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25 janvier 2012 3 25 /01 /janvier /2012 11:30

Les agrocarburants ne sont évidemment pas une réponse à quoi que ce soit. On pourrait, on pourra, peut-être, mais pour l'instant on n'est nulle part, et la Commission campe sur ses positions de 10% d'éthanol dans l'essence.

 

Si hurler au génocide comme le fait cet excité de Jean Ziegler est quelque peu excessif, il n'empêche que depuis quelques années une extension des terres arables destinées aux agrocarburants est patente mais mal connue. L'International Land Coalition, une fédération d'ONG dédiées à la promotion de l'usage de la terre par les paysans en Asie, en Afrique et en Amérique latine, a sorti tout récemment une petite étude fort intéressante portant sur des ventes de terrain (à partir de 200 hectares) entre 2000 et 2011.

Ils en ont dénombré 2042 portant sur 203,4 millions d'hectares, mais n'ont pu en étudier qu'une partie, à savoir 1155 portant sur 70,9 Mha. Comme le montre le graphique en p.20, ces ventes ont décollé puis explosé en 2008-2009, pour redescendre nettement l'année suivante. La hausse du prix des denrées alimentaires de 2007-2008 (due à de mauvaises récoltes et à une augmentation brutale du prix du pétrole) pourrait expliquer l'explosion de 2009, et la contraction de 2010 peut être due à de nombreuses raisons (dont la publicité donnée par la Presse). Mais regardons de plus près : le graphique de la p. 22 montre essentiellement que l'Asie investit en Asie et en Afrique, et que l'Amérique latine, moins exposée à ces acquisitions, fait l'objet d'acquisitions régionales et nord-américaines en grande majorité. Et quel usage est-il fait de ces acquisitions de vastes terres en général fertiles et bien irriguées ? Globalement, près de 60 % sont affectés aux agrocarburants, suivi par moins de 20 % pour les récoltes vivrières, et en ce qui concerne l'Afrique, les proportions passent à 66% contre 15%. La hausse du prix des céréales peut donc avoir déclenché les acquisitions massives de terrains, mais il est certain que le succès des agrocarburants a joué à fond.

 

Peut-on sérieusement continuer à privilégier une politique pareille, alors que nous devons au contraire nous préparer à une augmentation de la population mondiale et à une amélioration substantielle de son alimentation ?

 

Quoi qu'il en soit, le rapport de l'ILC est extrêmement intéressant (il ne traite évidemment pas que des agrocarburants), indispensable à quiconque s'intéresse un peu aux enjeux essentiels du développement. Il est disponible en anglais seulement, mais il en existe des résumés dans d'autres langues, dont le français, ici

 

 

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24 janvier 2012 2 24 /01 /janvier /2012 00:23

J'ai reçu en commentaire de la part d'un certain bob (dont je ne désire évidemment pas publier l'adresse sauf autorisation expresse de sa part...) un cartoon parfaitement hilarant qui m'a fait rechercher un peu et j'en ai trouvé un autre que je vous présente.

 

 

Merci à Bob et à XKCD !

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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 12:00

Obama vient donc de rejeter le projet de construction du pipe-line Keystone Transcanada qui devait acheminer du pétrole issu de sables bitumineux depuis Alberta jusqu'au Golfe du Mexique. Ce projet estimé à sept milliards de dollars, devait assurer du travail à une vingtaine de milliers de personnes, à en croire Transcanada. Vingt mille emplois en pleine récession, ce n'est pas négligeable, mais le Président Obama, dans cette année cruciale, doit manoeuvrer en vue de se faire réélire ; et qui a voté en masse pour lui, sinon les "environnementalistes" ? Or, bien évidemment, les "environnementalistes" et leurs kyrielles d'ONG - dont certaines très puissantes, comme le Sierra Club - sont révulsés par ce projet de pipe-line, parce qu'ils sont révulsés par l'idée d'utiliser du pétrole. De la même manière que les végétariens ont utilisé l'assassinat d'un inspecteur enquêtant sur le trafic d'hormones pour essayer d'obliger les restaurants de la Commission à établir une fois par semaine des menus uniquement végétariens (ça semble incroyable, mais c'est rigoureusement vrai), les "environnementalistes", Verts, Zécolos et tutti quanti utilisent le "désordre climatique" qu'ils attribuent au CO2 d'origine humaine pour revenir à un stade de développement archaïque. Ces Savonaroles de pacotille rêvent de nous voir revenir au temps béni des moulins à vent, car ils savent aussi bien que moi qu'il n'y a aucune possibilité de gérer une société comme la nôtre (qu'ils exècrent) avec des "énergies renouvelables". C'est pourquoi ils tiennent à tous crins aux travaux du GIEC, et pourquoi ils calomnient ses contradicteurs. Pachauri est leur figure emblématique, leur pape, et ses vicaires sont Hansen, Trenberth et consorts.

