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11 décembre 2010 6 11 /12 /décembre /2010 23:10

Très belle (et minimale) exposition de Giuseppe Penone au MACs du Grand Hornu (pour une fois que la Communauté française de Belgique a un site merveilleux, il faut le célébrer...). Penone, malgré son patronyme une peu dérangeant et son affiliation a l'arte povera (car il s'inscrit aussi dans l'art conceptuel, celui que je dirais le vrai ; rien chez lui d'un tas de charbon sur une feuille de visqueen pour signifier je ne sais trop quoi. Son propos est clair) n'a rien d'un écolo du genre "tree-hugging" bien qu'il soit obsédé par le végétal et les arbres et branches en particulier. Il y a chez lui une reconnaissance intelligente de la dialectique Homme/nature qui se traduit par des oeuvres d'une force étonnante. C'est aussi un artiste certes reconnu mais un peu imperméable aux phénomènes de mode, de galeristes et de cote. Nombreuses sont ses sculptures en sa possession, éventuellement à vendre (et pourquoi pas ?).

J'aimerais en toute modestie consacrer un ou deux posts à un artiste (si vous n'aimez pas le mot, dites-vous que vous n'êtes pas le seul) qui me semble majeur.

 

Et, à cet égard, je m'en voudrais de ne pas parler d'un artiste bien moins connu, Patrick Corillon, dans la plus pure tradition post-moderne non-soixante-huitarde. Ce sont chez lui des interventions, des récits imaginaires, des personnages de roman de gare, des vidéos, des animations, des photos, un imaginaire foisonnant, ludique (encore un mot que je n'aime plus), débridé, inventif et focalisé. Si vous goûtez aux aventures d'Oskar Serti, vous demanderez encore plus de ses épisodes ! Et vous pleurerez avec lui sur l'abandon de Catherine de Sélys, sa belle amante dans son feuilleton (presque) sans fin (car il faut savoir que l'infortuné Oskar est mort l'année même de la naissance de Patrick Corillon...).

 

Eh oui, Oskar est le modernisme, Corillon est né au moment où, à son âge créatif, le post-modernisme allait se déployer et bien évidemment le pauvre Oskar se plante à tous les coups... Superbe illustration d'un art multiple certes anticipé par les - justement - soixante-huitards, mais avec tellement de grâce, de clins d'oeil et de méchante gentillesse que ce Monsieur est vraiment de notre temps, de ce post-modernisme où il n'y a plus d'avant-garde ni d'artiste maudit.

 

Pour citer le cliché : à consommer sans modération.

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commentaires

Sceptique 13/12/2010 17:44



Je suis de votre avis sur cette nécessité d'un apprentissage. Il s'est fait pour toutes les évolutions de nos arts qui ne sont plus traditionnels, et sont l'oeuvre d'auteurs. Mais je rencontre
une limite en moi, une résistance à ce que je ressens comme laid. Plus généralement, l'apprivoisement du public par l'art contemporain me parait bien long, en particulier en musique.Notre oreille
n'est pas accomodante. Les rapports entre les artistes et le public ont changé, pas en bien.



cdc 13/12/2010 22:50



Là, je vous résiste. Bien sûr, la musique contemporaine peut être surprenante, mais je vous ferai remarquer qu'elle remonte à l'école de Vienne, à Schönberg, ou à Berg, dont le Concerto à la
Mémoire d'un Ange sont (s'il on veut s'abstraire de nos habitudes harmoniques) prodigieuses. Ecoutez Léonin ou Perrotin de l'Ecole de Notre-Dame. Ecoutez aussi les sérialistes (même, je
l'avoue, s'ils m'ennuyent un peu). Mais depuis, il y a eu tous les autres : Scelsi (ça va sans dire), Murail, Nono, et puis tant d'autres ! Je vous assure, après un peu de mise à l'écoute, c'est
prodigieux ! (mais évidemment PAS en CD pour la première fois. Le spectacle est primordial).



Sceptique 12/12/2010 11:50



J'avoue qu'à part un coup de coeur par ci par là, j'ai parfois du mal à y voir un travail honnête d'un artiste. 



cdc 13/12/2010 12:19



Je suppose que "l'art contemporain" nécessite une approche différente et un apprentissage, un peu comme l'écoute de la musique de cour japonaise ou celle du XIVe siècle de chez nous. Nous vivons
toujours en référence - grosso modo, évidemment - aux arts européens baroques et classiques. Pour en sortir, il faut s'aventurer. Comme je le disais dans un post précédent, l'art
contemporain fait de l'art avec n'importe quoi (ce que faisait déjà, mais dans une moindre mesure, l'art moderne), mais il n'en résulte pas qu'il est n'importe quoi.



Sceptique 12/12/2010 07:30



Surprenant et sympathique, cette décision de nous livrer et faire partager vos goûts et vos coups de coeur. J'ai fait mon marché: Patrick Corillon et son humour absurde m'a réjoui. 



cdc 12/12/2010 11:41



Très heureux que ça vous plaise. A dire vrai, je suis grand amateur (et un peu collectionneur) d'art contemporain.