Jeudi 1 octobre 2009

Ouf, je respire ! Au moins j'ai pu lire dans le New Scientist du 26/9/09 : Early farmers cleared of carbon crimes". Figurez-vous qu'il y a environ 6000 ans, le niveau de CO2 atmosphérique avait assez fortement augmenté, et il était tentant de conclure que c'étaient nos ancêtres qui en étaient responsables, à cause de leurs cultures sur brûlis.

Oui, vous avez bien lu : Carbon Crime, crime carbonique en quelque sorte. L'agriculture (sur brûlis ou non, d'ailleurs) est un crime. La vie est d'ailleurs un crime, c'est officiel : la Thermodynamique est formelle, nous ne pouvons remonter l'entropie qu'au prix de la consommation d'énergie, et pour nous, ça signifie produire du CO2. Un crime.

Déjà que l'aspect moralisateur et janséniste d'une bonne partie des écolos est assez insupportable, mais ici, c'est encore pire : on ne morigène plus, on criminalise.

J'en suis encore bouleversifié.

Par cdc - Publié dans : agacement
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Jeudi 24 septembre 2009
"C'est pas pour dire, mais c'était mieux avant !" (refrain des vieillards).

Tout de même, les deux ou trois premières années, j'avais trouvé ça un peu idéologiquement suspect, mais après tout, pourquoi ne pas en profiter ? Le soleil brillait, il faisait un temps magnifique, et c'était amusant de se balader à vélo sur ces grands boulevards, dans les tunnels, même. Couplée avec les visites du Patrimoine, une telle journée n'était pas sans charme.

Je voyage beaucoup, et ce n'est qu'il y a deux ans que nous avons voulu rééditer la promenade. Atroce. C'étaient des foules compactes de cyclistes, de patineurs, de piétons qui s'entrecroisaient sans trop d'égards : ne croyez surtout pas que les transports "doux" adoucissent les moeurs. Les piétons engueulaient les cyclistes qui ne leur laissaient pas le passage, les patineurs maladroits se faisaient vertement morigéner par les cyclistes, et les pauvres gosses tombaient de leur vélo et pleuraient amèrement (et bruyamment).

Donc, très peu pour nous. Sauf que cette année tout de même, ayant rendez-vous au Cinquantenaire pour goûter au Oineau des Charentes traditionnel et nous enfourner deux douzaines de fines de claire, nous avons bien dû enfourcher nos bécanes, et là, surprise : Non seulement la foule est encore plus compacte (l'avenue de Tervueren donne une idée de l'enfer), mais toute cette "fête" (que je déteste cette expression !) n'est plus qu'une gigantesque braderie comme on dit dans le Nord. Partout des étals, des baraques à frites, des vendeurs de hot-dogs, des poissonniers ambulants, d' attractions foraines, le tout baignant dans une musique omniprésente et cacophonique - et pas du Händel, croyez-moi. Nous nous sommes donc enfuis, talonnés par les absurdes giga-bus articulés de la STIB, vous savez, ces autobus aberrants qui occupent je ne sais combien de mètres cubes pour véhiculer cinq ou dix voyageurs, ces monstres qui se bloquent mutuellement dans des rues qui ne sont manifestement pas à leur échelle.

Non, je ne suis pas un de ces bagnolards énervés qui trépignent de rage parce qu'on leur interdit une fois l'an de prendre leur petite toto ; mais je rappelle qu'à l'origine, l'idée était de faire cette journée sans voiture à date fixe, et donc à jour variable. Et j'entends que nos autorités bruxelloises, avec leur nouveau paquet d'écolos en charge, ranime l'idée : plus (+) de journées sans voitures, et en semaine. J'entendais aussi vanter "le calme" de cette journée, l'aspect "champêtre" de la ville ; mais oui, faisons les villes à la campagne, n'est-ce pas ? Si je suis citadin, c'est justement parce que j'aime la ville, son agitation, son bruit, et il faut le prendre avec le reste, ses embouteillages et ses quartiers difficiles. New York est (à nouveau - merci M. Giuliani, malgré tout) le prototype de la ville qu'aiment les citadins, et je ne me lasse pas d'y retourner.

