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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 16:26

Nous sommes en France, bien entendu, et voilà qu'un nouveau scandale éclate - un de plus... Figurez-vous qu'on empoisonne les bébés ! Une certaine Mme de Bégon le clame depuis une dizaine d'années, et personne ne l'écoute ! "Pourquoi donc ne croit-on pas systématiquement les lanceurs d'alertes ?" se scandalisait ce midi un journaliste radio.Et d'évoquer le cas dramatique de Mme de Bégon qui vit dans un minuscule appartement avec ses trois enfants, et qui, malgré deux livres publiés, a été condamnée pour calomnie... On essuie une larme furtive, et on retient surtout qu'elle a été "investie d'un secret de fabrication", formule puissante et qui coupe court à la discussion.

Je ne doute pas que le scandale va être amplifié par les canaux habituels, qui vont évidemment agiter le chiffon "danger", mais s'abstenir du côté "risque". Explications.

 

L'oxyde d'éthylène est un puissant biocide, très utilisé pour stériliser le matériel médico-chirurgical (regardez simplement la pochette d'une seringue). Biocide puissant, ça signifie qu'il est évidemment toxique, et même classé cancérogène. Biocide puissant, car extrêmement réactif (l'atome d'oxygène formant pont entre les deux atome de carbone - on imagine la déformation orbitale ! 105kj/mole, c'est pas mal). Extrêmement réactif, et même envers l'eau très légèrement acide ou basique (par une attaque nucléophile pour être précis[*]) ; envers les protéines, n'en parlons même pas.

 

Un produit, donc, dangereux, c'est certain. Mais quel est le risque ? L'utilisation de ces biberons stérilisés au C2H4O - en Belgique, au moins - est réservée généralement aux enfants problématiques tels que les prématurés sérieux dont le système immunitaire est très déficient. Il est indispensable que ces biberons soient parfaitement stérilisés, et l'utilisation d'oxyde d'éthylène est d'autant plus à recommander que les traces du produit qui pourraient subsister sont immédiatement réduites (et détruites) par la nourriture qu'on introduit évidemment dans le biberon...

 

Mais voilà, on va encore sans nul doute assister à des documentaires télévisuels à la MMR (pas le vaccin, la Robin), des articles indignés dans Télérama, des dénonciations scandalisées dans toute la Presse.

 

Car on s'indigne, et de tout. Ce midi, c'était des écoliers de primaire et de maternelle qui s'indignaient de la saleté et de la criminalité de leur quartier, à Bruxelles. S'indigner est à la mode, et je comprends parfaitement les diplômés espagnols qui se scandalisent d'être au chômage. Mais substituer la morale au politique me semble déplorable. Encore peut-on comprendre la protestation de la Puerta del Sol, mais le "mouvement OWS", lui, est d'une confondante crétinerie. Pire qu'un rassemblement altermondialiste avec vendeurs de macramé. "Money is obsolete", proclame un panneau, tandis qu'un jeune homme explique doctement qu'il est indispensable de revenir à une économie de troc. "Good Bye, Banks, your time is over!" répond un autre, adepte du matelas aux billets de banque sans doute. Sans compter tout le reste de ce happening potache mais très écolo : on y recycle tout, et surtout les idées les plus imbéciles.

 

Mais là, je vais trop loin : il y a deux choses aujourd'hui sur lesquelles il est interdit d'ironiser, les indignés et Intouchables. Les Inrockuptibles avaient en son temps tiré à boulets rouges sur Amélie Poulain (enfin, le film, vous m'avez compris) accusé de représenter un monde sans immigrés ni lutte de classes, etc. C'était à mon sens un mauvais procès, dans la mesure où, effectivement, le film se déroulait dans un univers parallèle, comme il était aisé de s'en assurer. Intouchables, comme les Ch'tis, se passe aussi dans un monde parallèle, mais les cinéastes ne l'assument absolument pas. C'est bien plutôt le système Canada Dry à l'oeuvre : ça ressemble à la France, ça a la couleur de la France, mais ce n'est pas la France (ni aucun autre pays, d'ailleurs). Passons sur l'affligeante charge contre l'opéra et l'art contemporain (c'est une bonne vieille habitude assez démago, à l'oeuvre dans Musée haut Musée bas et, plus récemment, dans un film avec Poelvoorde et dont j'ai oublié le titre), passons aussi sur la technique filmique réduite à sa plus simple expression. Pourquoi ce succès ? Les Français auraient-ils tellement besoin d'un unanimisme factice ? Peut-être, mais alors les Belges aussi, car le film fait un tabac, ici !

