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6 mars 2012 2 06 /03 /mars /2012 21:17

Dans ses derniers commentaires, Bob me renvoie quelques quelques références intéressantes (qu'il en soit remercié !), dont un ancien post d'Eviv Bulgroz (qui semble hélas avoir disparu des écrans radar). Post assez ancien (fin 2009) concernant le Climategate I et auquel j'avais répondu de manière assez naïve (j'étais en pleine découverte de la problématique et je ne concevais pas qu'un chercheur comme Lindzen fût parfaitement inconnu de la Presse francophone). Mention spéciale pour un certain Thierry avançant que : "Il est raisonnable, avant toute mesure de température, de considérer qu’il existe un réchauffement anthropique". Inutile de dire qu'EB démolit à juste titre une phrase aussi absurde ; "avant toute mesure" ! Un chrétien fondamentaliste pourrait aussi bien dire "il est raisonnable, avant toute constatation, de considérer qu'il existe des anges gardiens". Il faut dire que ledit Thierry en sort de lourdes... J'ai moi-même fait un doctorat sur la modélisation des orbitales moléculaires (à l'époque, pour ceux qui s'en souviennent, c'était LCAO-SCF suivant la méthode PPP) ; c'était très joli, ça prenait des nuits entières de calcul sur un 7040, et ça faisait rigoler certains miens collègues qui réalisaient des synthèses en extrapolant un Grignard et me demandant si mes modèles avaient prévu ça. J'étais vexé, mais j'étais jeune. Depuis, j'ai pris une certaine distance avec la modélisation, qui peut être très utile, mais qui, bien évidemment ne peut pas entrer en contradiction avec les data, data, data... Je répète la phrase célèbre : donnez-moi trente paramètres et je vous fait un éléphant, donnez-m'en trente et un et je lui fais remuer la trompe. Peu importent les leçons d'épistémologie (et je reconnais que ledit Thierry en soulève - peut-être sans le savoir - de très importants ; si je dis "sans le savoir" c'est qu'il semble considérer les problèmes résolus). Revenons à l'éthique, d'abord la fureur de Foucart contre les rascals ayant publié les e-mails ultra-secrets de chercheurs affiliés au GIEC mais conduisant leurs recherches avec des fonds publics et devant répondre aux FOIA (Freedom Of Information Acts), demandes de publication des données sur lesquelles ils fondent leurs publications. Il ressort du Climategate I que ces chercheurs ont totalement subverti des procédures pourtant indispensables à leur profession. Pour autant, la publication de ces e-mails est-elle admissible ? En droit, peut-être pas, je l'ignore, n'étant pas juriste, et c'est peut-être ce qui a motivé une réaction musclée des services de police (et même semble-t-il des services spéciaux britanniques) dans le cas du Climategate I et plus encore du Climategate II - demandez-le à TallBloke qui s'est fait saisir son matériel informatique. En ce qui me concerne, et bien que je sois plutôt du côté libertarien, je ne pourrais absolument pas accepter que mon courrier privé soit publié, mais je suis totalement conscient que mes courriers sur serveur de mon employeur ou mon compte Facebook sont hackables sans merci. Tant pis pour moi si je m'y révèle, le Net est un dadzibao, et ce n'est pas pour rien que ce soit un "Wall" sur Facebook. Nous en venons donc tout doucement à Gleick et The Heartland Institute. On trouvera ici : http://wattsupwiththat.com/2012/02/23/peter-gleick-debate-invitation-email-thread/ l'invitation faite à Gleick de venir soutenir son point de vue - tous frais payés, of course - devant ledit Heartland, ainsi que son refus pour la raison que l'Institut ne publiait pas (en fait *plus*) la liste de ses donateurs. La réponse de Heartland me semble très raisonnable - en tant moi-même que donateur à certaines associations, je préfère rester anonyme. Mais voilà, Gleick n'a pas apprécié et il a envoyé un petit mail au Heartland en se faisant passer pour un administrateur et en leur demandant d'inscrire son *autre* adresse dans la mailing list. Ce que le Heartland, une entité ultra-secrète regroupant tous les X-men décidés à subvertir le monde, a exaucé immédiatement. Rien n'oblige le Heartland à publier la liste de ses donateurs, et je comprends très bien pourquoi. Huet, Foucart et al. se sont-ils scandalisés de cette usurpation d'identité ? Pas que je sache. Moi, par contre, je m'en réjouis parce que la baudruche a été complètement crevée : le Heartland est un tout petit organisme, naïf (évident !), à petit budget (moins de 5 M$/an, pour tous les projets ! voir les budgets des groupies du GIEC), et sans rien des gros pétroliers, charbonniers etc.. Deux poids, deux mesures évidemment, et Judith Curry (Hiss, hiss, la traîtresse) a montré comme il ne fallait même pas assumer une fausse identité pour entrer dans les ultra-secrets du Heartland, une organisation complaisamment décrite par Foucart comme "proche du Tea Party", ce qui est une condamnation définitive. Je n'ai aucune sympathie pour le Tea Party, mais il est de fait que ma tasse de thé est plutôt, comme je l'ai dit souvent, du côté des libertariens, pourvu qu'ils ne soient pas sectaires (si, si, ça arrive). Bah, mieux vaut en rire ! Comme le disait si bien Reiser, nous vivons une époque formidable ! P.S. n'oublions pas que Gleick était président du Comité d'éthique de l'American Geophysical Union ! Il a présenté de grandes excuses mais il a bien sûr été absous par ses groupies genre Kempfoucart - un héros, on vous dit ! Très bel article de Peter Foster : http://opinion.financialpost.com/2012/03/06/peter-foster-fakegate-latest-climate-clash/

