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7 janvier 2009 3 07 /01 /janvier /2009 14:29

Je ne voulais pas ce genre d'articles dans ce blog, mais je suis trop écoeuré pour me taire. Inutile d'entonner la ritournelle habituelle "Je ne suis certes pas un supporter du Hamas...", ceux qui me connaissent le savent bien et il suffit de lire un peu ce blog pour le comprendre assez vite. J'éprouve une profonde répulsion envers les barbus islamistes, mais je me dois d'ajouter immédiatement que j'éprouve le même sentiment envers les barbus extrémistes avec tefilim tels que les montre (avec un peu trop de sympathie à mon goût) Amos Gitaï dans Désengagement. Je ne nierai pas non plus qu'Israël a le droit de vivre en paix dans des frontières sûres et reconnues, ça va de soi  - à condition que ça s'applique non seulement à Israël mais à n'importe quel peuple.

Soyons tout de même clair sur un point important : le Hamas est évidemment coupable de crimes de guerre, puisqu'il cible des civils israéliens. Cela ne fait aucun doute *. Mais cela ne permet en aucun cas d'exonérer Israël si celui-ci en commettait par représailles - je ne dis pas que c'est le cas, mais c'est un argument que j'ai entendu de nombreuses fois de la part de certains de ses ardents défenseurs. Il ne vaut rien.

Je ne compte pas mâcher mes mots : Israël est né d'une spoliation. La proclamation Balfour a effectivement spolié les habitants légitimes de la Palestine en contrepartie à l'appui des Rothschild et de leurs amis à l'effort de guerre britannique. L'argument de la Terre Historique léguée par Yaweh me laisse évidemment de glace.

Cela dit, ce genre de processus est assez courant en histoire, et le fait est là : Israël existe, et il n'est aucunement question de remettre cette existence en cause ; mais on peut comprendre pourquoi 1947 est la naqba, la catastrophe pour les Palestiniens : "Il doit être clair pour nous qu'il n'y a pas de place pour deux peuples dans ce pays. Si les Arabes le quittent, il nous suffira (...) Il n'existe pas d'autre moyen que de les déplacer tous; il ne faut pas laisser un seul village, une seule tribu". Ainsi parlait en 1940 Yosef Weitz, Directeur du Fonds national Juif.


J'entends les uns et les autres, et notamment André Glucksmann décréter dans un vilain petit article du Monde, qu'il n'y a pas de "riposte excessive", que ça n'existe pas ; il aurait mieux fait de consulter un juriste qu'un dictionnaire. Israël déclare qu'il veut non seulement empêcher le Hamas de tirer ses roquettes, mais priver le Hamas de la possibilité d'en fabriquer - autrement dit, l'éradiquer. En attendant, il punit aussi les Gazaouis d'avoir voté pour le Hamas par un déluge de bombes, en prenant bien soin d'interdire les journalistes, en compliquant de manière incroyable les opérations humanitaires (on verra ce qu'il adviendra des trêves de 3 heures, concédées après le massacre de Jabaliya), bref en se comportant avec une brutalité voulue, terrorisant la population et la poussant évidemment encore plus dans les bras du Hamas. On recrute, chez eux.

Une telle brutalité était à l'oeuvre il y a quelque deux ans, au Liban, où l'aviation israélienne avait systématiquement pilonné toutes les infrastructures et également terrorisé la population. Le Hizbollah en avait récolté tous les fruits. Il y a gros à parier que cette fois, le Hamas sera moralement vainqueur, car à moins de raser Gaza et d'en expulser les habitants, il n'y a aucun moyen pour Israël de gagner cette offensive.

C'est vrai, le Hamas tirait des roquettes "artisanales" (bricolées) sur Israël. C'est vrai, Israël ne pouvait pas tolérer ça. Mais les Gazaouis, eux, devaient tolérer non pas un embargo, mais un véritable blocus depuis des années et des années ? Ils devaient être prisonniers dans leur territoire, soumis aux vexations quotidiennes des points de contrôle ? On devait tolérer un Etat qui continuait sa politique des colonies de peuplement ? Lorsque le Hamas est né, en lutte avec le Fatah, Israël a toujours réservé ses principaux coups à ce dernier, se réjouissant de la division et favorisant indirectement le Hamas. Le Hamas ne reconnaît pas Israël, pire, préconise de le détruire ? Allons donc, le détruire... Propagande, fanfaronnades, vantardise : aucun pays au monde ne pourrait chasser les Israéliens, alors le Hamas !... Cela dit, Israël a toujours nié obstinément la réalité d'une "nation palestinienne", mais ça aussi, il faut le comprendre et l'admettre, je suppose ?

Le Fatah, hélas, semble déconsidéré à jamais. Il n'y a d'autre solution que le dialogue avec le Hamas, d'ailleurs réclamé par ce dernier ; il est peut-être infréquentable, mais il faudra bien passer par là.

P.S. Depuis la rédaction de ces lignes est paru un remarquable article de Robert Malley dans Le Monde. Bien sûr, il ne convaincra que les convaincus, mais c'est la règle dans ce conflit.

* Qu'on ne vienne pas me dire que leur cause étant juste, ils avaient tous les droits. Les massacres de civils par le FLN en Algérie étaient répugnants, et leur cause était juste. J'étais à Colombo lors d'une attaque des LTTE qui a fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. Leur cause était peut-être juste (je n'en suis pas convaincu), mais le massacre était immonde. On peut continuer ainsi : Dresde, Hiroshima...

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Published by cdc - dans politique
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commentaires

Pierre 08/01/2009 01:19

Il faut vraiment commencer à aborder le thème de la responsabilité des belligérants devant la Cour pénrale internationale

cdc 08/01/2009 23:50


Ce n'est pas aussi simple. La Cour pénale internationale ne traite que des délits commis par des personnes, et de toute façon Israël n'en est pas partie, pas plus - et pour cause - que le
Hamas. Quant au Tribunal pénal international, il s'agit de tribunaux spéciaux institués par le Conseil de Sécurité de l'ONU, et toujours pour des personnes responsables de graves
violations dans le cadre de certains conflits (Rwanda, ex-Yougoslavie, Sierra Leone). Un gros problème aussi vient de ce que la Commission des Droits de l'Homme de l'ONU est très décrédibilisée et
qu'elle a nommé comme rapporteur le professeur Falk dont le moins qu'on puisse dire est qu'il est un ennemi viscéral d'Israël. J'ai moi-même de nombreuses restrictions en ce qui concerne les
actions de cet Etat, mais je persiste à penser qu'il faut rester ouvert à tout argumentation recevable. Juger sans entendre les parties me semble une prise de position idéologique indéfendable.
J'ai vécu '68...