Pour ceux qui ne le connaissent pas, le Concours Reine Elisabeth (une figure révérée en Belgique. Enfin, par par tous les Belges, je parle d'un temps que les moins de cent ans etc. Et peut-être pas par certains Flamands pour qui la famille
royale... Bref), il se décline en violon, en piano et en chant (ce dernier depuis presque peu).
Quoi qu'il en soit, ce Concours a subi toutes les injures et toutes les admirations des professionnels de la musique. Soixante-huitardisme attardé chez les uns, élitisme assumé pour les autres,
qui suis-je pour en décider - ou au moins avoir un avis ?). Il est de fait que pour un soliste de haut niveau, accumuler les prix de concours est une nécessité, on le déteste ou on s'en
loue, c'est comme ça, punt aan de lijn.
Et chaque fois, on écoute (plus ou moins religieusement) ou on assiste (pour les vrais de vrai). Depuis belle lurette j'ai décidé que non, je ne suis vraiment pas cap' de donner un avis, je n'ai
pas la partition devant moi, et quand bien même, je suis un exécrable déchiffreur, toujours en retard d'au moins trois mesures. Quand il y a des mesures (il n'y a pas que du Mozart, ou du
Ravel).
Et puis on écoute, distraitement pour les quarts de finale, avec plus d'attention pour les demi-finales, on entend avec intérêt les concertos (imposés) de Mozart, surtout les 4e et 5e, et on ne
peut s'empêcher de comparer. Oui, ça c'est un peu plan-plan chez tel Belge, ah ! quelle sonorité ! chez telle Coréenne, quelle puissance ! chez tel Russe, et c'est parti pour la gloire ! On en
redemande et on se téléphone...
Bref, un pur moment (plus court qu'on pourrait penser) de plaisir qui culmine avec la finale, et surtout le dernier jour, avec l'annonce du classement, où tout le monde se rejoint devant la
téloche (oui, oui...) pour enfin savoir qui...
Hélas, je ne serai pas ici pour jouir de cette dernière semaine, mais si je puis vous donner un conseil : écoutez... Si vous aimez la musique - ce dont je ne doute point - il faut entendre
ces jeunes virtuoses donner le meilleur d'eux-mêmes - et, une fois de plus, je ne crains pas les clichés !
C'est très beau. Mais on peut préférer Christophe, après tout.