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5 mars 2012 1 05 /03 /mars /2012 12:00

Pas inerte comme les gaz dits "nobles" (néon, argon, etc) qui sont effectivement très peu réactifs), mais tout de même assez inerte pour avoir un cycle atmosphérique d'une centaine d'années, par opposition à la vapeur d'eau ou au méthane, par exemple, GES bien plus puissants que le CO2 mais à turnover beaucoup plus rapide. Le CO2 est absorbé (et rejeté en cycle normal) par la végétation, absorbé par les océans, émis par les volcans, les Hommes, etc. De beaux diagrammes illustrent ce cycle et insistent à l'envi sur les rejets humains, les modèles de circulation atmosphérique sont calés dessus et n'hésitent pas à prévoir une augmentation de 6°C en cas de doublement du taux actuel de CO2. Les critiques grassement payés par le Heartland Institute font remarquer que ces modèles simplistes passent sous silence plusieurs mécanismes de rétroaction, principalement les nuages, mais pas seulement. Nature Climate Change, un journal qui n'est pas précisément payé par les pétroliers, publie dans son numéro de mars un article très étonnant : figurez-vous que ces modèles n'incluent pas non plus l'action du CO2 dans l'érosion rocheuse. C'est simple : plus chaud, donc plus humide. Plus humide, donc plus de pluie. La pluie dissout évidemment le CO2 atmosphérique, devient acide (vous vous souvenez des "pluies acides" qui allaient mettre un terme à la vie sur toute la planète ?) et dissout les roches de surface, les carbonates formés s'écoulent dans les océans où ils s'accumulent, séquestrés pour des milliers d'années - voire bien plus. Quatre chercheurs de l'Université de Toulouse et un chercheur de l'Université de Bergen (Norvège) ont fait le calcul et arrivent à la conclusion (provisoire, évidemment - il n'y a jamais de "science établie", quoi qu'en disent les Pachauri ou autres GIEColâtres à la Kempfoucart) que la consommation de CO2 par ces processus pourrait augmenter de 50% avant 2100, au moins dans la région qu'ils ont étudiée. A propos, je mentionnais le malheureux Heartland Institute, dont Gleick a prouvé qu'il disposait d'un budget *global* parfaitement misérable face à ceux détenus par les énormes multinationales environnementales du type WWF ou GreenPeace dont le moins qu'on puisse dire est qu'elles sont complètement opaques. Et le seul document qui pourrait être incriminant n'a pas été obtenu (frauduleusement, mais ça ne me gêne pas vraiment) en copie authentique, mais anonymement par le courrier ! Sincèrement, qui va croire ça, à part évidemment Kempfoucartmonbiot et tutti quanti ? Source : http://www.nature.com/nclimate/journal/vaop/ncurrent/full/nclimate1419.html

