Vendredi 10 avril 2009
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Par cdc
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Mercredi 25 mars 2009

Sortie du film de Lioret,  Welcome, dont tout le monde a entendu parler. Je ne l'ai pas encore vu, même si le sujet dont il traite me va droit au coeur, comme j'en ai souvent parlé dans mon blog. Les lois françaises à cet égard me paraissent choquantes, pour ne pas dire plus, mais ce que je n'ai pas digéré, ce sont les propos de Lioret assimilant la situation actuelle à celle qui prévalait en '43, et je cite :

"L'histoire de Simon pourrait être celle d'un gars qui en 1943 cache des Juifs dans sa cave, se fait prendre par la Gestapo et se fait emmener au camp de Drancy" (LLB du 25/3/09). Et ce quoi qu'en
affirme Libé qui taxe Besson de mauvaise foi lorsque ce dernier se scandalise d'une telle assimilation.

Un tel discours est ridicule. Bien évidemment les pandores français n'ont rien de la Gestapo ; la stupide équation CRS=SS semblait aux oubliettes de l'histoire, mais voici qu'on nous la ressort à peine modifiée. D'autre part, les migrants d'aujourd'hui ne sont pas les Juifs d'hier, fuyant de partout un étau de mort qui se refermait sur eux, et la reconduite à la frontière, pour douloureuse qu'elle soit, n'est pas la chambre à gaz. Enfin, les groupes et individus aidant les migrants sont certes à applaudir (en tous cas c'est mon point de vue), même si l'on trouve parmi eux quelques fouteurs de merde professionnels, mais enfin il y en a partout, ça ne peut servir à déconsidérer le mouvement. Mais on peut difficilement les comparer aux "Justes" qui risquaient leur vie - et nombreux sont ceux qui l'ont perdue.

Un tel discours est odieux. La Gestapo n'était pas la police française, les Juifs n'étaient pas des migrants et la Shoah n'était pas une expulsion.

Un tel parallèle minimise la portée du crime nazi, le banalise en quelque sorte.

D'autre part, il est évident qu'il faut légiférer en la matière, au risque de voir les mafias se pencher sur ces trafics et s'y installer, ce qui est probablement déjà chose faite en amont - on sait ce qu'il faut penser des passeurs qui rançonnent et éventuellement tuent leurs "clients". Je n'ai pas connaissance de condamnations contre des bénévoles ayant aidé des clandestins (je peux me tromper), mais je ne doute pas qu'ils fassent l'objet de pressions et même de harcèlement ; cela doit cesser, évidemment, mais le chemin est malheureusement assez étroit.

Par cdc - Publié dans : politique
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Mercredi 25 mars 2009

C'est donc lui, le monsieur qui a accouché du décret mixité revu ce jour par la communauté française...

Je n'en suis pas autrement étonné.

Il était donc, rappelez-vous, un décret de la CF sur les inscriptions scolaires, lesquelles n'allaient pas si mal avant que les idéologues de service décident de mettre la pagaille - décidément une habitude à la CF. La première mouture a abouti à des files d'attente de plusieurs jours, les parents logeant sous tente et sur le trottoir (ça a dû faire un tabac à la TV). La deuxième a généré des situations inextricables, des procès, des annulations et des polémiques virulentes.

On pourrait croire qu'un décret sur l'enseignement servirait d'abord à améliorer la qualité de l'enseignement. Point du tout. Ici, on veut favoriser la mixité sociale, et je suis un chaud partisan de la mixité sociale à l'école, l'ayant favorisée pour mes propres enfants.

Seulement, c'est quelque chose qui ne se décrète pas. Aux USA, on se souviendra peut-être de l'ahurissante pratique du bussing, où l'on envoyait les enfants dans des écoles lointaines également en vertu des bons principes, avec des trajets interminables à la clef. On n'en est pas là chez nous, "liberté du père de famille" oblige ; chez nos voisins français, la douce
tradition républicaine ne veut voir qu'une tête, on appelle ça le collège unique, et son pendant, la carte scolaire. Ces deux mesures ne changent évidemment rien à une possible ghettoïsation (on ne rencontre pas vraiment beaucoup de sous-prolétaires dans le XVIe), mais ont le mérite de la simplicité, au moins en ce qui concerne le collège unique ; pour ce qui est de la carte scolaire, c'est une invitation à jouer au chat et à la souris avec l'administration, sport national presque aussi populaire qu'en Italie.

