pathogènes (chez les leucocytes neutrophiles par exemple). Mais en gros, il est exact qu'ils peuvent causer des dégâts et c'est pourquoi l'évolution nous a munis de tout un système complexe et exquis pour les combattre et les neutraliser, mais pas plus qu'il ne le faut. Quand le système ne marche plus - pour l'une ou l'autre raison - il faut pallier les carences et aller voir son médecin. En temps ordinaires, mieux vaut ne pas trop intervenir...

 

Mais ça ne fait pas le bonheur des marchands de doutes et d'illusions (rien à voir avec ceux que Mme Oreskes cloue au pilori...), de tous les vendeurs de graisse de serpent et d'eaux miraculeuses, des tenanciers de boutiques bio et de remèdes ancestraux, des prometteurs de merveilles cristallines et des adeptes de l'âge du Verseau. "Ici, on détoxifie", voilà leur mantra, et les radicaux libres ne sont-ils pas une "toxine" toute trouvée ? Alors, pas de doute, il faut vendre les merveilleuses plantes venues de préférence de régions très reculées et inconnues du globe, le goji de l'Himalaya, le noni de Polynésie, l'açai d'Amazonie... Ah, ce n'est pas donné, ça coûte même cher, au point que certains de ces jus miraculeux font même l'objet d'une vente "pyramidale", à la limite de l'escroquerie (et parfois du mauvais côté, d'ou procès). Alors, pour en avoir le coeur net, l'équipe de Choice, le Que Choisir ou Test-Achats australien, a comparé il y a quelques années une simple pomme (variété "Red Delicious") avec quatre fruits-miracles : goji, noni, mangoustan et açai ; le test portait sur le TAC (Total Antioxidant Content - Contenu Total en Antioxydant)  mesuré en µmoles de trolox - un dérivé de la vitamine E, bien connue pour ses qualités antioxydantes. Aucun des jus étudié n'arrivait à la cheville de la gentille pomme commune, sauf à en boire bien plus que proclamé par le fabricant - et donc à un prix prohibitif. Si la pomme atteignait un score de 5.900 (et, par exemple 30 ml de jus de noni atteignaient péniblement 540) une tasse de fraises arrivait à 5.938, une tasse de framboises à 6.058 et une tasse de myrtilles à 9.019 !

 

Les réactions ont été vives, évidemment, mais Choice n'a pas changé ses conclusions. Ainsi, il est vrai que le fruit mangoustan est extrêmement riche en antioxydants, mais ceux-ci se trouvent principalement dans l'écorce... absolument immangeable. Tout ce qu'on trouve sur le marché, ce sont les jus et éventuellement les décoctions.

 

Et d'ailleurs encore faut-il savoir ce que font ces fameux antioxydants in-vivo, et l'organisme n'est pas un tube à essai. Les résultats sont très négatifs, un excès d'antioxydants pouvant avoir des effets nuisibles. Vous pourrez trouver des articles intéressants à ce sujet, un ici, un autre ici et un troisième ici.

 

And the bottom line is : inutile d'acheter du miracle, mangez les fruits et légumes que vous conseillait votre maman quand vous étiez petit et encore sans culture...

 

Merci à Brian Dunning de Skeptoid

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20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 09:15

Aujourd'hui s'ouvre le procès intenté à sept personnes du chef d'homicide involontaire pour n'avoir pas fait évacuer la ville de l'Aquila juste avant le tremblement de terre du 6 avril 2009. Ces sept personnes étaient les membres de la Commission "Grands risques" qui s'était réunie à l'Aquila quelques jours avant le séisme. "Ils auraient dû décider d'évacuer la ville" tonne le Procureur, en oubliant commodément qu'une telle décision appartient en dernier lieu au politique, sur rapport et avis des comités scientifiques et qu'il y a de nombreux enjeus à prendre en compte - une évacuation est coûteuse et dangereuse.

