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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 15:27

Je l'ai dit et redit, je ne suis pas un "climato-sceptique" mais plutôt un "climato-agnostique", et plus précisément un "lukewarmist", tiédiste en bon français ; il suffit de relire les posts les plus anciens de ce blog pour voir mon évolution de pensée. Certes, j'ai toujours considéré le protocole de Kyoto comme de la foutaise et pareil pour l'inénarrable principe de précaution ; mais je n'avais aucune raison de mettre en doute les conclusions du GIEC, au moins dans son WG1, ni les travaux de Mann. Cependant, en voyant l'abominable An Inconvenient Truth, je me suis rendu compte que quelque chose clochait dans cette affaire. Impossible de trouver une référence discordante dans la Presse francophone (les journalistes "scientifiques" étant tous des fans du GIEC), il fallait donc trouver ailleurs, mais où ? Pas chez les Amerloques, bien sûr, puisque tous les anti-GIEC étaient notoirement stipendiés par les pétroliers (Bush tout le premier, qui était pourtant un partisan enthousiaste des bio-carburants, mais peu importe ce genre de contradictions, c'est bien connu, Bush était de toute manière coupable de tout et son contraire), des piliers de l'extrême droite (on ne sait rigoureusement rien de Loughner, mais à lire une certaine Presse il est établi qu'il était Tea Party et climato-sceptique) ou des malades mentaux (j'ai entendu tout récemment un ancien journaliste de la RTBF maintenant professeur de journalisme, Jean-Jacques Jespers, affirmer exactement cela pour justifier qu'il était inutile de donner la parole aux contradicteurs du GIEC).

 

Bien entendu, il y a des C-S qui sont intéressés/d'extrême droite/lunatiques, mais on fait vite le tri. Et on découvre assez rapidement que même des gens très sérieux et plutôt pro-GIEC (vous voyez ce que je veux dire) émettent des réserves, et notamment sur les conclusions du WG2. Il est vrai que très souvent les sceptiques anglo-saxons sont issus de ce qu'on appelle la droite - Républicains et/ou libertaires, ces derniers subodorant à tort ou à raison (et à mon avis, tout à fait à raison) que le GIEC est une machine politique destinée à justifier de futures législations répressives, et il n'est que de voir les appels au meurtre lancés par Hansen, Monbiot et autres zélotes pour comprendre. D'ailleurs Jim Hansen vient de le déclarer : la 'démocratie' américaine est incapable, il faut un régime à la Chinoise pour sauver l'humanité, eh oui ! D'autre part, il faut reconnaître que dans sa course à l'échalote avec les écolos, la Gauche européenne a renié toutes ses généreuses (et parfois naïves, c'est vrai) croyances au "Progrès", mot absolument tabou aujourd'hui (sauf quand on se dit "progressiste", mais ce n'est jamais qu'une contradiction de plus). Le PS et le PC (pour ne pas parler des plus ultras) sont plus verts que les Verts, et comme ils ont tout de même vissée au corps la propension à tout réguler par l'Etat, on peut se méfier.

 

Parmi les C-S, il y a des climatologues (ou plus précisément des climate-modelers) de renom, des météorologues, des physiciens, etc. Libre à Jean-Jacque Jespers d'estimer que Claude Allègre est un demi-fou, mais ce n'est pas mon point de vue, et quand je lis ce qu'a écrit Freeman Dyson :

 

"My first heresy says that all the fuss about global warming is grossly exaggerated. Here I am opposing the holy brotherhood of climate model experts and the crowd of deluded citizens who believe the numbers predicted by the computer models. Of course, they say, I have no degree in meteorology and I am therefore not qualified to speak. But I have studied the climate models and I know what they can do. The models solve the equations of fluid dynamics, and they do a very good job of describing the fluid motions of the atmosphere and the oceans. They do a very poor job of describing the clouds, the dust, the chemistry and the biology of fields and farms and forests. They do not begin to describe the real world that we live in. The real world is muddy and messy and full of things that we do not yet understand. It is much easier for a scientist to sit in an air-conditioned building and run computer models, than to put on winter clothes and measure what is really happening outside in the swamps and the clouds. That is why the climate model experts end up believing their own models"

 

je me dis que si l'on commence à confondre pensée originale avec semi-démence, on ouvre une sacrée boite de Pandore.

 

Quoi qu'il en soit, la grande majorité des C-S admettent que le globe se réchauffe "globalement, en moyenne" (ce qui tout de même, ne veut pas dire grand'chose, mais passons), et ceci depuis quelques siècles. La part de l'industrie humaine dans ce réchauffement est, pour eux, très difficilement quantifiable, négligeable pour les uns, modérée pour d'autres. Les modèles de circulation globale sont très critiqués par ceux qui les connaissent, la courbe de Mann a été passée au crible et est franchement démonétisée, le réchauffement se fait de manière chaotique, avec des épisodes de refroidissements etc. etc.

 

RSS MSU Lower Troposhere Global Mean Temperature

 

Et chaque fois qu'il y a un épisode catastrophique, c'est évidemment la faute au RCAG - il y a 10 ans la sécheresse, aujourd'hui les pluies diluviennes. Si vous exprimez des doutes, on vous somme de vous taire. E così via...

