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2 juillet 2012 1 02 /07 /juillet /2012 23:00

J'avais lu il y a une bonne année d'excellentes critiques de ce film sorti alors à Paris (sous le titre tout aussi blanc que "La dernière piste"), et je me disais qu'un tel film avait peu de chance d'arriver dans notre petite terre d'héroïsme, généralement plus rebelle que la France aux Indies américains et autres.

 

Je me trompais. Pour ceux qui l'ignorent, Bruxelles a une très belle cinémathèque nationale, créée si j'ai bonne mémoire par Jacques Ledoux sous le nom de "Musée du cinéma", sous les auspices du Palais des Beaux-Arts et dans un premier temps dans une toute petite salle, avec une autre où, élèves du secondaire de l'Athénée Fernand Blum, nous allions voir chaque premier mardi du mois des chefs d'oeuvre inoubliables, cornaqués par André Delvaux... détails ici. Depuis, fédération oblige, il a fallu trouver des noms "bilingues" et c'est pourquoi "Beaux-Arts" est devenu "Bozar" (mot d'horreur connu à Paris dès la fin du XIXe...) et la Cinémathèque, "Cinematek".

Et donc, la programmation de notre Cinémathèque n'a pas à rougir de son aînée précurseur, fondée par le grand Henri Langlois que connaissait bien Henri Ledoux.

Et pour en arriver à l'essentiel, Cinematek (beuârk !) présente une douzaine de fois le film de Kelly Reichardt, Meek's Cutoff donc.

 

Je ne sais comment le décrire. On peut parler d'un Western puisqu'il se déroule en Oregon, dans les années 1850, juste avant son accession à la Fédération. Mais c'est assez peu important de le caractériser trop ainsi puisqu'il s'agit bien évidemment de beaucoup plus, comme pour tous les Westerns merveilleux de notre jeunesse et de notre âge plus mûr... Et, évidemment, on connaît le superbe "Oregon" de Derroll Adams. Quatre personnes et demi scandent le film, Emily Tetherow, tendue, intelligente et forte, son nouveau (vieux) mari, sage et fort, l'Indien qui pourrait être (et qui est probablement) un simple d'esprit rejeté par sa communauté, et puis, bien évidemment, Stephen Meek, celui qui perd la caravane : un loser qui se vante de ses exploits sanguinaires ; mais il faut compter avec le dernier (que j'appelle demi, car il n'existe que par sa protestation silencieuse et anorexique. Les autres sont un peu des fantômes vaquant à leurs souvenirs d'élevages de cochons, personnages doux et simples dont on ne sait d'où ils viennent, mais généreux, simples, sans doute emblématiques de ceux "who settled Oregon".

 

"L'Indien" est le personnage tragique par excellence, parlant une langue totalement incompréhensible par les autres, dont la langue lui est également incompréhensible. Comprend-il les misérables signes qu'ils lui montrent en quelques images ? On pourrait penser à une totale étrangeté entre "les Blancs" et "l'Indien", mais ce n'est évidemment pas aussi simple.

 

Et le film s'englue comme la caravane, se détournant du monde et de l'eau cherchés tous les deux, à la traîne de l'Indien dont on ne pourra rien savoir, ni du destin ni du but.

 

Film qui ne pourrait pas avoir été que réalisé que par une femme, me disait M. et il avait raison. 

 

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Published by cdc - dans cinéma
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