 

Donc, pas de pipe-line, comme en France, pas de gaz de schiste. Enfin, pas de pipe-line pour l'instant, on verra après les élections.

 

Mais voilà, le Sierra Club aime aussi les zanimaux, et spécialement les ptizoizeaux. Et les éoliennes n'aiment pas les ptizoizeaux : figurez-vous qu'après une quasi-disparition de plus de 25 ans, les Condors de Californie recommencent à planer (majestueusement, ça va de soi) dans un ciel qu'ils reprennent à leur compte - compte-rendu dans Forbes. Problème : comment éviter que les condors, prenant les courants qui alimentent justement les éolinennes, se fassent écharper ? C'est un animal protégé, et la mort d'un condor peut se payer par de la prison. Et des "environnementalistes" pourraient faire fermer un champ d'éoliennes ayant causé la mort d'un condor. Qui va investir dans une entreprise aussi risquée ? Récemment, TerraGen a abandonné un plan d'installer 411 éoliennes et le Sierra Club, justement, traîne en justice le Comté de Kern pour avoir approuvé un projet de 300 MW.

 

Evidemment, chez nous je vois très mal Interenvironnement,  Greepeace ou FoE se soucier du sort des chauve-souris ou de n'importe quelle bestiole (sauf peut-être des loups ou des ours, et encore ! ah, si on pouvait avancer que les éoliennes sont nuisibles aux baleines, peut-être que...) alors que leur seule fixette est précisément de diminuer drastiquement notre consommation énergétique.

 

Mais tout de même, il faut y penser. Si votre vue est blessée et votre ouïe agressée par une de ces stupides moulinettes, pourquoi ne pas fonder une ONG avec vos voisins, au nom de la protection de, disons au hasard, les avocettes de Duringham ou les bergeronnettes amazoniennes ? ça vaut le coup d'essayer...

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22 janvier 2012 7 22 /01 /janvier /2012 22:32

Un bon vieil ami du CERN m'a donné quelques explications à ce sujet, et je le cite :

"ce sont mes collègues espagnols de la section [...] qui ont mis en place le système de mesure pour obtenir ces résultats des plus troublants !  Résultats déjà observés en mars 2011 mais qui ont attendu l’été 2011 pour obtenir l’imprimatur de la direction du CERN . Mes collègues m’ont expliqué que durant toute cette période ils n’ont cessé de recevoir des spécialistes de tous les autres instituts de la planète pour vérifier les conditions de la mesure et pouvoir finalement 6 mois plus tard annoncer ces résultats remettant en cause toute la physique d'Einstein !".

 

Déjà, avec la matière noire et l'énergie sombre, on se rend compte que nous sommes à peu près où en étaient les physiciens il y a un peu plus d'un siècle : au bord de découvertes fondamentales (sauf qu'eux ne le savaient pas vraiment, même s'ils sentaient que les équations de Maxwell n'étaient pas compatibles avec la mécanique newtonienne). Mais quand je dis "au bord"... je suis optimiste !

 

"Je voudrais pas crever" avant d'avoir au moins une idée là-dessus, mais avouons que ça patine un peu, idem avec les multivers. Ah oui, Reiser avait raison, nous vivons une époque formidable !

Ce qui me permet de rebondir sur mon petit vélo (pas le Velot d'Or d'Imposteurs, évidemment) : le GIEC et son "Science is settled" - "la science a définitivement conclu". J'ai déjà parlé de ce mythe. On sait tout de même depuis longtemps que la science n'est pas un état des lieux, mais un processus. Quoi qu'en ait dit Feyerabend, ce n'est pas n'importe quoi, par ailleurs. Ce n'est pas non plus aussi simple que le pensait Popper, mais tous ceux qui y contribuent ont une certaine idée de ce que ça implique.

 

La science et la technologie... Si vraiment le CO2 humain était responsable du changement climatique (en fait du réchauffement climatique global qui semble assez avéré), on pourrait trouver à le combattre, par exemple, comme tant de monde en a parlé, par la géoingéniérie. On peut être sceptique à ce sujet, ou le trouver discutable, mais ce qui horrifie les "ONG responsables", c'est que c'est un scandale qui distrait des vraies questions : à savoir qu'il faut être frugal. Couper le thermostat. Avoir froid. Manger des poireaux crus. S'éclairer avec des bougies de graisse de mammouth, peut-être ? Certes !