Pour des raisons historiques et socio-psychologiques, il était impossible de recourir à une mesure aussi extrême chez nous, mais d'autre part il fallait bien prendre compte du désir bien légitime des parents - de tous les parents - d'assurer une scolarité excellente à leurs rejetons. Alors on a retiré quelques tuyaux de l'usine à gaz, et on en a ajouté un nouveau, particulièrement vicieux : en cas de trop nombreuses demandes d'inscriptions dans une école, les directeurs pourront créer de nouvelles classes, ou augmenter le nombre d'élèves par classe. Il suffisait d'y penser : si beaucoup de parents choisissent une école, c'est que c'est une bonne école ; rendons-la moins bonne et, main invisible du marché aidant, la demande va diminuer... car créer de nouvelles classes appartient au doomaine des belles et bonnes et braves et utopiques idées.  

Y sont tout de même sioux, ces gens...


NB pour les plus jeunes lecteurs : les vis platinées, c'était un dispositif antique et mécanique qui, avec le delco, contrôlait l'étincelle des bougies dans les moteurs à explosion, et qui était - à en croire les garagistes - responsable de toutes les pannes généralement quelconques...

Par cdc - Publié dans : social
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Mardi 24 mars 2009
La voila donc, celle dont on parlait tant... Mais c'était surtout pour la décrier et pour s'attendrir sur les ours polaires et autres manchots que la Nano allait faire disparaître.

Le ton a changé, peut-être la crise aidant (?), et le petit véhicule semble intéresser pas mal les gens chez nous, surtout quand on leur annonce son arrivée prochaine à un prix quelque peu plus élevé, naturellement, puisqu'il devra être aux normes européennes.

Bien sûr, la quantité fabriquée est nettement moindre que celle qui avait été prévue, mais nullement à cause d'un manque d'acheteurs, bien au contraire ! Il y aura des files d'attente dignes du pays, c'est dire...

Il y a bien quelques timides protestations, mais la plus amusante que j'aie lu est sans conteste : "
Permettant à toute une frange de la population qui utilisait des moyens de transport "verts" (vélos par exemple)..." (cueilli dans Le Monde). Comme si les ceusses qui peuvent s'acheter une voiture (même à 1.500 euros) roulaient à vélo... La petite et moyenne bourgeoisie indienne se déplace en bajaj ou en taxi, éventuellement à moto, mais pas "en vert" ! Il est vrai que l'abominable pollution urbaine commence à s'améliorer depuis la généralisation du LPG (même sur les bajaj, qui en avaient grand besoin), mais ça ne règle pas le problème du CO2, évidemment.

Ah oui, un commentaire de lecteur m'a bien plu :
"Bravo à l'Inde de montrer le chemin à l'Occident, prouvant ainsi que la spiritualité n'est nullement incompatible avec le développement scientifique et technique". La spiritualité indienne... On sait peut-être que j'ai un faible pour ce pays, mais avoir un faible ne veut pas dire être inconditionnel, et je renvoie le lecteur curieux à mes réflexions - impressionnistes - à ce sujet...

Et elle n'est pas moche, en plus, elles est mode !

Par cdc - Publié dans : actualité
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Mercredi 18 mars 2009
Vendredi dernier, donc, vendredi treize mars, un rescapé de la Shoah racontait son histoire devant une classe du secondaire à Bruxelles - une conférence qu'il fait régulièrement, un témoignage, une leçon.

