Sortie du film de Lioret, Welcome, dont tout le monde a entendu parler. Je ne l'ai pas encore vu, même si le sujet
dont il traite me va droit au coeur, comme j'en ai souvent parlé dans mon blog. Les lois françaises à cet égard me paraissent choquantes, pour ne pas dire plus, mais ce que je n'ai pas digéré, ce
sont les propos de Lioret assimilant la situation actuelle à celle qui prévalait en '43, et je cite :
"L'histoire de Simon pourrait être celle d'un gars qui en 1943 cache des Juifs dans sa cave, se fait prendre par la Gestapo et se fait emmener au camp de Drancy" (LLB du 25/3/09). Et ce
quoi qu'en affirme Libé qui taxe Besson de mauvaise foi lorsque ce dernier se scandalise d'une
telle assimilation.
Un tel discours est ridicule. Bien évidemment les pandores français n'ont rien de la Gestapo ; la stupide équation CRS=SS semblait aux oubliettes de l'histoire, mais voici qu'on nous la ressort à
peine modifiée. D'autre part, les migrants d'aujourd'hui ne sont pas les Juifs d'hier, fuyant de partout un étau de mort qui se refermait sur eux, et la reconduite à la frontière, pour
douloureuse qu'elle soit, n'est pas la chambre à gaz. Enfin, les groupes et individus aidant les migrants sont certes à applaudir (en tous cas c'est mon point de vue), même si l'on trouve parmi
eux quelques fouteurs de merde professionnels, mais enfin il y en a partout, ça ne peut servir à déconsidérer le mouvement.
Mais on peut difficilement les comparer aux "Justes" qui risquaient leur vie - et nombreux sont ceux qui l'ont perdue.
Un tel discours est odieux. La Gestapo n'était pas la police française, les Juifs n'étaient pas des migrants et la Shoah n'était pas une expulsion.
Un tel parallèle minimise la portée du crime nazi, le banalise en quelque sorte.
D'autre part, il est évident qu'il faut légiférer en la matière, au risque de voir les mafias se pencher sur ces trafics et s'y installer, ce qui est probablement déjà chose faite en amont - on
sait ce qu'il faut penser des passeurs qui rançonnent et éventuellement tuent leurs "clients". Je n'ai pas connaissance de condamnations contre des bénévoles ayant aidé des clandestins (je peux
me tromper), mais je ne doute pas qu'ils fassent l'objet de pressions et même de harcèlement ; cela doit cesser, évidemment, mais le chemin est malheureusement assez étroit.
C'est donc lui, le monsieur qui a accouché du décret mixité revu ce jour par la communauté française...
Je n'en suis pas autrement étonné.
Il était donc, rappelez-vous, un décret de la CF sur les inscriptions scolaires, lesquelles n'allaient pas si mal avant que les idéologues de service décident de mettre la pagaille - décidément
une habitude à la CF. La première mouture a abouti à des files d'attente de plusieurs jours, les parents logeant sous tente et sur le trottoir (ça a dû faire un tabac à la TV). La deuxième a
généré des situations inextricables, des procès, des annulations et des polémiques virulentes.
On pourrait croire qu'un décret sur l'enseignement servirait d'abord à améliorer la qualité de l'enseignement. Point du tout. Ici, on veut favoriser la mixité sociale, et je suis un
chaud partisan de la mixité sociale à l'école, l'ayant favorisée pour mes propres enfants.
Seulement, c'est quelque chose qui ne se décrète pas. Aux USA, on se souviendra peut-être de l'ahurissante pratique du bussing, où l'on envoyait les enfants dans des écoles lointaines
également en vertu des bons principes, avec des trajets interminables à la clef. On n'en est pas là chez nous, "liberté du père de famille" oblige ; chez nos voisins français, la
douce tradition
républicaine ne veut voir qu'une tête, on appelle ça le collège unique, et son pendant, la
carte scolaire. Ces deux mesures ne changent évidemment rien à une possible ghettoïsation (on ne rencontre pas vraiment beaucoup de sous-prolétaires dans le XVIe), mais ont le mérite de
la simplicité, au moins en ce qui concerne le collège unique ; pour ce qui est de la carte scolaire, c'est une invitation à jouer au chat et à la souris avec l'administration, sport national
presque aussi populaire qu'en Italie.
Pour des raisons historiques et socio-psychologiques, il était impossible de recourir à une mesure aussi extrême chez nous, mais d'autre part il fallait bien prendre compte du désir bien légitime
des parents - de tous les parents - d'assurer une scolarité excellente à leurs rejetons. Alors on a retiré quelques tuyaux de l'usine à gaz, et on en a ajouté un nouveau,
particulièrement vicieux : en cas de trop nombreuses demandes d'inscriptions dans une école, les directeurs pourront créer de nouvelles classes, ou augmenter le nombre d'élèves par
classe. Il suffisait d'y penser : si beaucoup de parents choisissent une école, c'est que c'est une bonne école ; rendons-la moins bonne et, main
invisible du marché aidant, la demande va diminuer... car créer de nouvelles classes appartient au doomaine des belles et bonnes et braves et utopiques idées.
Y sont tout de même sioux, ces gens...
NB pour les plus jeunes lecteurs : les vis platinées, c'était un dispositif antique et mécanique qui, avec le delco, contrôlait l'étincelle des bougies dans les moteurs à explosion, et
qui était - à en croire les garagistes - responsable de toutes les pannes généralement quelconques...
La voila donc, celle dont on parlait tant... Mais c'était surtout pour la décrier et pour
s'attendrir sur les ours polaires et autres manchots que la Nano allait faire disparaître.