 

Repentez-vous et laissez les pauvres du Monde se repaître de laur pauvreté frugale !

 

 

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20 janvier 2012 5 20 /01 /janvier /2012 17:14

Je veux dire que le post était inévitable, pas la catastrophe. Apparemment - mais on raconte un peu tout et n'importe quoi - le commandant aurait voulu faire un passage devant l'île par hommage envers un membre de son équipage. Possible, mais attendons avant de prendre des poses comme celles d'un lecteur du Monde qui proclame que "Schettino" a de bonnes chances de devenir un substantif à l’avenir, consacré par l’usage pour désigner un chef lâche et qui ne pense qu’à se sauver lui-même. Paf !

 

Cela étant, l'essentiel des commentaires que j'ai entendus portait sur le "gigantisme" du bateau. C'était à qui s'indignerait le plus de la "course aux profits", de la "course au mastodonte", etc. Pourtant, la taille du Costa Concordia (outre qu'elle n'est nullement monstrueuse, ce vaisseau étant classé en vingt-sixième place de sa catégorie) a-t-elle quoi que ce soit à voir avec la cause du naufrage ? Chaque fois que je vais à Venise, je contemple avec effroi ces énormes paquebots évoluant dans l'étroit canal de la Giudecca, mais chaque fois ils s'en tirent plutôt bien. Un paquebot deux fois plus petit heurtant les mêmes récifs s'en serait-il sorti ? J'en doute. Un commentateur se scandalise qu'il y avait même un simulateur de Formule 1 à bord ; je ne suis pas cerrtain que cela ait contribué au désastre, pas plus qu'une piscine ou un cinéma de trop. Cinq mille personnes, c'est beaucoup, évidemment, mais enfin, comparer cet échouage à la catastrophe du Titanic est ridicule. Un mort est certainement un mort de trop, et ici on en a semble-t-il une trentaine - trop, bien trop une fois encore. Mais ce que les bonnes âmes détestent, c'est à la fois le kitsch de ces croisières et un reste de haine anti-Paquebot Normandie ou Titanic, avec ses premières classes ultra-luxueuses où "les riches" se pavanaient en smoking chaque soir (par parenthèse, le France avait un seul point de passage entre toutes les classes : la chapelle). Ces énormes paquebots sentent le petit-bourgeois consumériste et grégaire : la société de consommation, bien sûr, une fois de plus... Et la Mer se venge, comme la Terre punit l'hubris des Hommes !

 

Oui, enfin jusqu'à cette catastrophe, il n'y a eu que 20 morts en croisières ces vingt dernières années, toutes raisons confondues. Et on a compté plus de 15 millions de voyageurs de croisière en 2010.

 

Mais c'est tellement amusant de s'indigner...

 

 

 

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20 janvier 2012 5 20 /01 /janvier /2012 15:05

Donna Laframboise (Canadienne, évidemment !) ne connaît rien à la physique des fluides, ni à la météorologie, ni à la climatologie. Par contre, elle connaît très bien le journalisme et même le journalisme dit d'investigation : c'est son métier et elle y excelle.

 

Pour elle, donc, il ne s'agit pas de contester telle ou telle étude ou même hypothèse, mais bien de démonter tout le mécanisme du GIEC - et accessoirement des intérêts divers et variés qu'il incarne et qu'il sert, car évidemment, il est un peu facile de dire que tous les "contestataires" sont des suppôts d'Exxon. Un peu facile, mais tellement pratique ! Après tout, il n'y a pas cinq ans que Courtillot se faisait écorcher vif parce qu'il osait affirmer que le Soleil avait son rôle dans le climat terrestre, alors qu'aujourd'hui il s'agit d'une évidence qu'on met même à contribution - avec la PDO, El Niño et La Niña, jadis frappés d'interdit - pour expliquer pourquoi la dernière décennie et demi marque un plateau de température... Un comble !

 

Et comme elle est assez obstinée, notre Donna, elle met au jour d'assez vilaines choses que Pachauri, van Ypersele et consorts préfèrent couvrir de leur prestige nobelisé. Finalement, elle a tant rempli son blog qu'elle a décidé de publier un livre, "The Delinquent Teenager", qui se trouve en librairie mais aussi sous forme .pdf et Kindle (à des prix défiant etc.).

