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17 mars 2009 2 17 /03 /mars /2009 10:35
En regardant l'autre soir un documentaire moyennement intéressant sur la franc-maçonnerie, La clef écossaise, j'ai été frappé par la ressemblance entre la franc-maçonnerie et la communauté scientifique, non seulement dans son aspect historique (la Royal Society qui se fonde un peu dans la foulée de la première Loge maçonnique anglaise), mais également par son mode de recrutement, bourgeois dans un premier temps puis plus généralement démocratique bien qu'inégalitaire et élitiste - mais rituel toujours.

Les scientifiques naissants n'étaient certes pas des aristocrates, mais de bons bourgeois cherchant des causes, un peu à ras de terre, ou des esprits curieux laissés à leur passion. Ils avaient un métier, chose abominable pour un aristocrate - celui de la guerre leur était naturel, ou à tout le moins une charge d'ecclésiastique, mais "gagner sa vie"... quelle bassesse ! Sans doute, il y avait des exceptions, de nobles esprits - libertins, sans doute - qui bravaient leur entourage et se faisaient savants, mais la science restait un objet de mépris et de méfiance : l'Eglise et les Ecritures détenaient la vérité, et seuls les arts libéraux étaient nobles ; après tout, la science était bien proche de la vile technique...

Schéma, certes, et approximatif ; les mathématiques échappaient à un tel mépris, et les Anglais commençaient à se rendre compte que même la technique pouvait avoir ses avantages. Newton était parti de rien mais avait un statut de géant déjà de son vivant, le problème des longitudes agitait toutes les marines de l'époque et ce seraient les Anglais qui le résoudraient les premiers.

Très vite, cependant, apparaissait le côté le plus moderne de la démarche scientifique : son idéal démocratique, cosmopolite, élitiste. Il y a certes un parallèle à faire avec le monde des artistes, démocratique et cosmopolite depuis bien plus longtemps, mais d'essence individualiste, ce qu'à l'évidence n'est pas la science, démarche coopérative s'il en est.

En science, peu importe le rang social ou la nationalité ; certes, il est toujours préférable d'être un homme occidental, faut pas rêver, mais nullement pour des raisons essentielles. Après avoir été rituellement adoubé par vos pairs (et c'est vraiment ainsi que ça s'appelle) - en général par l'obtention d'un Doctorat puis l'intégration dans une équipe. Certes, la démarche scientifique est conservatrice (et heureusement), mais, justement, la démocratie n'est pas spécialement révolutionnaire.

Enfin, une observation maintes fois répétée mais qui me charme toujours : lire la liste des contributeurs de chaque articles paraissant dans une revue scientifique sérieuse. Vous y trouverez les noms que peuvent porter à peu près tous nationaux de chaque pays reconnaissable, c'est chaque fois un régal, et c'est bien entendu aux USA que c'est le plus varié (mais le CERN fait aussi bien dans son domaine).

"J'ai tant aimé la science dans ma vie que ça me fait battre le coeur..." (Biot à Pasteur, affiche au mur de notre classe de physique du secondaire).

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Published by cdc - dans sociologie
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