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13 septembre 2012 4 13 /09 /septembre /2012 21:28

Lucien de Samosate, encore... et son Assemblée des dieux. Très joli dialogue entre Momos, la raillerie et le sarcasme, dont nous avons sans doute fait momerie, et Jupin. On rappelle qu'Asclepios, notre bon Esculape, fut brûlé par la foudre dudit Jupin pour avoir ressuscité les morts contre monnaie sonnante et trébuchante - un exemple de cupidité à méditer par nos affreux banquiers.

 

Le dialogue entre Momos et Jupin est d'une très grande drôlerie, raillant Zeus séduisant Europe ou Danaé, et bien sûr Ganymède - ce dernier attirant une sèche réplique du divin Jupin...

 

Bref, Momos se moque terriblement de Jupiter le Terrible et des divinités égyptiennes (dont les provinces rapportaient pas mal de talents (*) et de sercestes à l'Empire romain).

 

Et puis voici la conclusion :

 

"Attendu que beaucoup d'étrangers, non seulement Grecs mais encore Barbares, qui n'ont aucun titre à partager notre nationalité, ayant obtenu de faux papiers dieu sait comment et s'étant fait passer pour dieux, ont rempli le ciel au point que notre salle de banquet est encombrée d'une foule turbulente d'individus parlant toutes sortes de langues et d'un ramassis d'humains, qu'il y a pénurie d'amboisie et de nectar [...]".

 

Maheureusement, la péroraison de Momos est tout de même assez ambiguë. Se moque-t-il ? Ambigu est-il, lui, Lucien...

 

Références : Lucien, Histoire vraies, Classiques de Poche, traduction Guy Lacaze ((2003). Pour une très belle anthologie de la mythologie (très ancienne, mais qui reste passionnante,) le Dictionnaire  de William Smith, traduit par N. Theil (1884). Il y a bien sûr des sources plus actuelles, mais celui-ci reste un bon début.

 

En ce qui concerne Rome, il y a tant de références ! Les classiques, comme Mommsen, Carcopino (eh oui !) ou Syme ; les plus récents, comme Jerphagnon, Veyne ou Rouland.

 

Tant à lire, tant à digérer... Quel plaisir (si j'ose dire..) de prendre de l'air par rapport à une "Histoire romaine" qui nous avait été serinée par nos profs de latin qui nous caviardaient cette histoire, qui nous exaltaient Cicéron (cedant arma togae), le pôvre, sans nous avoir vraiment averti qu'il avait été consul, sans nous avoir cruellement dit qu'il avait été victime - mains êt tête coupées - dans près de deux siècles de guerres internes.

 

Je ne m'égare pas : les élections aux Pays-Bas ont écrasé à la fois l'extrême-droite et à l'extrême-gauche, toutes deux anti-européennes. Pas mal...

 

(*) Petite note pour avoir une idée de ce que ces "talents" ou "sersteces" pourraient valoir : selon le traducteur, Guy Lacaze, un talent athénien de l'époque classique valait vingt-six kilogs, six mille drachmes soit quinze mille euros - très approximativement, évidemment. C'est tout de même plus facile que de compter en francs-or Poincaré... Le serstece, romain, vaudrait quelque chose comme (selon l'époque) entre 5 et moins d'un Euro (voir un très joli article ici).

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11 septembre 2012 2 11 /09 /septembre /2012 21:09

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J'avais promis d'en parler, et pour une fois je tiens mes promesses...

 

Lucien de Samosate, quelque peu Syrien donc (encore que ce genre de déterminisme géographique soit très douteux) est né en Cappadoce vers 120 de notre ère. La Cappadoce, c'est le Sud-Ouest de la Turquie actuelle pour ceux qui l'ignoreraient, c'est Nemrud Dag et ses extraordinaires statues d'Antiochos Ier, roi de Commagène, avec sa titulature en grec. Car à l'époque on parlait grec un peu partout dans l'Empire romain, et même si Lucien semble avoir voulu faire croire que sa langue originelle était "barbare" (en fait l'araméen), il est plus que probable qu'il était hellénophone "commun" ayant évolué vers un atticisme classique. Pour qui veut mieux connaître la situation de l'époque, il faut lire l'ouvrage (un peu farine à la cuiller à soupe mais très érudit) de Maurice Sartre,  D'Alexandre à Zénobie.