 

Je ne reviendrai pas sur le fait absolument certain et maintes fois avéré qu'en matière de séismes il est rigoureusement impossible dans l'état actuel de la science, de faire des prévisions exactes sur le moment, le lieu et la magnitude d'une catastrophe. La Presse à sensation a évidemment publié avec joie les vaticinations du Pr Giampaolo Giuliani - un scientifique distingué par ailleurs - qui prétendait avoir prévu le séisme dès mars 2009, et pas avec un pendule ou une baguette de sourcier, mais par une mesure scientifique de dégazage du radon. Las ! il l'avait prévu, mais pas au bon endroit ni au bon moment... S'il avait été suivi, on aurait déplacé quelques milliers de personnes vers... l'Aquila, justement...

 

Il en va des séismes comme des éruptions volcaniques, où d'assez nombreux scientifiques exploitent des phénomènes parfois à la limite de l'anecdotique pour faire prévaloir leurs thèses, mais sans grand succès. On connaît les réactions du bétail, les niveaux d'eau dans les puits, les variations de courants telluriques ou des dégazages de radon, bien sûr, mais aucun de ces phénomènes - combinés bien sûr à d'autres mesures - ne permet d'arriver à une prédiction quelque peu précise, et ce malgré les clameurs des chercheurs qui se comparent volontiers à Galilée et trouvent de nombreux séides dans la Presse et surtout dans la blogosphère.

On pourrait se scandaliser de ce procès, protester, signer des e-pétitions (dans un cas comme celui-ci, je pense que je le ferais, malgré mon aversion générale pour les pétitions) et passer à l'ordre du jour ; mais en fait, l'affaire est plus grave qu'on ne pourrait l'imaginer à première vue. Ce n'est pas seulement la science qui est visée, mais la capacité des scientifiques à intervenir dans le jeu politique. En cas de condamnation (ce qui n'est nullement exclu), le message sera le suivant : noircissez le tableau, envisagez comme plus probable ce qui est simplement le worst case, privilégiez les scénarios apocalyptiques - en quelque sorte un principe de précaution à l'envers. Et ça, c'est justement la manière dont fonctionne le GIEC, et spécialement son WG2. Dès lors, nous verrons sans doute dans un avenir assez proche les WWW, FoE, Greenpeace et consorts s'engouffrer dans un nouveau combat qui pourra leur rapporter beaucoup de sympathies et d'espèces sonnantes et trébuchantes (ils n'en on jamais assez, ne craignez rien).

 

Dernier point de détail : il semble que ce procès fasse suite à une plainte déposée par un comité de citoyens à l'initiative d'un médecin. Celui-ci aurait-il voulu se venger des procès intentés parfois à tort et à travers au corps médical ?... Mais je plaisante, évidemment...

 

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16 septembre 2011 5 16 /09 /septembre /2011 14:57

Honte aux édiles bruxellois ! L'avenue du Port va être réaménagée, trois cents platanes vont être abattus ! Mobilisons-nous contre ce massacre ! Non à la revente des pavés pour garnir les allées de garage des nantis ! Halte au massacre à la tronçonneuse !

 

C'est en gros la teneur d'un articulet d'un récent "Bulletin", hebdo très chic, en anglais, destiné aux expats principalement, et pas précisément aux expats pour raison économique. Tout à fait le genre à prendre part du côté des bobos "protecteurs de la Nature et de la Planète" et à proposer des BMW et Mercedes hors-taxes pour les diplomates.