 

Je ne vais pas évidemment éventer le plaisir (et accessoirement attenter au copyright...), mais je me permettrai tout de même de révéler un de ses petits secrets. Non, je ne parlerai pas de Pachauri, que Donna adore, celui qui affirme avec force que toutes les citations du rapport sont peer-reviewed, et que donc, ce noble rapport n'avait pas cité le fameux Stern Review car celui-ci n'était pas peer-reviewed... sauf qu'il est cité 26 fois, dans 12 chapitres ! Pas étonnant, puisqu'il prend les rapports du GIEC pour la Bible ! Je ne parlerai pas de Pachauri, celui qui répète avec plus de force encore que toutes les citations - sauf celles du Stern Review, peut-être - sont peer-reviewed. Je l'ai dit, Donna est une excellente journaliste, mais le rapport comporte 44 chapitres, chacun ayant plusieurs centaines de citations, parfois jusqu'à huit cents et plus. Que faire pour vérifier ?

 

Tout simplement utiliser le Net et demander des volontaires ("crowdsourcing") ; et comme je ne suis pas payé pour le savoir, le bénévolat est répandu et les gens sont généreux. Quelques-uns ont demandé à rester anonymes, car ils avaient peur des réactions de leur entourage. L'un d'eux craignait même qu'en l'apprenant, ses voisins lui auraient crevé les pneus... un peu parano, peut-être...(*).

 

Bref : après quelques semaines, les résultats étaient là : sur 18.531 citations, 5.587 n'étaient pas peer-reviewed, soit un bon 30% ! et dans 21 chapitres, ce pourcentage s'élevait à plus de 40%... Et ces citations "grises" se référaient à des articles de magazines, des thèses de doctorat en cours, des documents de Greenpeace et du WWF et même des dépêches d'agences...

 

Voilà le "travail rigoureux" du GIEC.

 

Et ça continue sur 123 pages, ad nauseam...

 

(*) peut-être pas tant que ça, tout compte fait.  “Ne rien faire contre le changement climatique est une maladie encore assez répandue, même à ce jour" explique le fondateur de la campagne 10:10Franny Armstrong. "Bien sûr, nous ne voulons pas les faire exploser, mais un peu d'amputation serait peut-être un bon début". N'oublions pas les appels au meurtre ou à l'exécution des pétroliers, des dirigeants de compagnies d'aviation etc. émis sans aucun humour mais avec une froide détermination et un conviction de justice absolue par Hansen, Monbiot, Robert Kennedy Jr. (pardon, ce dernier n'envisageait que la prison à perpétuité...) et tant d'autres dans les blogs qui ont leur sympathie.

 

 

 

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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 21:40

Ce qui fait riche... Bien, je mets une parenthèse à mes options historico-littéraires pour revenir à un sujet qui me taraude. J'aime bien, vous le savez sans doute, les contrarians qui mettent un certain doute sur ce qui est la vérité révélée du GIEC. Aucun soupçon de vouloir dénicher un quelconque complot, mais certainement une volonté de débusquer des torsions intellectuelles et de vouloir s'approprier la Vérité dite "officielle", càd officialisée par un groupe très politique de l'ONU (accessoirement, de penser à avoir des crédits de recherche...).

Comment évaluer le "réchauffement climatique global" dans sa version GIEC ? En évaluant les mesures de température terrestres (dont on sait assez bien qu'elles sont polluées par les "effets de sol", avec des prises de température mal gérées, sans parler des mesures océaniques parfaitement ridicules : jetez un baquet à la mer et mesurez la température), ben oui, mais c'est assez imprécis. Depuis pas mal de temps, les satellites permettent de mieux comprendre ce qui est cette augmentation de température de la basse troposphère, et quand je dis "pas mal de temps", je veux dire depuis maintenant 33 ans, et c'est ce que John Christy a étudié. John Christy et aussi Roy Spencer, tous deux experts en la matière, mais voués aux gémonies par le GIEC (ou tout au moins par ses groupies).    

    UAH LT 1979 thru November 2011

On peut trouver ici un article sur l'étude de Christy et ici son interprétation par Spencer. Christy n'aime pas les blogs, mais Spencer, oui. Donc, depuis maintenant 33 ans, Spencer et Christy collectionnent les données satellitaires et les corrigent - car il y a aussi des sources d'erreurs dans ces mesures - pour en tirer les évolutions des températures atmosphériques (et notamment de la basse troposphère, càd où nous vivons). Evidemment, comme ces mesures contredisaient les assertions des modeleurs du GIEC, il s'en est suivi une controverse assez dure, mais Christy (avec Spencer) est ferme sur ses conclusions.

