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28 décembre 2010 2 28 /12 /décembre /2010 23:25

Très humain, ce film, enfin, c'est du moins ce qu'en dit Mike Leigh. Et qu'à la fin du film, ce qui compte, ce ne sont pas les personnages, mais ce que les spectateurs ont retenu de ces figments of imagination. Rien donc d'un aspect "réaliste" à la Ken Loach ou aux Angry Young Men des années '60 et de toute une tradition filmique très British y compris avec certains Hamer (pas Bent, Robert) ou Ealing Studios.

 

Oui, certes, film de vieillesse et de mort, qui approche et finit par arriver (les funérailles, sans doute la plus belle séquence du film, même si elle se traîne un peu).

 

Mais voilà : déjà le chapitrage saisonnier est plus que bateau et fait penser à l'affreux Printemps, été, automne, hiver... et printemps du farceur Kim Ki-Duk. Puis il y a Mary, hystérique dépressive extrovertie (ce n'est pas moi seul qui le dis, mais une excellente psy qui en a connu plus d'une...) qui à mon point de vue en fait des tonnes et qui ne traduit pas avec assez de retenue ce qu'elle ressent (tant dans sa vie qu'à l'arrivée de sa ménopause). D'où plein de grimaces, de larmes, d'eye twitchings et de contorsions. Joe, le fils, un peu tête à claques (il ressemble à Bart de Wever nous disait un ami ayant vu le film avec nous) est soit un imbécile heureux, soit un pervers glacial, à ne pas comprendre les avances que lui fait l'amie de vingt ans de sa mère, qui l'a connu quand il en avait dix. Puis il la revoit après une rencontre torride dont il ne semble pas avoir compris quoi que ce soit - allons donc ! il est trentenaire et ne voit pas les manigances érotiques de cette pauvre épave ! (même qu'il la plaisante sur son âge, très innocemment - ou peut-être pas. Donc, confirmation : imbécile ou pervers [à moins qu'il ne soit homosexuel ? suspense...]) - il la revoit donc en compagnie de sa toute nouvelle petite amie (autre hystérique) dont il caresse longuement la main et le bras et forme des projets d'avenir. C'est dit : pervers.

 

Les personnages les plus intéressants sont évidemment le couple Tom and Gerri (qui assument leur nom...), qu'au début on prend pour de braves gens empathiques et dont on apprend graduellement qu'ils sont lower-middle-class issus du prolétariat anglais (référence obligée...), ce que montre complaisamment leur petite demeure et leur potager partagé. Puis on devine que ce sont d'abominables égoïstes prenant plaisir à s'entourer d'autres épaves, et enfin on voit à l'évidence que ce sont des vampires, des goules qui se repaissent de la fragilité et du malheur des autres pour se construire un petit bonheur (la "grasse matinée" et "quelque chose de plus, honey  [et on rigole à la gaudriole]" dans ce monde sexuellement en pleine demande... Car évidemment la sexualité crève l'écran même si - heureusement - elle est cryptée).

 

Et puis, il y a les dialogues, où il faut toujours (enfin, presque toujours, disons dans les scènes à personnages, sauf évidemment lors des funérailles) faire du witticism, mettre un mot d'esprit, des blagues. "How many cc's ?", simplement pour se moquer de la pauvre Mary mais pour encore sous-sous-ligner que sa voiture nouvellement acquise sera un désastre, téléphoné comme d'autres.

 

Une chose me laisse rêveur : Mike Leigh a-t-il voulu être aussi cruel envers ses personnages, et surtout Gerri qui se révèle une conseillère psy lamentable en ne pouvant plus gérer sa relation avec Mary après que celle-ci ait montré sa jalousie envers Katie ? Bien sûr, elle la reprend dans ses bras - geste de vampirisme maintes fois renouvelé dans tout le film - et, bien sûr l'oriente vers une autre psy...

Déception.

 

 

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Published by cdc - dans cinéma
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