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26 février 2012 7 26 /02 /février /2012 13:31

J'ai quitté l'Europe avec en cabine l'article du Monde dans lequel Stéphane Foucart pensait avoir définitivement discrédité les rascals de "climato-sceptiques" (que je m'acharne à appeler "climato-critiques", ou "GIECo-critiques"). Il est vrai qu'il était bien forcé de reconnaître que les affreux pétroliers n'apparaissaient pas dans la liste des contributeurs du Heartland Institute ; il est vrai aussi que les sommes mises en jeu étaient ridiculement faibles, le Heartland étant un think-tank aux moyens extrêmement modestes.

Depuis, le tuyau a lamentablement crevé, Peter Gleick (celui qui a lancé toute l'affaire) risque de gros ennuis judiciaires et le seul papier qui aurait pu incriminer le HI s'est révélé un faux grossier. Une bonne partie de la Presse US a haussé les épaules et passé l'affaire aux pertes et profits, qualifiant Gleick de naïf un peu con (au mieux !). Au passage, DeSmogBlog (qui a publié le petit poulet de Gleick) n'est pas très net : http://www.populartechnology.net/2011/04/truth-about-desmogblog.html

Allez, l'ami Gleick a bien mérité le titre d'America's Dumbest Criminal... http://climateaudit.org/2012/02/25/gleick-and-americas-dumbest-criminal/

Mais je me demande si tout cela est bien connu chez nous et si Foucart a pris la peine de mettre ses lecteurs au courant...

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25 février 2012 6 25 /02 /février /2012 20:21

500 ans de chaud et de froid en Europe. C'est un ouvrage passionnant d'Emmanuel Garnier sur ce sujet obvie. Bien sûr, Emmanuel Garnier est tout à fait politiquement correct, il assure plusieurs fois ne vouloir nullement mettre en doute les conclusions du GIEC, non, pas du tout. (*) Mais...
Mais, tout simplement, à y regarder de plus près, les déluges, les sécheresses, les canicules et les froidures extrêmes sont le lot de l'Europe, les glaciers ont reculé puis avancé, le "petit âge glaciaire" a fait grelotter nos ancêtres et le réchauffement de ces derniers temps a eu des hoquets divers et variés. J'ajouterai en passant que de nombreuses reconstructions climatiques (hors "tree-rings proxies") semblent bien montrer que notre réchauffement récent ne se limite pas à l'Europe, n'en déplaise à Mann et "hide the decline" consorts.
C'est chez Plon et ça ne coûte que 22 euros !
Et rassurez-vous, E. Garnier n'est ni un de mes pseudonymes, ni un mien ami...

(*) "La France n'a jamais connu une telle catastrophe !" déclare "le grand historien du climat français", Emmanue Le Roy Ladurie à propos de l'ouragan de décembre 1999. Et E. Garnier de préciser : "légitimes et compréhensibles, (c)es déclarations étaient fondées sur une réalité scientifique : la méconnaissance totale d'une histoire des catastrophes naturelles en France" (p. 73). Un peu plus loin (p. 79) : "Fondé sur le dépouillement de sources archivistiques, le verdict de l'histoire dément les propos de ceux qui, au lendemain de la catastrophe de décembre 1999, insistaient sur le caractère exceptionnel et nouveau des aléas venteux". On ne saurait mieux dire ni démentir en douce le "grand historien"...