Sur ces 33 ans, la température atmosphérique totale moyenne a augmenté de 0,45°C. L'Antarctique s'est refroidi de 0,16°C en moyenne, mais de beaucoup plus au sud de la baie de McKenzie. L'Arctique, lui, s'est nettement réchauffé (1,75°C).

Inutile de dire que ces données sont irreproductibles par les modèles atmosphériques habituels, ce qui, selon Spencer et Christy, prouve leur inadéquation au moins relative : "Les modèles climatiques reproduisent certains aspects météorologiques assez raisonnablement, mais doivent encore démontrer leur capacité de prédire les changements climatiques dans les hautes couches aériennes", déclare Christy, et cette critique bien modérée est encore beaucoup trop pour ceux qui veulent à tout prix faire taire la moindre opposition. On a évidemment passé au crible leurs sources de financement, car chacun sait évidemment que les contradicteurs du GIEC sont tous soit des illuminés, soit des pantins de l'extrême droite largement arrosés par les barons du pétrole ; en vain : voici encore deux chercheurs honnêtes...

 

 

 

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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 23:22

Très beau titre, qui fait pendant à "Zero: The Biography of a Dangerous Idea" que je vous recommande sans restriction.

 

J'aime beaucoup Cronenberg, ses Fly, Crash, Spider, ExistenZ, etc. C'est vrai qu'il s'est assagi avec Paranoid Park et surtout Eastern Promises, qui deviennent peu à peu mainstream.

 

"A Dangerous Method", comme vous le savez sans doute, est un film consacré - dit-on- à la confrontation entre Jung et Freud. Sauf que ce n'est pas du tout ça. On a droit pendant deux heures à des discussions interminables entre Freud, Jung, Emma (Jung) et Sabina Spielrein. Le tout enveloppé dans des dialogues du genre "Psychanalyse pour les Nuls". On parle, on parle, on parle, et on n'arrive nulle part. Freud est - correctement à mon avis - obsédé non seulement par son point de vue sexuel où tout, tout, tout est centré sur le zizi, mais où il se bat pour faire triompher un point de vue scientiste (eh oui !) contre Jung qui se débat pour faire entrer le chamanisme, l'EPR ou toute autre crétinerie dans le discours de la psychanalyse qui se développe dans le début des années 1900.

Je n'entrerai pas dans la querelle, mais à mon point de vue Jung était un mystique quelque peu dérangé et Freud un scientifique raté, un amateur d'art intelligent mais dévoyé (dans le sens réel du terme). J'ai beaucoup de considération pour lui (malgré Ernest Jones) car, contrairement à ce que ses critiques haineux ont dit, il n'a jamais désavoué ses prédécesseurs dans le domaine de l'inconscient, bien au contraire. Son meilleur critique, à mon point de vue, est évidemment Van Rillaer, qui est ouvert, intelligent et bien intentionné. Je persiste à dire qu'il est un poète et que ses observations (hors théorisations) sur les actes manqués, sur le "retour du refoulé", et sur l'instinct de Mort (avec l'aide justement de Spielrein !) sont à prendre en considération, même s'il ne faut pas les prendre au pied de la lettre. Un poète, sans doute, un artiste, et j'ai beaucoup à partager avec Cronenberg quand Freud insiste qu'il se place du côté de la science - on le trouve (passim) dans ses écrits.

 

Mais je m'égare. Il s'agit ici d'un film. Et, une fois de plus, je suis à cran quand je vois "basé sur une histoire réelle". Alors quoi ? Pas moyen de créer ? On doit se baser sur ? Quel manque d'imagination ! Qu'est-ce qu'un film ? Une histoire, bien, on le sait. Mais ici ça parle, ça parle, ça parle... Pour dire des phrases que tout un chacun a entendues lors de sa première connaissance avec le vocabulaire psychanalytique...

 

Et puis, que dire d'une photo léchée, d'un très beau cinéma ultra-classique, académique ? Sabina en faisant des tonnes, ça, par contre, c'est pénible... Bien sûr, le bureau de Sigmund est reconstitué avec un luxe de détails infini et même (paraît-il) le 19 Berggasse avec son escalier, sans compter ses six filles et son éternel cigare qu'il devrait conserver même dans son bain pour faire plaisir aux cognoscenti qui savent comment il est mort...

 

Vu ce soir avec trois psychanalystes, deux pour, une contre !

