Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Syndication

  • Flux RSS des articles

Recherche

Catégories

Humeur !

Nucleardelinquent teen 150x200BioHockey%20Stick%20Jacket3 HandsOff-copie-1 

Belgique

Jeudi 3 février 2011 4 03 /02 /Fév /2011 21:53

Les Oscars - figurine emblème des Academy Awards - ont donc été fondés en 1929 au début de la grande crise afin de ramener le public au cinéma - ce n'était qu'un "Nickelodeon", un "opéra à deux balles". Même à cette époque, le cinéma n'était pas encore considéré par les gens sérieux comme un art à part entière.

 

J'ai peu connu mon grand-père maternel mais on m'a rapporté qu'après avoir vu un des tout premiers films de la fin du 19e siècle (et pourquoi pas l'arroseur arrosé ?) il avait eu cette sentence définitive : "ça n'a aucun avenir, c'est un divertissement pour hilotes", sauf qu'il le disait en flamand, car il était flamand. Et il avait décidé de ne plus jamais revoir ce genre de spectacle.

 

Mon grand-père paternel, par contre, pur Bruxellois de famille wallonne de descendance française, était fou de photographie ; il avait un appareil (qui trône sur ma cheminée), acajou, cuir et laiton, objectif "Photo-Hall - Paris - N°11.087", ainsi qu'un agrandisseur fonctionnant avec une lampe à huile (?) qui a disparu - je n'en ai qu'une photo. Il est mort en 1905, le pauvre, jeune et écrasé par une automobile ! Imaginez ! Bien, je dis ça pour faire un tombeau (comme le Tombeau de Couperin) à ma famille... On est tous restés à la photo et (contre-intuitivement) au cinéma, d'où le fait que notre fille cadette est cinéphile et photographe.

 

Donc, pourquoi je dis ça ?

 

Mais tout simplement parce que les Oscars ont essaimé, avec, en France, les Césars, et, en Belgique, les Plateau. Hélas, pour ce qui est des Plateau (dois-je y mettre un 'x' ?), ça ne va pas bien. Les communautés française et flamande se disputent le financement de ces prix, mais il faut encore se mettre d'accord sur le choix des films.

Donc : Vlaamse Filmprijzen d'un côté, et Magritte du cinéma de l'autre.

Comme le disait Cécile de France, actrice belge ayant joué dans plusieurs films français et flamands, " Si, culturellement, nous en arrivons aussi à installer des frontières entre nous, il n'y a vraiment plus rien à faire, autant se séparer. Nous n'avions pas besoin de cela pour l'instant, c'est complètement stupide".

 

Et notez que j'ai transcrit la dernière phrase.

 

Ecrire un commentaire
Voir les 1 commentaires
Dimanche 30 janvier 2011 7 30 /01 /Jan /2011 23:51

[suite du feuilleton précédent]

 

Le dimanche matin, la RTBF diffuse une émission d'actualité, "Mise au point", généralement consacrée depuis quelque temps à la politique (ou à l'absence d'icelle) de notre petite terre d'héroïsme, et ce matin nous avons eu bien sûr droit à une n-ième discussion entre distingués politiciens qui se rejetaient tout aussi évidemment la responsabilité de la crise. Et, à chaque tour on entendait les "mais la NVA (ou le PS, ou le CD&V [*]) a dit non, alors qu'on était tout près d'un accord", le tout sur des rapports, des non-papers, des propositions, etc. Tous rapports, propositions et non-papers que personne n'est censé connaître par ailleurs. Je suis partisan d'une certaine réserve durant des négociations, mais tout de même on sait que les sept partis pressentis pour faire parti d'un prochain gouvernement (ha, ha, ha !) ne se sont pas rencontrés depuis le début du mois de septembre et que le MR - majoritaire à Bruxelles - est soigneusement tenu à l'écart. Une perle : Onkelinx déclarant qu'on ne pouvait comparer le PS à la NVA car l'un était belgicain (mais quand on entend Uyttendaele et Di Rupo parler enfin de plan B, on peut se poser des questions) et l'autre séparatiste. Le cordon sanitaire ? Il est vrai qu'une autre émission radio du même jour rassemblait de grands humanistes déclarant avec certitude que, l'extrême-droite entonnant de plus en plus, et ce dans toute l'Europe, un chant de la droite libérale, il fallait donc se défier de celle-ci également (mais ceci est une autre histoire que j'aimerais traiter dans un post plus fouillé, surtout quand j'entendais l'intervention d'Henri Goldman qui a peut-être troqué son vieil habit trotzkard pour une tenue plus seyante).

