Vendredi 12 mai 2006
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14:40
Dans le genre kitsch, ça vaut
bien Greuze : après les imprécations musclées contre les caricatures danoises, voici les malédictions outragées envers le Da
Vinci Code.
C'était à prévoir, en quelque sorte, l'imbécillité humaine étant sans limite comme on le sait assez (c'est le genre de phrases que j'adore, car celui qui la profère se met automatiquement de
l'autre côté...). Et l'esprit du temps n'est vraiment pas au persiflage ni à l'expression un peu obstinée du 'droit de' ; le 'droit à' fait des ravages intellectuels, mais attention à ne pas
heurter l'autre, vous aurez le MRAP sur le dos. Au fait, ces imbéciles vont-ils déposer plainte contre Dan Brown ?
Ah, Dan Brown, voilà un homme admirable : professeur de creative writing, il se met en jeu et Bingo ! le jackpot... Ce n'est pas que le livre soit bien écrit (il ne l'est pas, du moins au point de
vue de l'écriture ; pour ce qui est de la progression de l'histoire, par contre, c'est pas mal fait mais très très classique). Ce n'est pas non plus que l'histoire soit neuve (les frasques
supposées entre Jésus et Marie Madeleine - personnage d'ailleurs presque entièrement fictif - sont quasiment un lieu commun). Alors pourquoi ce succès ? Peut-être un peu ce
délicieux sentiment de transgression...
J'ai par contre apprécié les réactions de la conférence des évêques de Belgique (ou je ne sais quel corps constitué analogue ou équivalent), conseillant prudemment de lire le livre ou de voir le
film pour autant que l'on prenne soin de n'y voir qu'une [aimable] fantaisie qui attirera sans nul doute l'intérêt des braves gens pour la vie de Jésus... Je ne garantis pas la forme, mais le fond
y est. C'est tout de même mieux qu'appeler au boycott, comme le fait le Vatican - paraît-il, mais c'est la Libre Belgique qui le dit.
Pour ceux que cela intéresse, Prieur et Mordillat se sont fait un petit fonds de commerce des Evangiles (Jésus après Jésus, Jésus contre Jésus, Jésus sans Jésus, Jésus avec Jésus, la jeunesse de
Jésus, les derniers mots de Jésus, etc. Non, je plaisante). C'est bien fait, historique, critique et toujours intéressant - même si parfois ça se répète un peu...
Par Phantasmé
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Mercredi 14 juin 2006
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2006
16:00
Tous les Français savent qu'Airbus est français. Tous les autres savent qu'Airbus
est un consortium européen. Mais voilà que le merveilleux A380 (et là, non, je ne me moque pas, cet animal de fable fait vraiment partie de mes rêves et j'attends impatiemment de pouvoir le
prendre), voilà donc qu'il prend un solide retard pour des raisons tout de même... curieuses... Ce seraient pas les Pieds Nickelés qui se seraient fait engager au bureau de gestion des flux tendus
d'EADS ? Mais là, pas de problèmes, toute la France va sans doute blâmer la mondialisation d'EADS - qui ne sera tout à coup plus 100% du pays de Superdupont.
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Par Phrançais
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Jeudi 24 août 2006
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2006
10:28
Voilà donc que Double Happiness et ASD, firmes
d'électromenager chinoises, s'opposent fermement à la prise de contrôle de leur concurrent Supor par SEB. «Nous ne sommes pas contre
les entreprises à capitaux mixtes, mais nous contestons vivement les prises de contrôle par des étrangers. Il n'y a absolument rien qui justifie qu'on cède à des étrangers le contrôle de marques
bien de chez nous comme ASD ou Supor. On se débrouille très bien sans eux» argumente le P-DG d'ASD. Ouais... On ne se retrouverait pas dans un cas classique de patriotisme économique ? Mais que
fait la France, Monsieur ? Ben, je suppose qu'elle va se retourner vers l'OMC...
D'autres qui dégustent, c'est les gens de Greenpeace et du Rainbow Warrior II, copieusement hués et étrillés à Marseille. Le directeur Actions de
Greenpeace France, Pierre Ramel, se plaint de la violence et de l'illégalité des actions contre son navire... Un comble ! Même si cette fois ils sont du côté des anges, ces militants ont vraiment
tous les culots.
Par Phinois
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Lundi 16 octobre 2006
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2006
16:43
Lu dans un Monde récent : "Le gouvernement relance les jeux dans les cafés pour adoucir l'effet de l'interdiction de fumer".
Maintenant, je crois que le sommet du ridicule est atteint. Bien sûr, la mesure d'interdiction n'est pas populaire chez les cafetiers - bien qu'elle semble l'être dans la population générale ; mais
enfin, je croyais avoir entendu bien haut et bien fort que la France républicaine allait s'attaquer à ce fléau des jeux de hasard qui provoquent tant de drames dans les familles... On allait
moraliser tout ça, réglementer les jeux à gains (ou plutôt à pertes, évidemment) trop rapides, créant le redoutable syndrome de la ludopathie.
Ben non, on va remplacer une dépendance par une autre, en espérant que le bon peuple ne rigolera pas trop fort à la veille des présidentielles.
Par Philémon
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Vendredi 20 octobre 2006
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2006
12:07
Toujours dans un "Monde" récent, j'apprends
qu'abondent les sites permettant à tout un chacun d'apprendre à nouer une cravate...
Ca doit être ça, devenir vieux, quand on s'aperçoit que le monde éternel et rassurant commence à craquer de toutes parts et qu'il fait eau !
La barbarie est proche ! Si les djeunes ne savent même plus comment on noue une cravate, mais où va-t-on ?
De mon temps (toux discrète - ou pas), les noeuds étaient des étapes dans la vie, de l'indépendance cherchée très jeune et trouvée avec ses lacets de chaussures (ah, les belles coques bien
symétriques qu'il s'agissait de réussir...) à la cravate qu'on étrenne ; la première étape en s'éloignant de la mère et la seconde en se rapprochant du père. On a les rites de passage qu'on
peut, mais enfin je préfère ceux-là à de pénibles épreuves telles qu'on en subit ailleurs.
Bien sûr, je parle en tant que garçon - les filles devaient avoir leurs propres nouüres, tresses etc. Et je confesse humblement que je n'ai jamais été fichu de nouer un noeud
pap'.