 

Lucien a joui d'un grand succès après sa mort, et bien au-delà. C'était un grand sceptique qui a traversé les siècles jusqu'à Voltaire et Renan (sans parler de Cyrano de Bergerac et de son voyage dans la Lune), méchant (voir son article sur la mort du pauvre Peregrinos), joyeux, belliqueux et polémique. Il détestait les "croyants" et les superstitieux, y compris... les chrétiens dont on commençait à parler à l'époque. Fort intéressant. Lucien parle d'eux en parlant de leur "synagogue", ce qui fait tiquer certains commentateurs même modernes. Et pourtant... Et pourtant ce n'est qu'à son époque que les "Chrétiens" se sont définitivement séparés des Juifs qu'ils étaient auparavant. Le grand schisme chrétien était encore assez jeune pour que les non-spécialistes n'y voient que du feu, ce qui, d'autre part, prouve bien que la propagande chrétienne au sujet des "persécutions" doive être prise avec plus qu'un grain de sel. Aucune haine envers ces gens qui ne sont qu'au moins aussi stupides que ceux qui croient aux fariboles jupitériennes. Jupin n'est pas plus intéressant qu'un quelconque crucifié.

 

Et Lucien est mort de sa "belle mort". Un anar comme lui - un vrai Epicurien, le seul genre de philosophie qu'il ne détestait pas, à la différence de la belle pensée stoïcienne romaine - ne lui a pas valu de réel problème (on était au temps d'Antonin le Pieux, et à ce sujet, je ne puis que vous encourager à voir le dernier film de Quentin Dupieux, "Wrong", faisant suite à son génial "Rubber". Mais je m'emporte).

 

Comme je le disais, c'est Lucien Jerphagnon qui m'a fait revivre en quelques lignes enthousiastes ce merveilleux polémiste. J'avais évidemment lu son contemporain, Apulée et son  Ane d'or qui est bien mieux connu, mais ces aventures picaresques cachant une révélation mystique n'ont rien à voir avec le chaud rationaliste qu'est Lucien !

 

 

 

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10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 15:51

Y2K

"C'est comme si la Nature se dressait face à l'homme et lui disait du haut de ses rouleaux déferlants de vingt mètres : 'Tu as voulu dissimuler le mal qui t'habite en l'assimilant à ma violence. Mais ma violence est pure, en-deçà de tes catégories de bien et de mal. Je te punis en prenant au mot l'assimulation que tu as faite entre tes instruments de mort et ma force immaculée. Péris donc par le tsunami !' ".

 

Cette prosopopée amphigourique au style supposé "noble" (on dit "Péris donc" et non "Crève, salope") est l'oeuvre d'un certain Jean-Pierre Dupuy qui eut les honneurs du Monde (20-21 mars 2011). Inutile de relever la complète crétinerie d'un personnage (la "Nature") axiologiquement neutre - et même agnostique, mais qui "punit" - on ne sait d'ailleurs pas trop bien de quoi. Il s'agit en fait d'une vieille tentative de rejeter la catastrophe sur les péchés humains, c'est vieux comme le monde et ça marche toujours. En somme le Dupuy utilise les mêmes méthodes que les prêcheurs cathodiques américains qui expliquent Katrina ou Isaac par l'ouverture d'une boîte de strip-tease ou le mariage homosexuel ; pour l'un c'est les dieux, pour l'autre la nature courroucée, et on connaît Deus sive Natura (*).

 