 

Quoi qu'il en soit, la discussion restait, sinon courtoise, du moins plus ou moins ordonnée lorsque l'ineffable Jean-Marc Nollet  invoqua le zombie de la "consultation populaire", c'est-à-dire le référendum... On connaît ici la dernière incarnation du zombie, son avatar Question royale, qui a mis (figurativement) le pays à feu et à sang, à tel point que l'idée d'un référendum a été rejetée avec terreur par toute la classe politique. Nos voisins d'outre-Quiévrain connaissent bien le problème, avec la dénonciation "référendum=plébiscite" du temps de de Gaulle, car enfin, quelle question poser ? "Etes-vous pour ou contre la Belgique ?"  Ridicule. "Voulez-vous l'indépendance de la Flandre ?". Allons donc ! Demander cela à l'ensemble de la population n'a évidemment aucun sens. "Quelle Belgique voulez-vous ?". Et c'est une question à choix multiple ? La seule possibilité de consultation populaire, c'est sans aucun doute ce petit gadget, le vote, les élections. C'est peut-être naïf, c'est peut-être dangereux, mais que faire d'autre ? Je le répète, une fois de plus, il faut écouter les Flamands et, s'ils le désirent, aller vers leur indépendance - mais nous Bruxellois ne sommes pas prêts à nous faire annexer. Il faut qu'ils le sachent. Sans vouloir dramatiser, voyons les mouvements populaires en Tunisie et ailleurs...

 

 

[*] et il semble que les partis francophones n'ont pas saisi que le CD&V, héritier du CVP, avaient changé le V de Volk ("populaire", à l'époque signifiant plutôt "démocratique") en Vlaams - flamand - et que les hommes d'Etat tels que Dehaene, Eyskens et même Martens et - horresco referens - Leterme, sont maintenant totalement démonétisés, avec des quasi-inconnus comme Wouter Beke montant au créneau.

Ecrire un commentaire
Voir les 0 commentaires
Mercredi 26 janvier 2011 3 26 /01 /Jan /2011 21:33

[suite du feuilleton précédent]

 

Et, donc, le 23, la "marche blanche" annoncée - et ses mots d'ordre ni-ni-ni-ni - a avorté d'une ressucée de la marche belgicaine de 2007, avec 80% de francophones et une belle mesure de drapeaux "noir jaune et rouge". C'était, paraît-il "la marche de la honte", comme si le fait de trahir ses électeurs - flamands pour les partis flamands, francophones pour les autres - n'eût pas été bien plus honteux encore que de ne pas s'accorder entre des partis indépendantistes et gentiment fédéralistes. Sans parler de cet aspect "jeune", ah comme c'est beau que la jeunesse nous donne des leçons (*)... Quelle démagogie !

 

Le vendredi précédent, à l'appel principalement d'artistes flamands s'était tenue une réunion au KVS : "Niet in onze naam/pas en notre nom". Très jolie, très belle manifestation en l'honneur d'une culture sans frontières, à laquelle j'ai toujours souscrit - théoriquement. Mais à vrai dire complètement fausse ; les cultures "dominées" n'ont jamais manqué de faire le procès des cultures "dominantes", et (souvent) à juste titre. J'entendais tout à l'heure Claude Semal, artiste francophone très ouvert, très à gauche et très belgicain-bruxellois, s'étonner du fait qu'il ne connaissait quasiment aucun des artistes du Nord du pays, sauf quelques-uns de sa spécialité (le cabaret, pour faire simple). Et n'oublions pas qu'à la dernière Biennale de Venise, on a écarté des oeuvres dérangeantes parce que les acheteurs du Proche-Orient auraient pu être choqués par le contenu... Ah oui, le marché n'est pas l'Art avec un grand A... Une exposition comme celle de Cranach qu'on a pu voir à Bruxelles et qu'on verra bientôt à Paris ne sera évidemment jamais exposée telle quelle dans tant d'autres lieux ! Le caviardage d'oeuvres même antiques est quelque peu oublié chez nous mais toujours d'actualité ailleurs.

 

Ben oui, on a deux pays qui se partagent un improbable héritage datant du Congrès de Vienne (**) où, en gros, les Anglais et les Prussiens ont voulu créer un Etat-tampon entre la France et les Pays-bas en y incluant les catholiques du Nord. Comme le disait Jules Destrée à son roi Albert Ier, "Majesté, votre cire est bien bonne", non, pardon,  "Sire, la Belgique n'existe pas...".  Certes aussi, il le disait en tant que Wallon. Maintenant, c'est à Bart de Wever de le rappeler à Albert II. On dirait que tout allait bien jusqu'à ce que la NVA vienne tout chambouler, et on oublie allègrement que le Parlement flamand avait déjà voté en 1999 - et à une grosse majorité - une résolution qui est tout à fait  à l'ordre du jour ; les francophones n'étaient-ils pas au courant ? Il n'y a plus de partis nationaux depuis belle lurette et les systèmes empilés fédéral/régional/communautaire ont dérivé chacun dans sa logique propre. Et quand j'entends l'historien de la NVA, M. Defoort, revenir benoîtement sur la notion de confédéralisme, je trouve incompréhensible qu'aucun journaliste ne lui rappelle qu'il n'y a pas matière à confédération ; et qu'un historien comme lui appelle "confédération" la confédération helvétique est d'une mauvaise foi criante - autant dire que la Corée du Nord est un démocratie, et est populaire de surcroît.

 

La Belgique n'est pas morte, mais l'unitarisme l'est. Il faut commencer à négocier l'indépendance de la Flandre, et je me réjouis d'avoir entendu Hervé Hasquin le sous-entendre hier soir sur la RTBF.

 

 

(*) propos certes d'un vieux croûton

(**) Et mieux encore, Lothaire, petit-fils de Charlemagne...

Ecrire un commentaire
Voir les 0 commentaires
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés