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31 août 2012 5 31 /08 /août /2012 21:41

Ma mère était très heureuse de naître cent ans après Victor Hugo, "Ce siècle avait deux ans"... Elle avait connu les premières automobiles, la radio, la télévision, l'aviation, bref, tout le vingtième siècle - et, oui, deux guerres mondiales parfaitement éprouvantes, mais qui n'avaient pas réussi à lui saper le moral. Elle était philonéiste, amoureuse de ce qu'on appelait à l'époque le progrès, terme à présent déconsidéré par tant de monde.

 

Je me souviens de cette soirée du 20 juillet 1969 chez ceux qui allaient être mes beaux-parents, où nous avions regardé à la télé les premières images des premiers pas sur la Lune. Nous étions tous haletants, accrochés à cet événement qui nous semblait fantastique. Ma mère, et je m'en souviens très bien, avait dit alors qu'elle avait "tout vu" et qu'elle pourrait mourir en paix... (ce qui, heureusement, n'est arrivé que beaucoup plus tard, mais sans qu'elle puisse connaître le Net qui l'aurait comblée de joie).

 

En juillet 1999, trente ans après ce "petit pas pour un homme mais un bond pour l'humanité", Neil Armstrong se livre : " In my own view, the important achievement of Apollo was a demonstration that humanity is not forever chained to this planet, and our visions go rather further than that, and our opportunities are unlimited" : à mon point de vue, la réussite importante de la mission Apollo était une démonstration que l'humanité n'est pas d'être à jamais enchaînée sur cette planète, que nos espoirs vont un peu plus loin et que nos possibilités n'ont pas de limites.

 

Et puis il s'est tu, devenant simple prof d'ingéniérie à l'Université de Cincinnati, pas spécialement notable...

 

Il s'est tu sans doute parce que les missions Apollo, la quête de la Lune ou d'autres planètes n'étaient plus à l'ordre du jour. "Quoi ?" clament les bonnes âmes, "on se débat dans la pauvreté, la misère sur notre Terre, et on dépense des milliards pour - au choix : le LHC, Curiosity, ou tout autre projet "pharaonique" ". Même le Scientific American y est allé de sa sinistrose. Un rigide et frigide néo-malthusianisme se dessine comme idéologie dominante et acceptée par beaucoup. L'hymne au progrès de ma mère, celui qu'elle m'a légué, celui auquel je crois encore - bien que parfois un peu naïf, je l'admets - semble être quelque peu dévalorisé. Astenna chouïa, attends un peu, mon semblable, mon frère !

 

Et, pour nos lecteurs trop jeunes pour avoir connu la "conquête" de la Lune, je rappelle l'anecdote où Neil Armstrong aurait dit en se posant : "Good luck, Mr. Gorsky!". Cela pour raconter une anecdote selon laquelle la voisine des Armstrong aurait répondu à son mari en désignant le gamin "Oral sex? Oral sex? Why, you'll get it when this here boy walks on the Moon!".

 

Mais peut-être que nos très jeunes lecteurs ne devraient pas lire de tels propos...

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Published by cdc - dans actualité
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commentaires

bob 01/09/2012 22:37


Je pense que cette lettre (Why explore space?) d'un directeur de la NASA à une none africaine aurait plu à votre
mère: http://homofabulus.com/largent-de-curiosity-ne-serait-il-pas-mieux-depense-sur-terre-lettre-dernst-stuhlinger/

Je pense que c'est ce genre d'argumentaire que l'on devrait faire étudier aux élèves du secondaire avant de leur bourrer le cerveau de culpabilisme écolo-décroissant. 

cdc 03/09/2012 00:16



Oh, il y aurait beaucoup à dire là-dessus... Et peut-être tout d'abord que cet argent n'a évidemment pas été dépensé sur Mars, mais bien sur la Terre, et puis qu'il n'y a évidemment pas que les
bonnes causes sont légion : certes, les enfants qui meurent de faim (et je suis administrateur délégué d'une asbl s'occupant de l'aide aux enfants de ce qu'on appelait le Tiers-Monde), les
malades du Sida, la recherche contre le cancer, les femmes battues, les femmes souffrant de violences sexuelles, les femmes souffrant de fistules vaginales (j'ai parlé du beau livre de Marie
Bruyns), la lutte contre la pédophilie, la surpêche, la disparition des pandas et des forêts humides et j'en oublie encore. Chacun attend son obole...