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10 mai 2010 1 10 /05 /mai /2010 09:56

Lors du fameux "nuage" de cendre du non moins célèbre Eyjafjallajöküll, Hervé Kempf s'était fendu dans Le Monde d'un articulet relatant l'avis de spécialistes selon lesquels l'éruption ne provoquerait pas de phénomènes climatiques puisqu'elle n'avait pas atteint la tropopause. Fort bien, et qu'on s'en souvienne au cas où la pause - voire la diminution - du réchauffement global qu'on semble observer depuis une dizaine d'années se trouve confirmée ; qu'on ne vienne pas alors nous sortir l'Islande pour l'expliquer, et je n'avais pas manqué de le dire. Ce qui m'avait valu quelques belles algarades, dont un merveilleux "cessez de dire des mensonges !" d'un très haut niveau intellectuel. La preuve que j'étais un imposteur, continuait mon contradicteur, c'est que 1998 a été l'année la plus chaude depuis mille ans, et la dernière décennie itou. Pourtant, Phil Jones lui-même, à la question de savoir s'il y a eu un refroidissement significatif depuis Janvier 2002 répondait à la BBC : "Non. Cette période est encore plus courte que 1995-2009. La tendance cette fois est négative (-0,12°C) par décennie, mais elle n'est pas statistiquement significative [à 95%]" (il venait de répondre à une question portant sur la période 1995-2009, qui n'avait pas fait l'objet d'un réchauffement statistiquement significatif - mais de justesse). Il ajoutait qu'atteindre une valeur fiable est bien plus aisé pour des périodes longues que des périodes courtes, ce qui est un crypto-truisme, mais alors comment diable peut-on sortir des phrases absurde du genre "une année donnée (en l'occurrence 1998) est la plus chaude depuis mille ans" ?

 

Tout simplement en citant le troisième rapport du GIEC, où il est bien indiqué que "1998 est l'année la plus chaude du millénaire et la décennie 1990 la décennie la plus chaude". Par contre, le quatrième rapport est plus réservé : "Greater uncertainty associated with proxy-based temperature estimates for individual years means that it is more difficult to gauge the significance, or precedence, of the extreme warm years observed in the recent instrumental record, such as 1998 and 2005, in the context of the last millennium"  (AR4 6.1.1.1). Comment en est-on arrivé là ? Sans l'affaire dite Climategate on ne le saurait pas, et ce serait dommage, car tout cela illustre à quel point les auteurs du rapport fignolent le texte pour le rendre politiquement scientifique (ou scientifiquement politique, on pourrait en discuter).

 

Acte 1 : le 28 juillet 2006, Overpeck écrit à Briffa pour relayer une question de Susan Solomon, chair du WG1, demandant où est passée cette fameuse référence à 1998 et à la décennie '90 qui a disparu du texte de l'AR4 en cours de gestation.

Acte 2 : Briffa répond qu'effectivement, une telle référence n'a pas de sens étant donné les marges d'incertitude considérables ("The reason is that all reconstructions have very wide uncertainty ranges bracketing individual-year estimates of part temperature").

Acte 3 : Overpeck et Jansen ayant pressé Briffa d'insérer une phrase permettant une "communication efficace" ("any strategy we should adopt to make sure we communicate effectively"), celui-ci se fend d'un commentaire ni tout à fait honnête, ni tout à fait malhonnête, du genre "on ne peut rien dire sur la température des ces dernières années particulièrement chaudes en particulier, mais rien ne permet de remettre en question l'affirmation du Troisième Rapport que 1998 était probablement l'année la plus chaude de ce dernier millénaire" ("Greater uncertainty associated with proxy-based temperature estimates for individual years means that it is more difficult to gauge the significance, or precedence, of the extreme warm years observed in the recent instrumental record. However, there is no new evidence to challenge the statement made in the TAR that 1998 (or the subsequent near-equivalent 2005) was likely the warmest in the last 1000 years").

Quelques actes se passent en discussions un peu byzantines, puis on arrve au coeur du débat.

Acte X : Briffa reconnaît que son texte est un peu "too clever", "trop malin" (avec une nuance nettement péjorative), et admet que le texte a été introduit très tard et sans consulter qui de droit (le WG1) ni en se basant sur le texte du WG1.

Acte X+1 : le texte est tout de même inséré en fin du chapitre 6.1.1.1.

 

Tout cela n'est pas très kosher, évidemment, et il en est de même pour la fameuse histoire du "Mike's [Mann] Nature trick". Lorsque j'en avais entendu parler dans la Presse, il était de bon ton chez les commentateurs de dire que ce n'était qu'une boutade, un lapsus calami innocent, et j'avais à l'époque commenté qu'après tout, la renormalisation en mécanique quantique n'était qu'un "trick" également, mais qui permettait de sauver la théorie. J'aurais mieux fait de me taire, car j'ai pu lire de quoi il s'agit, et ça n'a rien d'innocent. J'en reparlerai.

 

On peut lire l'échange d'e-mails (et les commentaires, et beaucoup de choses) sur le blog de Steve McIntyre 

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commentaires

Sceptique 11/05/2010 09:04



Les journalistes d'information sont toujours "suivistes". Seuls ceux qui possèdent la spécialité d'économistes ont plus à gagner de prédictions, qui pourraient se révéler justes. En matière
écologique et/ou climatologique, il vaut mieux être porté par la vague que d'essayer d'y résister. Les champions sont ceux qui ajoutent une planche de surf, avec laquelle ils "prennent leur
pied"!