 

Mais pour un "climato-agnostique" (la qualification n'est peut-être pas heureuse), il n'y a pas de parti à prendre : on constate les discordances, on se méfie tout de même un peu de la vérité officielle, et spécialement les Executive Summaries du GIEC, qui ne sont que des discours politiques simplifiant à outrance les rapports des Working Groups, ces derniers étant eux-mêmes assez suspects - au moins pour les WG2 et 3, dont on a pointé les erreurs grossières et les exagérations ridicules reposant sur des documents de militants. De même, quand on a un peu regardé les dessous du Climategate, on se doit d'être réservé, et même des convaincus le reconnaissent. Bien entendu aussi, on se prend à sourire quand les tenants à tous crins du réchauffement anthropogénique global passent de "réchauffement climatique" à "dérèglement climatique", et pour ceux d'entre nous qui ont connu l'époque, on se souvient des imprécations des années '50 et '60 sur les "bombes atomiques qui bousillent le climat"... Il n'y a évidemment jamais eu et il n'y aura jamais (enfin... disons dans un avenir prévisible, car quand le Soleil aura explosé...) de climat stable, "réglé". C'est comme cette croyance ridicule qu'il y a un biotope optimal - le climax -  (que, cela va sans dire, l'Homme a totalement fichu en l'air) que le premier écologiste (un vrai, pas un écolo) venu vous torpillera illico.

Simplement, il faut s'y résigner : la teneur de CO2 va continuer à croître, et prétendre comme le fait Hervé Kempf (et nombre d'autres !) que les pays développés vertueux peuvent faire de gigantesques économies d'énergie (sans passer au nucléaire, évidemment ! Le nucléaire, c'est sale !) , c'est, une fois de plus une pensée debisou.jpg

et rien d'autre (*). Et il n'y a aucune raison de penser que les Chinois, les Brésiliens, les Indiens et tutti quanti vont se résigner à rester pauvres, ils vont consommer de plus en plus d'énergie et cela signifie aujourd'hui et pour longtemps encore, une dépendance aux hydrocarbures. Le réchauffement global moyen est probable, l'évolution du climat certaine, il faut donc s'y préparer, comme l'Homme s'est adapté aux périodes glaciaires et interglaciaires en modifiant sa technologie. Quoi qu'en disent certains (et même beaucoup !), le CO2 n'est pas du tout un polluant, et l'"acidification" des Océans n'est nullement la catastrophe que certains annoncent. Après tout, la Terre a connu des températures et des taux de CO2 extrêmes, c'est bien connu, mais si vous le dites, attendez à ce que quelqu'un objecte immédiatement : oui, mais pas aussi rapidement ! Les plantes et les animaux n'auront pas le temps de s'adapter !

Ceci n'est pas le Cocktail Conversation Guide to Global Warming (par ailleurs fort bien fait et très équilibré), ni le Guide des dîners en ville mais il est tout de même bon de savoir que cette objection est sans valeur : 

- Si, il y a eu plusieurs variations de températures de grande amplitude (une petite dizaine de °C) et très rapides (augmentation en une cinquantaine d'années et refroidissementplus lent), les transitions Dansgaard-Oeschger - qui, à ma connaissance, ne trouvent pas place dans les modèles de circulation globale, puisqu'on en ignore jusqu'à la cause ; et notons aussi que ça ne se passait pas dans le précambrien, non, c'était il y a quelques dizaines de milliers d'années, avec tout l'équipement animal et végétal que nous connaissons aujourd'hui - et sans extinction apparente.

- Et, oui, le vivant peut évoluer et s'adapter très rapidement ; le temps est bien loin où l'on croyait que l'évolution se traînait (sauf cas exceptionnels ; on connaît la controverse célèbre sur les papillons de Manchester).

Or, le GIEC nous parle d'une augmentation de température de 0,03 °C par an - et entre 1975 et 2000, l'augmentation moyenne de température a été de 0,02 °C/an et l'Index de Développement Humain (HDI) a crû dans presque tous les pays. Où peut-on aller chercher qu'il existerait une température "idéale" ? Dans un milieu ouvert en constant déséquilibre, cela n'a évidemment pas de sens, c'est comme le biotope "optimal" en équilibre parfait auquel je faisais allusion - ne le cherchez pas, il n'existe que dans les contes de fées.

 

Ah oui, pour terminer un post un peu long, j'ai appris par Bishop Hill qu'en Australie, "réchauffement climatique" était, comme ailleurs, devenu "dérèglement climatique" mais était en cours de devenir "climate challenges" - les défis climatiques. Eh oui, pas mal...

 

(*) Entendons-nous bien : la course à l'efficacité ("efficiency") n'est pas nouvelle. Nos voitures consomment bien moins que celles de nos parents. De 1980 à 2005, la consommation énergétique par dollar constant de PNB a chuté de 40 % (http://www.eia.doe.gov/oiaf/aeo/ppt/fig004.ppt) :

 

  USEnergy

Mais quand l'administration Obama parle d'une réduction de 80 % à l'horizon 2050, il s'agit d'une absurdité patente.

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commentaires

Sceptique 14/01/2011 16:28



Il y a un impondérable dans cette politisation ou idéologisation des prévisions climatiques, c'est la peur, pour ne pas dire l'affolement, des sociétés humaines nanties. C'est une extension du
malthusianisme. Au point de rejeter toute mesure, connue ou à inventer, susceptible de nous adapter mieux aux caprices du climat, qui ont toujours existé, mais que les "civilisés", accrocs à
l'électricité, à la bagnole, à l'eau au robinet, au pain du jour, ne supportent plus. Insouciantes, nos sociétés ont commis beaucoup d'erreurs en matière d'urbanisme, de viabilisation, de permis
de construire. Les rectifications seront coûteuses mais pas forcément régressives en matière économique.  


Le suicide des pays nantis ne sauverait pas le genre humain!