(écrit sur iPad, je ne sais pas encore comment formater le texte...)

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15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 22:28

Un article très intéressant de notre cher Matt Ridley (en anglais). Voyez ici.

 

Oui, et réagissant à mon commentateur Sceptique who takes me to task en ne donnant pas au moins un résumé en français de l'article, et étant donné que je suis en pleins préparatifs de départ pour une semaine en Afrique du Sud et à Madagascar immédiatement suivie de 10 jours de ski à Val Gardena, je me contente de publier un très joli graphique piqué chez Matt Ridley (article cité) concernant l'évolution des températures du Groenland depuis une dizaine de milliers d'années. Edifiant.

 

temps.jpg

 

Je me permets aussi de citer un autre article sur le "fracking" (non traduit, hélas, j'ai trop peu de temps...). D'autre part, j'ai souscrit au projet d'Ann & Phelim. Voyez, et jugez.

 

Et enfin, étant donné un récent article fracassant du "Monde" sur l'affreuse collusion entre les "climato-sceptiques" et Big Oil, je me permets de demander à ceux qui me lisent à qui je dois m'adresser pour encaisser mon chèque Et à ce sujet, je m'en voudrais de ne pas citer notre Donna Laframboise (oui, d'accord, encore en anglais...) !

 

A vous lire...

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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 23:40

(P.S. j'ai ajouté un article de Pascal Bruckner à mon dernier post).

 

Avec le froid intense que nous venons de connaître (et qui est loin d'être fini apparemment dans certaines zones européennes) , il ne faudrait pas trop parler de "réchauffement global" ni d'économies d'énergie à tous ceux qui glaglatent. Bien sûr, on leur récitera que "le climat, ce n'est pas la météo", ce qui est absolument certain - sauf que, lors de la première moitié très chaude de l'hiver, c'étaient les mêmes qui sussurraient "vous voyez bien... Ne croyez pas ces négationnistes...". Bien sûr, négationnistes de la Shoah ou Truthers sceptiques du 9/11. Mais bien sûr aussi tous ces agnostiques ou sceptiques ou critiques sont grassement payés par Big Oil ou Big Coal.

 

Donc, panique au Monde, où on se rend compte que d'autres difficultés (dont celle de se chauffer) prennent le pas sur le "sauvetage de la Planète". Que faire ? Eh bien, publier un article selon lequel la température globale moyenne pourrait augmenter de 2 à 13°C d'ici à 2030 (ou était-ce 23°C d'ici à 2050 ? Je ne m'en souviens plus, mais peu importe). Waouw ! 13 degrés ! Là, le GIEC est enfoncé ! Notez que le facteur de feedback permettrait de passer à l'infini...

 

On veut donc nous faire croire que les modèles climatiques sont tellement précis qu'ils peuvent avoir une telle discrépance dans leurs prédictions ! Allons donc... Un tel article sonne le glas de la véracité de leurs auteurs. Thank You, Matt Ridley!

 

Mais la Commission européenne continue sur sa lancée... On ferme les yeux, on se bouche les oreilles, on ne discute plus : "Science is settled", comme si elle l'avait jamais été !

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12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 02:14

Ce terme connaît un succès inespéré et finit par désigner toute critique de l'Islam, qu'elle soit rationaliste, marxiste (opium etc.) ou tout simplement raciste (même si, évidemment, l'Islam n'est nullement à exister chez les "Arabes" et eux seulement. Je ne ferai pas l'injure à mes lecteurs de faire remarquer que l'Islam existe chez de très nombreux groupes ethniques, tout comme la Chrétienté ou le Bouddhisme, par exemple) et même délirante. Mais hélas, après les sinistres jongleries de Monsieur Chichah dernièrement à l'ULB, mon Alma Mater, on se demande si certains voudraient simplement étouffer toute critique tout comme chaque critique de la politique d'Israël devrait être la preuve d'un antisémitisme virulent. Mais n'oublions pas non plus que la grande masse des protestations et actions violentes contre des "actes blasphématoires" émanent actuellement de groupes intégristes chrétiens, comme l'a tout récemment montré l'affaire du spectacle de Castellucci au Singel d'Anvers, glorieusement revendiqué par des activistes écoeurants.