Je relisait ces âneries dans Le fanatisme de l'Apocalypse de Bruckner, où j'étais aussi tombé sur une autre perle rigolote, à la page 99, les 183 fins du Monde annoncées depuis Nostradamus, dont celle mettant en branle le fameux bug de l'an 2000, agitée par un philosophe fameux et fumeux, Paul Virilio, digne émule des Illich et consorts. Plus exactement, les tenants de cette fameuse et fumeuse appréciation parlaient de la fin du Monde tel que nous le connaissons, (T)EOTWAWKI  (The) End Of The World As We Know It. Pour paraphraser Houellebecq (**), Virilio est incompétent, c'est un fait, mais il en a vu d'autres. C'est un professionnel. On ne peut lui en vouloir (à Virilio) d'avoir écouté les prophètes du malheur de l'époque, et même ceux qui auraient dû savoir de quoi il retournait. Très ironiquement, on retrouve les mêmes "arguments", les mêmes mèmes, les mêmes expressions que nous servent aujourd'hui les catastrophistes du climat et/ou de l'économie : nightmare scenario, folly, greed and denial (voir ici l'article de Donna). Un journaliste pourtant bien coté, Robert Sam Anson n'a pas eu peur d'écrire que le Y2K bug pourrait provoquer la mort de 10 à 300 millions de personnes dans des nations "vulnérables", sans compter les procès civils qui, dans un pays comme les USA, coûteraient quelque chose comme mille milliards de dollars ; d'après lui (écrivant en 1999), l'Asie serait bientôt un burnt toast... Désastre annoncé, récession, conséquences effroyables, tout ça était à prévoir, et, comme il est de tradition dans le pays, de nombreux (je m'entends) Amerloques ont fait le plein de vivres, d'eau, d'armes et de munitions pour aller dans les forêts attendre l'Armageddon qui ne tarderait pas. Chris Dodd, sénateur démocrate du Connecticut avait bien prévenu son peuple : le 1er janvier 2001, ne soyez ni dans un ascenseur, ni dans un avion, ni à l'hôpital (et je me dois de dire que c'était le même sénateur qui en 2007 et 2008 agitait les mêmes frayeurs à propos du changement climatique, mais j'admets qu'on ne puisse se tromper qu'une fois dans sa vie, et je ne connais pas bien la biographie de ce monsieur).

 

On a vu. Plus exactement, on n'a rien vu.

 

Pardon, si, on a vu ; on a vu pas mal de gourous de secours (expression chouettement inventée si je ne me trompe par Michel de Pracontal) faire de lucratives conférences comme Peter de Jager ou Ed Yourdon qui se sont mis des millions de dollars en poche (oui, des millions de dollars, je n'exagère pas). Je ne connaissais pas de Jager, mais je connaissais bien Ed Yourdon, lui aussi parfaitement incompétent et parfaitement professionnel. Ses livres et son "Ed Yourdon Academy" faisaient venir le rouge aux joues des professionnels compétents. C'était de la viande de cochon. Et je dois reconnaître qu'en cette époque de Y2K et de passage à l'Euro, les informaticiens ont bien fait leur beurre...

 

Et qu'on ne me vienne pas seriner "Oui mais c'est grâce à eux, etc". FAUX. Je suis très bien placé pour savoir que de nombreux programmes et modules ne considéraient que les deux derniers chiffres des années - et aussi que certains avaient "oublié" que les années bissextiles ne se comptaient pas seulement (non solum sed etiam) en 4 ans mais aussi en périodes de 400 ans. Mais les bons analystes et les bons programmeurs en avaient déjà tenu compte. Certes, il y avait tout un souterrain de modules inconnus (comme, désolé de le dire, il y en a plein dans les modèles mathématiques faisant la vedette du GIEC, modèles ayant été développés depuis des décennies, sans aucun audit de validité. Dijkstra, Wirth, venez à notre aide !). Et grâce à leurs mânes, les ascenseurs et les avions ne se sont pas écrasés et les patients des hôpitaux sont restés vivants... On s'est mis au travail en sachant de quoi il s'agissait.

 

Pschitttt...

 

Cela dit, je découvre Lucien de Samosate grâce au merveilleux Lucien Jerphagnon, et c'est passionnant... Un sceptique au 2e siècle...

J'en parlerai, un jour, c'est merveilleux - c'est lui qui, à ma connaissance, a inventé l'histoire de l'apprenti-sorcier pour s'en moquer. Superbe ! Lisez-le !

 

(*) pour être exact, il faudrait écrire Deum sive Naturam, mais ce serait être pédant. Après tout, je déteste lire "les scenarii plutôt que le bon "scénarios"... Chacun a ses idées fixes !

 

(**) Extension du domaine de la lutte

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3 septembre 2012 1 03 /09 /septembre /2012 12:48

Et c'est reparti pour un tour... Il y a quelques jours, on n'entendait que ça à la radio, Isaac est devenu un ouragan, la Nouvelle Orléans menacée, une catastrophe potentielle !

 

Pschittttt...

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31 août 2012 5 31 /08 /août /2012 21:41

Ma mère était très heureuse de naître cent ans après Victor Hugo, "Ce siècle avait deux ans"... Elle avait connu les premières automobiles, la radio, la télévision, l'aviation, bref, tout le vingtième siècle - et, oui, deux guerres mondiales parfaitement éprouvantes, mais qui n'avaient pas réussi à lui saper le moral. Elle était philonéiste, amoureuse de ce qu'on appelait à l'époque le progrès, terme à présent déconsidéré par tant de monde.