 

Il faut savoir que la rue du Port, à Bruxelles, longe le canal (car Bruxelles est port de mer, ne l'oublions pas) et est effectivement bordée de magnifiques platanes. C'est aussi un désert, une avenue infranchissable aux piétons tant elle est large et mal balisée, chaussée de pavés redoutables et de nids de poules impressionnants. Elle n'est pas habitée, mais dessert Tour et Taxis et les entrepôts environnants, ce qui veut dire que les camions qui l'empruntent sont très nombreux - et leurs conducteurs pestent contre son revêtement qui les secoue comme à la foire du Midi. Pour les habitants à l'Est de la ville, elle pourrait être un meilleur chemin vers la Basilique et - notamment l'hôpital Brugman (j'y suis abonné) au lieu du tunnel du centre ville ou de la grande ceinture, sauf qu'on y regarde à deux fois avant de l'emprunter parce qu'on n'est pas sûr que la bagnole tiendra le coup. Bien, il faut connaître Bruxelles pour comprendre dans le détail ce que je veux dire, mais on peut suivre en gros. Pour toutes ces raisons, le gouvernement bruxellois a projeté (et obtenu le permis de bâtir) de modifier cette avenue et (je cite) :

"Au niveau mobilité, des pistes cyclables et un site propre bus sont prévus, les traversées piétonnes et trottoirs seront réaménagés et sécurisés tandis que les bandes de circulation seront réorganisées.
Au niveau convivialité, la diminution de la vitesse des véhicules et le nouveau revêtement de sol permettront notamment une diminution des nuisances sonores. De nouvelles plantations agrémenteront la voirie, le mobilier urbain et l'éclairage public seront renouvelés."

 

Cela ne plaît pas à tout le monde, et notamment pas à M. Patrick Wouters, qui habite "une belle maison" (d'après The Bulletin) de l'autre côté du canal et qui jouit d'une très belle vue sur lesdits platanes. Il s'indigne : comment, mais mettre un revêtement de béton va évidemment conduire à des excès de vitesse, c'est scandaleux !

Première objection : qu'avez-vous à vous en mêler, M. Wouters ? En quoi est-ce votre affaire de savoir ce que feront ou ne feront pas les gens à cent mètres de chez vous, alors que vous ne les verrez pas et vous ne les entendrez plus ? La belle affaire s'il fallait remettre des pavés sur les routes pour empêcher les excès de vitesse ! Ah, mais si, justement, il va voir les bolides puisqu'on va couper les platanes, et la belle vue de sa belle maison sera gâchée, enfin, durant quelques semaines au maximum puisqu'il est prévu de replanter d'autres arbres, mais plus des platanes qui, paraît-il, ne sont pas les arbres idéaux en bordure de voie urbaine, là je m'abstiens de commenter, je n'y connais rien et je me borne à citer la Ministre en charge qui "argue du fait que les arbres seront remplacés par des arbres de taille adulte, mais d'essences moins dommageables pour l'entretien de la chaussée", fin de citation.

Mais les critiques de l'inénarrable ARAU, d'Inter-Environnement, des Ecolos et tutti quanti ne s'adressent évidemment pas au gaspillage que pourrait représenter une telle replantation, mais bien au massacre à la tronçonneuse. Pour certains, et pas seulement pour les crétins du type Earth First!, abattre un arbre est un crime, alors, vous pensez, trois cents ! Et ces gens ne sont même pas végétariens - on est tenté de dire "bien sûr", car manger une carotte est aussi criminel qu'abattre un platane...

Notez, ça ne m'étonne pas, j'avais remarqué cela il y a déjà une quinzaine d'années, lorsque nous avions déménagé dans nos nouveaux locaux, un immeuble imposant avec trois patios intérieurs. Un des ateliers dont j'étais responsable s'étalait tout au long d'un côté du patio le plus profond, mais enfin la lumière même en hiver était suffisante pour pouvoir passer plusieurs heures sans éclairage artificiel. Les architectes fous allaient encore frapper... Voilà qu'au fond de ce patio, on voit arriver quelques semaines après le déménagement des engins de terrassement et des ouvriers fortement charpentés qui, avec l'aide d'une grue et sur le conseil du Malin, transforment le joli patio en forêt humide, reliquat d'Amazonie en plein Bruxelles. Plus question pour les pauvres trimards de l'atelier de travailler à la lueur du jour, et même le 21 juin. Protestations, grèves (avec mon appui et celui de ma hiérarchie), rien n'y fait, les syndicats (et surtout les syndicalistes allemands, d'ailleurs) s'opposant farouchement à l'abattage du moindre arbrisseau. Un arbre, c'est la vie ! Et tant pis pour les soutiers, ils comptent moins qu'un brin d'herbe. 