 

Je ne suis ni musulman ni chrétien, et je combattrai leurs volontés de faire plier la société à leurs croyances, de la même manière que, comme un Dawkins, je combattrai leurs points de vue "métaphysiques" (quoi que cela signifie). Un premier combat virulent, un autre discursif. Totalement mais nullement agressivement athée. Et la possibilité de discuter avec les musulmans est évidemment possible, il existe tout un courant critique dans l'Islam - provenant de musulmans ou de "sortis de l'Islam" avec qui il est très important de dialoguer. J'y pensais en feuilletant le "Dictionnaire du Coran" (éditeur Mohammad Ali-Amir Moezzi), d'un abord assez sévère, tout comme un de mes livres de chevet, "Les schismes dans l'Islam" d'Henri Laoust, d'un abord encore plus sévère mais passionnant. Et bien sûr mon maître Maxime Rodinson...

 

A lire, à lire :

 

Bruckner dans Libé : l’invention de l’ islamophobie.

Nous assistons à la fabrication planétaire d’un nouveau délit d’opinion, analogue à ce qui se faisait jadis dans l’Union soviétique contre les ennemis du peuple.

Forgé par les intégristes iraniens à la fin des années 70 pour contrer les féministes américaines, le terme d’«islamophobie», calqué sur celui de xénophobie, a pour but de faire de l’islam un objet intouchable sous peine d’être accusé de racisme. Cette création, digne des propagandes totalitaires, entretient une confusion délibérée entre une religion, système de piété spécifique, et les fidèles de toutes origines qui y adhèrent. Or une confession n’est pas une race, pas plus que ne l’est une idéologie séculière : l’islam, comme le christianisme, est révéré par des Arabes, des Africains, des Asiatiques, des Européens, de même que des hommes de tous pays sont ou ont été marxistes, libéraux, anarchistes. Jusqu’à preuve du contraire, on a le droit, dans un régime démocratique, de juger les religions mensongères et rétrogrades et de ne pas les aimer. Se méfier de l’islam comme on a pu en d’autres temps se méfier du catholicisme, juger inquiétant son prosélytisme agressif, sa prétention à la vérité unique, son penchant sacrificiel, c’est manifester un sentiment qu’on estimera légitime ou absurde, ce n’est pas faire preuve de racisme. Faut-il parler de «libéralophobie» ou de «socialistophobie» parce qu’on est contre le règne du marché ou la redistribution des richesses ? Ou faut-il rétablir le délit de blasphème, aboli en 1791 par la Révolution, comme le réclame chaque année l’Organisation de la conférence islamique ainsi qu’en France, en 2006, un député UMP, Jean-Marc Roubaud, soucieux de punir tout ce qui bafoue ou calomnie «les sentiments religieux d’une communauté ou d’un Etat quel qu’il soit». Le pari des sociétés ouvertes, c’est de concilier la coexistence pacifique des grandes croyances avec le droit à la libre expression. La liberté de culte est garantie et la liberté de critiquer les cultes également. Les Français, échaudés par des siècles de domination cléricale, souhaitent un affichage discret des croyances. Réclamer des droits séparés pour telle ou telle communauté, imposer de strictes limites à l’examen des dogmes nous ramènerait directement à l’Ancien Régime.