 

Je me souviens de cette soirée du 20 juillet 1969 chez ceux qui allaient être mes beaux-parents, où nous avions regardé à la télé les premières images des premiers pas sur la Lune. Nous étions tous haletants, accrochés à cet événement qui nous semblait fantastique. Ma mère, et je m'en souviens très bien, avait dit alors qu'elle avait "tout vu" et qu'elle pourrait mourir en paix... (ce qui, heureusement, n'est arrivé que beaucoup plus tard, mais sans qu'elle puisse connaître le Net qui l'aurait comblée de joie).

 

En juillet 1999, trente ans après ce "petit pas pour un homme mais un bond pour l'humanité", Neil Armstrong se livre : " In my own view, the important achievement of Apollo was a demonstration that humanity is not forever chained to this planet, and our visions go rather further than that, and our opportunities are unlimited" : à mon point de vue, la réussite importante de la mission Apollo était une démonstration que l'humanité n'est pas d'être à jamais enchaînée sur cette planète, que nos espoirs vont un peu plus loin et que nos possibilités n'ont pas de limites.

 

Et puis il s'est tu, devenant simple prof d'ingéniérie à l'Université de Cincinnati, pas spécialement notable...

 

Il s'est tu sans doute parce que les missions Apollo, la quête de la Lune ou d'autres planètes n'étaient plus à l'ordre du jour. "Quoi ?" clament les bonnes âmes, "on se débat dans la pauvreté, la misère sur notre Terre, et on dépense des milliards pour - au choix : le LHC, Curiosity, ou tout autre projet "pharaonique" ". Même le Scientific American y est allé de sa sinistrose. Un rigide et frigide néo-malthusianisme se dessine comme idéologie dominante et acceptée par beaucoup. L'hymne au progrès de ma mère, celui qu'elle m'a légué, celui auquel je crois encore - bien que parfois un peu naïf, je l'admets - semble être quelque peu dévalorisé. Astenna chouïa, attends un peu, mon semblable, mon frère !

 

Et, pour nos lecteurs trop jeunes pour avoir connu la "conquête" de la Lune, je rappelle l'anecdote où Neil Armstrong aurait dit en se posant : "Good luck, Mr. Gorsky!". Cela pour raconter une anecdote selon laquelle la voisine des Armstrong aurait répondu à son mari en désignant le gamin "Oral sex? Oral sex? Why, you'll get it when this here boy walks on the Moon!".

 

Mais peut-être que nos très jeunes lecteurs ne devraient pas lire de tels propos...

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29 août 2012 3 29 /08 /août /2012 20:48

Nous étions à Madras en 1986, le jour de l'arrestation de Dutroux, et nous avions vu quelques manifestants devant je ne sais plus quel bâtiment, hôtel de ville ou commissariat, l'un d'eux renversant la barrière nadar et la relevant en s'excusant. Puis, dans un avion vers la Suède ou la Norvège, je ne sais plus trop, nous avions appris l'évasion rocambolesque du même Dutroux et sa recapture immédiate en nous disant : "on vit dans le pays du surréalisme, mais dieu merci pas dans un Etat policier".

 

Et donc, Michelle Martin, après 16 ans de détention a été remise en liberté avec une feuille de route examinée par le Tribunal d'application des peines et après plusieurs demandes refusées par icelui.

 

Elle a été accueillie dans un couvent par quelques dizaines d'excités dont certains criaient "A mort !", et dans les photos diffusées par la Presse il y a quelques jours à propos d'une marche de quelque 5.000 personnes, j'ai vu une manifestante arborant un panneau affirmant qu'elle (MM) était "Hors la loi". Il est vrai qu'un minable canard très populaire, la Dernière Heure, avait en grand titre dans son édition du dimanche de la manif' "Tous derrière Jean-Denis Lejeune !" (le père d'une fille assassinée par Dutroux pour ceux qui ne connaissent pas bien l'affaire), comme il avait précédemment titré "Tous derrière les Diables !" faisant référence à je ne sais trop quel match de football entre l'équipe nationale belge, les "Diables rouges" (qui apparemment se plantent même devant les Païtoulités d'Aurillac, mais là je m'avance un peu car je n'y connais pas grand'chose). On appréciera.