 

Je m'en étais indigné à l'époque. Je m'en indigne toujours aujourd'hui. Un indigné de plus !

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11 septembre 2011 7 11 /09 /septembre /2011 21:22

"Il est certain que ses [Chirac] troubles de la mémoire - dont il ne fallait pas parler dans les journaux sous peine d'être traité en pestiféré par l'Elysée - n'ont fait qu'empirer depuis son accident vasculaire cérébral de 2005", voilà ce que je lisais ce soir dans Le Monde. Bien. On se souvient du cancer de Mitterrand faisant l'objet d'un black-out complet (sauf de son médecin qui, c'est vrai, aurait dû se taire). Pour ce qui est de DSK, les langues se sont déliées, et même si l'on peut penser que la vie privée des Présidents et éventuellement présidentiables doit être quelque peu ménagée, il y a une zone grise où on s'aventure avec précautions. Tout de même, en ce qui concerne DSK, j'enrage, car enfin voilà un homme que je rêvais de voir démolir Trublion 1er et qui - dans le meilleur des cas, sans vouloir nullement dénigrer celle qui se proclame avoir été sa victime (j'avance en terrain miné) - aurait eu des rapports avec une femme de chambre, enfin, tout de même ! Les escapades de VGd'E, bof. A l'époque, on en parlait moins que des diamants de Bokassa...

Mais tout de même, ça me fait un peu ricaner d'entendre nos amis Français se moquer des Amerloques qui publient des bulletins de santé de leurs Présidents. Est-ce tellement ridicule de savoir que le chef d'exécutif est - ou n'est pas - en mesure de diriger le pays ? On pense évidemment à Paul Deschanel et à son "accident" de train, pudiquement décrit dans Wikipedia (version française) ; bah, c'était un chouette bonhomme, opposé - à son époque ! - à la peine de mort. Pas comme l'infâme Félix Faure ("- Le Président a-t-il encore sa connaissance ? [Meg Steineil, la Pompe Funèbre...] - Non, elle est sortie par l'escalier dérobé..." Oui, comme chez Victor Hugo !). Mais tout de même, il semble avoir été un peu dérangé, le pôvre - je parle évidemment de Deschanel.

Bref, en ce jour où j'ai entendu tant de "Oh, oh say, can you see ?...", où on a entendu tant de phrases difficiles du genre "GOD is with us" (ce qui me rappelle d'horribles souvenirs), et malgré de si belles images de Ground Zero, je reste assez mitigé sur le discours. Al Qaida n'existe plus depuis longtemps, et le dixième anniversaire du 9/11 s'est déroulé sans aucun incident. Ben Laden et ses séides (lisez le Coran pour apprendre d'où vient ce mot...) ont massacré bien plus de bons musulmans que de "croisés".

Mais enfin, je me souviens aussi de ces bons commentateurs, politologues, sociologues ou journalistes qui, la stupeur passée, "devaient reconnaître" qu'après tout, les Américains l'avait bien cherché et que les victimes innocentes qui travaillaient dans la finance n'étaient tout de même pas si innocentes que ça... Discours odieux repris évidemment par tous les "progressistes", les gauchistes de salon des chattering classes voulant montrer qu'à eux, on ne la faisait pas (je ne parlerai pas des truthers pour qui tout était de la faute de Bush et accessoirement des Juifs, bien sûr, puisqu'il est de notoriété publique qu'ils avaient tous reçu missives, e-mails et SMS divers leur enjoignant de se trouver loin des tours ce jour-là). Immonde, avez-vous dit ?

 

 

 

 

 

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