Le terme d’islamophobie remplit plusieurs fonctions : nier pour mieux la légitimer la réalité d’une offensive intégriste en Europe, attaquer la laïcité en l’assimilant à un nouveau fondamentalisme. Mais surtout faire taire les musulmans qui osent remettre le Coran en cause, en appellent à l’égalité entre les sexes, au droit à l’apostasie et aspirent à pratiquer paisiblement leur foi sans subir le diktat de doctrinaires ou de barbus. Il faut donc stigmatiser ces jeunes filles qui refusent le voile, souhaitent marcher sans honte, tête nue, dans la rue, foudroyer ces Français, ces Allemands, ces Anglais d’origine maghrébine, turque, africaine, algérienne qui réclament le droit à l’indifférence religieuse, le droit de ne pas croire en Dieu, de ne pas jeûner pendant le ramadan. Il faut les désigner, ces renégats, à la vindicte de leurs coreligionnaires, les faire taire pour bloquer tout espoir d’une mutation chez les fidèles du Prophète (en France et de façon révélatrice, c’est un «Collectif contre l’islamophobie» qui soutient juridiquement les femmes verbalisées pour port du voile intégral). Nous assistons à la fabrication planétaire d’un nouveau délit d’opinion, analogue à ce qui se faisait jadis dans l’Union soviétique contre les ennemis du peuple. Et ce avec l’onction des médias et des pouvoirs publics. Notre président lui-même, jamais en retard d’une bourde, n’a-t-il pas comparé l’islamophobie à l’antisémitisme ? L’erreur est tragique : le racisme s’attaque aux personnes en tant qu’elles sont coupables d’être ce qu’elles sont, le Noir, l’Arabe, le Juif, le Blanc. L’esprit critique, à l’inverse, porte sur les vérités révélées, les écritures toujours susceptibles d’exégèses, de transformations. Cette confusion a pour objet de déplacer la question religieuse du plan intellectuel au plan pénal, toute objection ou moquerie étant passible de poursuites.

Quant aux profanations de tombes, de lieux de culte, si elles relèvent évidemment des tribunaux, elles touchent dans leur immense majorité en France les cimetières ou églises chrétiennes. On s’en veut de le rappeler : de tous les monothéismes, c’est le christianisme qui est aujourd’hui le plus persécuté dans le monde, surtout dans les pays musulmans, Algérie, Irak, Egypte entre autres. Il est plus facile d’être musulman à Londres, New York ou Paris que protestant, catholique au Moyen-Orient ou en Afrique du Nord. Mais le vocable de «christianophobie» ne prend pas et c’est heureux. Imagine-t-on la Saint-Barthélemy condamnée par nos ancêtres sous l’angle de la discrimination plutôt que du fanatisme religieux ?

Il est des mots qui contribuent à infecter la langue, à en obscurcir le sens. «Islamophobie» fait partie de ces termes à bannir d’urgence du vocabulaire.

 

 

 

 

 

 

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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 23:38

Voilà un film annoncé avec éclat (au moins pour les amateurs) : Grand Prix de la semaine de la critique à Cannes et Grand Prix du festival de Deauville, bref, de beaux points pour un film incontestablement Indie du cinéma US, un peu comme Frozen River ou Winter Bones. Indie mais pas confidentiel pour autant : son box-office est excellent et ce soir, la salle était comble (une assez petite salle, pas le grand Eldorado, mais passe encore...).

 

Tout se passe dans une petite famille relativement américaine de l'Ohio (pas dans le Sud profond de Shotgun Stories du même réalisateur, Jeff Nichols) ; relativement américaine, en ce qu'elle n'est pas pour une fois middle class, mais ouvrière et upper lower class (comme certains personnages de Cassavetes - ici, le personnage de Curtis est contremaître). Pour une fois, le couple n'a pas ses deux enfants habituels mais une seule fille, profondément sourde de surcroît, d'où l'apprentissage de l'enfant et de ses parents à l'ALS (American Signing Language). Ce pourrait être un gimmick, un "truc" mais ça se révèle dans les dernières secondes du film. Il y a une toute petite scène du genre critique de l'Americana où Curtis se fait tancer de ne pas avoir été à l'église et où les personnes autour de la table devraient joindre les mains pour réciter le benedicite, mais c'est extrêmement fugace, juste un petit rappel.