 

Grand merci, la notion de "hors-la-loi" n'existe plus dans nos provinces et pays. Et, merci encore, la justice ne dépend pas des victimes. Que les pères des victimes de Dutroux et consorts aient la haine au corps et désirent les écorcher vifs, comme je les comprends ! Mais l'Etat de droit, ce n'est pas ça. L'Etat de droit a le monopole de la violence (police) et de la justice. On écarte la vengeance, même si l'on comprend ceux qui ont souffert et veulent se venger. Ce n'est pas le rôle de l'Etat, du peuple, finalement.

 

Certes, je suis très mitigé à l'égard du rôle correcteur des peines d'emprisonnement, et ça me fait toujours un peu grincer des dents de voir certaines prisons aux USA se nommer Correctional Facilities en y détenant des prisonniers enchaînés jusqu'au cou... Mais nous n'y sommes pas là et nous gardons un espoir que la plupart (la plupart...) des détenus peuvent trouver un autre avenir.

 

Evidemment, notre cher Georges-Henri Beauthier la rameute et veut aller jusqu'à Strasbourg pour faire entendre la voix des victimes. S'il était l'avocat de Dutroux, il aurait évidemment un tout autre discours, mais il est là dans son rôle, c'est normal. Je serais très étonné que Strasbourg le suive, car la Justice ne peut être privée, ce serait un retour en arrière épouvantable. Au pénal, le pénal, au civil, le civil.

 

Et le plus infect, c'est l'exploitation de l'émotion par certains politiciens (pas "politiques", simplement "politiciens") qui surfent sur la vague - désolé pour le cliché - des élections prochaines.

 

Et bien évidemment aussi, il ne me viendrait pas à l'idée de me joindre à un appel pour dire à cette Michelle Martin "Nous sommes à vos côtés". Je ne suis certainement pas "à ses côtés". Je suis aux côtés de la Justice et de l'Etat de droit, tout simplement.

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Published by cdc - dans politique
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23 août 2012 4 23 /08 /août /2012 16:32

On connaît la mauvaise réputation du PIB auprès - évidemment - des zécolos (comme le dit si bien Eric Le Boucher, où sont les ours polaires dans le PIB ?) mais aussi un peu partout dans l'opinion puisqu'on se délecte régulièrement à nous expliquer que la maladie et les accidents le font monter, et que c'est donc une mesure ridicule de la richesse et du bien-être, n'est-ce pas ?

 

Un haussement d'épaules : on devrait savoir que, comme le rappelle Stéphane Ménia, "le PIB, ce n'est pas la production, mais la valeur ajoutée globale. Ce qui signifie que pour chaque unité de production, sa contribution au PIB correspond à sa production moins ce qui a été consommé pour la réaliser (les consommations intermédiaires)" un peu comme la TVA, si je comprends bien, mais je ne comprends peut-être pas très bien. Le PIB sert à mesurer grosso modo la croissance économique (anathème pour les zécolos), c'est un outil comptable qui n'a pas et n'a jamais eu vocation à quantifier le bonheur (mais là, la référence est à la "Planète" qu'on n'a pas vraiment interrogée, du moins à ma connaissance). La richesse, peut-être, en PIB/tête de pipe, mais pas le bonheur. Les accidents y participent, tout comme la maladie, eh oui, ça fait vivre les carrossiers, les mécaniciens, les médecins et les entrepreneurs de pompes funèbres. Et il est faux de dire que les RFC ou les logiciels libres, par exemple, n'y participent pas, car ils multiplient l'offre et les produits dérivés.

 

Si vous vous demandez pourquoi j'évoque un tel marronnier, c'est tout simplement que je viens de lire un article intéressant de R. Pielke Jr. sur le sujet, relatant une étude allemande passant en revue les divers "indices de bonheur" du genre de ceux avec lesquels on nous bassine, et les comparant avec tout simplement le revenu par habitant - la métrique étant décrite dans le papier original des chercheurs (elle se base sur des statistiques publiées d'estimation de bonheur subjectif).

Une seule fait mieux que le revenu (ou PNB), c'est un certain "Better Life Index" de l'OCDE :

 

OECD. (2011). OECD better life initiative. Compendium of OECD well-being indicators.

 

  

 Et, donc, un très simple assessment comptable presque universellement détesté par les décroissants (et ici il est de tradition d'ajouter "au beurre") fait mieux que tous les autres indices sauf un ; pas mal pour la simplicité, non ?

