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5 janvier 2008 6 05 /01 /janvier /2008 17:31

Je parlais récemment des paralogismes de Greenpeace, mais j'aurais tout aussi bien pu citer Les Amis de la Terre (qu'on n'entend plus beaucoup, d'ailleurs) ou d'Attac. Et à ce sujet, je préciserai que si je n'ai pas énormément de sympathie pour Greenpeace, j'en ai beaucoup moins encore pour Attac. J'entendais encore récemment Jacques Testart partir en guerre contre les OGM pour des raisons clairement idéologiques.

Schéma : 

- on nous parle des OGM à résistance aux stress, mais c'est de la blague, ça n'existe pas.
- si ça existait, il faudrait éviter qu'ils viennent contaminer les autres.
- si ça existait, il faudrait aussi qu'ils ne prolifèrent pas dans des niches écologiques déjà occupées.
- d'ailleurs on peut très bien en faire avec les techniques classiques.

*Mais évidemment, toute la question est que personne ne propose les OGM comme le nec plus ultra, c'est une technique neuve à utiliser aussi, et avec toutes les précautions d'usage. Les plantes à résistance aux stress ou à croissance en milieu pauvre existent en laboratoire, mais c'est autrement plus difficile à "fabriquer" que les OGM de première génération, où il suffisait d'introduire un gène précis dans le génome (comme celui de la toxine du Bt) (1) . On travaille là-dessus depuis moins d'une dizaine d'années, et dans ce genre de recherches, une telle durée n'est nullement exceptionnelle.

*"Contamination" : voilà donc le mot diabolisant les OGM. Ainsi que je l'ai déjà noté, nous vivons dans un environnement "naturellement" modifié génétiquement, mais en plus, à peu près tous les produits que nous consommons sont le fait de l'homme. Prenons la pomme, par exemple, notre bonne vieille pomme. Combien de fois entend-on se lamenter sur la disparition des pommes "traditionnelles"... On compte à peu près 7.500 cultivars de pommes, qui, tous, ont été créés par l'homme, à partir semble-t-il d'un ancêtre du Kazakhstan (Alma-Ata signifie "le père de la pomme" en Kazakh. La reine des pommes, c'est autre chose). Il se fait que la génétique végétale est assez compliquée pour que la meilleure manière d'obtenir des fruits constants soit de passer par le greffage et le clonage ; le mode par pollinisation pourrait aussi être traité de risque de "contamination" ! Cela étant, les hybridations accidentelles sont un risque qu'il faut diminuer autant que possible ; si je cultive un champ d'OGM que j'ai payé cher, je n'ai nulle envie que les plantes de mon voisin bio viennent hybrider les miennes et diminuer mon rendement...

*Il faut toujours faire attention à des risques de prolifération, et cela pour n'importe quelle espèce nouvelle ou introduite dans un éco-système neuf, que ce soit pour des OGM au sens strict ou pour les OGM traditionnels. C'est évident.

*Bien sûr qu'on travaille sur ce genre de plantes avec les techniques classiques ! Ce serait ridicule de ne pas chercher à le faire aussi ! Mais ce que les gens comme Testart et consorts veulent faire, c'est d'interdire d'autres techniques. Qu'on admette un OGM "traditionnel" comme le triticale - hybride de froment et de seigle, deux espèces distinctes - qui est tout de même un mélange de gènes potentiellement explosif, mais qu'on pousse des cris de putois pour un seul1 gène inséré dans le MON810 est tout de même paradoxal.

Une petite remarque pour terminer : l'agriculture mondiale répand suffisamment d'oxyde nitreux - sous-produit des fertilisants azotés et puissant GES - pour contribuer au réchauffement climatique plus que toutes les voitures, trains, navires et avions du monde...

(1) oui, techniquement, c'est inexact, mais les quelques autres gènes ont une fonction auxiliaire - ce qui n'empêche nullement, évidemment, que leurs effets secondaires possibles doivent être étudiés !

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Published by cdc - dans sciences
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