 

[*] je suis chimiste de formation

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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 23:45

Que c'est beau ! Encore huit mois à dormir comme nous disions, petits enfants....

 

http://mars.jpl.nasa.gov/msl/mission/timeline/launch/

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Published by cdc - dans sciences
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7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 11:24

C'est extraordinaire tout de même ce qu'on peut faire de la recherche en médecine ! Chaque numéro du New Scientist regorge de résultats, de questions, de réexamens, de nouvelles découvertes, et chaque quotidien a sa page médecine au moins une fois par semaine, où l'on détaille généralement quelque nouvelle technique. Jusqu'aux hebdomadaires de programmes télé qui ont leur rubrique médicale. Ah, ça bouge, la médecine... Remarquez, l'homéopathie, elle, ne bouge pas beaucoup. Elle est sortie toute droite du cerveau de son inventeur et n'a pas varié d'un iota depuis, du moins dans ses principes, car on a ajouté des tas de choses à la "pharmacopée" hahnemanienne. Deux cents ans après son invention, elle reste comme un roc, sans bouger. Etonnant. Par contre, les labos qui produisent l'eau de perlimpimpin, ceux-là sont bien de leur époque et ne laissent pas passer une occasion d'augmenter leur valeur boursière avec le dernier cri en matière publicitaire. Sans compter la géniale invention de l'allopathie, aka la médecine factuelle ou scientifique, comme on préfère. Voilà comment on espère mettre sur le même pied de la magie et de la science. Mais je reconnais que la médecine du temps de Hahnemann valait bien celle de Molière. On a évolué depuis - enfin, je parle de la médecine scientifique ; depuis Hahnemann, on a évolué aussi, pour inclure des broyats d'abeilles, de vers de terre ou de puces, semble-t-il.

 

 ***

 

Nos négociateurs de gouvernement se sont donc mis d'accord pour "sortir du nucléaire", et ils ont laissé filtrer dans la Presse que la Belgique allait pousser pour avoir en Europe une économie qui réduirait ses rejets CO2 de 40% à l'horizon 2025 et jusqu'à 95% en 2050 ! 95% ! Il faut oser... Je me demande bien pourquoi ils gardent ces 5%, d'ailleurs. Autant dire à 100% car ils tablent évidemment sur une découverte extraordinaire qu'on ne manquera pas de faire dans les années à venir et qui permettra de faire rouler les voitures, voler les avions et voguer les navires avec (je suppose) de la kryptonite ou un autre matériau magique qui nous sera remis par des extra-terrestres bien disposés à notre égard puisque nous voulons nous amender. Ou alors, en 2050 il n'y aura plus ni voitures, ni bateaux, ni avions (d'ailleurs l'ineffable Yves Cochet a bien prédit que les avions n'existeraient plus vers 2025). On les aura purement et simplement interdits. Bah, ces hommes et femmes politiques ne seront plus là en 2050 de toutes façons, ça ne leur coûte pas grand chose de faire de grandes déclarations.

 

*** 

 

Et à propos de voitures, j'entendais hier une rubrique radio où l'on annonçait qu'en 2011 on avait vendu une vingtaine de voitures électriques en Belgique, dont seulement trois à des particuliers (je parle de vraies voitures, pas des tricycles agrémentés d'un moteur électrique auxiliaire et hors de prix, comme en possède un cousin de ma femme, je vous l'ai déjà présenté). Et de donner la parole à un représentant de Peugeot ou de Renault, je ne me souviens plus, qui expliquait avec des sanglots dans la voix que ses voitures électriques rejetaient 0 g de CO2 dans l'atmosphère et qu'elles ne se vendaient pas... Et voilà encore une découverte fantastique : ces voitures utilisent-elles des paratonnerres ou vont-elles chercher les courants telluriques ?

