Jeudi 30 mars 2006
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2006
15:35
Et il l'a dit en anglais,
le rascal ! Chirac va certainement lui en vouloir. "Le pape Benoît XVI a invité jeudi les dirigeants du Parti populaire européen (PPE) à combattre le laïcisme, une culture qui est en train de se
répandre dans toute l'Europe, au cours d'une audience privée au Vatican." On aurait pu croire que depuis le temps que ça se répand, le Vatican aurait pu finir par se lasser de pourfendre la Gueuse
(oui, je sais). Eh ben non, ce pape-ci en tous cas ne s'y résoud pas. "Votre soutien à l'héritage chrétien peut contribuer de manière significative à la défaite d'une culture qui est déjà largement
répandue en Europe et qui relègue la manifestation de la conviction religieuse à la sphère du privé et du subjectif".
Diable, diable... il faudrait donc que la MANIFESTATION de la CONVICTION religieuse revienne au public ? (et, accessoirement, à l'objectif, mais ça me paraît un peu flou). Je suis certain que le
texte a été mal traduit, ou mal rédigé - j'attends la version latine, celle qui fait foi, car on ne sait trop si des petits malins de journalistes n'ont pas joué à brouiller les pistes. Car enfin,
s'il fallait prendre ce texte au pied de la lettre, on se trouverait bientôt au pied des échafauds dressés par la Sainte Inquisition, renaissant des cendres de tous ceux qu'elle a fait brûler, non
? Ou bien - version soft - il suffit de faire semblant, de "manifester". Tout de même, il commence un peu curieusement ce Benoît. Remarquez aussi, quelqu'un qui doit apprécier, c'est M. Jean-Marc
Roubaud (son site est atroce, mais
peu importe), celui-là même qui avait introduit un "projet de loi visant à interdire les propos et les actes injurieux contre toutes les religions", tout en précisant bien qu'il n'entendait
nullement rétablir la notion de blasphème, non, non, surtout pas ! AU CONTRAIRE !
Par Phlébite
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Lundi 24 avril 2006
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2006
16:05
Lu dans le Monde de ce jour :
"il est du devoir des chrétiens de rappeler que l'homme doit toujours être au coeur de nos choix et la loi toujours viser à protéger les plus faibles".
Cela fait plaisir à lire ! Pendant des siècles, l'Eglise a insisté lourdement que Dieu devait être au centre de nos pensées et de nos choix ; cela a coûté cher aux humanistes...
Par Pharisien
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Vendredi 5 mai 2006
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2006
15:51
"Malgré les différences de professions et de statuts, une souffrance commune se fait jour. Elle se traduit par des arrêts maladie répétés, dus à des
pathologies physiques (douleur au dos) mais surtout psychiques (dépression). Tous sont atteints psychologiquement, tous sont blessés et humiliés. Ce sont les victimes d'une guerre dévastatrice qui
ne dit pas son nom, celle du néolibéralisme. Guerre économique fondée sur un nouveau productivisme sauvage qui modifie en profondeur une organisation du travail de plus en plus désordonnée."
Voilà - certains auront reconnu le ton typiquement Catho-de-gauche de Télérama - un phrase tirée de la critique du film "Ils n'en mouraient pas tous". Je n'ai pas vu ce film ; en son temps, j'avais
vu "le cauchemar de Darwin", autre dénonciation de l'ultralibéralisme selon Télérama, et je n'avais absolument pas aimé ce film dont il était parfaitement évident qu'il était bidonné (oui, me
disaient certains amis, mais il le faut pour mieux faire passer ses idées. Moi, personnellement, j'ai un nom pour ce genre de passe-passe).
Je ne fais pas de critiques de films (hélas ! c'était ma vocation !), je parlerai donc de l'augmentation effroyable de la morbidité au travail, à laquelle m'a fait penser un article récent de "La
Commission en direct", dans lequel on citait une étude réalisée sur 10.000 fonctionnaires. 48% d'entre eux se plaignait d'un niveau élevé ou très élevé de stress au travail.
Non, je ne vais pas faire du tir aux fonctionnaires européens ; c'est un sport national en Belgique, mais c'est un peu facile. C'est vrai que j'en suis un depuis pas mal de temps ; je me souviens
encore des temps héroïques où on "arrêtait les pendules", le Conseil se terminait éventuellement vers 3 heures du matin et le Directeur général - généreux - disait à ses p'tits gars : "demain, vous
pouvez arriver plus tard, hein, à 9 heures..."
On n'imagine plus ça, évidemment, mais tout de même, quand je regarde autour de moi, je ne vois pas 48% de collègues si stressés que ça.
Bof, après tout, on a bien fait de carboniser le CPE ; envoyer ces petits jeunes au boulot, càd au casse-pipe, c'était trop cruel.
Par Phoutu
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Mercredi 12 septembre 2007
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2007
10:42
Intéressante émission sur la 3e chaîne (oui, celle qui a été affublée de ce nom imbécile : Musiq3 - mais dans un pays où les
Beaux-Arts s'appellent officiellement Bozar, on ne s'étonne plus de grand'chose), les utopies, les anti-utopies, etc. Comme le faisait justement remarquer un intervenant, les utopies font
généralement régresser les sociétés censément parfaites vers un mode rural et même carrément campagnard, l'agriculture se posant en idéal bucolique par opposition à la civilisation matérialiste et
technocratique, urbaine pour tout dire. La sagesse paysanne et tout ce genre de choses dont Jean Becker s'est fait l'écoeurant spécialiste.
