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31 janvier 2011 1 31 /01 /janvier /2011 11:43

Dans de nombreux contes et dans certains mythes, on identifie un enfant, un parent, voire un conjoint perdu par une particularité physique, une marque corporelle ou un tatouage ; dans Incendies, film de Denis Villeneuve basé sur une pièce de théâtre de Wajdi Mouawad, c'est exactement ce qui se passe : l'héroïne reconnaît celui qui est à la fois son fils et son bourreau grâce à un tatouage sur le talon droit (et à une assez improbable coïncidence).

 

Je me demande tout de même pourquoi ce film a suscité des critiques extraordinairement louangeuses, alignant les quatre étoiles tout au long des publics. Il faut dire qu'il commence fort : dans une scène très violente, on voit l'amant de la jeune héroïne se faire brûler la cervelle par le frère de celle-ci, tout cela dans un torrent d'injures et de menaces en arabe - une langue qui se prête bien à la tragédie, au drame et à l'invective. Puis, la grand'mère empêche le frère de tuer sa soeur, et pousse des hurlements de désespoir en apprenant que sa petite-fille est enceinte : la famille et le village sont déshonorés ! C'est alors que la caméra dévoile une petite croix accroché au cou de la jeune fille : ce sont des chrétiens, bonnes gens, et vous qui alliez soupirer "ces islamistes, tout de même, quels sauvages"... Non non, tout au long du film on prend bien soin de montrer la cruauté effrayante de ces chrétiens, assassins de sang froid, tortionnaires sadiques et implacables ; par contre Chemseddine, un ancien chef de guerre musulman, apparaît comme un vieux sage entouré de gardes du corps déférents et policés. Quel critique oserait risquer de se faire traiter de lepeniste en émettant la moindre réserve ? Qu'on m'entende bien : les Kataëb étaient de fait des milices d'assassins et de tortionnaires et les Gemayel du gibier de potence, mais Incendies ne se veut pas un film historique, il ne se passe pas (censément) au Liban, il est semble-t-il l'illustration de la folie guerrière et de ses effets. Il n'empêche, les chrétiens sont suridentifiés comme tels, et le mot "musulman" est entendu deux fois (j'a compté mais je peux m'être trompé), les non-chrétiens étant généralement qualifiés de "réfugiés".

 

Cela étant, le film est honnêtement fait, structuré en flash-backs incessants mais nullement gratuits, les images sont belles, les acteurs excellents, les "cartons" d'intertitres sont un peu lourdingues et la musique assez discutable. L'histoire fourmille d'invraisemblances, mais peu importe puisqu'il s'agit d'une tragédie grecque se déroulant au Proche-Orient. C'est très politiquement correct mais ce n'est pas un chef d'oeuvre.

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Published by cdc - dans cinéma
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