 

***

 

Enfin, en ce qui concerne les "droits à polluer" du CO2, je suis tombé sur une publication assez intéressante (mais "pay-walled") d'une équipe menée par Michael Pahle du Potsdam Institute for Climate Impact Research (RFA), selon laquelle l'allocation des "droits à polluer" dans le système européen ETS en 2005 a conduit à allouer une quantité très excessive de ces droits aux agents existant sur le marché, c'est-à-dire essentiellement aux centrales au charbon - charbon qui, par ailleurs, est abondant en Allemagne et dont l'extraction est lourdement subventionnée... Ne nous étonnons pas si, depuis l'annonce du démantèlement nucléaire en Allemagne, nous allons assister à l'éclosion de nombreuses centrales qui rejettent bien sûr notre cher dioxyde de carbone, mais aussi toutes sortes de joyeux polluants (le charbon allemand est sale). Mais on sait que la RFA est particulièrement exposée à de violents séismes et à des tsunamis dévastateurs. Et on sait aussi que Greenpeace tient trop à sa base allemande - qui lui rapporte gros - pour ne pas trop malmener les dirigeants de ce pays. On les félicite d'avoir abandonné le nucléaire, mais on ne proteste pas beaucoup contre les centrales à charbon...

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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 21:18

J'ai parlé en son temps de l'incroyable et délirant article (publié prétendument sous les auspices de la NASA et dans un journal pourtant bien autorisé) selon lequel les émissions humaines de gaz à effet de serre pourraient attirer vers nous la colère d'extra-terrestres qui viendraient détruire notre planète pour la punir de nos transgressions, à nous humains. C'était tellement imbécile que, bien entendu, on en a fait des gorges chaudes (comme ici, chez le merveilleux Wattsupwitthat), mais on avait tort !

 

Je m'explique et je précise. Un de mes auteurs favoris de sci-fi (si c'est de cela qu'il s'agit, et cette attribution peut se discuter, et, pour continuer sur une des innombrables digressions qui caractérisent mon blog et ma pensée, j'ai revu récemment - oui, à ce grand moment de cinéma qu'est "l'écran total" du bientôt défunt Arenberg, ici à Bruxelles - le beau film de George Roy Hill, Slaughterhouse Five. Si vous vous y perdez un peu, n'ayez crainte, moi aussi, je ne sais plus où mettre mes parenthèses. Mais je la ferme ici. Je parle de la parenthèse, évidemment) Kurt Vonnegut Jr. a mis plus d'une fois en scène dans ses romans un personnage édifiant, Kilgore Trout - qui, comme chacun sait (ou ne sait pas, c'est selon) est une allusion à un autre superbe auteur de sci-fi, Theodore Sturgeon (oui, Trout c'est une truite et Sturgeon est un esturgeon). Il paraît que Sturgeon lui en a beaucoup voulu. Mais le fin du fin, c'est que Philip Jose Farmer, un autre sci-fi phénoménal, a écrit un livre sous, justement, le pseudonyme de Kilgore Trout, Venus On The Half-Shell. Vous me suivez ? Pas facile, en effet. Et que trouve-t-on dans ce livre ? L'anéantissement de toutes formes de vie sur notre planète (sauf les moustiques et quelques autres créatures) par les Hoonhors, une bande d'extra-terrestres qui vont tous les dix ou cinquante mille ans purifier les diverses planètes de l'univers des formes de vie qui les "polluent". Tout cela bien évidemment dans la plus franche rigolade comme le disait Gotlib. Mais évidemment ceux qui ont fait écho à cet article lamentable (dont, bien évidemment le Guardian) n'avaient aucune rigolade en tête ou sur les lèvres, ils se sont tordu les mains en avertissant nos contemporains qu'ils devaient se reprendre de leurs travers. Une vieille idée selon laquelle dieu, les extra-terrestres ou n'importe qui allait nous punir pour avoir transgressé les lois de la nature ou de la morale ou de je ne sais quoi. Noé, en quelque sorte, et c'est bien ce que dit Kilgore Trout en bon pince sans rire.

 

Pour ce qui est du nucléaire, j'ai ri (jaune) en lisant les décisions de nos discussionistes devant enfin former un gouvernement belge après plus d'un an de crise. Donc, on ferme, ou on ne ferme pas les centrales, ou on les prolonge de deux ou trois ans. Ces messieurs/mesdames ont une bagnole qui passe ou ne passe pas le contrôle technique, ça coûte quelques euros pour arranger tout ça, bah, une centrale nucléaire, c'est un peu comme leur caisse, non ? Ben non. Mettre une centrale à niveau, ça coûte bien plus, et ce n'est pas comme le prochain CT. Naïveté ? Crétinisme ? Les deux, sans doute. Oh oui, sans doute il faudra compter sur de l'électricité "nucléaire" plus chère, mais s'il faut importer du nucléaire depuis la France ou l'Allemagne (charbon, charbon ! et le CO2 dans cette dernière ?...), ça ne sera pas triste, mais très hypocrite... Ah oui, il faut privilégier les renouvelables. Certes. J'en suis convaincu. Mais elles sont peu intéressantes. En Allemagne, il faut arrêter les éoliennes les jours de grand vent dans le nord et l'est quand la demande est faible dans le sud (grand demandeur). En 2009, 285 arrêts forcés sur 65 jours, en 2010 1.085 arrêts sur 107 jours. Il faudrait alors tirer des lignes HT et nous pourrons (enfin, les Allemands pourront...) nous protéger du soleil sous les lignes à haute tension...