Les témoignages divergent un peu, mais il semble bien avéré qu'un professeur de religion musulmane ait mis le témoignage en doute, invoquant Garaudy, et, paraît-il, Gaza. Aux dernières nouvelles (mais elles ne sont certainement pas les dernières), le ministre aurait décidé de déposer plainte, et Luc Van der Kelen tempête en éditorial du Laatste Nieuws, accusant les hommes politiques qui assistent à des manifestations où l'on réclame la destruction d'Israël, visant sans doute par là la manifestation du 11 janvier contre les bombardements de Gaza.
J'étais à cette manif, dans les rangs de l'UPJB (Union des Progressistes Juifs de Belgique) ; il est vrai que quelques écervelés (généralement jeunes ou très jeunes) hurlaient des slogans haineux envers Israël ; il est vrai également que des groupes nettements plus étoffés scandaient des "Allahou Akbar" très dérangeants. Mais là n'étaient nullement les mots d'ordre de la manif et en ce qui me concerne je suis très heureux d'y avoir reconnu et salué des hommes politiques courageux. De tout ceci, je me suis expliqué ailleurs.

Il n'y a plus moyen, aujourd'hui, de faire appel à la raison dans un conflit, il faut prendre parti, et passionnément avec ça, on a retenu la leçon de Sartre qui n'avait nulle crainte de manier la pire mauvaise foi pour les besoins de la cause, pareil en cela à tous les hommes politiques de l'histoire, mais lui le faisait au nom des zIntellectuels, et il écrasait Camus de son statut universitaire supérieur et de ses engagements inconditionnels.

Gaza n'a rien à voir avec la Shoah, et l'enseignant doit être révoqué ou à tout le moins passer en conseil de discipline - mais pour ce qui est de le condamner, là je ne suis plus d'accord ; la loi n'a pas à se fourrer là-dedans. Sa faute est professionnelle, pas civile, je n'en démordrai pas.

Cela dit, la Shoah n'a rien à voir non plus avec Gaza, et il m'est odieux d'entendre les partisans d'Israël l'invoquer sans cesse pour justifier chaque brutalité de l'Etat hébreu.

Toute condamnation d'Israël se heurte immédiatement à une volée d'arguments :

- l'antisémitisme affiché sans scrupule dans de nombreux pays musulmans
- les propos belliqueux des dirigeants iraniens
- les manifestations guerrières du Hamas et du Hizbollah (principalement)
- la Shoah.

Pour ce qui est des deux premiers arguments, ils ont leur valeur, mais plus sur un plan symbolique que réel (je n'imagine pas un instant que l'Iran soit désireux le moins du monde de passer à l'acte et de déclencher un conflit général qui lui vaudrait sans aucun doute d'être vitrifié), ce qui n'ôte rien à leur caractère assez ignoble, en effet.

Pour ce qui est des mouvements armés palestiniens, comment peut-on imaginer qu'ils puissent reconnaître un occupant qui ne les reconnaît pas ? Israël se moque de tout ce qui ne lui convient pas, ouvre des colonies, occupe des territoires en contravention manifeste avec toute espèce de règles internationales, assaisonnant volontiers sa position politique d'une revendication religieuse sur Eretz Israël (et je ne parle même pas des racistes fascisants de Beïtenou), aussi déplaisante que les Allahou Akbar du camp opposé. Les témoignages tout récents des militaires israéliens à Gaza (et il faut saluer le fait que la presse israélienne les publie) n'ont rien d'étonnant : d'un côté tout Palestinien est considéré comme un combattant et donc fair game, mais d'autre part tout Palestinien armé est considéré comme terroriste - le soldat Shalit a été kidnappé et non fait prisonnier, bien entendu.

Quant à la Shoah, je répète qu'elle n'a rien à voir ici. Les Occidentaux ont persécuté et massacré les Juifs et ils s'en excusent en dépossédant les Palestiniens, car c'est tout de même de ça qu'il s'agit, bon dieu ! La déclaration Balfour a été prise à Londres pour obtenir l'appui de Rothschild, mais les effets ont été ressentis sur le terrain !

Je ne pense pas voir la fin de ce conflit, mais après tout, je pensais la même chose à propos de l'Irlande...
Par cdc - Publié dans : politique
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