 

 

 

 

 

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23 août 2012 4 23 /08 /août /2012 11:09
(Merci à Bob le Silencieux...)
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21 août 2012 2 21 /08 /août /2012 21:36

But not always so softly. Quand les nervis du WWF exécutent des braconniers, personne ne moufte. Mais quand on parle du "riz doré", on ne pense pas trop que quelque 500.000 bébés en Afrique et en Asie, chaque année, deviennent aveugles à cause d'une déficience en vitamine A, et que deux tiers d'entre eux meurent dans les mois qui suivent.

 

Il y a des possibilités de les sauver. La première est celle de leur donner du "riz doré", justement, et on vient de trouver une autre source de beta-carotène par un nouveau cultivar de patates douces (*). Fort bien. Pour ce qui est de l'Afrique, c'est sans doute une bonne solution. Mais pour qui connaît un peu les habitudes alimentaires asiatiques, la patate douce n'est pas une vraie solution : changer les habitudes alimentaires dans plusieurs continents n'est pas à l'ordre du jour (imaginez des moules au riz pour un Belge !). Car voilà : le riz doré est un abominable OGM ! Donc, ce ne peut être qu'une horreur à la Frankenstein ! Et peu importe si ça peut épargner la cécité et la mort précoce !

 

Et, bien entendu, GreenPeace et autres, joignant l'intox et le pur mensonge, ont voulu faire croire que ce riz doré était sans intérêt, qu'il fallait en consommer plus de 18 kg par jour pour être protégé...

 

Point du tout montre une étude publiée par Guangwen Tang de l'Université de Tufts (Boston) : American Journal of Clinical Nutrition, DOI:10:3945/acjn.111.030775).

 

La source de ce post se trouve dans le New Scientist du 18/8 où même eux dans un éditorial trouvent scandaleuse cette opposition à tous crins : "In light of this, opposition to Golden Rice increasingly looks like bullheadedness rooted in a desire to halt GM at any cost. There are reasons to be wary of GM promoted by big business. But tarring a humanitarian project with the same brush is dogmatic - and wrong".

 

Je ne saurais mieux dire, sauf dire plus : cela est, désolé de le dire, criminel.

 

(*) développé par HarvestPlus grâce au financement de la Fondation Bill et Melinda Gates, soit dit en passant. Une fois de plus, j'en profite pour dire que ce n'est pas Steve Jobs qui aurait fait ça...

 

 

 

 

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17 août 2012 5 17 /08 /août /2012 15:00

Associated Press release : par une volte-face inattendue, les quantités de dioxyde de carbone émis dans l'atmosphère aux USA on chuté considérablement à leur plus bas niveau depuis 20 ans, et le gouvernement explique que la raison principale en est la disponibilité de grandes quantités de gaz naturel bon marché, ce qui a conduit ne nombreux opérateurs de centrales à l'utiliser plutôt que du charbon plus polluant.

 

La plupart des climatologues connus n'avaient pas prévu cette chute, en grande partie parce qu'elle résulte des lois du marché et non par une action gouvernementale directe contre le dioxyde de carbone, un gaz à effet de serre qui retient la chaleur dans l'atmosphere.

 

Michael Mann, directeur de l' Earth System Science Center à la Penn State University, a déclaré que ce remplacement du charbon peut être la raison d'un "optimisme prudent" sur les manières d'envisager les remèdes au changement climatique. Il a aussi déclaré que cela démontrait qu'en fin de compte "les gens suivent l'avis de leur portefeuille" en ce qui concerne le réchauffement climatique.

 

"Il y a là une leçon très claire. Ceci démontre que si une source d'énergie propre devient moins chère, elle déplace les sources plus sales" déclare Roger Pielke Jr., un expert du climat à la la University of ColoradoI,

 

Dans un petit rapport passé inaperçu, la U.S. Energy Information Agency, un service de l'Energy Department, a déclaré ce mois-ci que les émissions totales de CO2 aux USA sur les cinq premiers mois sont retombées aux niveaux de 1992. L' Associated Press a joint des experts en environnement, des scientifiques et des opérateurs de centrales et virtuellement tous estimaient que ce changement pourrait avoir des conséquences à long terme majeures pour la politique énergétique des USA.

[...]

 

Pour rappel, non seulement le charbon est moins efficient que le gaz, mais il est vraiment sale, envoie du mercure, des oxydes de soufre et d'azote et plein d'autres polluants dans l'atmosphère.

 

Cela étant, les vrais  écolos genre WWF et Sierra Club n'ont pas accueilli la nouvelle avec plaisir, vous vous en doutez bien...

 

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