 

Merci, Mme Merkel, merci, les écolos !

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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 23:16

Mettant les choses au point, je déclare n'être ni Tintinomane, ni Tintinolâtre, ni même Tintinophile. Je laisse ce soin à des spécialistes très pointus comme Pierre Sterckx qui sont prêts à dépenser des milliers d'euros pour acquérir une planche originale d'Hergé. Tout simplement, j'étais dans ma jeunesse abonné à ce "Journal" (hebdomadaire) comme à Spirou et à Mickey (j'adorais bien sûr l'abominable Donald Duck et Scrooge - l'Oncle Picsou pour les Français). Que dire d'On a marché sur la Lune, sinon que je me régalais (et me régale encore) des planches montrant Tournesol (L' Auguste Piccard, dont la nacelle ornait l'entrée de je ne sais plus quel auditoire de l'ULB) amenant Haddock vers la fusée célèbre, carrelée de rouge et de blanc qui se vend maintenant en modèles déclinés en diverses grandeurs pour une somme plus que rondelette.

 

On a crédité Hergé, et pas injustement, pour la création de la ligne claire. Oui, il y avait une magie (terme galvaudé, je l'admets) à cet ascétisme graphique. Et à relire les albums de Tintin, j'ai été toujours admiratif de son style, de sa manière de mener le récit, d'introduire des dialogues en "syldave" (en fait du pur brusselêer, du dialecte bruxellois). A se tordre de rire pour ceux qui le connaissent.

 

Mais le veuve d'Hergé et son nouveau mari ont vite compris ce qu'on pouvait en tirer - marketing et merchandising obligent. Spielberg en a remis une couche, et sa Licorne n'a plus grand'chose à voir avec le Tintin original. Comme le dit Sotinel, c'est un peu Tintin chez les Transformers. Le visage lisse et à peine évoqué de Tintin, le faciès expressif de Haddock avec un pif exagéré, entre la naïveté, les sourcils et les moustaches des Dupond-t, tout cela passe à la moulinette du spectacle tsunamiesque. Aucune animation ne remplacera le petit tourbillon indiquant la course...

 

Ah oui, on dira que c'est une adaptation. Sans doute. Mais c'est une adaptation graphique d'une oeuvre graphique, et à mon point de vue, c'est une trahison, et a moneymaker... (on connaît le caractère âpre au gain du couple Rodwell (*) et leur manie de faire des procès à quiconque se mêle de malmener le monde tintinesque ; ici, pas de danger, dans les 135 millions de dollars, il a dû en revenir une petite partie à Moulinsart...) Ainsi, j'ai beaucoup aimé Tamara Drewe (le film), mais je ne connaissais pas la bande dessinée (pardon ! on dit maintenant graphic novel...), et si les connaisseurs ont crié au scandale, je m'incline.

 

Un bijou, m'a dit un mien cousin dudit Tintin (avant de le voir). Ce n'est pas mon avis.

 

(*) Reconnaissons au moins à Rodwell d'avoir préservé tout l'oeuvre d'Hergé. Ce n'est hélas pas le cas pour Franquin dont il ne reste quasiment plus rien des planches originales, les héritiers ayant tout foutu au bac, comme on dit chez nous. Rephotographié les albums, donc, rien. Merci au cousin de me l'avoir renseigné !

 

P.S. Après l'avoir vu, ledit cousin (de C., en fait) a dit qu'il était "pas mal déçu". Après l'avoir vu, Pierre Sterckx s'est déclaré satisfait et a livré son point de vue dans le journal Le Soir où il se livre à une obscure exégèse sur le concept de pixel qu'il ne semble pas avoir très bien compris.

