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28 septembre 2012 5 28 /09 /septembre /2012 23:33

Mes premières rencontres d'Alain Resnais datent d'il y a longtemps, ciné-club de l'Athénée Fernand Blum avec l'exigeant André Delvaux qui nous cornaquait chaque premier mardi du mois dans la petite salle de ce qui ne s'appelait pas encore "Bozar"... C'est là que j'ai découvert (nous avons découvert) Toute la mémoire du Monde, Le chant du styrene, Nuit et brouillard, et bien évidemment L'année dernière à Marienbad. Avec en sus, Les statues meurent aussi, co-réalisé avec un autre "grand", Chris Marker. Eblouissant pour nous adolescents...

 

Depuis, évidemment, je suis resté accro à Resnais dont je vois (presque) tous les films avec un plaisir indicible (là, évidemment, j'y vais un peu franco comme dit ma fille cadette, cinéphile avisée, même si elle a confessé en rougissant avoir pris plaisir à voir Le prénom... Nobody's perfect). Ayant revu pour la n-ième fois son oeuvre quasi-complète, je reste peu convaincu par certains films qui me laissent assez froid, disons Je t'aime, je t'aime ou  Mon oncle d'Amérique. Mais un chef d'oeuvre comme La vie est un roman n'a pas vraiment drainé les foules ni enthousiasmé les critiques (j'en parlerai plus loin).

 

C'est un peu simple de dire que Resnais a toujours été fasciné et horrifié par la Mort. Arrivant à 90 ans, évidemment, il désire sans doute l'apprivoiser et il a trouvé un texte d'Anouilh qui lui a permis de le faire et de nous annoncer : Vous n'avez encore rien vu. Bien sûr, il a cherché un nouvelle manière de conter, de mettre en scène, en images, en plans, comme il l'a toujours fait. Chaque fois inventif et différent. Un de nos bons critiques, Hugues Dayez, titre sa récension "Rrrr...zzz...rrrr...zzz....", alors qu'un autre parle de "répétitions interminables des mêmes dialogues tout au long des trois actes". D'abord, il y a quatre actes, et ensuite il y a très peu de répétitions, mais de points de vue et d'interprétations différents. Ce dernier critique n'a évidemment pas vu le film jusqu'à la moitié. Dommage.

 

Le texte est presque uniquement celui d'Anouilh, mêlant par ailleurs deux pièces de théâtre que moi-même - qui n'aime absolument pas ce genre - ai envie de voir ; mais un théâtre au cinéma (pas un théâtre filmé, ça va sans dire), quel bonheur ! Décors ferroviaires, split-screens (ah, je ne sais pas si Resnais a tourné en numérique, malgré son attachement au 35 mm, j'étais tellement bouleversifié à la fin que je n'ai pas pris le temps de regarder le générique de désannonce) et post-prod numérique, qu'est-ce que notre bonhomme s'est amusé ! Et il le dit, et il le proclame !

 

Le château de d'Anthac fait référence évidemment à celui du Comte Forbek de La vie est un roman. Mais c'est aussi une référence à tous les pièges de la mise en scène théâtrales, avec ses portes, ses mystères, ses praticables.

 

Et les derniers plans retrouvent le mystère : Orphée et Eurydice se retrouvant, puis une gare au fronton de laquelle se détache en lettres de néon : EURYDICE. Mystère, encore.

 

Resnais nous avait gâtés avec son poignant Coeurs et son étrange Les herbes folles. Sans parler évidemment de l'excellent On connaït la chanson, inclassable, sauf à se souvenir de Smoking/Not smoking, ou de Pas sur la bouche, ou de l'incroyable Mélo... Pas mal d'inclassables toute de même...

 

Au sommet de son art. Puisse-t-il encore nous faire vibrer, ce magicien...

 

 

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Published by cdc - dans cinéma
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