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17 octobre 2007 3 17 /10 /octobre /2007 10:47
bonhomme2-copie-1.jpgOn sait - ou on ne sait pas - que la préservation des écosystèmes utilise actuellement la notion de "hot-spots" : régions très localisées extrêmement riches en espèces végétales indigènes. Végétaux, tout simplement parce qu'on estime qu'une région riche en végétaux est riche également de vie animale et qu'il est beaucoup plus facile de recenser des plantes que des insectes (à titre d'illustration, les biologistes n'ont qu'une très vague idée du nombre d'espèces d'insectes existant sur la Terre : trois, six ou dix millions ?). Une fois retenus les principaux hot-spots de la planète, il suffisait de les préserver jalousement, d'en faire un parc national et d'empêcher autant que possible les humains d'y pénétrer - éventuellement par la force.

Cette approche était évidemment plus scientifique que la précédente, basée sur des animaux touchants ou majestueux : panda, éléphant, baleine (mais jamais rats ou scorpions, ni mille-pattes ou acariens). Elle permettait aussi aux ONG aux moyens parfois limités de cibler des projets précis. Certes, on avait critiqué la philosophie purement scientifique sous-jacente (p.ex. on ignore les
plantes non-vasculaires), mais ceci était matière de spécialistes. Bien sûr, une photo de panda géant attire plus de donations du public qu'une photo de fougère géante, mais la Banque Mondiale et les grands mécènes engloutissent des dizaines de millions de dollars dans les projets de sauvegarde des hot-spots. On avait également critiqué l'absence totale de données économiques, mais les temps n'étaient pas mûrs pour l'entrée en scène des économistes, à l'instar de ce qui s'est fait depuis pour le réchauffement global...

Elle avait tout de même un défaut capital : celui de considérer les Hommes comme des parasites à éliminer.

Qu'on protège les éléphants, passe encore, mais que pour ce faire, on tire sur les braconniers (qui, eux-mêmes, ne se gênent pas pour descendre les gardes forestiers), là tout de même on se dit que quelque chose cloche. Encore si les éléphants étaient comme les tigres, un espèce en grand danger d'extinction, mais ce n'est absolument pas le cas ; en fait, dans certains endroits d'Afrique ils pullulent et gênent considérablement les cultivateurs qui maudissent les conservationists blancs. Mais c'est si beau, un éléphant... Il faut bien laisser les pygmées en boulotter un de temps en temps, comme certaines peuplades sont autorisées à chasser quelque peu la baleine, mais enfin, c'est tout juste toléré, ça fait un peu désordre. Je proposerais bien que la Fondation Côte d'Or leur fournisse du chocolat gratuit pour prix de leur renoncement à la chasse, mais j'ai des doutes sur le succès de l'opération.

Curieusement, la critique la plus sérieuse est venue récemment d'un grand entomologiste mieux connu pour ses prises de position catastrophistes que pour ses travaux sur les lépidoptères, à savoir Paul Ehrlich.
(Paul Ehrlich est un curieux personnage ; malthusien enragé, il avait prédit dès 1967 des famines épouvantables ("...des centaines de millions de personnes mourront de faim dans les années '70 et '80...", et bien d'autres prédictions aussi apocalyptiques). Avec Lester Brown et David Pimentel, il formait le bataillon des écolos de choc, grands ennemis de l'optimiste invétéré qu'était Julian Simon - incidemment, celui-ci a engagé et gagné plusieurs paris contre eux...)

Le nouveau paradigme - encore jeune et regardé avec une certaine méfiance par la vieille garde - est celui de "ecosystem services" ou "services fournis par/des écosystèmes". Et fournis à qui ? Ben, à l'Homme, pardi ! Pourquoi les élevages intensifs de cochons et leur lisier sont-ils aussi détestables ? Parce qu'ils empuantissent notre belle planète ? Que nenni, tout simplement ils polluent l'eau de la nappe phréatique, celle que nous buvons.
 
Il ne faut pas se payer de mots : la belle nature vierge, la Terre immaculée, la notion de climax, tout ça, il est temps de les mettre au panier. Quelque deux cent cinquante mille personnes naissent chaque jour, il ne faudrait pas l'oublier. Certes, les tenants de la Deep Ecology ne verraient pas d'un mauvais oeil une bonne petite catastrophe qui réduirait la population de manière drastique, mais ils peuvent toujours rêver. 

(à suivre)

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