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Published by cdc - dans cinéma
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24 octobre 2011 1 24 /10 /octobre /2011 21:58

Je vous ai parlé de mon désir d'enfin terminer le livre de Musil. C'est en cours... Mais je ne peux m'empêcher de livrer au moins deux phrases de ce chef-d'oeuvre :

 

"[...] quelque chose clochait et les empêcherait toujours d'être corps à corps  dans leurs étreintes, quand bien même ils se déferaient de toutes les entraves du vêtement et de la morale." C'est un superbe zeugme, comme cette belle phrase d'une rédaction d'un de mes condisciples d'il y a, oh, bien longtemps : "j'y retrouve mes parents et mes habitudes".

 

"Il [Walter] émettait toujours de la petite monnaie de sentiment, mais c'était de l'or et de l'argent, alors qu'Ulrich [l'Homme sans qualités] opérait en plus grand, avec des sortes de chèques intellectuels, sur lesquels étaient écrits d'immenses chiffres ; mais ce n'était jamais en fin de compte que du papier." Ce qui me fait penser à Pierre Sterckx estimant que Marcel Duchamp signait (dans son oeuvre) des chèques sans provision pour autant de milliards qu'en voulait le bénéficiaire.

 

Cela dit, une dizaine de phrases du même genre par page ne facilite pas la lecture, même si cela exalte l'intelligence !

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Published by cdc - dans littérature
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24 octobre 2011 1 24 /10 /octobre /2011 20:21

On fait beaucoup de cas actuellement des dérives possibles des régimes à venir en Tunisie et en Libye, parlant avec une méfiance (justifiable sinon justifiée) des références à la source de droit islamique, la charia (le chemin).

 

Je ne suis pas arabisant ni islamologue, et donc mon point de vue est celui d'un amateur éclairé ayant passé quelques années dans la coopération en Algérie, cherchant passionnément à comprendre une civilisation qui, en son temps (disons, jusqu'à la fin officielle de l'idjtihâd - cela est très discuté) était bien plus ouverte que la nôtre, romano-chrétienne pour résumer.

 

Le monde musulman comprit très vite dès la mort de Mohammed que les préceptes du Coran étaient extrêmement lacunaires. Il y avait certes des injonctions fortes, mais soumises à révisions selon les sourates postérieures. Il fallait donc compléter, amender, ajouter, voire corriger. Ce fut donc, avec l'arrivée d'autres sources que les Arabes, et notamment celle des Persans, des Syriens et des Irakiens (et d'autres encore), le principe des hadîth-s : "Untel, fils de Untel, rapporte que Untel a entendu le Prohète dire que... [c'est ce qu'on appelle traditionnellement "la chaîne des garants", l'isnâd]", etc. Bien sûr, tout cela allait dans tous les sens et ça faisait un peu désordre, mais c'était la base de la sunna. Il fallait plus, et mieux. On inventa alors le rây (en gros, "bon sens" - Goldziher le traduit par opinio prudentium en accord avec le corrigere jus propter utilitatem publicam [rectifier le droit en vue de l'utilité publique] du droit romain) et le qiâs (analogie) pour avancer. Après de nombreuses discussions et étripages il en résulta les quatre écoles (dites bizarrement rites) classiques du sunnisme (le chiisme ou le soufisme, c'est encore autre chose, et je m'y connais encore bien moins) : hanafite, chaféite, malékite et hanbalite, qui diffèrent selon les régions, mais qui sont toutes admissibles sans aucun problème. Certaines sont plus strictement coraniques, d'autres sont plus libérales, mais on peut passer d'une interprétation à l'autre sans tomber dans l'anathème ou la kaffiriya (le paganisme).

 

Ces quatre écoles sont-elles le summum de l'Islam (comme Mohammed est le sceau [le dernier] des prophètes) ? Certes non. Malgré toutes les résistances, et malgré le fait que l'Islam mêle intimement le Politique et le Religieux, il y a encore de nouvelles lectures, mais toujours sous l'égide coranique. Ainsi, certains docteurs de la Loi (très minoritaires, je l'admets...) estiment que la polygynie n'est acceptable que si chaque femme reçoit un traitement strictement identique (majeure) ; or, un tel traitement est impossible (mineure) ; ergo la polygynie est interdite. Je ne sais trop si c'est un BARBARA, un CELARENT, un DARII ou un BARALIPTON (*) ou quelque autre syllogisme, mais ça me plaît assez...