 

Rien de frappant dans la mise en scène, dans le découpage, dans les cadrages. Certes, de belles images, parfois, mais très sèches, jamais léchées ni ultra-saturées comme celles des caméras numériques (Nichols, dans un entretien avec Les Cahiers, prend bien soin de se distancier du général plan large/plan moyen/plan serré, sans parler de l'habituel et affreux champ/contrechamp qui pouvait faire le bonheur et la magnificence des réalisateurs jusqu'à, disons, les années 60, sauf exceptions géniales). Du CGI, oui, pourquoi pas (les vols d'oiseaux, par exemple, très lourds au meilleur sens du terme).

 

Mais l'essentiel : où est Curtis ? D'où parle-t-il ? Un psychotique ou un medium ? Evidemment, la mediumnité, ce n'est pas mon truc - ni apparemment celui de Nichols. A-t'il entraîné sa famille dans son fantasme ? (ceci soutenu par MVdH, un ami avec lequel nous avons vu le film). Est-ce une parabole sur la société américaine comme le propose ma compagne C. (ce que récuse Nichols qui estime qu'il n'y a pas de solution de continuité entre les USA et le reste du monde) ? Et si c'était simplement une immense psychose imposée par - justement - notre psuchè sur la "Nature" où nous voulons voir cet ultime cataclysme : le Dernier Orage à trois trombes, improbable et même impossible (*) ? A force de nous concentrer sur la catastrophe, ne la créons-nous pas ? 

 

Je ne pense vraiment pas que ce soit le propos du réalisateur, mais mais mais... sait-on jamais ?

 

 (*) en fait, non, ça existe et ça c'est passé à Oklahama City cette année 2013, voir chez WUWT 

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1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 16:55

C'était le titre d'un article du Monde il y a deux jours. Allègre récidive, comme tant de criminels, n'est-ce pas, car Allègre est un criminel, non ? J'aimerais que Kempf ou Foucart ou un autre cuistre ait le courage de l'écrire, et aussi qu'il est à la solde des pétroliers, noir sur blanc, et pas avec de petites insinuations.

 

Quoi qu'il en soit, Allègre récidive en signant un article dans le prestigieux Wall Street Journal, rubrique "opinion" ; ou plus exactement, le co-signe avec 15 scientifiques et ingénieurs, et non des moindres.

 

Cet article, intitulé "Pas de panique autour du réchauffement global" est évidemment central dans cette année d'élection à la Présidence des Etats-Unis. Il n'est pas réellement polémique mais ne retient pas ses coups, et revient notamment sur l'absence de réchauffement remarqué depuis une quinzaine d'années, absence que Trenberth reconnaît en privé dans un des mails du Climategate ; on sait aussi que cette absence a conduit les tenants du GIEC à éplucher toutes sortes de phénomènes "parasites" (ENSO, Soleil, aérosols...), dont soit dit en passant ils disaient de certains qu'ils ne jouaient aucun rôle dans la formation du climat, pour prouver que la température montait mais que c'était masqué... On pourrait dire aussi que c'est en fait un refroidissement masqué en allant chercher d'autres explications ad hoc... Alors, ils ont préféré passer du "réchauffement global" aux "dérangement climatique", de sorte que tout accident : sécheresse, pluviosité, hivers chauds ou froids, étés froids ou chauds, et pourquoi pas les tsunami et les tremblements de terre, tout ça soit la faute du CO2  anthropique. Bref, tout et son contraire. On constate un phénomène peu courant et on déclare : c'est la faute aux émissions des GES, tout en reconnaissant prudemment qu'on ne peut évidemment pas le prouver... Dans un système chaotique comme l'est notre atmosphère, pas étonnant !