Pour terminer sur une note qui n'est paradoxale qu'en apparence : je fais régulièrement du vélo à Bruxelles le dimanche - avec voitures, parce que ce jour-là il y en a peu,  qu'il y a peu de cyclistes et peu de patineurs. Et pas de kermesse. La ville respire un peu, ça aussi fait son charme.
Par cdc - Publié dans : sociologie
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Mardi 22 septembre 2009
Ben oui, évidemment : une magistrature de politiciens. Il faut dire qu'on est gâtés, en Belgique...

Gute shabbes !
Par cdc - Publié dans : amusé
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Mardi 8 septembre 2009
Wang Bing nous avait livré en 2003 son fascinant "documentaire" A l'ouest des rails, tryptique hallucinant, longue (neuf heures !) méditation sur la transition, sur la Chine, avec une sobriété de moyens commune à tous les réalisateurs dits de la sixième génération. Mais là où Jia Zhangke dans 24 City joue la (fausse) carte de la (vraie) transparence avec un mélange de personnages réels et d'acteurs, sans qu'on sache qui est qui (et d'ailleurs, on s'en fiche), Wang fait rejouer par les protagonistes de ses histoires des séquences parfois spontanées, parfois reconstruites, un peu à la manière d'une ligue d'impro. Le résultat fait beaucoup penser au "cinéma anthropologique" de Jean Rouch, mais en moins rébarbatif, sans doute parce qu'il n'est pas de l'anthropologie, justement, qu'il n'a pas de visée théorique élaborée ; il regarde, il voit, il rapporte, parfois avec maladresse (l'autofocus qui pompe...), mais une maladresse très calculée, et c'est passionnant.

L'argent du charbon suit quelques personnages hauts en couleur (les clichés, j'assume) qui échangent du charbon contre des yuan-s, du mauvais charbon venant semble-t-il de Mongolie, du Shanxi ou de Hebei, et allant, semble-t-il, à Tianjin, et il importe peu où ça se passe quand on y pense. Les énormes camions à remorque se croisent, s'évitent, se cabrent, se remplissent à la queue leu leu de pelletées charbon extraites d'une mine en plein air (achetée 65 millions de yuan-s par un personnage improbable coiffé d'un casque rouge), puis ils s'en vont, rackettés par la police et les officiels (à peine - ce n'est pas un film de dénonciation, ce n'est pas non plus du
Tierry Michel), à la recherche quelques centaines de kilomètres plus loin d'un acheteur dont on ne sait rien, sinon qu'il est lui-même (ou elle-même) un middleman, et que la chaîne se déroule dans un infernal opéra chinois rempli d'acteurs et de figurants qui se disputent pour 10 yuan-s, s'engueulent, se tapent sur le ventre, crachent, fument, rigolent ou font la tronche, très loin (mais ça, on le savait déjà) des impassibles et énigmatiques fils de l'Orient.

Et tout de même, en voyant ce tournoiement de camions tirant leurs trente-cinq tonnes de charbon, cette activité frénétique dont on devine bien qu'elle se déroule dans de nombreux endroits de la Chine, on se prend à douter de l'utilité de mettre trois éoliennes à Louvain-la-Neuve pour donner bonne conscience aux étudiants. On pense aussi aux 300 millions de tonnes extraites chaque année en Australie et convoyée par des camions (les
road-trains) un peu plus techno que les PL chinois... Ah oui, l'Australie a fini par ratifier le protocole de Kyoto, avec des intentions très fermes :

"Australia has signed up to cut greenhouse gas emissions to 108 percent of the levels they were in1990. That means we want our greenhouse gas emissions to be just eight percent more than they were 19 years ago – this is our target."

On se moque de qui ?

PS : Je viens de recevoir
ceci. Amusant.
Par cdc - Publié dans : cinéma
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Mercredi 26 août 2009

C'est un peu curieux que la presse se focalise tellement sur le problème (réel) des déchets des centrales nucléaires (tout en étant très discrète sur les volumes concernés et leur dangerosité), mais mentionne en passant les problèmes bien plus importants causés par les centrales à charbon. J'avais évoqué cette situation il y a quelque temps, et j'y repense à la lecture d'un article de Wikipedia sur la catastrophe de Kingston en décembre 2008. Quatre millions de mètres cubes de boues toxiques se sont répandues aux alentours, avec des conséquences bien peu agréables pour les (rares) riverains et l'environnement en général. Ce n'était d'ailleurs pas la première fois que ce genre d'accident arrivait.

Enfin, c'est bon à rappeler, car' je parie que cet incident mineur n'est plus dans la mémoire de grand monde...

Par cdc - Publié dans : environnement
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