 

Pour en savoir plus (car tout ça est bien plus compliqué que ci-dessus) : évidemment le merveilleux et indispensable Maxime Rodinson (ici, son Mahomet, mais il en a écrit tant d'autres ! et passionnants !), le très exigeant Laoust sur les schismes dans l'Islam, et aussi le "roboratif" (je déteste ce terme galvaudé, mais juste en l'occurrence) Les Assassins de Bernard Lewis.

 

(*) Asserit A, negat E, etc... On n'apprend plus ça à nos rejetons, et c'est dommage.

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18 octobre 2011 2 18 /10 /octobre /2011 13:58

J'entendais il y a quelques jours un économiste déclarer en interview lors de l'affaire Dexia qu'il avait toujours été très méfiant envers les banques publiques, mais qu'il avait sensiblement nuancé ses points de vue à la lumière des événements de ces deux dernières années.

 

C'est une opinion très largement partagée, sans aucun doute, ce que ne manquait pas de faire ironiquement remarquer le journaliste. De là, cependant, à vouloir comme certains nationaliser tout le système bancaire, minute, papillon !

 

Le cas de Dexia est exemplatif à de nombreux égards. Quand Mariani a été parachuté comme CEO du groupe, il aurait déclaré (d'après Jean-Luc Dehaene) : ce n'est pas un holding bancaire, c'est un hedge fund ! Oui, mais ça ne l'a pas empêché de s'asseoir sur l'avis (très avisé, la suite l'a démontré) de la Commission européenne en date du 26/2/2010 et d'obéir, le petit doigt sur la couture du pantalon à Mme la Ministre des Finances Christine Lagarde ; il a d'ailleurs très mal géré toute l'affaire, avantageant scandaleusement la partie française du groupe. Mais il faut dire à sa décharge qu'il était incompétent en matière bancaire. Cela dit, les clients institutionnels de Dexia Banque Belgique étaient captifs (collectivités locales), et les administrateurs publics - comme ledit Jean-Luc Dehaene, totalement incompétent lui aussi en matière bancaire - se sont contentés de toucher leurs jetons de présence et ont multiplié les déclarations intempestives. Et ne parlons pas des régulateurs qui n'ont rien régulé et rien contrôlé. Quant on pense au SEC et à l'affaire Madoff, on en viendrait presque à excuser notre CBFA...

 

Alors, tout de même, prudence.

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Published by cdc - dans politique
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17 octobre 2011 1 17 /10 /octobre /2011 23:32

Vous croyiez que c'était le défaut de payement de la dette souveraine ? Non, bien sûr, nous savions presque tous que ça devait arriver et cela depuis plusieurs mois. C'est, s'il faut en croire un certain David Strahan dans le New Scientist un effet de dominos qui va précipiter l'Irlande (il a mal lu les nouvelles de ce pays, mais peu importe), le Portugal, l'Espagne et même l'Italie dans un gouffre infernal. Tout l'Euro va s'effondrer, et les traités de Maastricht, de Lisbonne et de Londres font qu'ils devront dès lors quitter l'Union ! (il ne les a sans doute pas lus, ces traités, ni compris les autres, mais encore une fois peu importe). Donc, toute l'Union européenne va se casser la figure, et notamment l'Emissions Trading System, une usine à gaz complètement foireuse dont ledit Strahan reconnaît qu'elle est très généralement critiquée comme étant inefficace, mais, à l'en croire, pourrait imposer (comment ?) an international framework which could be strengthened and expanded. Tu parles ! Tout le monde en rigole, but il could be... Et puis, étant donné l'effondrement économique généralisé qui en résulterait, on pourrait se réjouir que les émissions de CO2 pourraient diminuer... Merveille... 400 millions de gens plongés dans la pauvreté, que ce serait bon pour la Planète ! Et de nous rappeler que selon le GIEC et l'IEA, il faudrait investir 18.000 milliards (oui, vous avez bien lu, 18 trillions) de dollars à l'horizon de 2035 pour éviter ce que les modélisateurs estiment nécessaires pour arriver à une augmentation de 2°C de la température globale de la Terre, quand il faudrait une somme bien moindre pour développer - mais évidemment, à politique changée... - les infrastructures des pays pauvres, voir Lomborg.

 

Et notre Strahan de conclure que le meltdown "d'une économie [grecque] mineure qui a peu à vendre à part son soleil pourrait condamner la Planète à un réchauffement global incontrôlable".

 

Avez-vous jamais lu article aussi ignoble ? J'avoue en être révolté.

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14 octobre 2011 5 14 /10 /octobre /2011 16:02

Merci et bravo à Wattsupwiththat

 

indignes

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