 

L'article ne craint pas de comparer la situation à celle qui régnait en URSS pendant l'ère Lysenko - toutes proportions gardées, sans doute. Mais la position de l'APS (American Physical Society), jugeant le message du GIEC "incontrovertible", càd "irréfutable", "indéniable", est choquante et totalement non scientifique comme l'a fait savoir le Prix Nobel de physique Ivar Giaer en claquant la porte. "Pour l'APS on peut discuter du changement de la masse du proton avec le temps ou de la façon dont se comportent les multivers, mais le réchauffement global est indéniable ?". N'oublions pas que les Mann, Jones, Trenberth et consorts ont essayé (et partiellement réussi) de briser la carrière de certains de leurs contradicteurs.

 

Mais aussi, l'article a le courage de pointer du doigt la raison ultime pour laquelle si peu de chercheurs s'opposent au GIEC : l'argent, et pas celui des pétroliers (encore que...), celui des Etats, les contrats de recherche des institutions internationales, les financements des ONG qui clament qu'elles vont "sauver la planète"... Il mentionne aussi les travaux de Nordhaus et conclut un peu comme Lomborg et Ridley, puis s'adresse aux candidats à la Présidence (des USA, je vous rassure, ça ne leur viendrait pas à l'idée de s'adresser à Trublion Ier ni à Hollande) : Chaque candidat devrait appuyer des mesures rationnelles pour protéger et améliorer notre environnement, mais il est insensé de poursuivre des programmes coûteux qui détournent les ressources des vrais besoins et sont basés sur des affirmations alarmistes et absurdes d'indices "indéniables".

 

Inutile de dire que cet article a fait un tabac sur Facebook, Twitter etc. Sur le site du WSJ, on compte déjà 2612 commentaires...

 

Mais n'ayez crainte, aucun journal francophone européen ne  fera rien de tel... Tout ce que vous lirez à ce sujet (si vous lisez quelque chose !), ce sera un traitement par le mépris.

 

A propos, je ne dis plus "sceptique", je préfère "critique".

 

 

 

 

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25 janvier 2012 3 25 /01 /janvier /2012 11:42

Qui n'a pas entendu parler des prouesses du Danemark en matière d'énergies renouvelables ? De ses champs d'éoliennes ? De sa prospérité verte ? Voilà un pays qui est exportateur de pétrole, maintenant ! C'est-y pas beau, ça ?

 

C'est incontestablement très beau et c'est incontestablement très vrai que le Danemark exporte du pétrole. Par contre - et ça on le sait moins - c'est qu'il importe du charbon, et tout son charbon : environ 20% de ses besoins énergétiques sont couverts par le charbon (chiffres ici), et ce pourcentage est constant depuis de nombreuses années. Quant à son statut d'exportateur de pétrole, il n'a rien à voir avec quoi que ce soit de renouvelable mais tout simplement le Danemark comme la Norvège, se sont activement mis à la recherche de champs de gaz et de pétrole en Mer du Nord après le coup de massue de 1973.

 

Et certes, il y a beaucoup d'éoliennes au Danemark, qui tournent ou ne tournent pas, et c'est ça le problème, l'éternel problème. Quand elles ne tournent pas, on brûle du charbon, et quand elles tournent... elles produisent une électricité destinée aux pays voisins, Allemagne, Suède et Norvège, à prix cassé - alors que le consommateur danois paye une électricité parmi les plus chères d'Europe.

 

D'autre part, l'économie danoise est extrêmement dépendante du pétrole, même s'il n'est pas importé. Quant aux émissions de CO2, elles sont restées quasiment constantes depuis plus de 15 ans (en 2008, l'Agence européenne de l'environnement, dans son rapport sur le suivi du protocole de Kyoto, faisait remarquer qu'entre 1990 et 2006, les émissions de GES émises par le Danemark avaient augmenté de 2,1%).

 

Il ne me viendrait jamais à l'idée de critiquer nos amis Danois ni leur charmant pays (à part pour le prix prohibitif de leurs restaurants), mais le respect de la vérité est pour moi une exigence telle que je ne puis me taire...

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