Gute Shabbes, comme aurait dit Freud, qui, dans le film, n'a pas peur de contraster le point de vue de Juifs et de Protestants

 

Cela dit, pour avoir un meilleur point de vue sur un cas de grand névrosé - sinon de psychotique - allez voir Shame. J'avais peur de voir un film quelque peu prétentieux mais ce n'est pas du tout (enfin, quasiment pas) le cas. La séquence de course de Brandon dans un New York bleu est à elle seule époustouflante et un panorama de ma ville adorée.

 

 

 

 

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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 23:22

Je regardais récemment "L'Amérique en guerre", avec les films, admettons-le, de propagande de Capra et Litvak entre autres - qui savaient de quoi ils parlaient. Après Apocalypse, on peut toujours se demander pourquoi ces Allemands, le peuple le plus intelligent du Monde comme certains le décrivaient, ont pu tomber d'accord avec ces effroyables pantins qu'étaient le misérable Hitler, le cocaïnomane et obèse (mais assez bon connaisseur d'art - tant et même s'il n'était pas entarttete) Göring, le sinistre et froid Göbbels, le bouffon Hess et tutti quanti.

Je ne comprends pas.

Les amis Allemands que j'ai fréquentés m'ont toujours semblé aimables, éduqués (ça va de soi), pacifiques, parfaitement quelconques. Qu'avait fait leurs parents ? Comment en était-on arrivé là ? Le Traité de Versailles expliquait donc tout ? Pour moi, cela reste un mystère, même provenant d'une famille extrêmement germanophobe, mais je me suis soigné.

Je ne sais pas, et je ne suis pas Juif.

Mais même de nombreux amis Juifs aussi ne comprennent pas mieux que moi.

Je ne comprends pas.

Mon frère, bien plus âgé que moi, a fait partie des FFI. Comme mes parents, il a été incarcéré à la prison de Saint-Gilles et tous les trois ont échappé par miracle à la déportation.

Je ne comprends pas.

Je vous ai parlé récemment d'un livre de Marie Bruyns sur l'engagement humanitaire, et dans la foulée, on m'a parlé d'un témoignage d'une autre compatriote (je n'en tire nulle gloire...) qui décrit la vie d'une adolescente pendant la guerre (oui, la "dernière"...) : "Beyond the Ouija Board" , c'est en anglais (elle a émigré aux USA dans les années '40). Une tranche de vie, dira-t-on... Passionnant ! Et un tout petit peu dérangeant...

Je le recommande !

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Published by cdc - dans politique
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28 décembre 2011 3 28 /12 /décembre /2011 23:38

Vous connaissez tous sans doute les aventures des cadeaux de Noël qui finissent le lendemain sur e-Bay, mais heureusement j'ai la chance d'avoir une famille et surtout belle-famille (mais je n'entrerai pas trop dans des confidences personnelles) qui connaissent nos goûts, aussi n'ai-je pas été trop étonné de recevoir ce 24 un livre inconnu d'une maison d'édition tout aussi inconnue (de moi) et qui s'intitulait, vous l'aurez deviné, "Le rire de Schéhérazade". Il se fait que notre fille cadette porte le même prénom (entre autres), et je pensais donc qu'il s'agissait d'une aimable plaisanterie, d'un clin d'oeil familial ; à y regarder de plus près, sur la 4e de couverture, on découvrait qu'il s'agissait de récits de voyage d'une compatriote (Belge, donc) gynécologue de son état et expatriée humanitaire lors de nombreuses campagnes, notamment auprès de MdM.

J'ai commencé le livre le 25 - je ne dirais pas au matin... - et je n'ai pas pu l'abandonner, lu, avant tard le soir. Prodigieuse conteur (on devrait dire "contrice" ? ou "conteuse" ?), Marie Bruyns (c'est le nom ou le pseudo de l'auteur) nous promène de l'Afghanistan au Congo et un peu partout ailleurs, dans un trip tendre et indigné, centré évidemment sur le sort des femmes dans des pays qui ne les ménagent pas - mais pas seulement. Ce n'est pas du tout un "coup de gueule", mais une chronique pointilliste et pleine de, j'ose le dire, générosité. D'une gynécologue qui ne craint pas de se définir comme scientifique. J'aime ça.

 

Marie Bruyns, Le rire de Schéhérazade, Couleur livres (coll. je), www.couleurlivres.be. Je vous le recommande chaudement.

 

Sur ce, je pars dans le Vercors et la Provence et vous souhaite une très belle année 2012 !

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Published by cdc - dans littérature
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