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14 août 2011 7 14 /08 /août /2011 14:40

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Un post un peu ancien que j'avais gardé sous le coude. Depuis, j'ai un peu évolué, mais en gros je le crois assez juste.
 
Récemment, j'entendais un cinéaste présentant son film à la RTBF exprimer toute l'horreur que lui inspirait la "société de consommation". Ce cliché vieux de près de cinquante ans a le don de m'agacer prodigieusement ; toute civilisation a toujours consommé, évidemment, mais pourquoi diable parle-t-on de société de consommation de façon aussi péjorative dès le moment où l'on sort des sociétés de pénurie ?
 
Bien sûr, je ne suis pas plus bête qu'un autre, et je sais ce qu'on désigne par cette expression : la marchandisation générale, l'aliénation, etc. - enfin, pour résumer, tout le bric-à-brac post-Marxisant et Marcusant. Et, certes, il y a des gens qui prennent plaisir à la seule consommation, et cela a toujours existé - simplement, l'immense majorité n'en avait pas les moyens ; les sociétés entières pouvaient aussi investir dans les gouffres somptuaires du kula circle ou du potlatch. Quant à la marchandisation de la culture, je ne vois rien de neuf sinon un prodigieux déferlement des arts dans notre société, ce qui ne plaît sans doute pas aux tenants de l'élitisme...
 
Simplement, je préfère de loin le terme de société de convoitise introduit par Pierre Changeux ; il me semble nettement mieux capturer l'effet d'entraînement de la publicité (généralement parlant, y compris donc la publicité des achats - le succès tapageur et incompréhensible pour certains de l'iPhone ou de l'iPad en étant une belle illustration). On pourrait aussi parler de société de consumérisme, mais ce mot blesse l'oreille (enfin, la mienne).
 
Et, à ce propos, Andrew Szasz a publié un livre très intéressant : comment ce consumérisme (yecccch!) s'introduit dans le débat sur le réchauffement global anthropogénique.
 
Dans chaque magazine, dans chaque quotidien, à la radio, sans doute à la TV, quotidiennement vous voyez des gens venir vous donner des conseils : éteignez les veilleuses, mettez un pull, achetez une voiture hybride, chauffez moins, achetez un vélo, mangez bio, etc. Bref, une attitude purement consumériste, je le répète : achetez, consommez - mais différemment. S'imaginer que c'est ainsi qu'on pourra "sauver la planète" relève évidemment du monde des bisounours. Greenwashing. Kyoto n'est qu'une fumisterie, sans doute, mais combien de fois ai-je entendu la phrase rituelle : "oui, mais enfin il faut bien commencer par quelque chose" ; certes, et quand il y a un feu de brousse, le colibri peut venir mettre une goutte dans le brasier, c'est déjà quelque chose aussi. Et tous les colibris du monde peuvent s'y mettre, ils arriveront au même résultat : zilch.
 
Ce ne sont pas les bons sentiments et les gestes symboliques "soft" qui suffiront, et de loin ; ce dont nous avons besoin, c'est de solutions technologiques "dures".
 
Cela dit, il n'est pas interdit de mettre un pull.

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Published by cdc - dans sociologie
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Sceptique 08/09/2011 04:57



Moi aussi, je fais avaler de travers les compagnons de l'AFIS, encore que, maintenant, mes interventions sont respectées. La psychanalyse a été un excellent complément à ma formation scientifique
de départ, et je ne ressens aucune contradiction entre ces deux champs de connaissance. Ils n'appartiennent pas au même niveau d'organisation de l'être humain (H.Atlan). Je me suis toujours
autorisé, cependant, à critiquer les excès de la théorie psychanalytique, à rendre à Descartes ce qui est à Descartes, et à Freud, ce qui est à Freud. Je n'ai jamais senti comme vraie la pulsion
de mort*, donc, je ne m'en suis jamais servi.


*La mort est la conséquence de l'épuisement ou de la faillite de la pulsion de vie.



Sceptique 19/08/2011 07:02



Je n'avais pas lu ce billet, très intéressant, quoique désespérant d'un avenir de la sagesse. À moins que nous ne soyons pas tous aptes à cet aboutissement. Comme le chantait Brassens, en
d'autres termes plus crus.


On peut penser aussi au dualisme freudien de la pulsion de vie et de la pulsion de mort. Mais comme je ne crois pas à la pulsion de mort (à ne pas confondre avec la pulsion de meurtre, qui, elle,
existe bien), je pense plutôt aux très diverses entraves à la pulsion de vie, absolument nécessaires à ses premiers stades. "Nous" apprenons à ne pas trop vivre, et
certains retiennent trop bien les leçons. La pruderie de nos anciens, passée de mode, est réapparue sous cette forme moderne de l'anti-hédonisme. Le "furet" passe
toujours de mains en mains, mais change de forme.



cdc 07/09/2011 23:43



Merci encore. Brassens ? Pulsion de mort, c'est du Freud de la dernière période, celle de "Analyse terminée, analyse interminable", un de ses plus beaux textes. J'avoue avoir beaucoup de
tendresse envers Sigmund qui m'a appris tant de choses quand je l'ai lu adolescent. Comme disait Alexandre Dumas junior : "Mon père ? C'est un fleuve, vous pouvez pisser dedans...". Ce qui ne me
fait pas beaucoup d'amis à l'AFIS, je le comprends mais peu importe, et je préfère Van Rillaer à Onfray dont le prétendu hédonisme me paraît frelaté et sa critique de papa Freud une protestation
vaine contre son enfance volée. Mais évidemment, je peux me tromper totalement...