Or, c'est précisément la révolution néolithique qui, il n'y a pas si longtemps, a précipité tout à la fois l'agriculture, l'élevage, la propriété privée, l'attachement à la glèbe et donc le servage
et l'esclavage, la hiérarchisation sociale, les flics, l'urbanisation, le travail dur et long, et on peut en ajouter comme ça à la pelle... Pas la guerre, non, on connaît ça depuis qu'on était
encore singes, ce n'est pas pour rien que les chimpanzés sont nos cousins.
Non, les premiers agriculteurs ne vivaient pas au paradis - ils avaient une espérance de vie moindre et une santé plus précaire que leurs récents ancêtres ou contemporains chasseurs-cueilleurs (il
en existe encore, d'ailleurs, mais très peu). Mais ils se reproduisaient plus et plus vite - sélection naturelle... et culturelle.
A vrai dire, le contrôle social féroce nécessaire aux utopies est beaucoup plus facile à exercer dans une société agraire que chez des chasseurs-cueilleurs - ou même que dans notre civilisation
urbaine multiforme et secrète.
Alors, Nambikwara ou New Yorkais ? En tous cas, pas phalanstérien !
Par cdc
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Mercredi 28 novembre 2007
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2007
12:18
Un excellent article de Jean-Paul Fitoussi dans le Monde d'hier. Excellent moins par ce qu'il veut
démontrer (bloquer la mobilité sociale revient à... accroître les inégalités - à la limite du crypto-truisme) que parce qu'il dit crûment et qui en général est simplement murmuré de bouche à
oreille.
L'inégalité est le moteur du progrès économique et social.
On ne peut pas dire que Fitoussi soit un forcené de l'ultralibéralisme, bien loin de là... D'autre part, il est Français, et donc attache beaucoup d'importance à la possession d'un diplôme - mais
il ne fait pas sien le modèle du signal, il n'est pas Bourdieusard. Cependant, il constate que, en France comme dans de
nombreux pays, les inégalités intranationales (j'insiste sur ce point) se creusent, et il suffit de lire "L'ascenseur social est en panne...j'ai pris l'escalier " pour s'en convaincre.
Incidemment, dans un autre article du Monde, on trouve cette perle bien digne de l'agitation étudiante en cours:
"Sarah, venue de Toulouse, insiste : "Quel intérêt pour le PDG de Coca-Cola d'investir dans l'Histoire ? Je suis là pour protéger ma discipline. Sans
compter que si les frais d'inscription augmentent, pour quelqu'un comme moi qui travaille déjà afin de subsister, adieu la fac !" A l'AG de Toulouse, raconte-t-elle, des étudiants américains
venus en France avec Erasmus se sont exprimés : l'un d'eux a témoigné qu'il devait rembourser un prêt de 20 000 euros pour financer ses études. "Si c'est le modèle que nous promet M. Sarkozy...""
Chacun sachant bien
évidemment que le niveau des universités américaines est lamentable ; ce qu'on sait moins, c'est que les universités d'Etat sont beaucoup moins chères pour les résidents que pour les non-résidents
(bien qu'à notre aune, ce soient tout de même des sommes élevées) et surtout qu'il existe un système très important de bourses et de prêts à taux peu élevé pour chaque institution, l'idée maîtresse
étant que les titulaires d'un diplôme payent leur inégalité... Ce qui se produit dans d'autres pays, mais pas en France, où la plupart des universités ont une réputation exécrable - seules comptent
les grandes écoles.
Comme l'article de Fitoussi risque de disparaître dans les archives payantes, je me permettrai d'en citer un court extrait, qui vous donnera peut-être l'envie d'aller le lire en entier...
Supposons, par exemple, que les salariés diplômés de l'enseignement supérieur aient un revenu dix fois plus élevé que celui des diplômés
de l'enseignement secondaire. La dynamique de l'allocation des ressources et des incitations fera que le nombre de jeunes poursuivant leurs études au-delà du baccalauréat ne cessera de croître,
pour leur plus grand bien et celui du pays. Le même raisonnement peut être reproduit au sujet des inégalités de salaires entre secteurs d'activité, qui créent une dynamique de réallocation
efficace du travail au profit de l'expansion économique et au détriment des industries en déclin. Evidemment, de telles dynamiques vertueuses n'existeraient pas si les salaires étaient égaux
entre secteurs, ou si les diplômés n'étaient que marginalement mieux payés que les autres.
Dans ce monde, la globalisation et/ou le progrès technique feraient à coup sûr croître
les inégalités. Le type de progrès technique que nous connaissons aujourd'hui n'est pas neutre dans la mesure où il accroît à la fois la demande de travail qualifié et la désaffection pour le
travail non qualifié. Mais l'augmentation des inégalités qui en résulte serait féconde si elle incitait réellement les jeunes à poursuivre des études supérieures (y compris en empruntant) et les
moins jeunes à accroître leurs compétences par la formation permanente. Dans cette vision ahistorique, les inégalités et leur croissance sont les moteurs puissants d'une mobilité sociale
ascendante, les marqueurs de nouvelles opportunités.
Cela étant, c'est anhistorique qu'il faut dire...
Par cdc
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